Pensée magique

Ce qu’il est doux et confortable d’être dans l’opposition. On peut se montrer vertueux, empathique et même prodigue. Ainsi donc, il faudrait geler – le temps d’une crise – tous les tarifs des sociétés d’État pour ne pas « accabler la classe moyenne et les plus démunis ». Cette manie de croire que ces tarifs ne seraient que des impôts déguisés me renverse.

Le PQ a sans doute oublié que ces sociétés d’État subissent elles aussi une hausse de leurs coûts et que le gel de leurs revenus se traduira soit par une diminution des services aux usagers, soit par une contribution plus importante de l’État, soit par un manque à gagner qu’il faudra compenser tôt ou tard. Où est le gain ?

Chaque société d’État évolue dans un environnement commercial et économique et elle doit composer avec des hausses de coûts, à commencer par les augmentations de salaire. Les priver d’une croissance de leurs revenus autonomes a plusieurs effets pervers et non désirables.

Depuis des lustres au Québec, les gouvernements québécois demandent aux sociétés d’État à vocation commerciale comme Hydro-Québec, la SAQ et Loto-Québec de contribuer au coffre de l’État. Or, la position du PQ revient à demander au gouvernement de compenser pour le manque à gagner des sociétés d’État. Toute une trouvaille !

Par ailleurs, Hydro-Québec doit avoir les moyens de ses ambitions si elle veut jouer le rôle qu’on attend d’elle dans le développement économique du Québec. La Régie des rentes du Québec doit avoir les fonds nécessaires pour absorber la future génération de retraités. La Régie de l’assurance automobile et l’assurance médicaments doivent également être en mesure de faire face à leurs obligations. Croyez-vous sérieusement qu’il y aura un gel du coût des médicaments cette année ?

De plus, on oublie facilement les coûts des gels. Les universités québécoises souffrent énormément du gel des frais de scolarité imposé pendant trop longtemps. Le gouvernement s’engage à maintenir le gel des tarifs des services de garde. Est-ce une si bonne idée quand on constate la rémunération dérisoire des employés de ce réseau ?

Revenons enfin sur ce plaidoyer larmoyant du PQ en faveur des plus démunis. Des données publiées vendredi dernier par le ministère des Finances indiquent qu’entre 1980 et 2006, le nombre de Québécois qui ne paient pas d’impôt sur le revenu a progressé trois fois plus vite que le nombre de contribuables imposables. Je pose donc naïvement cette question : qui doit payer pour les services publics puisqu’il faut ménager les usagers des sociétés d’État et que le nombre de contribuables n’augmente pas suffisamment ?

Telle est la question. Le Québec tient à ses programmes sociaux et à son joli petit modèle. Soit, mais il y a un coût à tout. À tout.

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« Les universités québécoises souffrent énormément du gel des frais de scolarité imposé pendant trop longtemps »

Et si on commençait par charger aux Français le vrai prix? Hier, l’inneffable Pierre Arcand (celui qui a comparé Mario Dumont à Le Pen) était à Christine Charette. Il se pétait les bretelles sur les échanges France-Québec. 7000 Français viennent étudier au Québec. Combien de Québécois vont étudier en France? A peine 500!!!

On paie donc la différence de 6,500. Combien ca coute? Ben une année universitaire coute en moyenne 14,000$. Les étudiants français paient 2k, fait qu’on subventionne chaque Français au niveau de 12k pour un total de 78 millions par année! Un milliard aux 13 ans!!!! alors que nos universités crient famine, on offre un milliard en cadeaux aux Français. Mais c’est pas tout, 1,000 viennent étudier en anglais. Qu’a fait le gouvernement depuis que le scandale est sorti l’an passé? zéro. Ce gouvernement est le pire de notre histoire

Attendez c’est pas fini. Hier on apprenait que les Magrébines venaient accoucher gratos à Montréal. Enfin, un tiers payait mais les 2/3 ne payaient pas. Et pour les remercier notre bon gouvernement canadien leur donnait un beau passeport du Domion, fait qu’à 18 ans, le jeune « canadien » va débarquer au Québec et venir étudier gratos au cegep, avec prets et bourses sivouplait.
(le truc est connu des Haitiennes depuis fort longtemps)

Et pourquoi pas réduire les salaires et avantages sociaux des employés des sociétés d’État au lieu de hausser les tarifs? Après tout, comme c’est parti là, on va se retrouver avec une société à deux classes dans 5 ans: ceux du secteur privé qui ont perdu leur job et leur pension, et ceux du secteur public qui n’auront rien concédé et qui ont des pensions a prestations déterminées et intouchables.

