Affaires et économie

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Quebecor World à la dérive

Dure semaine pour Brian Mulroney. Je laisse à d’autres le loisir de mesurer l’impact de son témoignage d’hier aux Communes, mais chose certaine sa crédibilité d’hommes d’affaires est entachée. Pire, Quebecor World, dont il est le président du conseil d’administration, est malmenée sur les marchés et certains analystes croient même qu’elle devra déclarer faillite. Quebecor World, c’est un géant mondial de l’impression commerciale avec quelque 30 000 employés et plus d’une centaine d’usines. Elle représente environ 70 % des revenus de Quebecor. Or, ça va mal. Sa dette est élevée, ses pertes augmentent et les liquidités se font rares. L’entreprise a perdu 374 millions $ au cours des neuf premiers mois de l’exercice en cours, le titre a perdu 86 % de sa valeur depuis le début de l’année, elle a été incapable d’obtenir un financement de 750 millions $ il y a quelques semaines et la transaction qui devait amener à la cession de ses actifs européens à un groupe néerlandais a échoué. Alors que le titre perdait près de 17 % de sa valeur en Bourse après l’annonce de l’échec de la transaction européenne, son président du conseil était en train d’expliquer aux députés de l’opposition qu’il accumulait des billets de 1 000 dollars dans des coffres-forts à New York et à sa résidence montréalaise. Surréaliste. Ceci dit, il y a une véritable crise de l’imprimerie. Après la crise de la forêt et celle des papetières, il semble que ce soit maintenant au tour des imprimeurs de subir l’onde de choc des changements technologiques, de la mondialisation et des changements d’habitude des consommateurs. Les journaux peinent à maintenir leur tirage. Certains des annonceurs (notamment les petites annonces) migrent vers internet et c’est sur le web que la jeune génération apprend ce qui se passe. Sans compter que la Chine s’avère là aussi un féroce concurrent, surtout en ce qui concerne l’impression des livres.

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Bourse: l’acheteur sera-t-il achete?

Montréal a-t-il perdu ? Toronto a-t-il gagné ? Pour certains, tout se résume à un jeu à somme nulle. Selon cette théorie simpliste, s’il y a un gagnant, il doit nécessairement y avoir un perdant. Je pense plutôt que Montréal et Toronto gagnent et perdent dans cette transaction. Montréal gagne parce qu’elle conserve le monopole au Canada sur cet immense terrain de jeu qu’on appelle les produits dérivés. Elle conserve ses droits sur une éventuelle Bourse du carbone. De plus ses dirigeants ont reçu beaucoup d’argent, d’autant plus que la performance de la Bourse est moins bonne depuis la crise du «subprime». La Bourse de Montréal perd son indépendance. Elle avait ses propres ambitions et menait, à sa mesure, une stratégie d’acquisition. La Bourse de Toronto gagne parce qu’elle s’impose comme la seule Bourse canadienne. Elle paie un prix raisonnable et évite une surenchère avec des rivales américaines qui rôdaient autour de la Bourse de Montréal. Mais Toronto devient elle-même une cible plus attrayante pour les gigantesques Bourses comme NYSE ou Euronext qui s’imposent au niveau international. Comme le fait remarquer Derek DeCloet, dans le Globe And Mail, les titres des grandes entreprises canadiennes sont plus souvent transigés sur la Bourse new-yorkaise qu’à la Bourse de Toronto. La nouvelle TMX sera plus grosse, plus forte et plus diversifiée. Elle demeurera néanmoins une petite Bourse qui devra prouver sa nécessité et sa pertinence. C’est pour cette raison que je ne croyais pas à l’indépendance de la Bourse de Montréal. Tôt ou tard, elle se serait fait gober par une autre Bourse et sur des bases moins favorables que celles offertes par Toronto.

