Partenariat Transpacifique: pourquoi il faut dire oui

Si un accord est aujourd’hui possible après 10 ans de discussions, dont quatre avec le Canada, il faut profiter de l’occasion et tenter de conclure une entente.

Photo: Tony C French/Getty Images
Photo: Tony C French/Getty Images

Blogue EconomieLes négociations en vue d’un accord commercial de libre-échange entre plusieurs pays riverains du Pacifique seraient sur le point d’aboutir et un accord pourrait être conclu incessamment. C’est une bonne nouvelle, mais qui soulève des enjeux importants, surtout en campagne électorale.

L’ex-ministre et commentateur politique Jean Lapierre croit que le gouvernement canadien n’est pas autorisé à signer une telle entente pendant une campagne électorale, surtout s’il n’a pas préalablement consulté les principaux partis d’opposition. On devrait donc attendre qu’un nouveau gouvernement soit élu avant d’engager le Canada.

Si les 12 pays à la table des négociations, à Atlanta, s’entendent dans les prochains jours, ce sera autour d’un accord de principe qui devra ultérieurement être confirmé par les différents gouvernements avant d’être ratifié. Un nouveau gouvernement pourrait, me semble-t-il, ne pas se sentir engagé par l’accord. Mais ce n’est là que mon opinion.

Il me semble aussi que si un accord est aujourd’hui possible après 10 ans de discussions, dont quatre avec le Canada, il faut profiter de l’occasion et tenter de conclure une entente.

Le contenu d’une telle entente est bien sûr sujet à débat. Les producteurs agricoles, les gouvernements du Québec et de l’Ontario, ainsi que d’autres forces politiques exigent que cet accord ne touche pas la gestion de l’offre qui protège les producteurs laitiers contre les exportations. Une rumeur veut que le Canada soit prêt à consentir qu’environ 10 % des produits laitiers disponibles au Canada soient importés des États-Unis.

Les producteurs laitiers disent que cela serait catastrophique pour eux et exigent le maintien intégral de la gestion de l’offre. Le Bloc québécois fait de cette défense de la gestion de l’offre une pièce maîtresse de sa campagne électorale et soutient que le Canada sacrifie les intérêts du Québec pour avantager d’autres industries ailleurs au pays.

Bon, imaginons que Gilles Duceppe est le ministre du Commerce extérieur d’un Québec indépendant. Il se trouvera dans la même situation qu’Ed Fast, le ministre fédéral actuel. Il devra composer avec une réalité complexe et des intérêts divergents puisqu’il n’y a pas que des éleveurs de vaches au Québec.

L’industrie aéronautique – 41 750 emplois au Québec –  lui rappellera que 80 % des revenus des 204 entreprises de ce secteur proviennent de l’exportation, particulièrement des ventes conclues avec les pays du Partenariat Transpacifique. On parle de ventes de 10,2 milliards de dollars par année entre 2012 et 2014.

Les manufacturiers et exportateurs lui souligneront que les exportations du Québec ont atteint 76 milliards de dollars en 2014 et que presque tous les secteurs industriels et des ressources naturelles du Québec profiteraient du Partenariat Transpacifique. Par contre, si le Canada rejette cette entente, les entreprises exportatrices se verront moins avantagées que leurs concurrentes sur ce marché de 800 millions de personnes et qui correspond à 40 % de l’économie mondiale.

Même dans l’agriculture, certains secteurs vont profiter de la levée des tarifs sur leurs exportations. Contrairement aux producteurs laitiers, dont le marché est verrouillé et qui n’exportent à peu près rien, 60 % de la production des éleveurs de porcs du Québec est vendue à l’étranger et les pays du Partenariat Transpacifique comptent pour les deux tiers de la valeur de leurs exportations.

Les exportations de porcs vers le Japon – 18 % de la valeur des exportations québécoises de porcs – pourraient augmenter de 30 % au cours des quatre prochaines années grâce à la tombée des tarifs. En revanche, ne pas signer l’attente pourrait provoquer une baisse équivalente de nos ventes.

Le gouvernement canadien a répété à plusieurs reprises qu’il voulait préserver la gestion de l’offre, mais l’on sait que nos partenaires n’aiment pas ce système qui leur bloque l’accès au marché canadien.

