Les marchés ont peur. Très peur.

Peur que l’économie américaine s’écrase à nouveau.

Peur que l’impasse politique entre républicains et démocrates empêchent le rétablissement de la situation budgétaire.

Peur que les démocrates ne prennent pas les signaux au sérieux et rebutent à couper suffisamment les dépenses publiques.

Peur que de trop sévères coupures budgétaires entravant une reprise économique déjà très chétive.

Peur que les républicains ne soient pas vraiment intéressés à rétablir la situation budgétaire et qu’ils refusent, à la vie à la mort, de hausser ce qui est déjà – et de loin – le plus bas taux de taxation des pays de l’OCDE, à part le Chili et le Mexique.

(À cet égard, ne vous demander pas pourquoi S & P a abaissé la cote AAA des États-Unis et pas celle de la France. S & P a justifié son choix en indiquant que « la France a une politique budgétaire bien conçue ». Les Français sont prêts à verser 41,9 % de leur PIB pour faire fonctionner leur État (ce qui est moins que plusieurs pays très prospères comme le Danemark à 48,2 % ) alors que les Américains se paient des guerres et des services sociaux en ne versant que 24 % de leurs revenus au fisc.)

Peur qu’une éventuelle augmentation des taxes éloigne « les consommateurs des magasins » et nuisent à l’investissement.

Peur que le gouvernement américain, fauché et menotté, se retrouve incapable d’agir et de tenter de limiter les dégâts.

Peur que des grands pays européens comme l’Espagne ou l’Italie se retrouvent en défaut de paiement et entraînent la zone euro et toute l’Union européenne dans le chaos.

Peur que de grandes institutions financières se retrouvent avec des milliards d’euros et de dollars de titres obligataires qui ne valent plus rien ou sensiblement moins qu’à l’achat.

Peur que les pays européens ne soient plus capables de venir en aide à ces institutions financières, dont la déchéance fera davantage dérailler l’économie du Vieux continent.

Peur qu’un écrasement en Amérique et en Europe n’aie forcément un impact sur la production manufacturière en Chine et dans les autres pays émergents.

Peur que l’impasse diminue forcément le prix des matières premières et du pétrole, stoppant du coup l’un des seuls secteurs économiques qui a maintenu un certain momentum.

Peur en somme que toutes les entreprises, de tous les secteurs et de tous les pays soient touchées et souffrent.

Peur qu’il faudra des années pour redresser les finances publiques, rebâtir l’économie et rassurer les marchés.

Peur que des économies de toute une vie s’envolent ou fondent au soleil.

Peur que les gouvernements et les institutions internationales se trouvent à cours d’idées et de moyens et soient incapables de proposer un plan conséquent et efficace.

En résumé, peur que le ciel leur tombe sur la tête.

 

Les commentaires sont fermés.

Votre commentaire me fait penser à Scarlet O’Hara se plaignant de n’entendre parler que de la guerre, de la guerre, de la guerre…

Autour de moi les gens ont même peut de parler. A Toronto c’est la période des vacances. Les chalets dans Muskoka sont tellement achalandés que les réseaux internet ne suffisent pas à alimenter la demande. Alors, on và se baigner. On ne veut pas savoir ce qui se passe.

J’avais peur que mon portefeuille ait chuté, mais surprise à 4:05, j’ai fait des gains. Je pense que je vais bien dormir. Je n’ai pas de dette. C’est ça vieillir : on se contente d’être en bonne santé !

Et oui, il faudra des années pour redresser rebâtir l’économie américaine et pour redresser les finances publiques.

24% au fisc? Vous parlez sans doute de Washington. Le budget est de 3,200 milliards sur un PIB de 14,700 milliards.

Mais faut ajouter les États et les municipalités.

D’accord, il reste de l’espace pour taxer n’empêche qu’aux USA faut payer l’assurance-santé, fait que les familles n’ont pas une énorme marge de manoeuvre (ca peut couter facilemen 8 à 10k par année pour une famille « normale »). Restent les riches. C’est le scandale. Pourquoi les Républicains ne comprennent pas qu’en bout de ligne ils protègent à peine quelques pourcents de la population?

@ rod

Pour simplement équilibrer le budget sur le dos des riches (250K et +) il faudrait les taxer à 139%.

Risible comme solution.

En 2011, les États-Unis ont collecté des revenus fiscaux équivalents à 7 236$/habitant. Sans alourdir la fiscalité, les États-Unis pourraient équilibrer leur budget en ramenant leurs dépenses au même niveau qu’en 2000, soit 7 232$/habitant. Toujours sans toucher à l’assiette fiscale, si les dépenses étaient ramenées au même niveau qu’en 1997, soit 7 028$/habitant, le budget américain aurait un surplus de 65 milliards de dollars.

En bref, les républicains ont raison de rejeter du revers de la main tout compromis sur une hausse d’impôt puisqu’il est possible, de manière réaliste, d’équilibrer le budget en coupant uniquement dans les dépenses. En 1997, quand Clinton était président, les États-Unis fonctionnaient très bien même si le gouvernement dépensait beaucoup moins.