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Immigrants de choc

L’actualité, janvier 2008Leurs activités vont de l’importation de pois chiches à l’exportation de poudres électroniques. Voici des immigrants qui enrichissent le Québec.Leur histoire commence de la même façon : ils arrivent à Montréal sans un sou. Puis, chacun finit par se retrouver à la tête d’une entreprise multimillionnaire. De plus, Georges Ghrayeb, Jamil et Elie Cheaib, des marchés Adonis, Turan Kalfa, des mini-entrepôts Depotium, et Cesur Celik, de la Corporation canadienne de poudres électroniques, ont tous établi leur société dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, ou tout près.Saint-Laurent est atypique à plus d’un titre : on y compte davantage d’emplois que d’habitants, et presque la moitié des 85 000 personnes qui y vivent sont des immigrants. Un résidant sur 10 avait l’arabe comme langue maternelle en 2001, comme les propriétaires d’Adonis. Et un sur 10 aussi était de confession musulmane, comme Turan Kalfa et Cesur Celik.Quand Jamil Cheaib arrive à l’aéroport de Mirabel, en 1978, il n’a même pas l’argent nécessaire pour se rendre à Montréal. Il ne connaît qu’une personne au Canada, un Libanais qui habite Montréal depuis quelques années. Le destin sourit au jeune homme de 20 ans, car ce compatriote se trouve justement à l’aéroport ce jour-là pour accueillir des visiteurs. Il lui offre le gîte pour un mois.« Jamil pleure chaque fois qu’il raconte cette histoire », dit Elie, son cadet, avec qui il a fondé les marchés Adonis, en compagnie de leur ami Georges Ghrayeb. Les trois hommes sont originaires de Damour, un village chrétien au sud de Beyrouth, éprouvé par la guerre civile de la fin des années 1970. Le village a été détruit, des centaines d’habitants massacrés et l’épicerie de la famille démolie.Deux semaines après l’arrivée d’Elie à Montréal, à la fin de 1978, les trois Libanais achètent un petit dépanneur, rue Faillon. Pendant plus de six ans, ils travailleront sept jours sur sept pour faire grossir leur affaire, qui comprend aujourd’hui trois supermarchés, un distributeur en gros de produits moyen-orientaux (Phoenicia), une participation dans la première usine de fabrication de couscous au Canada (Zinda) et dans une fromagerie de Sorel spécialisée dans les fromages libanais (Fromagerie Polyethnique). Une affaire dont les revenus annuels atteignent 150 millions de dollars.Le destin de Turan Kalfa, 47 ans, est tout aussi fabuleux. Il quitte son village des côtes de la mer Noire à 14 ans pour Istanbul. À 17 ans, le jeune Turc s’engage sur un navire, puis un armateur belge le choisit comme capitaine alors qu’il n’a que 19 ans. « Après avoir visité 65 pays et plus de 500 villes, j’ai choisi Montréal, en janvier 1985 », dit-il dans un français sûr et précis, même s’il ne peut pas cacher qu’il s’agit de sa quatrième langue. Le jour, il travaille dans une usine d’armement ; le soir, il étudie l’informatique ; et il fait des déménagements les fins de semaine. Il fondera par la suite une entreprise de transport spécialisée dans les déménagements longue distance, National Movers, qui deviendra le plus grand déménageur indépendant au Canada.En 1994, un client l’invite à un congrès de propriétaires d’entrepôts libre-service, à Las Vegas, qui en précédait un de déménageurs, à Calgary celui-là. « Le premier avait lieu au Caesars Palace et celui de Calgary dans un motel de deuxième catégorie. Pas de doute, je voulais faire partie du premier ! » raconte-t-il en riant.Il fonde Depotium en 1995 et vend son entreprise de déménagement quelques mois plus tard. Grâce à ses 21 succursales, Depotium est aujourd’hui le premier locateur d’espaces d’entrepôts libre-service au Québec et le quatrième au Canada.Alors que les propriétaires d’Adonis et de Depotium sont des autodidactes, Cesur Celik (on prononce « Tcelik ») arrive au Québec, en 1985, fort d’un doctorat en métallurgie obtenu en Angleterre et d’une expérience de trois ans à l’Université du Nouveau-Brunswick. Alcan l’embauche à son usine de Jonquière. Il y restera quatre ans avant de passer à la Division des matériaux technologiques de Noranda, où il sera directeur du développement des affaires. En 1999, il fonde la Corporation canadienne de poudres électroniques, leader mondial de la fabrication de ces poudres utilisées dans les composants électroniques destinés aux lecteurs MP3, téléviseurs plasma et ordinateurs portables.Chaque semaine, quatre camions remplis de sacs de poudre de nickel quittent l’usine de Saint-Laurent vers le Japon, pourtant fermé aux produits étrangers. « Montréal est l’épicentre du monde en matière de technologie du plasma », dit Cesur Celik, à ma grande surprise. L’homme de 54 ans m’explique que des entreprises comme la sienne s’appuient sur un solide réseau, organisé autour des centres de recherche des universités McGill et de Sherbrooke ainsi que du Laboratoire des technologies électrochimiques et des électrotechnologies d’Hydro-Québec, à Shawinigan. Il a fallu un immigrant venu d’Istanbul pour m’apprendre que le Québec occupe le premier rang mondial dans ce domaine !La Corporation fabrique la poudre électronique la plus fine au monde, assure-t-il, ce qui lui donne un avantage marqué pour la fabrication des condensateurs. Nous parlons ici de nanotechnologies : la miniaturisation et la puissance accrue des appareils électroniques nécessitent de plus en plus de condensateurs, toujours plus minuscules. Par exemple, un téléphone mobile peut en contenir 300 et un ordinateur portable, jusqu’à 1 000. Chaque condensateur comprend à son tour 200 couches, d’où l’utilisation de poudres extraordinairement fines. Cela est, on s’en doute, d’une complexité inouïe à produire. La société de Saint-Laurent a 6 brevets enregistrés et est en attente pour 25 autres.On ne parle pas de nanotechnologies chez Adonis, mais plutôt de méga-gourmandises. Au marché de la rue Sauvé, tout près de Saint-Laurent, où habite 25 % de la communauté libanaise de Montréal, Elie Cheaib me montre des montagnes de baklavas et d’autres pâtisseries aux noix et au miel, puis le comptoir de la boucherie. « Plus de 25 % de nos ventes proviennent des plats produits ou apprêtés dans notre cuisine, qui emploie plus de 80 personnes », dit-il. Un conseil, n’allez jamais chez Adonis le ventre vide, vous allez vous ruiner !« Nous sommes une épicerie pour tout le monde, pas seulement pour les Libanais », répète Elie Cheaib. On trouve un rayon de viandes halal pour les musulmans, « mais ce n’est pas une mosquée ni une église ici », dit-il. Du reste, une grande partie de la clientèle est constituée de Québécois « de souche ». Le racisme ? « Il y en a partout, même entre deux villages du Liban ! »En France et en Belgique, on appelle « self-stockage » le genre d’entrepôts que bâtit Depotium dans tout le Québec. Les clients, majoritairement des particuliers, louent des espaces de différentes superficies pour y loger meubles, vêtements ou articles saisonniers. Depotium, qui a investi 14 millions de dollars depuis un peu plus d’un an dans la construction de nouvelles succursales, emploie 60 personnes (dont 19 Turcs) et en fait travailler plus de 500 en sous-traitance.Turan Kalfa illustre à lui seul les paradoxes de l’immigration. Il se dit athée, mais il était tout fier de me montrer une photo de lui et de sa mère, l’été dernier, à La Mecque pour le hadj, le pèlerinage que doivent accomplir les musulmans une fois dans leur vie. Membre du Parti québécois, il assure qu’il parlait à André Boisclair en anglais, et en espagnol à Bernard Landry. Je le soupçonne d’être un peu taquin.Il redevient plus grave quand il parle de ses quatre enfants, dont les deux aînées étudient au collège Notre-Dame, un établissement privé. « Leur l’avenir est au Québec », dit-il. Après un court moment, il ajoute : « Elles sont l’avenir du Québec. »De son côté, l’entreprise de Cesur Celik a multiplié ses ventes par huit depuis 18 mois, et son dirigeant vise un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars d’ici cinq ans. Associée à une société japonaise, la Corporation canadienne de poudres électroniques construit au Japon une usine qui, avec l’agrandissement de celle de Saint-Laurent, lui permettra d’augmenter de 125 % sa production dès l’automne 2008.« Dans mon cœur, je suis un Québécois, dit Cesur Celik. Mon fils, qui joue au hockey dans l’équipe d’une université américaine, ne cesse de répéter à ses coéquipiers qu’il vient de Jonquière ! »

