Pipelines au Québec: les prochaines semaines seront déterminantes

Les ministres Martine Ouellet et Yves-François Blanchet sur les projets d’Enbridge et de TransCanada.

raffinerie
Photo: Perry Mastrovito/Getty Images

Le boom pétrolier en Alberta, en Saskatchewan et au Dakota du Nord a des répercussions au Québec. La province est maintenant dans la mire de l’industrie du transport de l’or noir, qui veut y acheminer sa ressource avec deux projets de pipeline.

Dans le numéro en kiosque du magazine (depuis ce vendredi, 13 septembre), je signe un texte sur «La bataille des pipelines», qui survole les enjeux, notamment politiques, des deux projets d’oléoducs proposés au Québec.

On y apprend plein de choses. Par exemple: le nombre de lobbyistes au service d’Enbridge, de TransCanada, de Suncor et d’Ultramar dans ce dossier au Québec. Ou encore: les raisons de ce soudain intérêt des entreprises de transport du pétrole pour le Québec.cover-Octobre01

Je vous laisse aller le lire, sur papier ou Ipad. (Mon texte complète un magnifique article de Jean-Frédéric Légaré-Tremblay, qui a été voir et renifler le boum pétrolier au Dakota du Nord. Aussi intéressant que renversant.)

Dans le cadre de mon article sur les pipelines, j’ai fait des entrevues avec Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles, et Yves-François Blanchet, ministre de l’Environnement. Je les cite dans mon texte, évidemment, et l’intégral des entrevues est disponible dans la version Ipad du magazine.

Mais puisque c’est un sujet important et que le débat sur l’énergie sera un sujet chaud de l’automne (Eh oui, il y a autre chose que la charte des valeurs!), je vous offre ces deux entrevues ci-bas, en version simple, style questions-réponses.

Mais avant, une rapide mise en contexte sur les deux projets de pipelines qui touchent le Québec.

Celui d’Enbridge vise à inverser le flux du pétrole dans la canalisation 9B, qui transporte actuellement cette ressource de Montréal vers Sarnia, en Ontario. Le tuyau est donc déjà dans la terre. Ainsi, 300 000 barils de pétrole par jour en provenance de l’Ouest couleraient jusqu’aux raffineries du Québec. Les audiences doivent débuter en octobre devant l’Office nationale de l’énergie. Québec promet une forme de consultation cet automne.

Dans le cas de TransCanada et son Énergie Est — 4400 km et 12 milliards de dollars — le projet vient à peine de démarrer et les étapes de consultations et d’approbation prendront encore plusieurs mois (au mieux, tout serait prêt en 2017). L’objectif de l’entreprise consiste à convertir une portion existante d’un pipeline de gaz naturel en oléoduc de pétrole, et de construire une nouvelle section à travers le Québec pour acheminer 1,1 million de barils par jour jusqu’à la raffinerie d’Irving, au Nouveau-Brunswick.

Voici l’intégral de ces entrevues.

Martine Ouellet, ministre des Ressources naturelles

Photo: Clement Allard/Presse canadienne
Photo: Clement Allard/Presse canadienne

 

– Quelle est votre opinion sur les projets de pipelines au Québec?

Dans le cas du projet d’Enbridge, c’est clair qu’il y a un avantage économique pour les deux raffineurs du Québec, Suncor et Ultramar, qui ont beaucoup d’employés. On veut conserver le raffinage du pétrole au Québec, c’est un avantage. C’est aussi important pour l’industrie pétrochimique de Montréal, qui s’approvisionne auprès des raffineurs.

Le rôle du gouvernement sera de s’assurer que l’entreprise qui exploite le pipeline fait un bon entretien, assure un contrôle serré de ses installations et qu’il y a de hauts standards sur le plan environnemental. D’autres provinces concernées se sont déjà prononcées sur ces questions et ont fait des mises en garde, notamment l’Ontario et la Colombie-Britannique. Il faut minimiser au maximum les risques liés au transport du pétrole. Il faut aussi s’assurer de retombées économiques collectives, comme les emplois, les revenus, etc.

Il faut quand même noter qu’on a une préoccupation sur la provenance du pétrole.

– Le fait que les pipelines amèneraient du pétrole de l’ouest du Canada, donc possiblement des sables bitumineux, est-ce que ce serait suffisant pour bloquer les projets?