N. B. Tout est calculé en dollars constants de 2005é

Bonjour monsieur Duhamel,

Vous évoquez parfaitement bien les sentiments de peur que nous ressentons depuis la correction boursière. Personnellement, je n’ai pas de dette et je ne joue pas à la Bourse. Il est certain que les intérêts que le CELI me rapportent, par exemple, ne sont pas volumineux, mais je dors en paix. Il doit bien avoir moyen de mettre de l’argent de côté et d’en retirer des bénéfices intéressants à long terme sans avoir ce besoin de jouer à la Bourse. Je pense que j’aime mieux vivre plus simplement plutôt que de rêver un train de vie supérieur qui a plus de chance de ne jamais se produire.

Cependant, il me reste une peur, celle de voir des proches perdre leur maison si une récession majeure ou pire encore, une dépression emportait le Canada. Nous dépendons tellement de la santé économique des É-U. Le virus qui les tenaille finira par traverser les frontières malgré notre position plus favorable présentement.

Vous êtes bien chanceuse, de n’avoir peur que de perdre vos revenus de placements!

J’ai vécu 4 restructurations à cause des diverses récessions. Je gagne un salaire de crève faim bien que j’aie un diplôme universitaire et de l’expérience.

Je fais partie de la Génération X. Je n’ai pas de REER. Une auto de 10 ans. Un salaire de misère. Ma région est en train de crever à cause que ses businessmen s’y sont entêtés ds des secteurs qui n’ont plus d’avenir (textile- imprimeries – transformation du bois).

Vous, vous parlez de votre chalet, vos placements.
Moi, ça fait 4 fois que je perds mon emploi à cause du dollar canadien à parité et de la production en Asie.

Au travail, mes patrons ont tous eu un p’tit cours 101 sur comment gérer la Génération Y: il faut leur donner de l’avancement, des vacances, un but dans la vie.

Ça l’air que ma génération, elle, n’a pas besoin de ça…

Je rêve souvent que les Boomers crèvent tous, Qu’ils crèvent avec leurs gros fonds de pension, leurs gros chars, leurs gros trains de vie… Attends ton tour, qu’ils disent.

J’ai 40 ans. Je suis une universitaire. Je suis cultivée. Je travaille fort. Et vite. Et bien.

Ce ne sera jamais mon tour. J’ai 2 enfants et j’ai moins de possessions que mon père à 30, lui qui en a eu 5 et qui était un simple chauffeur de taxi…

Mon contrat se termine début septembre. Mon boss est super fin, mais il n’a pas de travail pour moi. Ses clients sont trop cassés: ils ne vendent plus aux USA. Je devrai me dépêcher à trouver une job. Je n’ai presque plus de chômage.

Je n’ai pas peur.
Ça va bien au-delà de ça.
J’ai perdu le goût de me battre.
J’ai perdu le goût d’exister.

« Peur en somme que toutes les entreprises, de tous les secteurs et de tous les pays soient touchées et souffrent.

Peur qu’il faudra des années pour redresser les finances publiques, rebâtir l’économie et rassurer les marchés. »

Nous y sommes déjà, seulement beaucoup trop de politiqueux refusent de l’admettre publiquement de peur (ha!) de perdre des votes ; ils continuent de faire comme si tout est sous contrôle.

Les discours depuis la crise de 2008 se limitent à du « tout va bien », « l’économie reprendre lentement, mais sûrement » et, quand on manque d’inspiration, de critiquer les agences de notation parce qu’elles osent exprimer leur pessimisme.

Le capitalisme c’est le « fun » quand tout va bien et que les politiqueux peuvent continuer à piller les fonds publiques pour le bénéfice de leurs riches amis, mais quand ça va mal ils révèlent rapidement leur totale incompétence à gérer et à redresser des situations de crise.

Le capitalisme d’aujourd’hui n’est aussi que fondé uniquement sur la spéculation, on s’étonne que les marchés plantent quand ils sentent qu’il n’y a personne derrière le volant et que la voiture se dirige rapidement vers un mur de béton armé.

Alors la question est : on fait quoi?

J’ai peur pour mon fils de 21 ans qui commence ce matin sa première journée comme apprenti électricien sur la construction, peur parce que si la situation se complique, je ne puisses pas l’aider comme je voudrais tellement, étant menacé moi même !

Emmanuel Desalliers

Peur d’avoir peur quoi!

«Peur qu’il faudra des années pour redresser les finances publiques, rebâtir l’économie et rassurer les marchés.

Peur que des économies de toute une vie s’envolent ou fondent au soleil.»

Ça y’est, j’rappel mon REER, pis j’men va tout le dilapider moi-même dans une euphorie hédoniste avant que les marchés ne les réduisent à néant.

Pis après j’irai faire mon épicerie dans les banques alimentaires, manger dans les soupes populaires et résider… (surtout pas en-dessous d’un viaduc) …dans la rue.