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La télé fout le camp

Dépendant de la semaine, le réseau TVA obtient un peu plus ou un peu moins que l’ensemble des auditeurs de Radio-Canada, de TQS et de RDS. Pour battre TVA à trois, il faut un gros match de hockey qui gonfle l’auditoire du Réseau des Sports. Malgré la fragmentation du marché, l’antenne de Quebecor accapare 30 % de l’auditoire sur une base hebdomadaire, soit plus de deux fois la part de Radio-Canada et près de trois fois celle de TQS. On pourrait conclure que l’acquisition de TVA a été une sacrée bonne affaire et qu’il n’y a pas seulement des concurrents qui courent jusqu’au Banquier ! Car habituellement, c’est le leader qui accapare la part du lion quand il est question de profits. Sauf en télévision. Astral Média est le véritable roi de la télévision. L’assemblée annuelle de l’entreprise, hier à Toronto, nous l’a rappelé bien fort. L’entreprises montréalaise fait quatre fois plus d’argent en télédiffusion que TVA. L’explication est simple. En plus de revenus publicitaires d’environ 20 millions $, Astral Média récolte 94 millions $ par trimestre en revenus d’abonnements pour ses chaînes de télévision payante ou spécialisée. En fait, Astral a inventé la télévision très payante. On comprend mieux pourquoi les télédiffuseurs privés réclament eux aussi des revenus d’abonnement pour leurs chaînes distribuées gratuitement par les services de télédistribution. Ne sortons pas immédiatement nos mouchoirs car tout le monde profite du système. TVA, Radio-Canada, Corus et CTV ont tous des chaînes spécialisées ou payantes. Et les propriétaires de TVA et de TQS sont également propriétaires de câblodistributeurs, grands gagnants du nouveau paysage audiovisuel. Néanmoins, le système actuel est absurde. Il faudrait que les télédiffuseurs jouent à armes égales. Une véritable concurrence et l’amélioration des contenus en dépend. Quitte à gruger dans les marges des câblos et dans la machine à imprimer de l’argent d’Astral.

