Pétrole : on en veut ou on n’en veut pas ?

Stephen Harper a annoncé, mardi, que Québec et Ottawa étaient «en bonne position» pour déposer des projets de loi qui encadreront la gestion conjointe des ressources pétrolières. Seulement voilà, le Québec voudra-il exploiter ce pétrole si son exploitation s’avérait rentable ?

Stephen Harper a annoncé, mardi, à Sept-Îles, que Québec et Ottawa étaient «en bonne position» pour déposer des projets de loi qui encadreront la gestion conjointe des ressources pétrolières.
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Une telle entente serait semblable à celle qui existe avec Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, et qui permet à ces provinces de percevoir les redevances obtenues de l’exploitation de ces ressources.

Seulement voilà, le Québec voudra-il se lancer dans l’exploitation de ce pétrole si celle-ci s’avérait rentable ?

Le Québec a une relation étrange avec le pétrole. Il en consomme abondamment, ce qui lui vaut d’en acheter pour 14 milliards de dollars en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe du Nord. Pas moins de 40 % de la consommation d’énergie des Québécois repose sur le pétrole, contre 38 % en Ontario et 32 % en Alberta.

Pour combler nos besoins, des milliards de barils de pétrole étranger sont transportés par bateau aux raffineries de Saint-Romuald et de Montréal-Est, et ce, depuis des décennies.

Notre dépendance au pétrole a quand même du bon. Nous donnons volontairement 2,2 milliards de dollars au gouvernement québécois en taxes sur les carburants, ce qui nous assure l’essence la plus chère du continent.

Nous nous trouvons aussi dans un contexte particulier. L’économie québécoise crée peu d’emplois, la démographie nous joue des tours et les coffres du gouvernement sont vides. Nous nous mettons donc à rêver aux milliards de dollars que pourrait rapporter l’exploitation de nos ressources pétrolières, si ressources il y avait.

L’Alberta encaissera cette année des redevances de 9,2 milliards de dollars pour ses ressources naturelles, la Saskatchewan, de 2,7 milliards, et Terre-Neuve, de 2,4 milliards pour le pétrole extracôtier. Le Québec compte retirer 1,1 milliard cette année — surtout des redevances hydrauliques payées par Hydro-Québec.

L’actualité nous rappelle aussi que les Québécois sont des écologistes non pratiquants. Nous sommes de redoutables consommateurs, mais tous les projets associés au pétrole sont honnis par une frange bruyante de la population.

C’est simple : il n’y a aucun projet qui se qualifie pour nos militants écologistes. Il faudrait préserver le cadre naturel de l’île Anticosti et s’opposer à toute exploration au nom de la survie des chevreuils. Faisons aussi attention à la vie marine et ne construisons pas un terminal méthanier à Cacouna. L’écosystème fragile de l’estuaire et du golfe ne permet évidemment pas l’exploration sous-marine. Le pétrole gaspésien ? Peut-être, mais surtout pas dans ma cour !

Puisque les bateaux seraient subitement trop dangereux pour transporter le pétrole sur le fleuve, faut-il utiliser le bon vieux train ? Bien sûr que non. L’oléoduc, réputé plus sécuritaire ? Non plus ! L’inversion de la ligne B 9 d’Enbridge serait trop risquée. L’autre projet d’oléoduc, celui de TransCanada, est accusé de favoriser le développement et le transport du pétrole le plus polluant qui soit.

Vous savez ce qui va se passer si l’on multiplie les moratoires ou les interdictions ? Ce pétrole sera transporté par train et par camion, car les raffineries québécoises en ont besoin pour être compétitives face aux autres raffineries du continent qui s’approvisionnent en pétrole nord-américain, moins cher que celui provenant d’autres continents. Des milliers d’emplois directs et indirects en dépendent, dans les raffineries et aussi dans le secteur chimique et des produits industriels.

