Pierre Cardin : « Airbus est là pour de bon » 

Un an après l’arrivée d’Airbus aux commandes, l’ancienne C Series de Bombardier a le vent dans les voiles. Et le géant de l’aviation rêve grand pour ses installations à Mirabel, assure le responsable des affaires publiques et gouvernementales d’Airbus au Canada.

Photo : Guillaume Horcajuelo / EPA

Comment se portent les ventes de l’A220, le nouveau nom de la C Series, depuis la prise en charge du programme par Airbus ?

Nous avons signé des commandes fermes et des engagements pour 300 appareils, dont 60 pour Air France. Il y a aussi d’autres compagnies aériennes, qui avaient déjà signé des ententes, qui ont augmenté des commandes.

Airbus a qualifié le Canada de cinquième « home country ». Qu’est-ce que ça signifie ?

Les home countries, ce sont les pays d’où proviennent les entreprises qui ont fusionné pour créer Airbus, c’est-à-dire la France, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Espagne. Dans le cas de l’A220, nous héritons en quelque sorte de l’histoire aéronautique canadienne. L’A220 n’est pas un produit européen assemblé au Québec, mais un produit canadien qui est vendu dans le monde entier.

Photo : D.R.

Est-ce dire que ce titre est purement symbolique ?

Le Canada est très important pour nous. Nous sommes présents en Ontario depuis 35 ans avec Airbus Helicopters, et nous comptons de nombreux clients ici, dont Air Canada, Air Transat et les Forces armées canadiennes. Tout ça s’imbrique avec l’A220. Nous avons maintenant presque 4 000 salariés au Canada, dont 2 500 à Mirabel, et la croissance sera grande avec toutes les commandes qu’on a reçues. Ensuite, tout dépendra des occasions. S’il y a des offres intéressantes, on va importer nos produits européens pour les assembler ici, au Canada. On aimerait — c’est un rêve — faire de Mirabel la Toulouse canadienne [où Airbus emploie près de 27 000 personnes]. On veut que l’écosystème qu’on construit autour de l’A220 profite aux autres activités du groupe.

L’arrivée d’Airbus profitera-t-elle également aux fournisseurs qui ne participent pas à la production de l’A220 ?

L’an dernier, Airbus a tenu sa réunion annuelle avec tous ses fournisseurs mondiaux à Montréal. Nous y avons invité beaucoup de fournisseurs canadiens qui ne travaillent pas avec nous pour qu’ils puissent se faire connaître. Il faut savoir que près de 70 % des pièces utilisées dans nos appareils sont achetées à des sous-traitants ; ces dépenses représentent près de 60 milliards de dollars par année. Avant notre prise de participation majoritaire dans l’A220, le groupe dépensait déjà un milliard de dollars par année au Canada. On peut penser à CAE, qui est un fournisseur important, ou à Bombardier Aérostructures — parce que Bombardier, ce n’est pas juste des avions.

Airbus rachètera-t-elle les parts de Bombardier dans l’A220 en 2026, comme le permet le contrat ?

L’entente a été structurée ainsi. Il faudra voir ce qui se passera au cours des prochaines années et ce que nos deux partenaires — Investissement Québec et Bombardier — voudront faire. Pour l’instant, on s’efforce de développer le programme à Mirabel et de faire de l’A220 un succès, car Airbus est ici pour longtemps.

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