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Immigrants de choc

Leur histoire commence de la même façon : ils arrivent à Montréal sans un sou. Puis, chacun finit par se retrouver à la tête d’une entreprise multimillionnaire. De plus, Georges Ghrayeb, Jamil et Elie Cheaib, des marchés Adonis, Turan Kalfa, des mini-entrepôts Depotium, et Cesur Celik, de la Corporation canadienne de poudres électroniques, ont tous établi leur société dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, ou tout près. Saint-Laurent est atypique à plus d’un titre : on y compte davantage d’emplois que d’habitants, et presque la moitié des 85 000 personnes qui y vivent sont des immigrants. Un résidant sur 10 avait l’arabe comme langue maternelle en 2001, comme les propriétaires d’Adonis. Et un sur 10 aussi était de confession musulmane, comme Turan Kalfa et Cesur Celik. Quand Jamil Cheaib arrive à l’aéroport de Mirabel, en 1978, il n’a même pas l’argent nécessaire pour se rendre à Montréal. Il ne connaît qu’une personne au Canada, un Libanais qui habite Montréal depuis quelques années. Le destin sourit au jeune homme de 20 ans, car ce compatriote se trouve justement à l’aéroport ce jour-là pour accueillir des visiteurs. Il lui offre le gîte pour un mois. « Jamil pleure chaque fois qu’il raconte cette histoire », dit Elie, son cadet, avec qui il a fondé les marchés Adonis, en compagnie de leur ami Georges Ghrayeb. Les trois hommes sont originaires de Damour, un village chrétien au sud de Beyrouth, éprouvé par la guerre civile de la fin des années 1970. Le village a été détruit, des centaines d’habitants massacrés et l’épicerie de la famille démolie. Deux semaines après l’arrivée d’Elie à Montréal, à la fin de 1978, les trois Libanais achètent un petit dépanneur, rue Faillon. Pendant plus de six ans, ils travailleront sept jours sur sept pour faire grossir leur affaire, qui comprend aujourd’hui trois supermarchés, un distributeur en gros de produits moyen-orientaux (Phoenicia), une participation dans la première usine de fabrication de couscous au Canada (Zinda) et dans une fromagerie de Sorel spécialisée dans les fromages libanais (Fromagerie Polyethnique). Une affaire dont les revenus annuels atteignent 150 millions de dollars. Le destin de Turan Kalfa, 47 ans, est tout aussi fabuleux. Il quitte son village des côtes de la mer Noire à 14 ans pour Istanbul. À 17 ans, le jeune Turc s’engage sur un navire, puis un armateur belge le choisit comme capitaine alors qu’il n’a que 19 ans. « Après avoir visité 65 pays et plus de 500 villes, j’ai choisi Montréal, en janvier 1985 », dit-il dans un français sûr et précis, même s’il ne peut pas cacher qu’il s’agit de sa quatrième langue. Le jour, il travaille dans une usine d’armement ; le soir, il étudie l’informatique ; et il fait des déménagements les fins de semaine. Il fondera par la suite une entreprise de transport spécialisée dans les déménagements longue distance, National Movers, qui deviendra le plus grand déménageur indépendant au Canada. En 1994, un client l’invite à un congrès de propriétaires d’entrepôts libre-service, à Las Vegas, qui en précédait un de déménageurs, à Calgary celui-là. « Le premier avait lieu au Caesars Palace et celui de Calgary dans un motel de deuxième catégorie. Pas de doute, je voulais faire partie du premier ! » raconte-t-il en riant. Il fonde Depotium en 1995 et vend son entreprise de déménagement quelques mois plus tard. Grâce à ses 21 succursales, Depotium est aujourd’hui le premier locateur d’espaces d’entrepôts libre-service au Québec et le quatrième au Canada. Alors que les propriétaires d’Adonis et de Depotium sont des autodidactes, Cesur Celik (on prononce « Tcelik ») arrive au Québec, en 1985, fort d’un doctorat en métallurgie obtenu en Angleterre et d’une expérience de trois ans à l’Université du Nouveau-Brunswick. Alcan l’embauche à son usine de Jonquière. Il y restera quatre ans avant de passer à la Division des matériaux technologiques de Noranda, où il sera directeur du développement des affaires. En 1999, il fonde la Corporation canadienne de poudres électroniques, leader mondial de la fabrication de ces poudres utilisées dans les composants électroniques destinés aux lecteurs MP3, téléviseurs plasma et ordinateurs portables. Chaque semaine, quatre camions remplis de sacs de poudre de nickel quittent l’usine de Saint-Laurent vers le Japon, pourtant fermé aux produits étrangers. « Montréal est l’épicentre du monde en matière de technologie du plasma », dit Cesur Celik, à ma grande surprise. L’homme de 54 ans m’explique que des entreprises comme la sienne s’appuient sur un solide réseau, organisé autour des centres de recherche des universités McGill et de Sherbrooke ainsi que du Laboratoire des technologies électrochimiques et des électrotechnologies d’Hydro-Québec, à Shawinigan. Il a fallu un immigrant venu d’Istanbul pour m’apprendre que le Québec occupe le premier rang mondial dans ce domaine ! La Corporation fabrique la poudre électronique la plus fine au monde, assure-t-il, ce qui lui donne un avantage marqué pour la fabrication des condensateurs. Nous parlons ici de nanotechnologies : la miniaturisation et la puissance accrue des appareils électroniques nécessitent de plus en plus de condensateurs, toujours plus minuscules. Par exemple, un téléphone mobile peut en contenir 300 et un ordinateur portable, jusqu’à 1 000. Chaque condensateur comprend à son tour 200 couches, d’où l’utilisation de poudres extraordinairement fines. Cela est, on s’en doute, d’une complexité inouïe à produire. La société de Saint-Laurent a 6 brevets enregistrés et est en attente pour 25 autres. On ne parle pas de nanotechnologies chez Adonis, mais plutôt de méga-gourmandises. Au marché de la rue Sauvé, tout près de Saint-Laurent, où habite 25 % de la communauté libanaise de Montréal, Elie Cheaib me montre des montagnes de baklavas et d’autres pâtisseries aux noix et au miel, puis le comptoir de la boucherie. « Plus de 25 % de nos ventes proviennent des plats produits ou apprêtés dans notre cuisine, qui emploie plus de 80 personnes », dit-il. Un conseil, n’allez jamais chez Adonis le ventre vide, vous allez vous ruiner ! « Nous sommes une épicerie pour tout le monde, pas seulement pour les Libanais », répète Elie Cheaib. On trouve un rayon de viandes halal pour les musulmans, « mais ce n’est pas une mosquée ni une église ici », dit-il. Du reste, une grande partie de la clientèle est constituée de Québécois « de souche ». Le racisme ? « Il y en a partout, même entre deux villages du Liban ! » En France et en Belgique, on appelle « self-stockage » le genre d’entrepôts que bâtit Depotium dans tout le Québec. Les clients, majoritairement des particuliers, louent des espaces de différentes superficies pour y loger meubles, vêtements ou articles saisonniers. Depotium, qui a investi 14 millions de dollars depuis un peu plus d’un an dans la construction de nouvelles succursales, emploie 60 personnes (dont 19 Turcs) et en fait travailler plus de 500 en sous-traitance. Turan Kalfa illustre à lui seul les paradoxes de l’immigration. Il se dit athée, mais il était tout fier de me montrer une photo de lui et de sa mère, l’été dernier, à La Mecque pour le hadj, le pèlerinage que doivent accomplir les musulmans une fois dans leur vie. Membre du Parti québécois, il assure qu’il parlait à André Boisclair en anglais, et en espagnol à Bernard Landry. Je le soupçonne d’être un peu taquin. Il redevient plus grave quand il parle de ses quatre enfants, dont les deux aînées étudient au collège Notre-Dame, un établissement privé. « Leur l’avenir est au Québec », dit-il. Après un court moment, il ajoute : « Elles sont l’avenir du Québec. » De son côté, l’entreprise de Cesur Celik a multiplié ses ventes par huit depuis 18 mois, et son dirigeant vise un chiffre d’affaires de 100 millions de dollars d’ici cinq ans. Associée à une société japonaise, la Corporation canadienne de poudres électroniques construit au Japon une usine qui, avec l’agrandissement de celle de Saint-Laurent, lui permettra d’augmenter de 125 % sa production dès l’automne 2008. « Dans mon cœur, je suis un Québécois, dit Cesur Celik. Mon fils, qui joue au hockey dans l’équipe d’une université américaine, ne cesse de répéter à ses coéquipiers qu’il vient de Jonquière ! »

