Pénurie d’entrepreneurs, mais pas d’organismes

Cet article a été publié le 18 octobre dernier sur le site pierreduhamel.ca


Le Québec manque d’entrepreneurs et tout indique que la situation sera pire au cours des prochaines années. Il faut pourtant des entrepreneurs pour assurer la relève, créer des emplois et développer les régions. Le Québec ne peut pas être riche et réussir s’il ne s’y créé pas les entreprises qui feront leurs marques et qui s’imposeront. Pourtant, ce ne sont pas les efforts, les argents et les organismes qui manquent. À défaut de créer des industries, n’aurions-nous pas créé une industrie de l’appui aux entreprises ?

D’abord l’état de la situation. On compte environ 180 000 entrepreneurs au Québec. Cela bouge à peine depuis 20 ans, mais la tendance est à la baisse compte tenu de l’augmentation de la population pendant cette période. Le taux d’entreprenariat de la population des 15 à 79 ans est passé de 3,4 % en 1987 à 2,9 % en 2008. L’avenir ne s’annonce pas mieux car pratiquement deux fois moins de Québécois que de Canadiens semblent avoir l’intention de créer une entreprise. Le vieillissement plus rapide de la population québécoise va accélérer l’écart avec le reste du pays. On anticipe le retrait de 25 000 entrepreneurs d’ici 2018. Pendant ce temps seulement 3 000 entrepreneurs québécois chez les 30-44 ans seront de nouveaux propriétaires d’entreprises. C’est 10 fois moins qu’en Ontario.

Le déclin de l’entreprenariat québécois ne s’explique pas par le manque d’efforts ou de moyens. En 2009, le gouvernement québécois a consacré 555 millions de dollars à son développement. On compte 1007 groupes et organismes sans but lucratif voués aux entrepreneurs. Si la tendance se maintient, il y aura 1 organisme pour 3 nouveaux entrepreneurs en 2018 !

Il faut brasser la cage et repenser toute la stratégie du gouvernement. C’est l’objectif que se donne Clément Gignac qui a lancé en marge du congrès de la Fédération des Chambres de commerce du Québec une vaste consultation devant amener à une nouvelle stratégie de l’entreprenariat pour février prochain.

Déjà au congrès de la FCCQ, les participants échangeaient sur les moyens de vitaminiser la fibre entrepreneuriale. Au lieu de subventionner certains projets, pourquoi ne donnerait-t-on pas un congé de remboursement du prêt étudiant des jeunes entrepreneurs ? Pourquoi les membres de votre famille ou de votre entourage qui investissement dans votre projet entrepreneurial n’auraient-ils pas droit à un crédit d’impôt ? Pourquoi pas un REÉR-entrepreneur ? Dans mon atelier, quelqu’un vantait le programme AutoEntrepreneur mis de l’avant en France et qui a considérablement simplifié les procédures d’enregistrement des entreprises et leur fiscalité.

Ce ne sont pas les idées qui manquent. Simplifions, allégeons, détaxons. Il faut faire les choses autrement et, surtout, donner le goût d’entreprendre. À ce sujet, j’aimais bien le thème du congrès de la FCCQ « Transmettre l’ambition de l’entrepreneuriat ». Tout est là.

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Pourquoi ne pas innover en créant des entreprises de type coopératif par exemple ou de sociétés communautaires/citoyennes qui réussissent bien au Québec.
Il est inutile de multiplier les subventions et autres incitatifs comme les crédits d’impôt qui requièrent une armée de fonctionnaires et qui donnent prises au magouillage de toutes sortes pour stimuler l’entrepreneurship individuel qui n’a plus la cote.Faut sortir des sentiers battus et faire appel a l’imagination et à la créativité.
Le ministre Gignac ne m’apparait pas le type idéal pour sortir des sentiers battus…cet ancien banquier formé à la vieille école du capitalisme.

@ ROGER LAPOINTE:

Par nature, les sociétés « communautaires » sont des organismes subventionnés jusqu’au trognon. Sans les généreuses subventions étatiques, aucune ne fonctionnerait.