Oh… j’oubliais, nous sommes au Québec. Je n’ai pas le droit d’émettre de tels propos.

« Cette manie de croire que ces tarifs ne seraient que des impôts déguisés me renverse.” (Pierre Duhamel)

C’est cette phrase qui est la pensée magique, surtout pour ceux qui ne veulent pas payer de taxes. Ou nous le payons en impôts, ou nous le payons en frais. Dans les deux cas c’est le même fric, mais pas de la même poche.

Mais pour les promoteurs de la pensée magique il est très clair que si Hydro Québec augmente les tarifs, les plus riches et les pauvres payeront les mêmes tarifs, le même montant, plus élevé, pour prendre une douche. Autrement dit 1$ pour le riche 1$ pour le pauvre.

Donc si on augmente les tarifs Hydro remettra plus d’argent à Québec. Donc et ceux qui payent de l’impôt n’en payeront pas plus ou en payeront moins. Et vous dites que les remises d’Hydro à Québec ne sont pas des taxes ou de l’impôt!!!!!

Mais voilà les plus pauvres seront 5 fois plus nombreux à payer ce même montant que les riches.

Autrement dit on fait payer une grande quantité de pauvres, et la petite quantité de riches payeront moins d’impôts. De la magie quoi!

L’important est que l’Hydro fasse ses frais et elle le fait, et en plus elle remet du fric au gouvernement du Québec sauvant ainsi de l’impôt aux payeurs d’impôts.

Pour les universités, on veut faire payer les étudiants.

Y sont riches hein les étudiants!

TRÈS BEL EXEMPLE DE PARENTS D’UNE SOCIÉTÉ, QUI NE VEULENT PAS PAYER POUR LEURS ENFANTS.

Plutôt que de payer des taxes pour financer les universités, on veut refiler la facture aux étudiants pour ne pas sacrifier son voyage annuel dans le sud.

« Soit, mais il y a un coût à tout. À tout.”

Très vrai!
Et le prix c’est le voyage dans le sud, le cinéma maison ou le beau char sacrifié.

Don quand vous dites: « Et pourquoi pas réduire les salaires et avantages sociaux des employés des sociétés d’État au lieu de hausser les tarifs? »
Très simple, ils sont dans la plupart des cas payés au même niveau ou plus bas que le privé. Par contre, les tarifs eux, dans biens des cas sont plus bas que le coût réel. Le PQ le sait, avant les élections ils étaient pour un rapport qui proposait des augmentations, le PLQ à mis le rapport sur les tablettes. Biz. Maintenant ils le ressortent et le PQ est maintenant contre… Si les tarifs n’avaient pas été gelé dans le passé on n’en serait pas à vouloir faire du rattrapage. Par contre, il faudrait que les augmentations ne viennent que des secteurs vraiment sous tarifiés. Les garderies, l’université, l’hydro, l’eau.
Pour les services que les gens non fortunés ne peuvent se payer (comme les garderies/universités) qu’ils donnent des crédits d’impôts ou donne des bourses. Mais que la majorité des utilisateurs paient pour leur part.