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Le milliard de Pauline Marois

La perte de milliers d’emplois dans la foresterie est dramatique pour plusieurs régions du Québec. La fermeture définitive de l’usine Belgo, à Shawinigan, fait mal. Trois ministres sont aujourd’hui à Shawinigan pour donner 1 million de dollars qui devraient soutenir la diversification économique de la ville. C’est beaucoup de ministres pour un million. La bonne nouvelle, c’est que cet argent servira à la diversification et au développement économique de la ville. Pauline Marois propose (après une longue réflexion !) de hausser la TVQ et d’investir 1,1 milliard dans l’industrie forestière. Tout le milliard, pour ce seul secteur. Cela est touchant et réconfortera pour quelques nouveaux chômeurs, mais c’est absurde d’un point de vue économique. Le Québec n’est plus compétitif en matière de foresterie. Pas plus qu’il ne l’est dans la confection de vêtements. Faut-il s’acharner à coup de milliards de dollars en fonds publics sur ce qui ne marche pas, ou favoriser plutôt ce qui pourrait marcher ? Faut-il hausser les taxes et impôts pour tenter de sauver l’économie d’hier ? Du mois d’août 2006 à août 2007, le PIB du Québec a connu une hausse de 3,2 %. C’est remarquable. Même dans les industries productrices de biens, l’économie est en hausse de 2,7 %. Les mines, la construction et même la fabrication sont en hausse. En ce qui concerne les services, 12 des 13 secteurs répertoriés par l’Institut de la statistique du Québec montrent une croissance. La hausse atteint 6,2 % pour l’hébergement et la restauration, 5,9 % pour le commerce de gros et 5,7 % pour le transport. Bref, l’économie du Québec du Québec va bien. Préférons-nous continuer sur cette lancée où voulons-nous confier à des fonctionnaires des milliards de dollars de nos taxes pour qu’ils jouent au grand manitou économique ?

