Plaidoyer pour un gros État

Est-il souhaitable de réduire la taille de l’État pour maximiser le bien commun ? Pas selon le blogueur Alexis Gagné, qui explique ici pourquoi.

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Photo : Getty Images

Cette semaine, le président du Conseil du Trésor a fait un plaidoyer pour ce qu’il appelle l’État du XXIe siècle. Sa définition de cet État moderne n’est pas claire, mais considérant le contexte et tous ses discours récents, c’est certain qu’il voit ce nouvel État comme étant plus petit.
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Tout cela ressort particulièrement quand Martin Coiteux et sa Commission permanente de révision des programmes nous comparent à l’Ontario, insistant sur le fait que l’État de cette province voisine à la nôtre représente 22,2 % du PIB, contre 28,7 % au Québec.

Mais est-il vraiment souhaitable de réduire la taille de l’État ? Je crois que non.

Est-ce que je dis ça parce que je suis socialiste, marxiste, communiste ou — pire encore, selon plusieurs personnes — un employé des centrales syndicales ?

Non, je suis un économiste qui a fait ses études à l’Université de Montréal et à l’Université de Chicago, et de nombreuses personnes qui me connaissent me placeraient plus à droite qu’à gauche.

Je n’ai aucun doute que des marchés ouverts représentent la meilleure façon de gérer nos activités économiques. Je suis, comme la plupart des économistes, un peu obsédé par les chiffres et par l’efficacité.

Ce sont d’ailleurs des chiffres qui m’ont finalement convaincu qu’un petit État n’est pas la solution pour maximiser le bien commun.

Premièrement, les chiffres récents nous montrent que les pays avec de plus gros États connaissent une croissance économique plus stable et aussi élevée que les sociétés avec de petits États, et donc ne produisent pas moins de richesse économique, à long terme, pour ses habitants.

Pays Croissance annuelle moyenne (1989-2011) Taxe en pourcentage du PIB (2008)
Suède 1,73 % 46,3 %
Finlande 1,49 % 43,1 %
Danemark 1,21 % 48,2 %
Québec 1,28 % 39 % (2010)
Canada 1,21 % 32,3 %
États-Unis 1,33 % 26,1 %

Source : OCDE

Deuxièmement, les chiffres nous montrent que les pays avec des niveaux d’inégalité plus bas performent mieux sur toute une série d’indicateurs sociaux (santé mentale et physique, éducation, crime, etc.), et ce, chez les riches comme chez les pauvres.

Wilkinson

 

Finalement, les chiffres nous montrent que les sociétés avec des niveaux d’inégalités plus bas ont une mobilité sociale plus élevée, c’est-à-dire qu’il y est plus facile de sortir de la pauvreté.

Mon plaidoyer semble ici pencher davantage vers un État avec des inégalités basses que vers un gros État, mais les deux vont presque automatiquement ensemble.

Je ne veux évidemment pas dire que nous devrions continuer de grossir l’État sans réfléchir, ou bien qu’il ne faudrait pas tenter de rendre notre État plus efficace.

Les chiffres sont aussi clairs là-dessus. Les finances publiques ne vont pas bien, surtout si l’on prend en compte les effets à long terme du vieillissement de la population.

Mais il ne faut pas couper dans l’État pour couper dans l’État, tout comme il ne faut pas couper dans l’État pour ressembler davantage à l’Ontario. Le Québec est une société distincte dont nous sommes fiers, et pas seulement pour notre langue et notre culture. Nombre d’entre nous sommes aussi fiers de notre niveau de solidarité et de la solidité de notre État, il ne faut pas l’oublier.

Pour régler nos problèmes de finances publiques, il faut plutôt consulter les acteurs et les experts des milieux de l’éducation et de la santé pour trouver des façons innovantes de faire plus avec, néanmoins, la même quantité de ressources financières.

Il faudrait aussi accroître grandement la transparence de l’État et ainsi instaurer une reddition de compte plus stricte envers la population. Pour moi, c’est ça, l’État du XXIe siècle.

Il ne faut pas non plus mettre de côté presque complètement les hausses de taxes. Une hausse de la TVQ de 1 pour cent irait chercher environ 1,8 milliard de dollars. C’est presque 50 pour cent de ce que tente d’aller chercher le gouvernement libéral pour éliminer le déficit.

