PDG: où sont les femmes?

Pour la troisième année de suite, la part de femmes a baissé chez les nouveaux PDG au sein des 2 500 plus importantes sociétés cotées en Bourse dans le monde.

Sophie Brochu, la PDG de Gaz Métro (Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne)
Sophie Brochu, la PDG de Gaz Métro (Photo: Ryan Remiorz/La Presse Canadienne)

Les mouvements comme l’effet A, qui prônent une plus grande place des femmes dans les directions d’entreprise, ne trouveront pas beaucoup de réconfort à la lecture du dernier rapport de Strategy&, la division conseil stratégique de la firme PwC.

Pour la troisième année de suite, la part de femmes a baissé chez les nouveaux PDG au Canada et aux États-Unis, parmi les 2 500 plus importantes sociétés cotées en Bourse dans le monde. Sur 87 nouveaux dirigeants en Amérique du Nord, une seule était une femme, soit Andrea Greenberg, de l’américaine Madison Square Garden, une filiale de Cablevision.

À l’échelle mondiale, à peine 2,8 % des nouvelles nominations concernaient des femmes en 2015, tandis que la proportion dépassait les 5 % l’année précédente. Sur les 359 nouveaux PDG recensés en 2015, 10 seulement étaient des femmes.

Tableau femmes

Il s’agit du plus faible taux de recrutement de femmes dirigeantes depuis 2011. Difficile de parler d’une tendance, mais on peut au minimum parler de stagnation.

Pourtant, si on élargit aux 12 dernières années, le Canada et les États-Unis ont nommé davantage de femmes comme chefs d’entreprise, avec 4 %, devant la Chine (3,7 %), l’Europe de l’Ouest (2,3 %) et le Japon (0,9 %). Les dirigeantes se concentrent encore dans les entreprises de service plutôt que les industries.

Pour de rares Sophie Brochu, PDG de Gaz Métro, ou Monique Leroux, qui a terminé son mandat à la tête de Desjardins, l’accès des femmes aux postes de direction reste difficile, même pour les conseils d’administration. Faudrait-il une loi afin d’imposer un minimum?


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La France s’est dotée d’une loi qui forcera toutes les entreprises du CAC 40 — le principal indice de la Bourse de Paris — à compter 40 % de femmes dans leur conseil d’administration d’ici le 1er janvier prochain. Au dernier décompte, à peine 12 entreprises sur les 40 s’y conformaient.

Beaucoup de mouvement

Si les femmes n’en profitent pas, ce n’est pas parce que les changements sont moins nombreux à la tête des entreprises. En 2015, 16,6 % de ces 2 500 sociétés ont changé de PDG. Un sommet depuis 16 ans, selon Strategy&.

Les fusions ou acquisitions d’entreprises sont en cause: 2015 a été une année record à ce chapitre dans le monde, avec des transactions totalisant 4 600 milliards de dollars, selon les données de Thomson Reuters.

La multiplication des actionnaires activistes, dont je vous parlais ici, force aussi les administrations à changer leurs pratiques. Ainsi, moins de 7 % des nouveaux PDG sont aussi présidents du C.A. La proportion atteignait près de 50 % au début des années 2000!

«L’époque des PDG empereurs qui président un conseil d’administration formé d’initiés est terminée, estime Per-Ola Karlsson, consultant à Strategy&. Non seulement en raison des nouvelles règles, mais aussi avec l’adoption de politiques de gouvernance par les entreprises.»

C’est quelque chose comme une bonne nouvelle.

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Une autre étude qui nous rappelle que les actions soutenues sont requises. Il en reviens à tous de corriger ces stats incluant les femmes qui doivent développer, nourrier et afficher leur ambition. Je crois aussi qu’il faut travailler à multiplier le nombre de femmes qui accèdent aux postes de direction. Réelle pépinière de ceo et talents pour les conseils d’administration.

« Actions soutenues sont requises… »

Totalement en désaccord.

Les femmes ont aujourd’hui exactement les mêmes chances et opportunités que les hommes. Les MÊMES! D’ailleurs, elles sont semble-t-il plus nombreuses que les hommes dans plusieurs facultés de nos universités et elles occupent la plupart des postes en santé et en éducation.

Si elles sont moins présentes dans les CA, c’est peut-être qu’elles ne veulent tout simplement pas y être?

Comme actionnaire de plusieurs institutions, je préfère, et de loin, qu’on choisisse le (ou la) plus comptent pour occuper un poste senior plutôt que de nous imposer, par voie de discrimination positive, une femme inexpérimentée ou incapable d’occuper le poste. D’ailleurs, je me demande bien en qui le fait d’avoir une femme à certains postes changera quoique ce soit.

Triste. Il semble qu’en période d’incertitude (économique ou autre), les entreprises reviennent aux traditions.

Pour les hommes en enseignement, ils sont surtout dans les niveaux supérieurs, là où c’est plus payant et où c’est plus valorisé. C’est systématique dans tous les postes, arrêtons de comparer le manque d’hommes dans un secteur à un manque de femmes dans un secteur. Les hommes qui veulent y aller seront bien accueillis même si ce n’est pas tout le monde (homme ou femme) qui est à l’aise dans un milieu mono culturel (qu’il soit masculin ou féminin). Une femme qui veut aller dans un secteur d’hommes sera parfois bien accueillie mais systématiquement discriminée ou sous-estimée, les études le démontrent, même celles de Harvard que je vous mets au défi de décrire comme un bastion de féministes enragées.

Quant à ceux qui disent que les femmes ont maintenant accès aux mêmes « opportunités », je leur souhaite de se réincarner en femme et de s’en reparler après quelques années dans nos souliers. Sûrement que mon jugement serait également différent et enrichi après avoir passé quelques années dans les souliers d’un homme… mais j’ai rencontré pas mal moins de femmes agressives envers les hommes que l’inverse.