Selon Deloitte, le seul projet de TransCanada pourrait rapporter plus de six milliards de dollars au PIB du Québec, générer deux milliards de recettes fiscales pour le gouvernement provincial et assurer plus de 3 600 emplois directs à temps plein au cours des six premières années. Nos militants sont très préoccupés par les mammifères marins, et cela les honore, mais ont-ils un projet alternatif pour leurs amis terriens ?

Alors que l’économie du Québec a besoin de carburant pour redémarrer, ce sont des milliards de dollars que nous pourrions laisser sous terre ou que nous envoyons généreusement en Algérie, qui, au meilleur de ma connaissance, ne contribue pas aux paiements de péréquation perçus chaque année par le Québec.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Que j’ai aimé lire votre billet , j’ai l’impression que votre opinion représente bien ce que pense la majorité de la population, mais un groupuscule d’extrémistes , pseudo écolo , monopolise les médias

Pis en plus, on est chanceux nous autres au Québec, on a un prix plancher pour l’essence ce qui fait en sorte que nous payons plus cher que les autres provinces canadiennes pour ce bien.

Bravo!!! Ce qu’on peut être nigauds…

Les arguments « économiques » solides mais qui, une fois de plus, ignorent les défis auxquels l’humanité fait face: les changements climatiques et la dégradation de la biosphère. Accepter les pipelines nous enchaîne dans une économie qui dépend du pétrole; les refuser nous oblige de faire la transition plus tôt. Désolé, mais les terriens ont besoin d’un climat stable et un biosphère en santé sans lesquels il n’y a pas de jobs. La proposition: investir massivement dans les énergies renouvelables.

Les énergies renouvelables sont plus coûteuses et contraignantes. Si les québécois sont prêts à payer plus… pas de problème ! Seront-ils intéressés selon vous ? Pas du tout !

Permettez-moi, monsieur Duhamel, des railleries ce matin. Vous ne comprendrez certes jamais rien. Le militantisme est créateur d’emplois car plus on chiale et plus il y a de salaires à 10$ de l’heure qui ne rapporte cependant pas beaucoup au bout de la ligne (et je ne parle pas du bout de l’oléoduc de Trans Canada et d’Enbridge).

Si les bélugas sont dérangés dans un coin du fleuve, assisterons-nous à un suicide collectif où iront-ils frayer ailleurs. Les milliers de bateaux qui transitent sur le fleuve doivent bien passer devant Cacouna pour se rendre à Montréal et Québec n’est-ce pas ? Québec fait des pieds et des mains pour augmenter des paquebots de 12 à 15 étages mais c’est pas grave, ils fonctionnent tous avec des voiles en passant devant Cacouna et ne dérangent pas les bélugas.

Pour ce qui est du pétrole sur l’Ile d’Anticostie, ce n’est pas tant les chevreuils que la pollution produite par la fracturation hydraulique qui a fait des ravages irréversibles dans plusieurs États aux USA.

Je propose que les carrés soient bleus pour ceux qui chialent sur la question des bélugas et brun pour ceux qui sont contre les oléoducs. Nous pourrons conserver les jaunes pour la moutarde et les verts pour le chiendent que nous voulons voler aux troupeaux de vaches. Aux USA il y a une controverse sur Barby qui devrait avoir 80 ans mais dont l’image est celle d’une poupoune de 20 ans. Pourquoi ne pas faire des carrés rose pour les manifestants, un ajout au PIB dont le Québec ne peut se passer 🙂

Pourriez-vous ajouter un hyperlien vers l’étude de Deloitte concernant le projet de TransCanada? La somme de 6 milliards $ au PIB, est-elle récurrente chaque année ou est-ce seulement une fois?

Intéressant et surtout les chiffres sur notre dépendance. Beaucoup de gens oublient que si le pétrole ne vient pas d’ici bien il vient d’Algérie, du Nigéria ou de la Russie. Plein de beaux endroit qui on le sait se foutent de l’environnement et ne respectent pas toujours les droits de l’homme.. encore moins le droit des animaux. Alors pourquoi pas le faire ici au lieu d’enrichir des dictateurs ou des fous religieux. Au moins on pourra s’assurer que c’est bien fait et que ca respecte nos règles. (je ne parles pas des sables bitumineux qui sont un désastre écologique.)