En conclusion, donc, la tendance du XXe siècle allait vers des États plus gros, pas plus petits, et les sociétés qui ont le plus suivi cette tendance sont, pour la plupart, celles où il fait le mieux vivre aujourd’hui.

Personnellement, j’espère que ces gros États seront maintenus et que les progrès de niveau de vie fulgurants qui sont survenus au XXe siècle continueront tout au long du XXIe siècle.

* * *

Alexis Gagné est le créateur de l’indice québécois d’équité entre les générations. Les opinions exprimées ici sont purement les siennes.

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26 commentaires
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Si je comprends bien vos chiffres, vous appareillez la croissance annuelle moyenne et le pourcentage moyen (année de référence 2008, sauf pour le Québec) des prélèvements fiscaux en proportion du PIB généré et vous concluez que la taille de l’État y est pour quelques choses dans la prospérité.

Étonnant de parvenir à cette conclusion sur la base de telles données.

Si ce que vous dites était absolument vrai, le champion de la croissance économique devrait être actuellement sans contredit la France qui est de loin le pays le plus administré du monde en proportion de sa population, un pays où les fonctionnaires gagnent en moyenne 15% de plus que dans le privé et ne bénéficient pas moins de 45 jours ouvrables de congés payés par an.

Si tout cela était vrai, comment expliquer alors que tous les pays — incluant les trois premiers que vous mentionnez — ont vu depuis 2008 le nombre de leurs fonctionnaires sensiblement baisser, preuve que même pour un danois ou un suédois, un gros État n’a rien à gagner à souffrir d’embonpoint. La France est le seul pays au monde qui a vu croitre sa fonction publique…

… Et les gens ordinaires n’en peuvent plus de payer des impôts.

Hors, l’ensemble des charges sociales et pas seulement l’impôt, ont un impact considérable sur la compétitivité des entreprises. Les entreprises qui n’ont pas des coûts d’opération raisonnables, risquent de continuer de perdre des parts de marché et de disparaître face aux pays qui peuvent produire bien et bon et au meilleur coût.

Il y a donc un équilibre qui doit être recherché et trouvé entre les missions qui relèvent de l’État et celles qui peuvent parfaitement être conduites par des opérateurs privés, ce qui inclus aussi des structures sociales multiples, comprenant les formules coopératives ou encore des regroupements de travailleurs indépendants.

Certaines missions qui incombaient peut-être à l’État voici 100 ans ne sont plus des priorités ou peuvent être gérées autrement maintenant. Aucun pays au monde n’est à proprement parler épargné par ces évolutions. Ce sont aux citoyens qu’il incombe d’exercer de façon parfaite leurs plein potentiel d’autogestion.

J’imagine, si cette structure très étatique étouffante que vous appelez de vos vœux, se maintient ; vous risquez de connaître un 21ième siècle dont les lendemains soient susceptibles de vous porter à quelques amères déceptions.

Lorsque pour moi, la meilleure façon de vivre longtemps, d’être éduqué, de veiller à la viabilité de nos enfants, de contrer les homicides et j’en passe…. Cela reste encore et toujours d’avoir appris à se prendre en main. Comme cela toujours fut.

Ce qui signifie : développer le sens de l’autonomie, les habiletés de tout un chacun et veiller à ce que tout le monde puisse avoir accès à ce qu’il faut suivant ses moyens. C’est pourquoi on ne saurait confondre le creuset culturel et social hérité ; d’avec à proprement parler la dimension concédée par la collectivité aux diverses fonctions qui soient échues au domaine public.

— Si la clef du bonheur collectif et celle du succès se trouvait être uniquement dans la taille et le tour de taille de l’État. Ça m’semble bin qu’ça fait bin longtemps qu’tout ça on l’saurait !

Au Québec la « droite » veut un gros gouvernement… Le Québec n’est pas encore descendu assez bas il faut croire… On comprend pourquoi 25 000 jeunes ont quitté la province entre 2004-2013.

