« On veut un milliard de chiffre d’affaires »

Quand Frédéric Dugré a décidé de se lancer en affaires, il ne se doutait pas qu’il allait trouver l’ingrédient de son succès dans… le sirop d’érable.

Frédéric Dugré (Photo © Joannie Lafrenière)
Frédéric Dugré (Photo © Joannie Lafrenière)

Palmarès 2013 Leaders de la croissanceH20 Innovation

Classement au palmarès des Leaders de la croissance : 20e

Activité: Vend des systèmes de traitement des eaux usées

Chiffre d’affaires en 2012: 35,9 millions

Nombre d’employés en 2012: 119

Croissance 2007-2012: 409 %

Quand Frédéric Dugré a décidé de se lancer dans les affaires, il ne se doutait pas qu’il allait trouver l’ingrédient de son succès dans… le sirop d’érable. C’est en adaptant une technologie utilisée en acériculture qu’il a cofondé, en 2000, H20 Innovation, entreprise qui vend des systèmes de traitement des eaux usées par filtration membranaire.

Plus tôt cette année-là, sept personnes avaient perdu la vie après avoir bu de l’eau contaminée dans la petite ville ontarienne de Walkerton. Et le jeune ingénieur en mécanique, qui avait 26 ans à l’époque, a pris conscience que mettre simplement du chlore dans l’eau pour la purifier, ça ne suffisait plus. Il a saisi l’occasion d’affaires et a fondé H2O Innovation.

Ses systèmes fonctionnent à partir de membranes, procédé qui exige moins de ressources et de suivis que le traitement chimique de l’eau. H2O réunit les meilleures pièces de différents fabricants et conçoit des systèmes sur mesure pour ses clients — qu’il s’agisse d’une petite municipalité ou d’un constructeur d’automobiles en quête d’une eau purifiée pour nettoyer ses prototypes.

L’entreprise de Québec administre deux usines, une à Ham-Nord, dans la circonscription d’Arthabaska, et l’autre à Minneapolis, au Minnesota. Elle vend aussi des produits de nettoyage et d’entretien de ses systèmes par l’intermédiaire de sa filiale Professional Water Technologies, située en Californie.

H2O réalise la moitié de son chiffre d’affaires au Canada et l’autre moitié aux États-Unis, où, là aussi, de nombreux réseaux de distribution d’eau sont désuets. L’Agence américaine de protection de l’environnement évalue que les municipalités devront investir 335 milliards d’ici 20 ans pour les remplacer. Au Canada, cette somme est évaluée à 31 milliards.

La société de Québec a acquis quatre entreprises au cours des cinq dernières années pour se tailler une place à côté des géants Veolia, Siemens et GE. Ce qui explique en partie sa forte croissance. Toutefois, pour les années qui viennent, elle aura un peu moins soif. Déjà en 2013, l’entreprise s’est retirée de l’Inde, où elle avait créé une coentreprise. L’aventure avec son partenaire indien a mal tourné.

« Nous allons ralentir les acquisitions et mettre l’emphase sur le service après-vente et les produits pour augmenter nos revenus », dit Marc Blanchet, vice-président des affaires corporatives et juridiques. H2O veut tripler sa taille et atteindre un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars d’ici trois à cinq ans. « En dessous de cette taille, c’est difficile d’attirer des investisseurs », indique le vice-président. H2O, qui est inscrite à la Bourse de Toronto, espère ainsi pouvoir décrocher de plus importants contrats et atteindre un jour un chiffre d’affaires d’un milliard.

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