Et en passant le transport par bateau est le plus sécuritaire qui existe. Des bateaux plus gros montent a Montréal a presque tout les jours, Des bateaux plus gros montent a Québec depuis 50 ans, chargé de pétrole brut. On a une raffinerie en face du centre ville et a ce que je sache le fleuve n’est pas souillé de pétrole. Il faudrait arrêter de capoter et gonfler les mots….. un super pétrolier c’est 300000tns, pas 100000tns!!

Et les bélugas ne mettent pas bas a ce temps ci de l’année. Un animal ne fait pas ses petits juste avant l’hiver! Au contraire! ils ne sont même pas dans la « pouponnière » a béluga. C’est le meilleur temps de l’année pour justement ne pas les déranger

Tiens…au sujet des « risques » du transport par bateau, voici une étude que le PQ et les Verts et autres pétrophobes garderont soigneusement secrète:

http://www.antagoniste.net/2014/10/15/mauvaise-nouvelle-pour-les-petrophobes/

Extrait:

« Mauvaise nouvelle pour les pétrophobes du PQ, une étude a montré que les grands responsables des déversements dans les cours d’eau ne sont pas les pétroliers, mais les bateaux de plaisance, les traversiers et les bateaux de pêche. Bref, contrairement au discours des écolos, nous n’avons rien à craindre de voir des pétroliers circuler sur le fleuve, les bateaux qui circulent déjà sont bien plus dangereux.

Étrangement, les médias d’ici n’ont pas jugé bon confronter le PQ avec le résultat de cette étude… »

Le portrait que vous faite de la relation des Québecois avec le pétrole me semble assez exact. Les bateaux chargés de pétrole remontent le fleuve depuis plus de 70 ans avec le pétrole d’outre mer et ,on semble les accepter!!! , alors que l’on ne veut pas du trajet inverse ,du Québec vers l’extérieur . Il faudrait se brancher.

Les québécois se sont battus pendant des lustres pour sauver les six raffineries de Montréal-Est (ligne Borden, infâme politique du fédéral), et pour maintenir l’industrie pétrochimique (Pétromont) qui alimentait soi-disant le coeur de son industrie (des millions $ à la SGF, en pure perte). Ils ont donc financé de manière inconsidérée, obstinément, et combattu les méchantes politiques d’Ottawa faussement, dans le but de maintenir une industrie dont les fondements étaient depuis 1974 devenus obsolètes (approvisionnements incertains et coûteux).
Maintenant que les approvisionnements peuvent venir du Canada, et peut-être même du Québec, avec le potentiel de construire une industrie solide, ils sont contre! Maintenant qu’ils peuvent gérer une transition intelligente et profitable vers les énergies nouvelles (horizon 2050), ils ne veulent plus! Pourtant, ils continuent d’être les plus grands consommateurs d’énergie per capita au monde!
Pour la logique, on repassera.

Comme souvent, c’est ici que nous prenons souvent le train en marche. Nous arrivons avec nos sabots sur un marché lorsque celui-ci est d’ores et déjà moins porteur qu’il n’était. Ainsi, le prix de pétrole actuellement baisse, rien n’indique — loin de là — que le prix du baril à 300$ le soit de sitôt.

Pourquoi ? Parce qu’à plus de 100 dollars, l’économie mondiale en arrache. En raison de notre dépendance aux énergies fossiles, nous ne pouvons pas rester compétitifs lorsque le prix des matières premières est trop élevé, pas seulement le pétrole d’ailleurs.

Ceux qui sont arrivés sur le marché les premiers, sont ceux qui ont déjà mis en place l’infrastructure nécessaire pour produire à défaut de bas prix d’exploitation, du moins des quantités suffisantes pour réaliser malgré tout des profits. Qu’en est-il de « notre » pétrole québécois ?