Il faut le prendre en considération. On veut devenir un leader dans la diminution des gaz à effet de serre et on sait que les sables bitumineux en émettent plus que le pétrole conventionnel. Il y a une réflexion à faire.

– Le Québec est un importateur de pétrole, il doit donc venir de quelque part. Présentement, il vient en grande partie du Moyen-Orient par bateau, sur le fleuve Saint-Laurent, il y a aussi des désavantages…

Avec ce qui s’est passé dans les derniers mois autour du transport du pétrole, il faut regarder l’ensemble des options, et faire la liste des avantages et des inconvénients de chacun des modes de transport sur le plan économique, environnemental et celui des risques.

L’objectif premier est de diminuer notre consommation de pétrole. On souhaite diminuer les gaz à effet de serre de 25 % d’ici 2020, c’est ambitieux. Mais il est certain qu’on n’arrivera pas à zéro du jour au lendemain. Il reste deux alternatives: l’importer ou l’exploiter. Dans le cas de l’importation, la question du transport est importante. Il faudra tout évaluer, le train, le bateau et le pipeline.

– Est-ce que cette question des pipelines est une patate chaude politique?

Il y a deux projets de pipelines au Québec, qui sont assez différents. Enbridge veut inverser le flux de son pétrole pour pouvoir l’amener de l’Ouest jusqu’à Montréal. C’est assez marginal, dans la mesure où il n’y a pas de nouvelles constructions ou très peu. Le pipeline est déjà dans la terre. Enbridge répond à la demande intérieure du Québec, pour approvisionner les deux raffineries, Suncor et Ultramar, et l’industrie pétrochimique de l’est de Montréal.

TransCanada souhaite convertir un gazoduc en pipeline de pétrole et ajouter des tronçons qui traverseraient le Québec jusqu’au Nouveau-Brunswick. C’est davantage une nouvelle infrastructure, et l’un des objectifs semble être l’exportation sur les marchés étrangers. Il reste encore des choses à éclaircir dans ce dossier, mais c’est ma compréhension. Il faudrait voir les avantages pour le Québec.

Dans le cas d’Enbridge, mon collègue à l’Environnement, Yves-François Blanchet, fera une annonce pour expliquer les consultations à venir sur cet enjeu.

– Qu’est-ce que Québec peut faire, étant donné que l’approbation des pipelines qui traversent plus d’une province est de compétence fédérale?

On a toujours notre mot à dire, même si c’est l’Office national de l’énergie qui mène les consultations. Dépendamment des projets, il y a des décisions qui doivent venir du gouvernement du Québec, pour des permis de construction ou des autorisations de station de pompage. Il y en a moins pour Enbridge, mais dans le cas de TransCanada, il y en a plusieurs. Et une entreprise est mieux d’avoir le feu vert du gouvernement du territoire sur lequel elle souhaite construire.

– Les sondages montrent une opinion assez favorable aux pipelines par rapport à d’autres moyens de transport. Est-ce que vous prenez ces chiffres en considération?

J’ai lancé la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, qui a commencé ses consultations publiques le 4 septembre et fera le tour du Québec jusqu’au 9 octobre. On va étudier beaucoup de questions, notamment le transport du pétrole et les pipelines. On va avoir les commentaires et les suggestions des citoyens et des groupes. C’est clair qu’on va prendre en considération ce qui va en sortir.

– Est-ce un vif débat politique à l’interne au gouvernement? Est-ce aussi déchirant que le débat sur les redevances minières, qui a divisé le cabinet?

[rires] Vous avez une drôle de façon de formuler votre question! Écoutez, notre position est claire. On va consulter les citoyens, les groupes, et trancher ensuite. Il n’y a rien de décidé encore, on va écouter d’abord.

– Est-ce que le boum du pétrole au Dakota du Nord change la donne dans la manière dont l’Amérique du Nord s’approvisionne en or noir?

Tous les changements que l’on vit dans le secteur énergétique ont une grande importance, c’est pourquoi on veut tenir cette consultation sur les enjeux énergétiques pour le Québec. Le secteur énergétique a beaucoup changé depuis quelques années, notamment avec le pétrole de schiste et le gaz de schiste. Les États-Unis ont une façon assez différente d’aborder le développement énergétique par rapport à il y a quelques années à peine. Il y a clairement un impact.

