Peut-on sauver BlackBerry ?

Il était temps. Les deux cofondateurs, coprésidents et chefs de la direction et coprésidents du conseil, Mike Lazardis et Jim Basillie, ont finalement cédé leurs postes chez Research In Motion. Lazardis sera le vice-président du conseil et Basillie se contentera de siéger au conseil d’administration.

L’entreprise ne va nulle part et ses parts de marché fondent comme neige au soleil aux États-Unis où Apple et Google l’ont terrassée.

Les premières déclarations du nouveau président, Thorsten Heins, montrent le désarroi de l’entreprise. Monsieur Heins estime que RIM est fondamentalement dans la bonne direction et qu’il suffit d’un meilleur marketing pour sauver l’entreprise. Si c’est vraiment ce qu’il croit, RIM n’en a plus pour longtemps.

Le nouveau PDG croit que le nouveau système d’exploitation, le BlackBerry 10, va redonner de l’élan à RIM. Je pense que les dommages créés par des produits peu performants et les pannes de réseau à l’automne ont fait très mal à l’image de l’entreprise. À moins de me promettre d’être en mesure de préparer le souper et de passer l’aspirateur, je ne vois pas ce que BlackBerry pourrait m’offrir pour me convaincre d’acheter un de leurs prochains appareils.

Le nouveau patron a par ailleurs laissé entendre que le nouveau système d’exploitation du BlackBerry pourrait être  disponible sous licence à d’autres manufacturiers, comme le font Google avec Android et Microsoft avec Window Phone 7.

Cela pourrait s’avérer une avenue intéressante. Il n’y a peut-être plus d’avenir pour RIM comme manufacturier de téléphones et de tablettes numériques, mais il pourrait y en avoir un comme producteur de logiciels, de services de sécurité et d’applications pour les communications mobiles.

La prolifération des téléphones intelligents et la croissance vertigineuse des communications et des transactions créent un besoin et un marché pour la sécurité. BlackBerry pourrait continuer de l’incarner, mais sous une autre forme que maintenant.

La mort de BlackBerry serait une bien mauvaise chose pour le Canada. Dans les classements mondiaux des marques mondiales les plus réputées, les marques canadiennes sont rarissimes. BlackBerry se classe encore parmi les 25 les plus réputées, loin devant les plus grandes banques canadiennes.

La perte de RIM pour la technologie canadienne serait l’équivalent de la disparition de Nortel. Des brevets seraient en jeu, des sous-traitants locaux ou nationaux vacilleraient, des chercheurs universitaires se retrouveraient sans fonds et des milliers d’emplois seraient perdus. Pour faire une comparaison québécoise, imaginez ce que serait le secteur de l’aéronautique sans Bombardier.

Pour ces raisons, j’aimerais que Thorsten Heins sauve RIM. Pour réussir, il a surtout besoin d’un bon stratège, pas juste d’un bon vice-président au marketing.

 

 

Laisser un commentaire

J’ai eu un peu la même réaction que vous.
Je ne vois pas comment il peut sauver RIM s’il pense qu’il suffit de continuer à vendre les mêmes produits en faisant simplement un meilleur marketing.
Ce n’est pas compliqué, RIM est toujours un an en retard sur la compétition au niveau de son matériel. Tant que ça restera ainsi ils vont continuer de perdre des parts de marché.

Reconquérir le marché avec un système d’exploitation? Ben voyons donc!

Le marché est déjà assiégé avec Android et Apple et Microsoft s’en vient avec une offensive majeure pour Windows 8.

RIM n’est même plus un option considérée dans les marchés qui comptent et est en perte de vitesse dans le milieu des affaires.

C’est triste mais à moins d’un miracle c’est terminé, après Corel et Nortel la trilogie est en voie d’être complétée et il ne restera plus de grande techno au Canada.

Mais on ne devrait pas vraiment s’en surprendre puisque ça fait des années qu’étude après étude nous montre que l’innovation est faible au Canada.

C’est une catastrophe dont on ne mesure pas encore l’ampleur.

Corel, Nortel, Black Berry. Le ROC aime ça les patentes-à-gosses

Bombardier, Québecor, SNC. Québec sait faire.

Si on pratique l’art du mimétisme et de la confusion, on ne devrait pas donner trois « pommes » pour une « mûre »… Mais si on regarde les choses d’un peu plus près, les petites fruits noirs contiennent plus d’anti-oxydants qu’une grosse pomme. Tout dépend en quelques sortes de le « fenêtre » que vous avez sur le monde et il n’y a rien de plus confondant que l’exploitation d’une forme humaine biomécanique « Android » par une autre forme biomécanique.

Tout cela pour dire que selon moi, RIM n’a pas encore prononcé son dernier mot. Il est toujours plus aisé d’annoncer la mort prochaine de toutes choses que d’en prévoir exactement la date. D’ailleurs même Nortel existe actuellement encore toujours, les actions sont côtés en Bourse aux Etats-Unis et toutes les unités de cette compagnie n’ont toujours pas été vendues.

Ce qui se produit c’est que certaines compagnies dont les capitaux sont ouverts sont un jour appréciées au plus haut point par les investisseurs, puis un autre jour fustigées par les mêmes investisseurs. La firme Apple est une exemple assez emblématique du genre, considérée comme virtuellement morte voici une grosse vingtaine d’années elle est désormais la « chouchou » des indices boursiers jusqu’au jour où un génie mettra au point le téléphone intelligent invisible. Ce qui se produira certainement lorsque l’humain et le téléphone ne feront plus qu’un…. – Qui aurait cru en 2008 que GM redeviendrait en aussi peu de temps le premier constructeur d’automobiles mondial ?

Aussi RIM n’offre pas seulement des téléphones plus intelligents que leurs utilisateurs, ils offrent également une gamme de services qui devraient certainement durer encore quelques temps.

C’est pourquoi, je me garderai aujourd’hui une toute petite gêne pour annoncer la fin très prochaine de cette compagnie.

@ Doc (# 5):

« Québec sait faire. » (sic)

Il sait surtout se faire subventionner par l’argent des autres Canadiens.