Pas facile de vendre du pot (légalement)

Mais les entrepreneurs canadiens qui y parviennent touchent le gros lot.

Photo: Petr Brož
Photo: Petr Brož

Vendre du pot. Voilà le projet d’affaires que Julien Miron, 20 ans, m’a présenté tout à fait sérieusement dans un café des Laurentides à l’hiver 2014. Entre ses mains se trouvaient les plans et devis des travaux à effectuer dans un entrepôt de Laval, où 880 plants généreraient des revenus mensuels de 200 000 dollars.

Un fou? Pas du tout. À l’époque, Santé Canada s’apprêtait à privatiser le cannabis médical; les patients devraient désormais acheter leur marijuana auprès d’un producteur autorisé plutôt que de la faire pousser eux-mêmes. Partout au pays, des centaines d’entrepreneurs montaient des projets similaires à celui de Julien Miron dans l’espoir d’accaparer une part de ce lucratif marché.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, l’entrepôt lavallois ciblé par le jeune homme d’affaires est bel et bien occupé, mais pas par des plants de pot. «On a laissé tomber le projet», explique-t-il au téléphone. Et il n’est pas le seul.

Pas moins de 1 047 demandes de licence pour devenir un producteur autorisé ont avorté à ce jour. Certaines ont été refusées par Santé Canada au cours de l’une des sept étapes du processus de vérification — où sont notamment pris en compte les antécédents judiciaires. D’autres ont simplement été retirées par les entrepreneurs découragés, comme Julien Miron. «Il faut vraiment avoir les poches profondes pour percer ce secteur.»

Beaucoup d’argent doit en effet être investi, notamment dans la construction des installations de production, avant même d’obtenir, peut-être, une licence. «En 18 mois, j’ai dépensé deux millions et je n’avais toujours pas obtenu mon autorisation, raconte un autre entrepreneur, Sébastien St-Louis. Je commençais à être nerveux!»

Son entreprise, Hydropothicaire, a finalement obtenu l’une des 27 licences attribuées à ce jour. Il s’agit du seul producteur autorisé au Québec.

Après tous ces efforts, l’invalidation récente par la Cour fédérale du régime de marijuana médicale arrive comme un cheveu sur la soupe. Le juge Michael Phelan, qui estime que l’interdiction de cultiver ses propres plants bafoue les droits à la sécurité et à la santé des patients, a ordonné au gouvernement fédéral d’adopter de nouvelles règles d’ici six mois.

Malgré tout, Sébastien St-Louis n’est pas inquiet. Il est persuadé que les entreprises comme la sienne feront partie du nouveau système et que seule une minorité fera pousser son propre cannabis. «C’est plus simple d’acheter d’un vendeur autorisé.»

Pour garder le sourire, il peut aussi regarder les statistiques sur le marché. En novembre 2014, près de 15 000 clients étaient inscrits auprès de Santé Canada pour pouvoir acheter du cannabis médical. En novembre 2015, ils étaient 36 594. «Et ça, ce sont des vieux chiffres, observe Sébastien St-Louis. C’est probablement autour de 45 000 maintenant.»

L’augmentation de la clientèle a un effet direct sur les tiroirs-caisses d’Hydropothicaire. L’entreprise a commencé à prendre les commandes il y a cinq mois et les ventes mensuelles s’élèvent déjà à 200 000 dollars. «On s’attend à faire 8 millions cette année, 35 en 2017 et plus de 100 en 2018.» Une croissance de 1 150 % en trois ans.

Si cette prévision vous semble optimiste, sachez qu’elle repose sur davantage que le marché médical. Le PDG estime — et espère — qu’en 2018, le gouvernement Trudeau aura réalisé sa promesse de légaliser le cannabis récréatif.

Il y aura vraisemblablement plus que 27 joueurs sur le terrain d’ici là, mais probablement pas tant que ça. C’est l’un des avantages de s’attaquer à un marché où les barrières à l’entrée sont couvertes de barbelés; les franchir s’avère pénible, mais une fois parvenu de l’autre côté, elles vous protègent.

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5 commentaires
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La solutiion est de légiférer sur le prix de vente pour ne pas voir la pègre derrière ce commerce. Il serait intéressant que ces entreprises soient toutes des O.S.B.L. sous un contrôle très serré.

Je crois plutôt que la solution est de légaliser la vente et de laisser le marché décider du prix.

On voit ce que ça donne de légiférer le prix de vente dans le sirop d’érable, les alcools, le lait et les fromages et tutti quanti: rien de bon pour le consommateur.

Cependant, une chose me titille: nos gouvernements se crachent les poumons à nous convaincre de la menace mortelle que représente la simple cigarette mais tentent maintenant de nous convaincre que légaliser le pot qui, lui, est autrement plus DANGEREUX que la cigarette, serait bienfaiteur pour le peuple…

Vous y comprenez quelque chose vous?

Après avoir investi des millions de dollars pour démarrer leur entreprise, vous croyez vraiment que ça les intéresserait de devenir des OSBL? Pour du cannabis récréatif?

C’est le gouvernement qui décidera et non un citoyen en quête de se bourrer les poches sous la couvertude de la pègre, les critères à suivrepour obtenir un permis. En diminuant les prix au stricte minimum, la pègre aura beaucoup de difficulté à produire. C’est ce qu’à fait la Hollande il y a 22 ans sous une autre forme, les citoyens peuvent avoir jusqu’à quatre plans (deux près de la production et deux au stage de croissance primaire).

Monsieur François 1, un rapport que vous pouvez trouver en langue anglaise sur le site des archives de la Hollande, démontre que le nombre de fumeurs a augmenté lorsque la loi fut mise en fonction mais que depuis il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de fumeurs.

Cependant la petite criminalité a diminué de près de 75% en quinze années (le rapport concernait les 15 premières années de la promulgation de la loi. (petite criminalité = vol à l’étalage, vol dans les maisons etc). Le gouv. Hollandais à pu transférer plus de 3.5 milliards d’Euro par année de leur département de Sécurité publique vers le département de la santé en chiffres de l’année du rapport qui je crois était vers 2008.

Bonjour,

le cannabis peut être consommer de différentes façons : gâteaux, muffins, huile, bonbons, gélules, etc, pas obliger de le fumer à chaque fois. Comme les kits de fabrication d’alcool maison, un espace de culture maison est très faisable également. Il y a une panoplie de produits disponibles pour ce faire pour des résultats très satisfaisants en qualité et en quantité.

Bonne journée
🙂
DrPepper
http://canna.quebec/