– On a l’impression que le Québec, avec le piétinement des projets de pipelines ailleurs, comme Keystone XL vers les États-Unis et Northern Gateway vers la Colombie-Britannique, devient un joueur important?

L’enjeu du transport du pétrole est continental. Il faut regarder ce dossier dans son ensemble. On a des questions concernant le territoire du Québec, c’est normal, mais les projets s’inscrivent dans une stratégie continentale. On suit les autres projets avec intérêt, parce qu’ils peuvent avoir un impact sur les décisions des joueurs qui sont au Québec. Si un projet est approuvé ailleurs, ça peut changer la donne pour les entreprises de transport présentes au Québec.

– Est-ce qu’il y a déjà eu des discussions sur un possible système de redevances entre les provinces ou États producteurs de pétrole et les régions qui voient les pipelines passés sur leur territoire? Il me semble que ce serait plus facile si une province touchait une mince part des profits de la ressource que le tuyau transporte…

Je n’ai jamais entendu cette idée soulevée.

– Est-ce que le Québec va participer aux audiences de l’Office nationale de l’énergie sur le projet d’Enbridge, en octobre?

On va suivre les audiences et les mémoires déposés, mais on a décidé que le Québec ferait ses propres consultations.

– Depuis un an, le gouvernement du Québec a mis en place deux comités pour étudier l’impact des projets de pipelines, l’un avec l’Alberta et l’autre avec le Nouveau-Brunswick. Est-ce que des représentants de votre ministère siègent à ce comité?

Oui, on a des gens de notre ministère qui siègent à ces comités. Pas moi personnellement, car pour l’instant, ce sont des échanges assez techniques.

*****

Yves-François Blanchet, ministre de l’Environnement

Photo: Ghyslain Bergeron/Presse canadienne
Photo: Ghyslain Bergeron/Presse canadienne

– À quel point les projets de pipelines au Québec sont des dossiers importants pour le gouvernement?

C’est un dossier très important, qui met autour de la table plusieurs ministères. Au moment où les dés allaient tomber, où la forme de la consultation autour du projet d’Enbridge allait être annoncée, on a eu les événements de Lac-Mégantic. On ne peut pas faire comme si ça ne s’était pas produit. Ce n’est pas un événement isolé de la réflexion sur le dossier pétrolier. Il y a le volet économique, environnemental, transport et évidemment, celui de la sécurité.

Il y a une hypersensibilité très compréhensible à l’heure actuelle.

On va faire une réflexion globale. Mais la forme n’est pas arrêtée. Est-ce que ce sera l’addition de plusieurs réflexions à la pièce ou encore une seule grande consultation, le conseil des ministres va devoir trancher bientôt.

– J’étais sur l’impression, dans le cas du projet d’Enbridge, qu’il y aurait des consultations publiques, avec des audiences…

Je maintiens sans aucune ambiguïté que tous les groupes, toutes les opinions, toutes les formes d’opposition ou d’appuis au projet auront l’occasion de s’exprimer publiquement dans le cadre d’une démarche structurée.

– Est-ce que vous avez une idée de l’échéancier? On sait qu’Enbridge sera devant l’Office national de l’énergie pour des audiences en octobre…

J’aurais aimé l’annoncer il y a longtemps, mais on doit malheureusement se donner quelques semaines encore pour déterminer la formule des consultations, parce que les enjeux sont plus vastes. Avant, c’était seulement Enbridge. Maintenant, c’est Enbridge dans le contexte du transport des produits pétroliers et les risques que ça comporte. En plus d’avoir un autre projet de pipeline qui démarre, celui de TransCanada. Il faut voir de quoi le Québec a besoin et évaluer les impacts.

– Qu’est-ce que le gouvernement du Québec peut faire comme consultation publique, étant donné que vous avez déjà écarté l’idée d’un BAPE [Bureau d’audience publique sur l’environnement]?

Dans le cas d’Enbridge, son projet n’est pas assujetti au BAPE, parce que son infrastructure est déjà existante. C’est de compétence fédérale. Par contre, dans le cas de TransCanada, il pourrait l’être, puisqu’il y a une portion importante de nouvelles infrastructures.

La formule de consultation pour Enbridge sera décidée sous peu.

– Quelle est la poignée du gouvernement du Québec dans le dossier d’Enbridge, puisque l’approbation du projet est de compétence fédérale?