Chaque pays joue ses cartes à la table de négociations et c’est du donnant-donnant. Toutes les parties font des compromis et aucun accord n’est parfait. Dans les mêmes conditions, Gilles Duceppe aurait le même choix à faire.

Il serait en effet aberrant et très dommageable pour l’économie du pays de s’opposer à un accord commercial d’une telle portée juste pour préserver l’intégralité de la gestion de l’offre (il n’est pas question de l’abolir), un système unique au monde et qui protège des intérêts particuliers.

22 commentaires
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Les traités de libre–échange ont cette particularité que les négociateurs sont tenus à une obligation de confidentialité. De telle sorte que lorsqu’il sort çà et là des informations dans les médias, il faut toujours lire ces informations avec une certaine réserve.

De plus les ententes et les accords de libre-échange sont toujours assez compliqués et comportent rarement moins de 500 pages de telle sorte que le Partenariat Transpacifique n’y dérogera pas. Alors lorsque qu’on utilise les mots de libre-échange, on se fourvoie un peu, puisque ce sont toujours des accords assez complexes qui doivent être conclus secteurs par secteurs, lesquels comportent toutes sortes d’exceptions voire d’exemptions auxquelles s’ajoute si besoin est des mesures transitoires.

C’est éplorant à dire : le commun des mortels est rarement pleinement au fait des tenants et des aboutissants de tout traité de libre-échange quel qu’il soit. Sensés devoir améliorer nos vies, le plus souvent on ne se rend que rarement compte des bienfaits engendrés par le libre-échange.

Bien que la question de la gestion de l’offre ne soit pas encore tranchée et qu’elle n’a selon moi pas à être tranchée dans le cadre d’une signature de principe, ce que je comprends des hypothèses qui ont filtré, c’est que les producteurs américains voudraient accroitre le volume de leurs exportations d’environ 10% vers le Canada.

La vérité est que nous sommes déjà régis par l’Alena dans nos échanges avec les États-Unis. Rien ne permet de dire actuellement qu’une plus grande quantité de produits laitiers américains aura pour effet de détruire le système de gestion de l’offre tel qu’il existe présentement. Ici ce qui est sur la table c’est une certaine souplesse dans le système.

Même, je pense qu’on pourrait concevoir que les fromages canadiens en particulier ceux produits au Québec pourraient trouver preneurs sans problème aux États-Unis pour leur qualité. Ainsi, les quotas laitiers octroyés aux fermiers ne devraient-ils pas baisser, dans une entente bien faite, ils pourraient augmenter. Ce qui serait au bénéfice de nos producteurs laitiers. Rien n’empêche de concevoir une gestion de l’offre bonifiée.

Pour moi la question est plutôt de savoir qu’est-ce que le Canada a à offrir et qu’est-ce qu’il doit produire de neuf pour conclure des ententes profitables avec l’ensemble des pays qui bordent l’Océan Pacifique. Comme il s’agit d’une entente de partenariat, cela signifie aussi que nous devons trouver des partenaires avec qui nous allons nous engager sur de longs termes dans des aventures communes pour pouvoir échanger autrement.

En cette occurrence, ce qui est sur la table c’est l’accroissement naturel des échanges et pas uniquement un « boost » sur le volume des exportations. Une entente bien faite ne devrait produire qu’un seul ensemble de gagnants. Le principe « gagnant-gagnant » étant actuellement le concept qui prévaut dans toutes les ententes commerciales multilatérales qui sont en cours de négociation dans ce temps.

si les produits qui seront offerts ici, respectent les normes de qualités, salubrités que les cultivateurs et autres doivent respecter ici ok , mais qui pourra nous dire que ces règles sont respecter , les agriculteurs des états -unis sont subventionner en plus , ce qui n’est pas les cas de ceux d’ici , qui doivent se battre pour survivre , las bas des fermes de 8,000 vache n’est pas rare, ce sont des multimillionnaire qui en sont propriétaire et dictent leurs lois

Plus de concentration de richesse encore moins de souveraineté pour les états, oh oui vite vite ça semble bon!
Pauvre monde décervelé par les outils du »progrès ».
Honte à vous monsieur Duhamel , courroie de transmission du mensonge . Comme si l’ALENA n’avait pas déjà assez endommagé les économies des Amériques.
Pourquoi tant de coupures, de fermetures d’usines, de relocalisations? Surement la fautes des syndicats.
J’espère que très prochainement vous serez remplacé par un vrai robot .