Hormis le fait qu’on ne sait toujours pas de façon précise quelles sont ou seraient nos réserves réelles. On n’a pas la moindre idée de ce que sera le coût moyen d’exploitation d’un baril pour chacun de nos hypothétiques champs pétrolifères. Pas plus que nous ne savons combien de temps cela prendra pour mettre en place l’infrastructure nécessaire à l’exploitation. Pas plus que nous savons comment et de quelles façon, ni quelles compagnies investiront les fonds indispensables dans l’une ou l’autre de ces unités de production.

Actuellement, même l’Alberta voit le montant de ses investissements baisser, alors leur seule planche de salut se trouve dans l’exportation. D’où d’ailleurs toutes ces polémiques tant ici au Québec, qu’en Colombie-Britannique sur le transport de cette matière, sans doute indispensable mais toutefois dangereuse. Actuellement les grandes compagnies pétrolières préfèrent constituer des « réserves foncières » exploitables plus tard, dans 10, 20 ou 30 ans lorsque le pétrole pourrait commencer à se faire rare pour ainsi se faire cher.

Les seules industries qui présentement tirent le meilleur profit du pétrole canadien et nord-américain, ce sont celles qui le transportent ; quand ces industries cherchent bêtement à se concurrencer les unes les autres, multipliant toutes sortes de projets anarchiquement. Si nous avions d’ailleurs une politique énergétique canadienne, les choses fonctionneraient tout autrement. Il y aurait synergie, complémentarité et planification.

Paradoxalement, le prix du pétrole aura une plus grande chance de s’apprécier, lorsque la dépendance énergétique du monde aux énergies fossiles sera effectivement en baisse inéluctablement. C’est tout simplement la loi de l’offre et de la demande qui s’applique dans ce cas.

La demande en pétrole étant toujours élevée et même elle croit, les prix ont donc intérêt à rester abordables. Lorsque la demande mondiale aura baissé de 50% — alternatives aidant — les prix augmenteront pour compenser cette demande en baisse. Alors un pétrole coûteux en termes d’exploitation pourra également trouver preneur.

Il est donc aisé de comprendre qu’il faut concentrer et surtout ne pas négliger la Recherche et le Développement sur les sources d’énergies alternatives ; tout comme sur la création de nouveaux objets (incluant les bateaux, les avions, les trains, les camions) pour qu’ils puissent circuler de diverses façons par d’autres propulsions. À cet effet, ce n’est pas un hasard, si les grandes « majors » énergétiques investissent de plus en plus dans ces alternatives.

En prenant ce train-là maintenant, le Québec pourrait devenir leader en Amérique dans ce type de développements. Quand dans ce « mirage » de l’extraction pétrolière nous tireront pour encore longtemps de l’arrière, forçant les pouvoirs publics à soutenir pour longtemps cette industrie, sans recevoir quelque forme attractive de compensations.

— En conclusion : On fait miroiter auprès la gente québécoise des promesses futures de gains qui sont toujours plus fictifs que réels (rien de prouvé jusqu’à maintenant). On manipule odieusement l’opinion publique en jetant une fois de plus les « pour » et les « contre » les uns contre les autres. Ce n’est pas la question de trouver des solutions avantageuses pour tout le monde qui est actuellement au cœur de nos préoccupations. C’est toujours cette bonne vieille méthode qui prévaut : « Diviser pour mieux régner ».

Hum ! Ainsi va la vie dans « la » plus que meilleure des mondes !

C’est drôle, mais à la lecture de votre billet, je me dis que le Québec vieillit. Ce sont souvent les gens plus âgés qui militent pour un statu quo et dans la mesure où dans plusieurs régions les jeunes ont quitté faute d’emploi, donc ceux qui restent sont contents de leur sort. Triste.