Dans votre bel exposé, M. Duhamel, il y a un pan très important qui manque. Pourquoi ne mentionnez-vous pas l’obligation des gouvernements de voir à ce qu’Hydro-Québec, la SAQ, Loto-Québec, etc… améliorent leur productivité (publicités dispendieuses et inutiles pour des monopoles d’État). Que les conditions de travail y soient comparables au privé et aux autres serviteurs de l’État (salaires, bonus, pensions, avantages). Pourquoi ne mentionnez-vous pas l’obligation des gourvernements à s’assurer que le contribuable obtienne des services à la hauteur des sommes qu’il débourse en gérant correctement. Il est vrai que tout a un coût, mais il peut être aussi vrai que le coût des services gouvernementaux est trop élevé par manque de productivité, par favoritisme aux amis du parti, par gaspillage. Il est vrai que tout a un coût, mais il faut faire attention où on prélèvera l’argent pour assumer ce coût qui est peut-être trop élevé. En ce qui me concerne, la première responsabilité du gouvernement est de contrôler ses coûts avant même de penser à augmenter les tarifs, impôts, etc…

jacques noel

« Et si on commençait par charger aux Français le vrai prix? »

Ct’une maladie chez les nationalistes de vouloir toujours faire payer les autres? Quand c’est pas les Ontariens ou les Albertains c’est les Français 🙂

Mauvaise nouvelle: les « autres » sont à la veille de manquer de moyens…

Si les tarifs des services publics ne sont pas des impôts déguisés et si ces sociétés d’État voient aussi leurs coûts de fonctionnement augmenter, alors comment se fait-il que les augmentations demandées dépassent largement l’inflation? Pourquoi ne pas indiquer une fois pour toute dans la loi l’indexation des tarifs à l’indice des prix à la consommation et éviter ainsi ces sempiternels débats?

La Régie des rentes doit abosrber le nouveau flux de retraités? C’est-à-dire qu’on va demander aux jeunes (7-8% de chômage, des salaires qui n’ont pas augmenté en termes réels depuis 20 ans, une précarité d’emploi sans précédent, …) de financer la retraite que les baby-boomers n’ont pas voulu se payer? Et ces jeunes-là qui n’auront pas droit à des prestations aussi généreuses de la Régie des rentes, devront en plus se financer des régimes de retraite complémentaires?

L’augmentation des tarifs des sociétés d’État est indécente lorsqu’elle dépasse le taux d’inflation et que ces augmentations ne sont pas accompagnées d’augmentation de services.

@ Frédéric

Un peut méchant ce que vous dites mais avec une certaine vérité.

Pour les tarifs d’Hydro vous êtes dans le mille.

Mais il y a une chose il y a des gaspilleux.

Si on veut suivre l’inflation, pourquoi pas taxer le surplus d’électricité?

Sa coûte « tant$ » pour une personne pour se chauffer s’éclairer et se laver.

Pour le surplus le gouv taxe le gaspillage.

Si tu veux et promener dans la maison en bobettes à moins 25C et relaxer sous une douche très chaude pendant 20 minutes PAYE POUR.

Nos économistes bien payé ne l’aimeront pas celle-là.

@Yvon Fleurant,
Je ne sais pas si vous avez regarder attentivement vos factures d’électricité mais la double tarification existe déjà. Actuellement les 30 premier Kwh/jour coûtent 0,053$ le reste 0,0733$.
Evidemment en hiver lorsqu’on chauffe à l’électricité la plus grosse part est tarifée à 0,0733$.

@ monsieur Fleurent

L’idée du bloc patrimonial c’est un peu ça. Il faudrait peut-être un peu l’augmenter, en volume, pour fournir une consommation décente à tout le monde. Et ceux qui dépasse, les plus « riches », avec piscines, spas, écran géant, etc. pourrait payer le gros prix pour leur électricité. Une taxe sur le gaspillage comme vous dites.

@ Étienne et Jacques d.

Avez vous remarqué que cela existe déjà pour les alcools.

Qui bougonne les riches ou les pauvres.

Moi j’aimes bien un Rioja d’Espagne je le paye et je me ferme le clapet.

J’en ferait autant pour mon surplus d’électricité. Mon gaspillage.

Mais pour l’université, on paye comme l’électricité ou on met ça sur le dos des jeunes qui sont pauvres?