Le gouvernement fédéral et Enbridge ne peuvent pas faire abstraction du gouvernement du Québec. C’est purement politique, pas juridique. Je ne peux pas imaginer qu’ils iraient contre la volonté du Québec. On a un poids dans la balance.

– Est-ce que le ministère de l’Environnement du Québec va participer d’une quelconque façon aux audiences d’Enbridge devant l’Office nationale de l’énergie, en octobre?

Non, c’est exclu.



 

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Nous n’avons pas besoin de nouveaux pipelines ou même de d’accroître notre capacité à transporter du pétrole surtout celui destiné à d’autres à l’extérieur du Québec.

Le Québec devrait viser à quitter sa dépendance au pétrole, notamment dans le domaine du transport et du chauffage des habitations. Notre électricité peut nous le permettre d’autant plus que c’est une ressource renouvelable.

Donc je ne vois pas pour quelles raisons nous devrions favoriser l’exploitation et l’utilisation de cette source d’énergie non renouvelable et qui est une des principales sources de pollution donc de perturbation climatique. Nous sommes en présence d’une vision myope de l’économie.

Peu de pays à travers le monde ont ce luxe d’avoir valablement une alternative au pétrole.

Nous ne devons absolument pas nous laisser emberlificoter par les discours des promoteurs pétroliers qui semblent nous demander de choisir entre le transport du pétrole par rails ou par pipelines. Peut-être devrions-nous envisager de répondre : pas d’accroissement du transport pétrolier. Nous devrions décréter un moratoire sur le transport pétrolier au Québec, voire même une réduction du transport pétrolier.

Pourquoi le Québec ne chercherait-il pas à devenir LE pays du transport par l’énergie électrique ? La Tesla existe. Cette automobile est ultra performante. Donc la technologie est présente. Et si il y en avait quelques dizaines de milliers à rouler au Québec, je suis persuadé que son prix de vente chuterait spectaculairement comme celui de tout autre véhicule électrique.

Comme dirait Obama : «Yes we can !»

«Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.»
[Mark Twain

Nous pensons trop à court terme, Le pétrole semble encore la solution pour régler nos problèmes d’énergie au Québec. C’est facile de constater que nous sommes dans une période de changement pour la question énergétiqe au Québec, en se limitant au pétrole, que ce soit pour la quête de notre autonomie ou de savoir de qui nous dépendrons dans un avenir plus ou moins rapproché.

J’ai bien apprécié l’article d’Alex Gastonguay sur ce sujet. Il tient compte dufait que nos valeurs sont en train de changer un peu pour les question de l’énergie. Force est de constater quand même que nous avons les deux pieds dans un marché qui semble tenir à ce que les choses ne changent pas vraiment.

De ce point de vue, nos Ministres au Québec, s’ils sont un tant soit peu pour faire VRAIMENT faire évoluer le dossier énergétique vers de l’énergie plus verte et renouvelable, ont beaucoup de pain sur la planche. Ceux qui font des pressions pour le pétrole encore et encore, leur font des pressions sur leurs frêles épaules. Les défenseurs du pétrole veulent faire ouvrir des valves et ne veulent pas qu’on se ferme.

Sur le plan de l’environnement, nous sommes de plus en plus conscients que nous vivons sur une planète très fragile et qui dépend beaucoup de notre attitude face à elle. Un jour ou l’autre, il faudra agir en conséquence et conséquent face à ce problème. Question de santé humaine, nous dépendons de la qualité de l’air, de l’eau, de la terre, etc.

La santé de notre planète s’affaiblit, au fur et à mesure, ce sera un incontournable de penser que nous devons agir en humains responsables face à l’environnement, l’éécologie, etc. Nous vivons une période de transition qui avance à petite vitesse à cause de ceux qui défendent le pétrole, comme étant le système établit, reportant aux calendres grecques, ne serait-ce qu’une petite vision dans l’avenir qu’il faudra changer notre approche.

J’aime bien ces deux Ministres parce qu’ils semblent conscients que nous vivons une transition importante et qu’il faudra du courage pour porter le flambeau du changements. Il ne se fera pas tout seul et c’est normal que certains résistent à ces changements qui demanderont encore de plus grand effort à mesure que nous ferons reculer ces changements.

Il ne faudrait pas attendre que la santé de notre planète soit trop hypothéquée pour réaliser qu’une planète en bonne santé coûte beaucoup moins cher à entretenir qu’une autre qui s’en va à la dérive à cause d’une certaine aliénation au système établit. Une planète en santé facilite aussi la vie et la santé de tout le monde. En continuant de fermer les yeux, nous sommes en train d’hypothéquer bien des choses.