« If you want total security, go to prison. There you’re fed, clothed, given medical care and so on. The only thing lacking… is freedom. » -Dwight D. Eisenhower (1949)

J’aurais aimé voir les pays baltes, surtout l’Estonie, dans vos comparaisons du Québéc et du Canada avec les pays nordiques. Ici, d’un point de vue nordique, l’Estonie est souvent cité comme un exemple d’état à taille réduite réussi. Le seul point sur lequel l’Estonie fait piètre figure, c’est sur les mesures sociales. Dans tous les autres domaines, l’Estonie fait des choix intelligents qui réduisent la taille de l’appareil étatique tout en augmentant son efficacité.

Je comprends votre point de vue mais est-ce que votre conclusion en faveur des gros gouvernements tient compte de tous les vols, toutes les fraudes et tous les abus financiers qui apparaissent dans un système énorme et plus difficile à bien gérer ?

Je me dois d’être en désaccord avec vous car tout ne se résume pas à de l’arithmétique, loin de là. La principale problématique des ‘super-organisations’ vient justemet de leur taille. En effet, si vous étudiez l’efficience de celles-ci vous constaterez que leur envergure les rend souvent, pour ne pas dire toujours, ingérables pour utiliser un anglicisme. Ceci est tout aussi vrai dans le privé que dans le public. L’une des raisons vient du fait que les centres décisionnels sont trop éloignés ou déconnectés de la réalité et des besoins des activités quotidiennes sur le terrain. Bien sûr, il ne faut pas non plus minimiser les idéologies socio-politiques qui, surtout dans le secteur public, y sont prioritaires et sans nécessairement reliées aux services essentiels disponibles. De plus, il existe de fausses notions que les autorités favorisent plus ou moins volontairement et j’en veux pour preuve celle de la soit-disant ‘transparence’. On tente souvent de nous convaincre que transparence et efficience sont synonymes et vous conviendrez avec moi qu’il est loin d’en être le cas. Tout système pour être efficient et efficace se doit de fonctionner en rétroaction et, pour se faire, a besoin d’autorité, de responsabilité et d’imputabilité. J’en suis encore à me demander qui, dans le secteur public en particulier, est imputable puisque chacune des composantes est plus ou moins autonome et a peu, pour ne pas dire aucun, compte-rendu à rendre sinon pour la forme. Par exemple, il est intéressant de constater que lorsqu’un organisme public, et souvent même privé, se fourvoie dans son administration on trouve toujours un bouc émissaire, souvent au niveau inférieur de la chaîne hérarchique de l’organisation, qui doit porter le blâme de l’erreur ou de la maladresse commise. À quoi servent alors les hauts dirigeants? Bien sûr, certaines personnes doivent encaissées les primes et bonus n’est-ce pas!!!!
Tout ceci pour conclure que la taille d’un organisme n’est qu’un facteur parmi bien d’autres et qu’une analyse exhaustive des besoins et services doit être faite avant d’aller de l’avant avec des décisions fondamentales car les chiffres ou données n’expliquent pas tout.

A lire les commentaires, On croirait lire un DOGME jamais remis en question depuis le McCarthyism et la chasse aux communistes…

Pour plusieurs, c’est blanc ou noir.. L’Etat est la source de tous les maux, il y a du vol et de la corruption mais pas dans le privé !!!! C’est impossible qu’il soit efficient parce que trop gros, tout en glorifiant des multinationnales comme Apple ou Exxon….( Enron peut-être)..

Ils n’imaginent pas qu’il soit possible de maximiser la taille de l’État en fonction des priorités qu’un peuple veuille établir… Bien sûr, le capitalisme est sans aucun doute le systéme économique le plus adéquat mais seulement si il est appareillé à une démocratie véritable. Le mythe libertarien de laisser faire les fameuses lois de marché a la vie dure chez certains… C’est bien mal connaitre l’Histoire de l’Humanité….

