Pétrole : une affaire de taxes

Demander au gouvernement d’intervenir sur le prix de l’essence, c’est comme demander à un proxénète de limiter la prostitution. Les gouvernements se remplissent les poches au fur et à mesure que les prix augmentent. Ils sont dans la même position que les pétrolières : ils prennent leur cote.

On a beau pester contre les pétrolières, les raffineurs et les stations services qui seraient trop gourmands ou encore maudire les tempêtes, les conflits armés ou les spéculateurs qui poussent le prix du pétrole à la hausse, il y a deux grandes vérités qui expliquent l’essentiel du prix du pétrole.

La première, c’est sa rareté. La demande pour le pétrole croît beaucoup plus vite que l’exploitation de nouveaux gisements. On voyait hier au Téléjournal le nouvel engouement des Chinois pour l’automobile. La même frénésie a déjà gagné l’Inde. Or, 47 % du prix de l’essence à la pompe s’explique par le prix du baril de pétrole déterminé par le marché international. Les raffineurs québécois doivent payer le pétrole à ce prix-là.

L’autre grande vérité, c’est que 39 % du prix de l’essence à Montréal (34 % ailleurs au Québec) s’explique par les taxes. En 2007, les Québécois ont payé 1,9 milliard de dollars en taxes provinciales (sans compter celle de 1,5 cent le litre à Montréal) et 1,3 milliard en taxes fédérales. Si le prix du litre se maintient à une moyenne de 1,30 le litre, le gouvernement provincial ira chercher 430 millions de dollars supplémentaires cette année.

Imaginons maintenant que le scénario de l’économiste de la CIBC, Jeff Rubin, se réalise et que le prix du baril de pétrole atteint les 200 dollars d’ici 2012. Il est plausible que nous ayons alors à payer 2,50 le litre d’essence, ce qui procurerait des revenus de 7,7 milliards pour les deux gouvernements au Québec. Cela ferait presque 1 dollar le litre en taxes !

Ce ne serait encore rien comparativement aux gouvernements européens et, d’un point de vue environnemental, la hausse vertigineuse du prix de l’essence a sans doute des mérites.

Mais on ne peut pas à la fois défendre ces taxes élevées et se plaindre de l’augmentation du coût de l’essence !

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En fait l’augmentation du prix du pétrole cause l’inflation partout dans le monde.
Après quoi on se demande pourquoi une récession s’installe et que les riches actionaires des pétrolière s’emplissent les poches.Des gens peines à ce nourrir dans les pays défavorisés à cause de cela.
C’est tout à fait irresponsable de mettre la vie des gens en jeu sous prétexte de la rareté pétrolière(surtout que le pompage d’un baril coute le même prix).Les gens doivent absolument se mobiliser afin de boycotter Exxon, la pire pétrolière (voir cyberpresse)afin de provoquer un changement radicale dans les prix et changer la donne.En se regroupant la population devient une puissance économique inestimable.

Le prix du pétrole cause une inflation disproportionnée dans les économies étatiques.

Nuance.

Le plus bel exemple: le Venezuela.

Très choquant de payer oui, mais quand le gouvernement s’emplit les poches, ce sont les mêmes que celles des citoyens. Payer en tps et en tvq est la même chose que payer en taxes sur le pétrole.

La rareté c’est M. et Mme tout le monde qui la crée, ici comme ailleurs, et surtout la Chine et l’inde. Ils en veulent eux aussi des « chars » et du « gaz pour mettre dedans. Donc nous créons l’augmentation des prix dus à la rareté. Ce sont les gouvernements des sociétés qui récoltent le plus de l’augmentation des prix surtout les plus pauvres. Pourquoi le Mexique nous donnerait son pétrole alors qu’il peut le vendre cher.

Une leçon à retenir, le Québec aurait dû investir énormément plus dans la recherche. Nous sommes sur une terre dont la géologie est très propice au pétrole et au gaz et c’est connu depuis 40 ans.

Évidemment quand un produit est rare à cause de la demande, tout le monde veut son nanan et les pétrolières s’en donne à cœur joie.

Ce qui est regrettable est que l’Alberta au Canada est une grande productrice et doive se contenter d’un nanan.

Il reste un volume X de pétrole sur terre. Le vendre à bas prix ? pourquoi ? Tant qu’il y aura des gogos pour accepter de payer 2$, 3$, ou 4$ le litre, les pétrolières et les gouvernements ne s’en priveront pas et vont se bourrer les poches.
Ma prochaine voiture sera électrique ! comme ma tondeuse et ma scie à chaine…

Utilisateur-payeur, vous ne défendiez pas cette idée il n’y a pas longtemps?

Les plus riches avec les 2-3 grosses bagnoles paient ainsi plus de taxe que les plus pauvres.

Je sais qu’indirectement on paie tous pour ça, mais ça va forcer les industries à utiliser plus les trains et les bateaux, beaucoup moins énergivore.

Et si demain le gouvernement élimine complètement la taxe sur l’essence, il va augmenter mes impôts ou me charger ailleurs. Alors moi, avec ma petite Honda, ça ne me dérange pas les taxes sur l’essence.

les salaires et l’inflation économique s’éloigne de plus en plus et un jour ou l’autre sa va pêter à quelques parts car à part les individus, il y à toutes les industries qui sont de grande consommatrice de carburant comme le transport par exemple.
Bref je trouve inquiétant qu’on se fasse berner par des spéculations stupides comme par exemple l’histoire du pipeline au niger de la royal dutch Shell.
Tant qu’il y aura à la limite du beurre et du pain sur nos tables sa va aller mais le jour ou il n’en n’aura plus et que nous aurons tous de la misère à faire vivre nos familles, là les profiteurs et les gouvernements vont p-ê connaitre l’instinc de survie de gens en colère plus qu’ils ne s’imaginent !!!

Depuis la hausse du baril de pétrole, l’économie du Venezuela se porte bien mieux et le taux d’inflation serait à son plus bas en 2006 depuis 20 ans.

@ jacques noel :

C’est effectivement le cas. La politique de contrôle des prix au Venezuela entraine une inflation monstre à cause du dérèglement des mécanismes de l’offre et de la demande.

En plafonnant un prix, on sur-consomme et l’inflation suit.

Le Venezuela et l’Iran sont des cas typiques.

Le Venezuela contrôle les prix du pétrole et des aliment. Résultat, une inflation monstre de 25,7% en 2008.

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