Pays émergents aux devises plongeantes

C’est jour de panique sur les marchés boursiers alors que Toronto reculait de 207 points ou de 1,49 % de sa valeur à 15 heures et qu’aux États-Unis l’indice S&P perdait 1,63 % de sa valeur.

C’est jour de panique sur les marchés boursiers alors que Toronto reculait de 207 points ou de 1,49 % de sa valeur à 15 heures et qu’aux États-Unis l’indice S&P perdait 1,63 % de sa valeur. Il en est ainsi sur toutes les places financières alors que la valeur des devises des pays émergents fond comme neige au soleil.

Le rouble, le rand sud-africain, la lire turque, le réal brésilien, le peso argentin, la roupie indienne et même le won sud-coréen cèdent du terrain face au dollar américain. Nommez une devise de pays émergents et soyez sûrs qu’elle est prise dans la tourmente. Les efforts des banques centrales de ces pays pour stopper l’hémorragie restent vains. Même les 3 milliards de dollars dépensés en une journée par la banque centrale turque pour redresser la lire n’ont pas réussi à endiguer le mouvement à la baisse.

Que se passe-t-il? Pourquoi cette panique alors qu’on nous donnait l’impression que les pays émergents profitaient d’un bon vent et déclasseraient plus tôt que tard les pays développés? Il appert que tout n’est pas si simple…

Le repli des devises émergentes est entamé depuis l’an dernier alors qu’elles perdaient globalement 7 % de leur valeur. Le mouvement s’est accentué ces dernières semaines et s’alimente de toutes les inquiétudes et de tous les doutes que l’on peut avoir sur la situation économique mondiale. Le recul de la croissance chinoise est-il significatif et annonce-t-il une pause dans le développement de la future première économie mondiale? La reprise américaine repose-t-elle sur des éléments solides ou seulement conjoncturels?

Ajoutons à ces soucis, deux phénomènes troublants ou inquiétants. D’abord, les pays émergents ne sont plus ce qu’ils étaient. La croissance insolente des dernières années, c’est fini. Selon le FMI, l’écart de croissance avec les pays développés est le plus faible depuis 2001. Plus important encore, le changement de politique de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a diminué ses achats d’actifs financiers a eu des répercussions sur les pays émergents.

Ce changement de politique a provoqué une hausse des taux américains à long terme. Conséquence, de nombreux investisseurs ont décidé de retirer une partie de leurs billes des marchés émergents et de réinvestir aux États-Unis afin de diminuer leur risque. 4 milliards de dollars ont été désinvestis des marchés boursiers émergents depuis le début de l’année et ces marchés accusent un recul depuis 13 semaines consécutives.

La panique finira par se résorber. La panique finit toujours par se résorber. Il faudra quand même en retirer quelques leçons qui devraient se répercuter tout au long de 2014.

Premièrement, la méfiance envers les pays émergents est un phénomène relativement nouveau et lourd de conséquences.

Deuxièmement, le doute, l’inquiétude et la nervosité sont des facteurs incontournables et qui perdureront.

Troisièmement, certains pays comme l’Argentine traverseront de durs moments. Le peso argentin s’est déprécié de 13 % de sa valeur dans la seule journée de jeudi.

Quatrièmement, on comprend l’attitude de la Banque du Canada qui refuse de défendre le huard dans un contexte où presque toutes les devises perdent du terrain. Les autorités suisses et japonaises sont consternées de voir que leur devise résiste trop bien, ce qui nuit à leur compétitivité.

Cinquièmement, on observe que le huard se maintient fort bien vendredi au milieu de la dégringolade universelle, mais sans parvenir à effacer les pertes importantes des dernières semaines. Le dollar canadien était à 90,34 cents américains au milieu de l’après-midi vendredi, une légère hausse de 27 centièmes de cent.

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Rien là. C’est juste une pause temporaire. Regardez le Vietnam par exemple. Saviez-vous qu’en 30 ans à peine ce pays asiatique (le continent du thé) est devenu le 2e producteur au monde de …CAFÉ avec 20% du marché!

http://www.bbc.co.uk/news/magazine-25811724
Think of coffee and you will probably think of Brazil, Colombia, or maybe Ethiopia. But the world’s second largest exporter today is Vietnam. How did its market share jump from 0.1% to 20% in just 30 years, and how has this rapid change affected the country?

La croissance de la consommation et de l’endettement diminue dans les pays riches. Avec le vieillissement et l’overdose d’endettement cette tendance va certainement se poursuivre pour de nombreuses années. Les pays émergents, qui produisent beaucoup de ce que nous consommons ne l’auront plus aussi facile.

Un autre problème pour eux est que la source quasi inépuisable de travailleurs bon marché qui les rendait si compétitifs commence à se tarir, en d’autres mots l’inflation fait son oeuvre et les gains de productivité ne sont plus aussi faciles. A partir de maintenant pour croitre il faudra aussi créer, innover et pour cela il faut une véritable méritocratie appuyée sur un état de droit qui fonctionne et une lutte efficace contre la corruption. Or il est clair que beaucoup de pays émergents sont aux prises avec d’importants problèmes de corruption et d’importantes carences en matière de liberté économique et de protection du droit à la propriété et de la notion de contrat.

Bref les pays émergents continueront à émerger mais les gains faciles sont derrière eux, on verra lesquels sont capables de prendre le virage ou pas.

En attendant mon argent est sur les meilleures compagnies au monde et la plupart d’entre elles sont encore américaines…