Seul un État efficace peut éviter les excès du système capitalisme dont les lois fondemmentales sont la recherche d’une maximisation de la profitabilité par tous les moyens » légaux « . Bien évidemment que les acteurs les plus puissants chercheront à infléchir les lois contraignantes…. ou même les déjouer…

Pourquoi, pensez-vous que l’idéologie néo-libérale se retrouve tant à la mode depuis le rêgne de Reagean et qu’elle soit véhiculée par tant de perroquets… Evidemment, lorsque l’on se croit, à tort ou à raison, au dessus de la classe moyenne, la tendance à la dé-solidairisation peut s’accroitre et que l’importance d’une société plus équitable ne saute plus aux yeux…. L’hyper-individualisme peut fleurir… bien arroser par un marketing du style: » VOUS LE MÉRITEZ BIEN !!!! »

On prend pour acquis que nous nous sommes bâtis tout seul ( par nos propres moyens ! ) sans l’aide des infrastrutures, du climat social et de la sécurité que nous a procurés cet État, justement !!!!

L’État est-il là seulement pour assurer la victoire Écomomique d’un pays dans la grande concurrence mondiale ou n’est-il pas le GARANT d’une paix sociale, d’un mieux vivre ensemble dans cette grande bataille que se livrent les OLIGARQUES de ce monde… ???

Alors, que faisons-nous vraiment, lorsque nous répètons les slogans » A bas l’état » ou » Moins de règlementations financières » ????

Réflecteur… Vous auriez intérêt à vous relire avant de publier vos opinions. Simplement par respect pour vos lecteurs. Vos nombreuses fautes dans vos textes constituent une distraction non négligeable.

Un gros état gage de succès?

Si c’était vrai, l’URSS existerait encore non?

Quel réductionnisme grossier !!!!!

URSS = Aucune démocratie, dictature et compétion pour l’hégémonie international…..

« URSS = Aucune démocratie, dictature et compétition pour l’hégémonie international….. » (sic avec la correction au mot compétition!)

Mais Réflecteur…c’est exactement là que nous mène un gros état!

Vos cours en sciences molles pas de maths ne vous ont-ils rien appris?

Francois 1er,

je comprends un peu mieux vos interventions, si vous raisonnez avec de tels raccourcis. Le « volume » des États doit, cependant, être proportionnel à la puissance des Cartels, Monopoles ou des Oligarchies de ce monde…

En passant, j’ai réussi mes études aux H.E.C. mais vous pouvez l’oublier, si cela ne concorde pas avec vos croyances… (:-)

« En passant, j’ai réussi mes études aux H.E.C. mais vous pouvez l’oublier, si cela ne concorde pas avec vos croyances… (:-) » (sic)

…et vous raisonnez toujours comme un bolchévik? Vous n’avez rien retenu de vos études?

Vous savez ce que Clémenceau disait? « Être de gauche à 20 ans, ça prouve que t’as du cœur. L’être encore à 40 ans, ça prouve que t’as pas de tête. »

Tout état interventionniste et socialiste ne peut aller qu’en grossissant car il y aura toujours de nouveaux problèmes créés par lui-même et qu’il devra corriger à l’aide d’autres lois et règlements qui engendreront eux-mêmes encore plus de problèmes à régler, etc… Et il voguera de réduction des libertés individuelles en réduction des libertés individuelles jusqu’à l’apothéose du socialisme (i.e.: le despotisme dominateur et entier).

Voyez le topo j’imagine?

La seule façon d’endiguer ce fléau épouvantable est de prendre des mesures draconiennes pour réduire la taille de l’État tentaculaire et oppressif et redonner aux citoyens la LIBERTÉ et le sens des responsabilités que devrait détenir tout individu normalement constitué.

La Suède (pays fétiche des go-gochistes!) l’a fait ainsi que plusieurs autres pays. La Grèce est en train de goûter à la médecine qui nous attend si nous ne corrigeons pas nos innombrables faiblesses immédiatement.

Il y a de la survie de notre nation!

Un texte commençant par une légitimation de la valeur de son propos appuyé par des écoles d’autres pays est un très mauvais départ. Dire et surtout faire coïncider des éléments comme la taille de l’État et les inégalités sociales est un raccourci grotesques. C’est un peu comme dire qu’un pays est avantagé car son armée est bien habillé avec des vêtements chauds et neufs sans regarder le fait qu’un pays donateur externe a établi ce fait et ce sans liaison avec la qualité de vie de sa population. Il est aussi prouver que les enfants vivants dans des maisons de 350 000 dollars et plus vivent en meilleur santé et on une meilleure éducation souvent privée. Nous devrions adopté une loi qui subventionne de tels endroits qui a prouvé hors de tout doute statistique son rendement ! FRANCHEMENT !