Je n’ai pu lire l’Actualité hier, dommage… On croirait rêver ou être en train d’écouter »La Petite Vie » en lisant le blogue de Pierre Duhamel et les commentaires délirants qui lui donnent raison. Je peux comprendre que tout le monde n’aient pas eu la chance d’assister à une conférence sur les effets de la fracturation, mais je m’explique mal l’attitude de déni des catastrophes en rafales des dernières années et la complaisance dans l’ignorance des questions de fond dans les dossiers des hydrocarbures. Êtes vous en train de nier les changements climatiques? Êtes vous naïfs au point de donner carte blanche aux pétrolières? Puisque vous ne reconnaissez pas de liens entre le sort des bélugas et le votre (ou celui de vos descendants) mettons tout l’aspect environnementale et milieu propice à la vie de côté pour un moment. Vous préférez parler d’économie? Vous dites que les hydrocarbures vont nous assurer la prospérité, sans tenir compte de ce que nous allons perdre. La Gaspésie et les Iles de la Madeleine ont déjà des industries qui les font vivre. La pêche et le tourisme entre autres. La transformation du Québec en »plaque tournante » pour le pétrole peu nous faire perdre ces atouts précieux mais ne pourra jamais les remplacer! Il a été démontré depuis longtemps que les industries de l’efficacité énergétique peuvent créer beaucoup plus d’emplois que le pétrole à long terme. Que dire également de ce que coûteras à notre société d’accorder le droit de passage à des industries qui ont démontré maintes fois dans le passé le peu de respect qu’ils accordent aux gens et à la propriété d’autrui. Les factures des bavures de l’industrie seront acquittées par qui vous croyez? En ce moment ont effectue des forages à l’Ile d’Anticosti. L’industrie n’est même pas prête à en défrayer les coûts. C’est le gouv. du Québec (nous) qui paye. $ 50 millions. Pensez vous qu’on va arrêter là? Voyons donc! On se fait fourrer sur toute la ligne. Le pire, c’est que l’argent qu’on met là-dedans ont ne l’a plus pour l’investir dans des projet qui réduise notre dépendance au hydrocarbures au lieu de nous en rendre esclaves. Certains sont contre le pétrole ( la frange bruyante), les autres sont mal informés. Robert Beaulieu

Pour ceux qui croire qu’il faut exploiter et transporter le pétrole des sables bitumineux, je vous invite de lire ceci où on cite ce pétrophobe et écologiste gauchiste et fanatique Mark Carney, l’ancien directeur de la Banque de Canada et actuel gouverneur de la Banque d’Angleterre. http://www.theguardian.com/environment/2014/oct/13/mark-carney-fossil-fuel-reserves-burned-carbon-bubble
Évidement ce n’est pas uniquement les fanticoecologauchistes qui comprennent la science.

Hélas le pétrole n’est plus la ressource de l’avenir Monsieur Duhamel. Avec des émissions de GES en hausse et un emballement climatique incontrôlable en vue, continuer à exploiter et brûler les ressources fossiles devient une avenue très courte, irresponsable et non-éthique. Les dommages aux écosystèmes et sur la santé humaine ne sont nullement pris en compte. Le pétrole aura sous peu d’ailleurs, bien plus de valeur à rester dans le sous-sol qu’à être émis dans l’atmosphère alors que les économies mondiales seront forcées à la décarboniser pour éviter une dégradation irréversible de la biosphère. Ayons plutôt un plan de transition qui nous amène vers l’électrification des transports en commun ET individuels. Notre électricité est propre et renouvelable. Il en coûte maintenant environ 1,25$ / 100 kilomètres pour faire rouler un véhicule électrique. Imaginez les recettes pour le Québec avec ses 6 millions de véhicules. Et si en plus, nous fabriquions des véhicules entièrement recyclables, on aurait là une colonne vertébrale économique durable. Un peu de vision et d’avant-gardisme!