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La mission de la Caisse

La comparution de Henri-Paul Rousseau en commission parlementaire nous aura rappelé comment le PDG de la Caisse de dépôt est intelligent, articulé et pédagogue. Cela ne l’a pas empêché de s’être gouré avec le papier commercial adossé à des actifs et que cela coûtera cher. La Caisse a sous-estimé le risque de ces placements à court terme dans lesquels elle a investi 13,2 milliards de dollars. Pourquoi a-t-elle tant investi dans ces véhicules ? Parce qu’elle maintient des liquidités de 33,6 milliards pour pouvoir intervenir rapidement sur les marchés ou dans des transactions. Cela est énorme, même pour un portefeuille de 207 milliards de dollars. Pour arriver à des rendements supérieurs aux indices, elle doit obtenir le maximum de ses placements à court terme, d’où l’achat massif de PCAA. Talonné par les partis d’opposition plus intéressés à ferrailler sur la fameuse mission de la caisse, Henri-Paul Rousseau a bien fait de nous rappeler que les pertes que pourraient encourir la caisse à cause des PCAA seront probablement moindres que ce qu’elle a perdu dans la transaction Quebecor-Vidéotron (2,9 milliards $). François Legault a reproché à Henri-Paul Rousseau de ne pas s’être montré interessé par Alcan ou d’autres entreprises québécoise alors qu’elle s’engageait dans des « placements qui vont perdre de l’argent » comme celui de l’aéroport Heathrow, à Londres. D’abord, bravo une fois de plus pour les dons de prescience de François Legault. Il devrait en faire un métier. Sur le fond de la question, la Caisse s’est fait plumer à plus d’une reprise en intervenant massivement et de façon inopportune dans de nombreux dossiers ( Asbestos, Brascade-Noranda, Provigo, Steinberg…). Je comprends mal l’acharnement à vouloir recommencer… Je ne comprends pas non plus la confusion que l’on fait entre l’État québécois et la Caisse de dépôt. La Caisse doit payer des pensions de retraite à des millions de Québécois, il faut d’abord s’assurer qu’elle obtient un rendement suffisant pour répondre à ses obligations. Le cas d’Alcan est intéressant. Aurait-il fallu que la Caisse engage le combat contre Rio Tinto et investisse au-delà de 38 milliards de dollars pour acquérir Alcan ? On reproche d’un côté à la Caisse de s’être trop investie pas le papier commercial, mais on ne voit pas de problème à un investissement trois fois plus considérable. Même pour la Caisse, un tel investissement aurait été à l’encontre de tous les principes de l’investissement, à commencer par une saine et juste répartition de l’actif.

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Grandeurs et misères des entreprises familiales

Pierre Karl Péladeau a eu gain de cause. Le gouvernement fédéral réserve une partie de la capacité de la bande passante pour la téléphonie mobile à de nouveaux joueurs. Vidéotron pourra plus facilement établir un réseau national de sans-fil concurrençant ceux de Bell, de Telus et de Rogers. Elle sera dorénavant en mesure d’offrir tous les services de télécommunications à ses clients. Quebecor, historiquement un imprimeur et un éditeur, se transforme en géant des télécoms. Qu’importe si l’entreprise est lourdement endettée, que la Caisse de dépôt a perdu 2,9 milliards dans l’aventure, que Quebecor World, deuxième imprimeur mondial, est dans le pétrin absolu, Pierre Karl Péladeau est en train d’opérer une mutation spectaculaire. Si Quebecor n’était pas une entreprise familiale, contrôlée par des actions à votes multiples, l’héritier Péladeau ne serait vraisemblablement plus aujourd’hui à la tête de l’entreprise. Les investisseurs auraient brassé la cage et exigé des comptes. Des changements de direction seraient probablement survenus également au Groupe Jean Coutu à cause de l’aventure américaine, à Bombardier qui a failli s’écraser après le 11 septembre 2001, ou même chez Rogers qui a poussé son endettement à des niveaux spectaculaires. Les grands fonds d’investissement américains n’en auraient fait qu’une bouchée. Mais les familles Péladeau, Coutu, Bombardier-Beaudoin, et Rogers ont maintenu le cap contre vents et marées. Elles ont persisté, imposé fiston à la direction (cela était déjà fait chez Quebecor) et leur dictat aux autres actionnaires. Je pense que tous ces paris, audacieux et risqués, sont en voie d’être remportés. Même si elles contreviennent à l’un des principes du capitalisme (une action = un vote), le contrôle familial assure que les besoins à plus long terme de l’entreprise l’emportent sur les exigences trimestrielles du marché. Pour tous leurs défauts, elles assurent la survie des entreprises et la continuation de leur présence au Québec (Rogers est évidemment une entreprise ontarienne). Alcan peut être vendue, mais il faudra que la famille Desmarais déménage pour que Power Corporation s’installe ailleurs. La présence des entreprises familiales a quelque chose de rassurant. Et bonne chance à Pierre Beaudoin!

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Maudits chiffres !