En effet, il faut faire attention si nous ne voulons pas nous retrouver dans le sillon que Harper est en train de creuser, et qui peut mener jusqu’au Libertarisme, si nous ne sommes pas vigilants.

…et qu’a-t-on au juste contre le monde LIBRE libertarien?

Ne croyez-vous pas qu’il y en a marre de cette dépendance malsaine et morbide envers l’état tentaculaire et oppressif québécois?

À mon humble avis, la diminution de la taille de l’état est l’outil pour ouvrir la porte à plus de magouille. Si l’état n’a pas un appareil suffisant pour voire au bon déroulement de toutes les facettes de notre développement (environnement, justice, égalité, etc.), et bien il y aura plus de zones d’ombres où aller faire ‘ses petites affaires’ en paix. Quant à moi, la réduction de l’état est le chemin idéal pour nous faire retomber au moyen-âge, faire reculer l’espérance de vie, le nombre de décès à la naissance, le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté, le nombre d’illettrés, et permettre aux 1% de se la couler de plus en plus douce dans un monde d’exclus.

« À mon humble avis, la diminution de la taille de l’état est l’outil pour ouvrir la porte à plus de magouille. » (sic)

Au contraire. La corruption et les magouilles qui caractérisent le Québec après plus de 60 ans de socialisme est JUSTEMENT la résultat de 60 ans de monopoles étatiques.

Plus l’État sera petit et décentralisé (donc plus il y aura de compétition!) et moins il y aura de corruption. C’est facile à comprendre.

Vous nous parlez d’espérance de vie… Hum… Z’avez vu dans quelles conditions misérables sont hébergés nos aïeux? Ça vous dirait de vivre longtemps dans ces conditions créées par les gauchisto-interventionnistes?

Pour ce qui est du nombre d’illettrés et de miséreux, je vous fait humblement remarquer que c’est notre système PUBLIC et étatisé qui les a créés!

Je crains que nous n’ayons pas la même définition de ‘socialisme’. La situation s’est détérioré suite à l’abandon par l’état de ses compétences de supervision (réduction du nombre d’ingénieur à l’interne, contrôle par le privé, PPP). Et cela est imputable autant aux libéraux qu’aux péquistes. La fixation sur le déficit 0 a mis des œillères aux décideurs et a ouvert la porte aux magouilleurs.

Au contraire. Plus l’État sera omniprésent et en situation de monopole et plus il y aura de corruption.

Ce qu’il faut c’est un État minime et efficace et plus de compétition. Ceci devrait vous aider à comprendre:

http://www.antagoniste.net/2014/12/04/lourdeur-gouvernemental/

Extrait:

« La conclusion est simple, claire et limpide. Contrairement à ce que la gauche raconte, plus les gouvernements sont petits, plus ils sont efficaces. La prochaine fois qu’un gauchiste vous parlera de la nécessite d’avoir un gros gouvernement, vous pourrez lui dire qu’il va à l’encontre de la science avec ses idées reçues. »

Bonne lecture…

J’aurais aimé que le journaliste Alexis Gagné ajoute que ces « progrès de niveau de vie fulgurants » ne doivent pas être faits à n’importe quel prix environnemental.

D’accord, je suis prêt à admettre que la relation peut-être incongrue.

Par contre, si l’on veut se comparer à l’Ontario, il faudrait se rappeler Walkerton et savoir si vos chiffres incluent les fonctionnaires municipaux. Bien des responsabilités provinciales ont été transférées aux municipalités.

Beaucoup des citoyens qui sont d’accord pour une réduction de l’état sont aussi d’accord avec les peines minimums de prison, qui font exploser les coûts du système carcéral; la surveillance accrue du terrorisme, qui augmente les budgets du SCRS et son impunité; les interventions armées à l’étranger, qui augmentent le budget de la défense nationale; le contrôle accru des faux chômeurs et des faux BS, qui demandent des fonctionnaires pour les enquêtes et approbations; l’abandon du no-fault à la SAAQ, qui demanderait des fonds de la part du ministère de la Justice; les PPP qui génèrent des contrats de dizaines de milliers de pages et allongent indûment le début des travaux; la diminution de l’immigration et en même temps la privatisation du système de garde et l’arrêt des congés parentaux, ce qui nous ramènerait aux taux de natalité des années précédentes …

Les gens veulent le beurre et l’argent du beurre.