Vos propos sont dogmatiques et illogiques.

Sans l’ALENA qui garantie l’accès au marché US les entreprises Canadiennes qui exportent auraient sans doute quitté le pays en encore plus vite et en plus grand nombre pour s’assurer l’accès à ce marché.

Le libre commerce ne tue pas la compétitivité, au contraire il la stimule. Le protectionnisme fait l’inverse. Si nous ne sommes t pas assez productifs ce n’est pas la faute des autres, c’est notre faute et ériger des barrières à nos frontières ne fera qu’empirer les choses.

Matthieu, l’évangéliste, affirme qu’il faut juger un arbre à ses fruits. À lire nos chroniqueurs de journaux, ce saint homme ce serait-il trompé ?

Jim Standford, loin d’être un évangéliste, mais un économiste curieux, a mesuré les fruits de l’arbre et arrive à une conclusion autre que nos prédicateurs de la bonne nouvelle. Il a analysé les cinq traités de libre-échange les plus anciens, celui avec les États-Unis, le Mexique, Israël, le Chili et le Costa Rica. Résultat ? « Canada’s exports to them grew more slowly than our exports to non-free-trade partners [4,8 % contre 5,1 %] , while our imports surged much faster than with the rest of the world. [8,7 % contre 7,3 %] », avec pour résultat que la balance commerciale du Canada est déficitaire depuis une dizaine d’années.

Il résume ainsi : « If the policy goal (sensibly) is to boost exports and strengthen the trade balance, then signing free trade deals is exactly the wrong thing to do. »

http://www.progressive-economics.ca/2012/05/21/promoting-trade-and-signing-free-trade-deals-are-not-the-same-thing/

The Trans-Pacific Partnership (TPP) is a trade deal from hell. It’s a stealth corporate coup d’etat.

It’s a giveaway to banksters. It’s a global neoliberal ripoff. It’s a business empowering Trojan horse. It’s a freedom and ecosystem destroying nightmare.

Cliquez sur le tableau de Business Insider, et vous trouverez la raison pourquoi il faut dire non.

Ce partenariat existe pour donner du pouvoir et de la liberté aux multinationales géantes.

http://fr.sputniknews.com/economie/20150917/1018234389.html

Mais ces négociations sont secrètes. Seules les multinationales et les puissants holdings y ont accès, c’est eux qui décident. Si vous y avez accès, M. Duhamel et partiellement c’est que vous êtes comme dirait Pascal Picher, « Honte à vous monsieur Duhamel , courroie de transmission du mensonge » .

Le poids de la parole de la population de l’Amérique du Nord est insignifiante grâce à des gens comme vous qui travaillent pour les énormes capitaux au détriment de la population.

Et vous essayez de les berner en plus la population, y compris les petites que vous asseyez soit disants de supporter.

Et vous essayez de les berner en plus la population, y compris les petites entrepises que vous asseyez soit disants de supporter.

La signature de cet accord n’est même pas une option. Cela aurait dû être fait il y a plusieurs années.

Si ça signifie la fin du cartel des agriculteurs, tant mieux! D’ailleurs, pourquoi ce genre de cartel qui maintient les prix à des niveaux stratosphériques et ce, même pour les pauvres, serait-il bon pour la population, alors que les autres genres de cartels (l’essence par exemple pour n’en nommer qu’un seul…) seraient malsains pour cette même population?

Que l’on fasse comme en Nouvelle-Zélande et que l’on compense les agriculteurs pour leurs quotas et que l’on redonne au peuple la LIBERTÉ de choix à laquelle il a DROIT!

Toute forme de cartel est nuisible.

Tissus de mensonges.

Un contrarient qui est pour les subventions !!!!!!!

On ara tout vu.

Jamais de preuves.

Le nombre de fermes laitières a été décimé au Canada même AVEC la gestion de l’offre alors on se demande bien de quoi parle Mulcair quand il promet de déchirer un éventuel accord si on remet en question ce système qui soi-disant «protège la ferme familiale»… Il faut noter aussi que le prix exorbitant du lait au Canada rend très difficile l’exportation de nos délicieux fromages, nous privant ainsi de l’accès à un immense marché. Les seul gagnants dans ce stratagème sont certains producteurs bien établit qui profitent d’un statut de monopole, pas surprenant qu’ils militent si fort pour garder le statu-quo aux dépends de tout le reste de la population qui les subventionne en payant beaucoup trop cher.