L’option souverainiste est légitime en soi. De nombreux Québécois croient que le Québec doit être indépendant. Je comprends le besoin identitaire et la démarche politique. C’est une opinion toute personnelle, mais je ne crois pas que le débat se jouera sur le front économique. Un souverainiste ne se laissera pas toucher par un discours axé sur la peur et un fédéraliste ne fléchira pas grâce aux lendemains jovialistes promis par les promoteurs de l’indépendance. Je respecte trop les convictions des uns et des autres pour croire le contraire et je sais que l’émotion joue un rôle immense dans ce débat. Quand je parle de l’économie du Québec ou de son retard face à ses voisins et concurrents, je veux surtout sensibiliser les gens aux grands chantiers qui nous attendent, qu’importe le régime politique. Cette semaine, on apprend que le Québec était encore, en 2006, sous la moyenne canadienne au niveau de la croissance de la productivité et que nos entreprises investissaient moins que les autres en machinerie et en équipement. Toujours cette semaine, on dévoile que le taux de décrochage scolaire en 2005-06 est de 24,2 % au Québec, et qu’il dépasse les 30 % chez les jeunes hommes. Tout cela me désole car je mesure les implications pour notre compétitivité au cours des prochaines années. À tout prendre, je vous dirai même que le débat politique m’ennuie. Ce qui me préoccupe se résume ainsi : voulons-nous faire partie d’une société en déclin qui s’appauvrit ou d’une société vibrante qui s’enrichit? Mais puisqu’il faut parler de chiffres… On me cite constamment l’étude publiée en 2005 par François Legault. Ce dernier a écrit en 2005 que le Québec profitera d’un gain de 17 milliards de dollars sur cinq ans s’il réalise la souveraineté. Ces chiffres me semblent infirmés par les données plus récentes de Statistique Canada et de l’Institut de la statistique du Québec. Je n’accorde pas beaucoup de crédibilité au rapport Legault. Du reste, le Parti Québécois semble lui aussi l’avoir enterré. Ses hypothèses de base sont contestables. Il présume d’abord qu’il n’y aura aucun remous économique ni coûts de transition après une éventuelle souveraineté. Le dollar et les marchés financiers sont plus nerveux qu’un chevreuil, mais rien ne devrait bouger pendant les mois de négociations qui suivraient un référendum gagnant. Cela relève de la foi. De plus, on part du principe que personne ne quittera le Québec, qui ne subira aucune perte fiscale. En 2006, une année où l’économie va bien et où le chômage est à un creux historique, près de 7 000 résidents ont quitté le Québec. Je ne brandis aucune menace. Je ne dis pas que des centaines de milliers de non francophones quitteront en masse comme à la fin des années 1970, je dis seulement que prétendre que personne ne partira m’apparaît hautement improbable. Cela a pris des années pour rapatrier la seule formation de la main-d’œuvre, mais rapatrier toute la fonction publique fédérale se ferait en cliquant des doigts. Tous les gains seraient enregistrés au cours des cinq premières années. Pour arriver à son surplus, le rapport Legault prétend éliminer 741 millions de dollars en chevauchements entre les gouvernements, mais garantie l’emploi à 74 000 fonctionnaires fédéraux. Il diminue férocement tous les coûts afférents aux Affaires étrangères et à la Défense et il est peu convainquant quand il présume qu’une administration québécoise sera de 25% plus efficiente que l’administration fédérale. Drôle d’argument quand on constate comment nos institutions sont gérées. Je veux bien que le Québec n’hérite que de 16,5 % de la dette fédérale, chiffre retenu par la Commission Bélanger-Campeau. Mais ce n’est pas parce que les Québécois le demandent que les Canadiens acquiesceront sans broncher. Cela fera l’objet d’une négociation et la proportion pourrait être plus élevée. L’autre élément qui me paraît très fragile dans l’argumentation de certains d’entre vous, c’est que le fédéral pillerait le Québec de 4 milliards par année. Je reprends les chiffres de l’Institut de la Statistique du Québec publiés la semaine dernière. Le gouvernement fédéral dépense 9 996 milliards de dollars au Québec en biens et services et 39 249 milliards en dépenses de programmes, moins les intérêts sur la dette publique. En retour de dépenses de 49 245 milliards, le fédéral perçoit 43 428 milliards en taxes et impôts. Je ne dis rien d’autre. Je vous trouve très créatif pour transformer ce surplus de plus de 5 milliards en un déficit de 4 milliards. Je trouve divertissante votre compréhension d’une dette. À défaut d’être remboursée, toute dette implique des paiements d’intérêts. Quand le fédéral paie les intérêts sur sa dette, il ne vole pas le Québec. Il n’agit qu’en emprunteur responsable. Le gouvernement du Québec ne nous vole pas de 7 milliards de dollars chaque année quand il paie les intérêts sur sa propre dette. Ce n’est pas une « taxe de bienvenue », c’est le prix de services et de biens que nous avons obtenus à crédit. Du reste, faut-il rappeler que la dette fédérale a diminué de 85 milliards de dollars entre 1997 et 2007, alors que la dette du Québec pendant cette période augmentait de 43 milliards de dollars. Du seul point de vue de la logique, j’ai peine à comprendre comment le Québec, dont la performance économique reste plutôt moyenne, pourrait être un riche pourvoyeur du régime fédéral. Si le Québec était si prospère et qu’il contribuerait à ce point au Trésor fédéral, il devrait normalement, comme l’Alberta, récolter suffisamment de revenus autonomes pour éponger sa dette, paver ses routes, réparer ses écoles et financer ses universités et hôpitaux. Cela n’est manifestement pas le cas. Vous avez droit à vos opinions et les exprimer tant que vous voulez. Je n’ai pas le goût de faire de la censure sur ce blogue, à moins que les propos soient carrément racistes ou diffamatoires. Si vous voulez parler de souveraineté et d’immigration en lien avec n’importe quel sujet, allez-y. Mais j’en ai assez de voir tous ceux qui ne partagent pas vos opinions se faire traiter de « colonisés » ou d’« Elvis ». Cela vous amuse manifestement, mais je ne crois pas que cette attitude élargit le cercle de vos amis. Un peu de civisme, s’il vous plaît.