Et arrêtez SVP de faire croire aux gens que les multinationales sont efficientes. Elles ne créent pas leur plus-value boursière en étant efficientes, mais inventives et créatives fiscalement. Les fusions et acquisitions n’ont pas pour but d’améliorer l’efficience, mais bien de rapporter des centaines de millions à des dirigeants, des spécialistes fiscaux, de gros actionnaires. J’ai hâte de lire une étude sérieuse sur c type de création de richesses.

Le Québec dispose déjà d’un très gros État! Le problème, c’est de le rendre efficace! Pour le moment, il reste un état qui soufre sérieusement d’embonpoint et qui ne se réforme pas, au contraire des petits États de Norvège, de Finlande, de Suède ou du Danemark qui ont entrepris, depuis des décennies des changements structurels importants. Au Québec, nous en sommes encore à la gouvernance des années soixante-dix, pour servir des clientèles « dépendantes » et accrochées au statu quo. Chaque groupe réclame encore aujourd’hui le maintien des mesures de soutien qui le concernent, au lieu de consentir à la comparaison avec les programmes de ces petits pays disposant comme vous le dites d’un État fort et égalitaire. Et si le Québec dispose encore aujourd’hui d’une certaine marge de manoeuvre, c’est aussi parce que le gouvernement fédéral a entrepris, de manière systématique, de réformer sa fonction publique depuis le début des années ’90, et qu’il ne cesse de le faire!
Un État-bedon, ce n’est pas un champion de la croissance économique, c’est un poids pour l’économie réelle!

Soyons cyniques jusqu’au bout. Il a été démontré que si on effaçait la dette d’un pays, celui-ci en créerait une autre dans les années qui suivraient. Le peuple veut des promesses de ses politiciens. Elles coûtent cher et les banques les financent. Que font donc nos dirigeants ? Ils garnissent leurs portefeuilles d’actions bancaires, privilégiées ou ordinaires. Ils retirent ainsi des dividendes et, par surcroît, voient leurs capitaux croître. Comme si ce n’était pas assez, ils placent leur argent dans les paradis fiscaux. Qui se préoccupe vraiment de la pauvreté ? Ni Poutine, ni Harper, ni le jeune Trudeau. Ces gens-là savent compter. Seuls les pauvres se préoccupent de la pauvreté. Ont-ils vraiment le choix ? Quand les riches savent que Visa charge des intérêts élevés, ils achètent des actions des banques qui sont derrière. Quand les riches savent que les pauvres ne peuvent plus se passer de leurs téléphones » intelligents « , les plus intelligents d’entre nous achètent des actions d’Apple et des compagnies de télécommunications. Les mêmes principes s’appliquaient à l’époque des Romains. Rien n’a changé depuis l’Antiquité, seulement les moyens pour exploiter les plus faibles. Le rapport entre la grosseur de l’État et le bien-être de ses habitants n’existe tout simplement pas.

N’importe qui peut acheter des actions et non seulement les « riches » de ce monde; d’ailleurs, les Fonds communs dont sont membres plusieurs milliers de petits épargnants et même NOTRE Caisse en achète à profusion pour payer les pensions des citoyens et des fonfons.

Tant qu’à l’exploitation des plus faibles, je voudrais vous faire remarquer que près de 45% des Québécois NE PAIENT AUCUN IMPÔT mais ils ont accès à TOUS les services publics. Je crois plutôt que ce sont EUX qui « exploitent » les travailleurs payeurs de taxes.

Même les économistes comptent parmi eux des simplistes. L’effort de compréhension est louable, mais ça s’arrête là. Je doute fort que je serais plus riche si je faisais appel à trois comptables plutôt qu’à un. Un seul suffit à la tâche, et ça me coûte déjà assez cher.