C’est vrai qu’utilisateur-payeur c’est en général pas compliqué quand il s’agit d’électricité, d’essence, de gaz naturel! Mais qui est l’utilisateur, par exemple, des études universitaires? Le jeune à qui on va demander d’investir dans sa formation parce que ça lui rapportera un meilleur salaire et un job plus intéressant que pas de formation? Si je me rappelle bien, les études de médecine coûtent en moyenne 25 000 $ par année. Mais quand ils ont fini, ils ont un emploi assuré et gagnent en moyenne 160 000 $. Un étudiant en médecine ne devrait avoir aucun problème à investir dans ses études! C’est autre chose pour un étudiant en sciences humaines dont les études coûtent en moyenne 4 000 $ par année. Sans emploi garanti, sans perspective de salaire, difficile d’investir. Mais cet étudiant deviendra peut-être le prochain Robert Lepage ou le créateur du prochain Cirque du Soleil!

Utilisateur-payeur ça pose aussi la question de qui bénéficie du fait qu’un jeune étudie en ingénierie, en psycho, en danse ou en travail social? Nous en bénéficions tous! Nous sommes tous bien heureux d’avoir des professionnels compétents, bien diplômés. Alors on paie tous pour ça? C’est un peu ce qu’on fait en ce moment … selon le principe de l’utilisateur-payeur 😉

« Mais pour l’université, on paye comme l’électricité ou on met ça sur le dos des jeunes qui sont pauvres? »
Pauvres? Le grand problème des Universités et des CÉGEPS est le manque de place pour stationner les voitures de nos chers petits pauvres/écolos.
Le deuxième grand problème, c’est de concilier leurs cédules d’étude, de travail à temps partiel et la nécessité de planifier leurs vacances dans le Sud!
Les premiers à avouer, que les frais d’université ne sont pas élevés, ce sont les jeunes eux mêmes APRÈS avoir gradué!
Il y a effectivement des jeunes qui n’ont pas les moyens, qui n’ont pas de bagnoles et ne vont pas dans le Sud. C’est très facile, d’augmenter les frais pour tout le monde et ensuite donner des bourses, ou des crédits d’impôts ou encore un remboursement pour ceux qui prouvent leurs manque de moyens.
Le remboursement des « trop perçus » est facile à faire pour tout les services, sa donnerait au moins un peu plus de travail à nos fonctionnaires.
Me semble que c’est pas si compliqué que ça, même pour les pelleteux de nuages de gauche!

4000$ par année pour étudier en biologie et en économie et sans emploi garanti.

Et voilà que M. Frédéric nous explique que l’utilisateur de l’université, ses enfants, devront payer leurs études selon le principe de l’utilisateur payeur.

« C’est un peu ce qu’on fait en ce moment … selon le principe de l’utilisateur-payeur »

Mais c’est ce que plusieurs veulent arrêter de faire.

Le bénéficiaire désire faire payer l’utilisateur pour mieux bénéficier de son char.

Je vais faire un deal avec ceux qui vont en science sociale parce qu’ils se sacrifient pour le « bien collectif ».

Je dis à ces gens « arrêtez de vous sacrifiez pour moi et en retour je garde l’argent de mes taxes ».

C’est quoi ce mythe-là que tous les étudiants d’université ont une voiture et se paient des vacances dans le Sud? Qui parmis vous autres est allé à l’université dernièrement vérifier par lui-même ce qui s’y passe au lieu de colporter des légendes urbaines que vous ont racontées vos beaux-frères?
Si les étudiants travaillent, c’est bien plus pour se payer leurs études que des bières.
N’est-ce pas un drame que l’État (nous autres) et des étudiants perdent de l’argent en dépensant pour acquérir des formations qui ne sont pas la suite pas utilisées? N’est-ce pas aussi un drame qu’on paie pour que des étudiants, qui ont l’assurance de devenir parmi les 1% qui gagnent les salaires les plus chers, acquièrent leur formation. Est-ce que ce n’est pas un drame que, une fois cette formation acquise sur notre bras, ces mêmes étudiants en médecine nous envoient chier, refusent de nous traîter, aillent dans le privé ou aux États-Unis: ils reçoivent une formation sur le bras et ils n’ont même pas l’obligation de servire un certain temps ceux qui leur ont offert cette formation?

@ Frédéric:

J’ai été à l’université assez longtemps pour voir qu’il y avait d’énorme abus dans le système de prêts et bourses.

Moi je n’ai jamais voulu qu’on paye pur mes études et j’aimerais ne pas avoir à payer pour les études des autres.