Affaires et économie

Le vrai bulletin du Québec

L’Institut de la statistique du Québec vient de publier de nouvelles statistiques comparatives, tant au niveau économique que social. Il faut se réjouir, car le Québec a amélioré sa position dans plusieurs secteurs. Il ne réussit toutefois pas à rattraper la moyenne canadienne. Dans certains domaines, la performance du Québec continue de me préoccuper. Revenu personnel disponible : B Voilà ce qui nous reste d’argent une fois les impôts et taxes enlevés et en tenant compte de la hausse des prix. Sommes-nous plus riches qu’avant ? Oui, et cela est une bonne nouvelle. Nous étions au niveau du Nouveau-Brunswick en 1998, nous voilà en 2006 au niveau du Manitoba. Pendant cette période, la croissance du Québec a été supérieure à celle de cinq provinces, dont l’Ontario, et inférieure à celle de quatre provinces et à la moyenne nationale. L’écart avec l’Ontario est réduit, mais demeure néanmoins à 3 100 dollars par année. On peut argumenter que l’État québécois offre davantage de services (garderie et médicaments) et que cet écart n’existe plus pour les Québécois qui profitent de ces programmes sociaux. Le débat est sans fin, puisque pour offrir ces services le Québec dépense plus, taxe davantage et est plus endetté. Emploi : A De 2005 à 2007 (octobre) le taux de chômage est passé de 8,3 % à 6,9 %. Cela est impressionnant. Pendant ce temps, le taux de chômage ontarien baissait de 6,6 % à 6,0 %. L’écart est donc de moins de 1 %, alors qu’il était historiquement supérieur à 2 % jusqu’en 2003. Aide sociale : A Le taux de bénéficiaires d’aide sociale est passé de 7,8 % de la population en 2001 à 6,8 % en 2006. Ce taux est passé de 6,1 % à 5,4 % en Ontario pendant cette même période. Ceux qui seraient tentés de faire un profilage ethnique des bénéficiaires seront déçus d’apprendre que le taux a baissé de 1 % au Québec alors que nous avons accueilli 202 268 immigrants entre 2001 et 2005. Les statistiques sont encore plus impressionnantes en Ontario alors qu’il y avait moins de bénéficiaires en 2005 qu’en 2001, malgré l’arrivée de 667 688 immigrants pendant cette période. Investissements : C Bonne nouvelle : le taux de croissance des investissements sera de 6,6 % en 2007 au Québec, ce qui est plus élevé que l’Ontario et que l’Alberta. Bémol : ce sont les investissements publics qui propulsent le Québec. Mauvaise nouvelle : nos fabricants investissent moins que les autres pour de l’équipement et de la machinerie. La hausse n’est que de 2,6% au Québec, contre 4,3 % en Ontario et 5 % pour l’ensemble du Canada. Voilà un écart considérable qui fera mal au cours des prochaines années. On sait que la croissance de la productivité au Québec est nettement inférieure à celle du reste du pays, lui-même distancé par les États-Unis et par plusieurs pays industrialisés. Solde commercial : C Jean Charest est aujourd’hui à Toronto pour négocier un accord de libre-échange avec la province voisine. Cela est une bonne idée. Le déficit commercial avec le reste du Canada était de 2, 289 milliards en 2006. En ajoutant les données du commerce international, le déficit commercial du Québec était de 7,8 milliards l’an dernier, soit près de 3 % de notre PIB. Dette : D Le Québec compte pour 23,4 % de la population canadienne et 19,6 % de son économie, mais sa dette nette de 107 962 milliards de dollars représente 36 % de l’ensemble des dettes provinciales. La dette provinciale par habitant au Québec est de 14 111 dollars, contre 11 437 dollars pour l’Ontario. Démographie : C Malgré la hausse des naissances, la population du Québec ne croît pas au même rythme que la population canadienne (0,7 % Québec, 1,1% reste du Canada). Alors que l’Ontario augmente sa proportion de jeunes travailleurs de 15 à 44 ans, le taux de croissance annuel moyen n’augmente que chez les 44 ans et plus au Québec. Fédéralisme : éternel sujet de discorde D’après les données publiées par le Québec la semaine dernière, le gouvernement canadien percevait 43 428 milliards en taxes et impôts au Québec et il y consacrait 9 996 milliards pour les dépenses courantes et 39 249 milliards pour ses dépenses de programmes, soit 49 245 milliards. Nous parlons ici d’une différence de 5,8 milliards de dollars. Ces chiffres concordent à ceux publiés par Statistique Canada qui soutient que le gouvernement fédéral dépensait, en 2004, environ 2 milliards de plus au Québec qu’il n’en récoltait en taxes et impôts. Depuis ce temps, les transferts fédéraux au Québec ont crû de 3,2 milliards $. Toutes ces données et bien d’autres sont disponibles à cette adresse : https://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/econm_finnc/conjn_econm/TSC/index.htm

Apprivoiser le tigre indien Monde

Apprivoiser le tigre indien

L’Inde pourrait bientôt croître plus vite que la Chine. Et des gens d’affaires québécois l’ont compris. Ils sont de plus en plus nombreux à y faire des affaires.