En effet nous sommes plein de contradictions au Québec. Il faut être plus pragmatique car la réalité c’est que nous aurons besoin de pétrole pendant encore plusieurs années. Ce sont les producteurs de l’ouest qui ont besoin de nous pour sortir leur pétrole alors pourquoi ne pas en profiter pour consolider notre propre industrie et, grâce à notre nouvelle position de partenaire de l’industrie, influencer les producteurs de l’ouest afin qu’ils adoptent des procédés moins polluants? Si nous savons tirer notre épingle du jeu, on pourra exiger un fond en fiducie pour garantir le nettoyage d’une éventuelle catastrophe et ainsi que le maintient en permanence d’une équipe d’intervention rapidement déployable aux endroits stratégiques. Le pétrole circule déjà depuis plusieurs dizaines d’années sur le fleuve et je doute que nous avons actuellement la capacité d’intervenir efficacement face une catastrophe pétrolière d’envergure. Profitons-en pour sécuriser toute l’industrie jusque dans le golfe St-Laurent. Les producteurs de l’ouest ont frappés tout un mur en Colombie Britanique et le chemin vers les États-Unis semble plein d’embûches. Les producteurs de l’ouest ont vraiment besoin d’une sortie dans l’Est afin de pouvoir négocier de meilleurs prix pour leurs produits. Il y un grand écart entre le prix du pétrole canadien et celui qui est obtenu sur le marché international. Cet écart constitue une marge de manœuvre pour négocier et surtout exiger toutes les garanties nécessaires. Et, pour une fois, le Québec n’a pas à y mettre un seul sou.
Jacques Tremblay
Sainte-Luce, Qc

Je déplore que M. Duhamel nous serve un ramassis de clichés sur les opinions et les motivations des militants écologistes. Quoi qu’en pense M. Duhamel, le point de vue qu’il est plus rentable, à tous égards, y compris sous l’angle économique, de préserver le patrimoine naturel du Québec que de le détruire, est défendable et légitime. Le point de vue que l’exploitation des pétroles des sables bitumineux albertains est une œuvre de destruction à tous égards, y compris sous l’angle économique, est défendable et légitime.

Ridiculiser ces points de vue n’y changera rien.

Souligner que les Québécois sont des « écologistes non pratiquants » n’y changera rien non plus. Les économistes n’affirment-ils pas que les agents économiques se comportent rationnellement en cherchant la solution qui leur procure l’avantage le plus grand compte tenu des contraintes qu’ils subissent? C’est aux gouvernements, voués au bien commun, qu’il revient de mettre en place les mécanismes faisant que l’énergie procurant « l’avantage le plus grand » à chaque individu en soit une qui procure aussi « l’avantage le plus grand » à la collectivité. Cette énergie, ce n’est pas le pétrole; surtout pas au Québec.

P. S. : Et, oui, les militants écologistes ont des projets alternatifs pour leurs amis terriens. Lisez un peu, M. Duhamel, les énumérer serait beaucoup trop long.

« …les énumérer serait beaucoup trop long. » (sic)

D’habitude, les gens qui écrivent ce genre de chose n’ont à peu près rien à énumérer…

S’il y avait des solutions miracles et CRÉDIBLES et écologiques aux hydrocarbures, ne croyez-vous pas que ce serait fait depuis longtemps?

Bien sûr que certains nous arrivent de temps à autres avec des « solutions écologiques miracles » mais malheureusement, ces dernières s’avèrent totalement impraticables à grande échelle ou économiquement non viables (comme les éoliennes au Québec par exemple) et la baisse récente des prix du pétrole fera en sorte que ça demeurera, et pour très longtemps encore, la meilleure source d’énergie. Elle est universellement acceptée et elle crée des emplois extrêmement bien rémunérés tout en étant efficace et relativement bon marché.

Excellent chronique et vous dites vrai. Le pétrole circule depuis 50 ans sur nos fleuve et terres et on s’offusque que de nouveaux projets voient le jour alors que nous sommes économiquement pris à la gorge. Va falloir se brancher: les bélugas ou la prospérité économique ?

Je soupçonne les pétrophobes de n’être que des anticapitalistes qui s’abritent derrière le paravent de l’écologie.