Où sont les bonnes affaires ?

Un condo ou un bungalow ? En ville ou en banlieue ? Comment profiter de la nouvelle donne dans un marché immobilier en fin de boom ?

Maisons aux vitres cassées, commerces abandonnés, usines désaffectées couvertes de graffitis, quartiers éventrés par des autoroutes, des voies ferrées et des échangeurs décrépits : South Central, à Los Angeles, le South Side, à Chicago ? Non, le Sud-Ouest, à Mont-réal ! Le secteur le plus hot au Québec… dans le domaine de l’immobilier. Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri, Côte-Saint-Paul, Ville-Émard, la Petite-Bourgogne… Si vous vivez à Québec, Gaspé ou Normétal, ces quartiers de l’arrondissement du Sud-Ouest ne vous disent peut-être pas grand-chose. Aux yeux des Montréalais, ils évoquent pauvreté et misère. « Il y a 20 ans, habiter à Pointe-Saint-Charles était honteux », dit la mairesse, Jacqueline Montpetit. C’est justement dans le Sud-Ouest qu’en 1945 Gabrielle Roy a campé l’action de Bonheur d’occasion, roman qui traitait de la pauvreté urbaine. Aujourd’hui, son héroïne, Florentine Lacasse, aurait du mal à reconnaître le quartier miséreux de sa jeunesse. La revitalisation du canal de Lachine et de la rue Notre-Dame a attiré une faune fortunée. Résultat : Florentine n’aurait plus les moyens d’habiter à Saint-Henri. La minuscule bicoque qui servait de cadre à sa vie, à l’angle des rues Saint-Ambroise et Saint-Augustin, est aujourd’hui évaluée à près de 100 000 dollars. Le Sud-Ouest — 70 000 habitants, l’équivalent de la population de Chicoutimi — connaît donc un essor fulgurant. « On avait beaucoup de rattrapage à faire ! » précise la mairesse de l’arron-dissement. Depuis 2000, le prix médian des maisons individuelles y est passé de 96 000 à 275 000 dollars. Un bond de 186 % ! De quoi faire saliver les investisseurs les plus aguerris.