La Canada ne peut prospérer qu’en exportant et en faisant du commerce, ces accords, même imparfaits, qui nous garantissent l’accès aux autres marchés sont essentiels et il est primordial de ne pas demeurer à l’écart.

Évidemment il faut aussi être compétitif, donc productif (…) pour en profiter, sinon c’est un problème qu’on peut masquer temporairement pas des barrières tarifaires mais qui alors finit encore plus mal…

« Il faut noter aussi que le prix exorbitant du lait au Canada rend très difficile l’exportation de nos délicieux fromages, nous privant ainsi de l’accès à un immense marché. »

ABSOLUMENT FAUX!

Les producteurs canadiens produisent leur lait TROIS CENTS MOINS CHER le litre que les producteurs américains.

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« Les seul gagnants dans ce stratagème sont certains producteurs bien établit qui profitent d’un statut de monopole,

ENCORE FAUX!

Se sont les transformateurs et les distributeurs qui font des profits faramineux. Canadiens vendent leur lait moins cher.

Simognac que ceux qui se se disent de droite sont menteurs.

Wiki des menteurs aussi?

https://en.wikipedia.org/wiki/Dairy_farming_in_Canada

Laissez moi traduire pour être certain que vous comprendrez:

…parce que les processeurs canadiens (de produits laitier) doivent payer si cher il sont incapables d’être concurrentiels pour l’exportation.

«Supply management isolates Canadian dairy from the international market. In order to keep prices high and farmers’ profits high, purchasing milk from international farmers must be blocked. This was originally accomplished by a total ban on imports, but international trade rules forbade this. Instead there is a tiny import quota, around 8% of the cheese market or 1% of the yogurt market – the equivalent of around one teaspoon of yogurt per Canadian per year.[3][6] Past this amount, tariffs are exceptionally high, in the neighbourhood of 246% for cheese and over 300% for butter. These high tariffs render imported food unable to compete.[6][7] At the same time, because Canadian processors have to pay so much to buy milk, they are unable to compete internationally. Total dairy exports in Canada amount to only 5% of production.[3]»

« The neutrality of this article is disputed. Relevant discussion may be found on the talk page. Please do not remove this message until the dispute is resolved. (September 2015) »

Cela veut dire que cet article de Wiki est de la bull shite.
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« …parce que les processeurs canadiens (de produits laitier) doivent payer si cher il sont incapables d’être concurrentiels pour l’exportation. » C’est quoi « un processeurs canadiens (de produits laitier) ».

Cela veut dire que tu ne sais pas écrire ou lire (en anglas), ou que tu copie colle de quelqu’un qui ne sais pas écrire.

Tu ne sais même pas faire la différence entre un producteur et un transformateur laitier.

Je répète: Les producteurs canadiens produisent leur lait TROIS CENTS MOINS CHER le litre que les producteurs américains.

Ce sera comme tel pour tous les produits canadiens à l’exception de des sables bitumineux et de l’automobile. Même Bombardier mangera sa claque.

Les conservateux sont ignorants et menteurs.

« Je répète: Les producteurs canadiens produisent leur lait TROIS CENTS MOINS CHER le litre que les producteurs américains. » (sic)

Alors…pourquoi sont-ils si terrifiés à l’idée du LIBRE-échange?

N’importe quoi!

comment peut-on est pour ou contre un accord sans savoir le contenu?

Comment?

En étant néo-démocrate, bloquiste, gauchiste, interventioniste, syndicaliste et réactionnaire, etc…

Bin explique nous le l’Accord Transpacifique.

Tu as plusieurs clients qui attendent, mais il n’ont pas confiance aux trolls.

Bin tu nous en dira rien PARCE QUE TU N’EN SAIT RIEN.

Les réactionnaires rétrogrades anti-libre-échange me font penser aux misérabilistes qui s’empourpraient lors des négos sur le libre-échange en Amérique du Nord de temps de Mulroney.

D’ailleurs, on attend toujours leurs catastrophes annoncées il y a 20 ans…

Toute forme de libre échange est bienveillante et propice pour l’économie de TOUT pays.

À contrario, que l’on pense au genre d’économie fermée, voire barricadée que représentait celles l’URSS des bolchéviks ou de la Chine de Mao dont s’inspirent fortement les immobilistes ci-haut mentionnés.