Les vrais entrepreneurs sont des personnes capables de voir l’avenir. Les politiciens peuvent en être s’ils veulent vraiment s’impliquer dans le présent pour commencer à gérer notre avenir de façon responsable. La pente est abrupte à monter pour eux. Il faut le comprendre et j,ai confiance au moins en ces deux politiciens qui sont en train de faire en même temps leur classe du monde de la politique..

Je suis bien d’accord avec vous. C’est certain qu’un jour, dans quelques décennies sans doute, les champs pétrolifères se tariront sérieusement. Il faut donc mettre en place une alternative à l’utilisation du pétrole.

Dans le domaine de la pétrochimie, c’est-à-dire l’ensemble des sous-produits et dérivés du pétrole la tâche revient à relever un défi pour lequel aujourd’hui on voit peu ou pas du tout d’alternative. Regardez autour de vous et essayez de nommer 3 objets dont la fabrication et la distribution ne sont pas liés au pétrole. Tout serait donc à faire si tant est que des solutions existent. Ce qu’aujourd’hui il n’y a rien de moins sûr !

Par contre dans le domaine du transport et du confort résidentiel (le chauffage) ou dans le champ de la production industrielle, l’électricité peut nettement devenir rapidement une alternative durable à l’utilisation du pétrole. Les automobiles électriques sont évidemment de plus en plus performantes. J’en veux comme exemple la Tesla qui, de l’avis de certains experts serait, toutes catégories confondues, l’auto la plus performante au monde et ce même sous notre climat avec nos hivers glaciaux.

Dans les deux cas, tout le pétrole que nous n’exploiterons pas, restera là où il est tant et aussi longtemps qu’on ne décidera pas d’aller le chercher. Si les ressources québécoises de pétroles sont sauvegardées, disons encore 20 ou 30 ans, les chances sont que leurs valeurs auront décuplées compte tenu de son tarissement au niveau mondial, donc de sa rareté. De plus les méthodes d’extractions pourront s’être améliorées de façon à être beaucoup plus respectueuses de notre environnement. Ainsi la future exploitation des ressources pétrolières restantes devrait être encore plus profitable qu’elle ne l’est aujourd’hui. Plus nous attendrons, plus les lois du marché joueront en notre faveur.

D’un autre côté, la pénurie du pétrole étant programmée pour relativement bientôt et comme nous sommes extrêmement bien placé en ce qui a trait à une source d’énergie alternative au pétrole, c’est-à-dire l’électricité, nous serions bien imbécile de ne pas profiter de notre situation avantageuse. Il faudrait donc cesser d’encourager l’industrie pétrolière soit par l’exploitation de nouveaux gisements au Québec et même par de nouvelles facilités pour son transport. Remarquons que je ne parle même pas des dangers environnementaux associés. Les capitaux ainsi divertis de l’industrie pétrolière devrait alors être investis dans le développement rapides de solutions réelles pour développer et améliorer le transport électrique telles les moteurs électriques et les piles électriques sans oublier un réseau performant de stations de recharge.

Si nos politiciens étaient clairvoyants et voyaient un peu plus loin que leur prochaine réélection et qu’ils adoptaient une stratégie appropriée visant à réduire drastiquement notre dépendance au pétrole, le Québec serait gagnant sur tous les fronts et s’assurerait d’occuper économiquement et technologiquement une place très enviable dans la communauté internationale.

Il faut alors résister au lobby pétrolier qui essaie de nous contraindre à choisir entre deux hypothèses favorisant leur industrie, c’est-à-dire le pipeline ou le rail. Nous devons donc ne pas nous laisser enfermer entre ces deux termes. Il y en a un troisième beaucoup plus intéressant et surtout prometteur : moins de pétrole et plus d’électricité.

J’espère donc que le Québec fera tout en son pouvoir pour ne pas accroître les capacités de transport du pétrole sur notre territoire.

« S’efforcer de se convaincre soi-même de la vérité qu’on a entrevue est le premier pas vers le progrès; persuader les autres est le second. Il en est un troisième, peut-être moins utile, mais fort enviable néanmoins, qui est de convaincre ses adversaires. »
[Louis Pasteur]