Merci M. Duhamel, c’est rare les gens qui osent au Québec aligner les informations d’une telle façon. Surtout sans faire la matante rassurante qui dit ça va aller, ça va s’arranger tout seul, la pensée magique va s’en occuper…

Ça fait peur en effet, mais ça augmente notre niveau de conscience pour prendre les actions adéquates. Agir! L’immobilisme au Québec il faut le secouer, il faut que ça bouge!

Le commentaire d’Isabelle me fend le coeur.

Je pense à la situation de mes grand parents lors de la dernière dépression de 29. Mon arrière grand-mère nous racontait comment elle recousait un manteau à l’envers pour camoufler l’usure. Orpheline dès 12 ans elle travaillait comme couturière pour payer son loyer. Ma grand-mère gagnait un verre de cristal pour chaque année sans maladie ni retard, elle en a 35. Mon grand-père à 13 ans avait quitté la gaspésie seul pour arriver à se nourir. À montréal il s’était trouvé une tôle pour dormir. Plus tard ses enfants étaient préparé pour l’adoption parce qu’un accident de travail lui avait ouvert le ventre et que le filet social n’existait pas encore.

Mais ces gens que j’ai connus avaient une tête de cochon, un salle caractère. Le grand père a survécu contre l’avis des médecins. Il s’est refait, a été entrepreneur et il a travaillé sur plusieurs barrages. Il a construit beaucoup de maisons que mon père me montre encore.

Me rappeler ces histoires me permet de relativiser les choses. Ils ont été pauvres et imparfaits mais on se souvient de leur mérite.

Aujourd’hui à l’époque de la spéculation, des stars instantannés, de la société de consomation, nous avons oublié de donner du mérite au travail et à l’honneur.

» En 2011, les États-Unis ont collecté des revenus fiscaux équivalents à 7 236$/habitant. Sans alourdir la fiscalité, les États-Unis pourraient équilibrer leur budget en ramenant leurs dépenses au même niveau qu’en 2000, soit 7 232$/habitant. »
David

Coût pour les soins de santé aux USA en 2007: $7290 par habitant, » soit environ 2,5 fois plus que la moyenne de l’OCDE »

http://www.observateurocde.org/news/fullstory.php/aid/2611/Les_d_E9penses_de_sant_E9_aux__C9tats-Unis.html

Mon pauvre david, il me semble qu’il y dans le billet de P. Duhamel de quoi réagir pour un partisan des baisses d’impôts, non ?

Il dit même: » ne vous demander pas pourquoi S & P a abaissé la cote AAA des États-Unis et pas celle de la France… » Il me semble que tu pourrais expliquer la chose, toi qui dit (ailleurs) que « ce qui est en crise actuellement c’est l’État providence. » Un peu d’explication ferait du bien à tout le monde. (mais fait bien attention parce que je sens que tu vas encore te caler et que je vais encore être obligé de te mettre le nez dedans)

@David

Tu oublies que depuis 2000, il y a eu deux guerres. Trois même! C’est du jamais vu: alors que le monde est en paix, les Américains font trois guerres, toutes aux Musulmans!

Tu oublies qu’en 2000, la dette était de 5,000 milliards. Elle est rendue à près de 15,000. Faut payer les intérêts de tout ca

A part de couper dans les guerres, où est-ce que tu veux qu’ils coupent? 46 millions d’Américains mangent grâce à des food stamps! C’est 6 fois la population du Québec!

Ah l’économie! Quel stupide invention de l’homme tout pour compliqué la vie! Toujours les mêmes discours sans fin la PEUR et la PEUR les médias nous contrôle sans cesse avec quoi la PEUR! Pourquoi ne pas réinventer une nouvelle économie et repartir avec les bases fondamentales de la vie.
Les valeurs humaines, la famille et surtout la PAIX.
C’est le peuple qui a aussi le pouvoir de changer le cours des évènement en changeant nos habitudes de consommation, en arrêtant de polluer. La seule chose qui m’inquiète c’est qu’il nous viennent avec un KRACH qui ferait émerger une guerre. L’histoire nous en dit long là dessus… Nous avons 2 choix trouver une solution ou nous faire mener par une seule élite mondiale afin d’instaurer le nouvel ordre mondial!

Tout cela est très inquiétant. L’histoire malheureusement se renouvelle. Suivez ce lien, et vous verrez l’effondrement Boursier notamment en 1929 ou cette crise internationale nous a mené à cette issue fatale qu’a été la seconde guerre Mondiale.
Je ne dit pas que c’est la copie conforme à 1929, mais jusqu’où la bêtise peut aller ?
http://www.bilan.usherb.ca/bilan/pages/collaborations/1083.html

@ Cricri

« Pourquoi ne pas réinventer une nouvelle économie et repartir avec les bases fondamentales de la vie. » (Cricri)

J’ai bien peur que cette peur ce soit la plus grande peur des nantis qui ont peur du changement.