Pour La Presse, le futur, c’est maintenant

Le modèle économique des quotidiens imprimés ne tient plus et La Presse papier, comme véhicule d’information, est au bout de son chemin.

Blogue Economie«Ne dites plus “le monde change”. La réalité, c’est que le monde a changé.» C’est l’une des grandes leçons que voulait faire partager Jean-Jacques Stréliski, l’un des grands publicitaires du Québec devenu professeur à HEC Montréal, aux jeunes entrepreneurs inscrits à l’une des premières cohortes de l’École d’entrepreneurship de Beauce.

Plutôt que de préparer les jeunes entrepreneurs à ce qui pourrait ou devrait arriver dans un futur proche, Stréliski les invitait plutôt à prendre conscience de l’environnement actuel et des mutations qui s’étaient déjà produites.

Au lieu de tenter de deviner le monde de demain, il nous recommandait de prendre toute la mesure de celui d’aujourd’hui.

C’est exactement ce que fait Guy Crevier, président et éditeur de La Presse, quand il a annonce la fin de l’édition imprimée de La Presse en semaine.

Le futur, c’est maintenant. Le modèle économique des quotidiens imprimés ne tient plus et La Presse papier, comme instrument d’information, est au bout de son chemin. Il a inventé un nouveau vaisseau, La Presse+, pour prolonger une aventure qui dure depuis 131 ans.

On peut discuter longtemps du modèle. Le produit est très intéressant et on peut dire que La Presse a pour ainsi dire inventé un nouveau média en y intégrant l’ADN des journaux, de la télévision et du Web. Cela reste néanmoins un pari audacieux en raison de sa dépendance absolue au marché publicitaire.

Aucun autre grand journal n’a encore osé substituer à un produit matériel payant un modèle numérique gratuit. Il fallait beaucoup de courage et une confiance extraordinaire en son instinct et à sa lecture du marché pour agir ainsi.

Mais, pour revenir à Stréliski, c’est ce qui se passe aujourd’hui dans le marché qui a suscité cette audace. Ce n’est pas une vision futuriste, mais une compréhension claire des enjeux actuels qui a engagé La Presse sur cette voie.

Le marché publicitaire a déjà changé et abandonné les médias traditionnels. Les jeunes lecteurs ont déjà adopté de nouveaux modes de lecture et de nouvelles habitudes de consommation de l’information. La technologie a déjà créé les conditions pour répondre aux besoins des annonceurs et aux attentes des lecteurs. Le futur a déjà eu lieu…

Il est passé sous mes yeux sans que je m’en rende vraiment compte.

10 commentaires
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Beau succès LaPresse+ un produit de haute qualité, une superbe innovation qui a un bel avenir devant elle, le papier lui vit sur du temps emprunté.

Dommage que la politique éditoriale autrefois plutôt centriste (pour le Québec…) semble glisser maintenant vers la gauche, peut-être pour plaire à ce lectorat plus jeune.

Ce n’est pas seulement les jeunes qui changent les habitudes de consommation. J’ai 63 ans et je n’achète plus de journaux papier depuis longtemps. Je lis mes nouvelles sur ma tablette. Plus pratique, plus compact, plus propre. Si j’ai besoin d’un complément d’information sur un élément d’un article, je l’obtient en quelques clics. Les nouvelles sont continuellement à jour. Je crois que LaPresse a définitivement fait le bon choix.

Tout un hasard, j’ai 66 ans et je fais comme vous.

De plus je le fais sur toute la planète. Vous seriez surpris comme les nouvelles diffères. De l’autre bord ils traduisent en plusieurs langes.

Bravo La Presse, votre équipe a fait un travail superbe en concevant ce média sur IPad d’une très grande qualité visuelle et adapté à tous âges – j’ai 70 ans – de par sa facilitée à naviguer aisément d’un contenu à l’autre. Voyageant souvent à l’étranger, il m’est toujours agréable de pouvoir lire en tout temps, ces nouvelles de chez nous et internationales dès l’ouverture du IPad.
Longue vie à La Presse+++
Gil Bédard

Bravo à la presse, pour son innovation! Je suis probablement un futur abonné de ce journal, car je me rend contre de plus en plus de la convergeance dans les medias de PKP!

Choix avisé de la part de la direction de La Presse. Depuis la venue de La Presse Plus je ne consulte pratiquement plus les médias imprimés. Et pourtant, je fais partie de la génération des 65 ans et plus… Je fais la même chose avec Le Devoir avec lequel j’ai conservé mon abonnement payant pour supporter une presse québécoise libre, indépendante et éclairée… mais dont je ne consulte exclusivement que la version électronique. Et, depuis hier, j’ai téléchargé l’application gratuite du Toronto Star, montée à partir du modèle de La Presse Plus, pour aller m’informer sur la vision anglo-saxonne des choses, dans un média de qualité. Longue vie à la Presse Plus!

Très bonne application certes. Un beau succès au palmarès de cet opérateur québécois, ainsi que de l’ensemble des ressources externes qui ont participé à ce projet d’envergure.

Cela dit, du point de vue des affaires, on devrait se garder une petite gêne. Il faut notamment attendre de voir ce que Québecor fera. Ils ont désormais le champ libre pour le papier, ce qui n’est par rien pour bien des années encore. Mais surtout, leur application de prochaine génération – en cours de route je présuppose – pourrait grandement changer la donne, en mettant à profit les forces de cet empire, et en venant ainsi limiter grandement le succès à long terme de LaPresse.

Dans un même ordre d’idées, et en tenant compte de part et d’autre du virage idéologique au JdeM, et malgré celui de la Presse (dixit P. Brasseur) on devrait aussi se demander si l’intégration, plus ou moins directe, de l’équipe du Devoir et de son lectorat n’est pas à prévoir du côté de l’équipe du jaune et or. D’ailleurs, peut-être que la même question se pose à propos de L’Actualité.

Comme quoi le message le plus important reste encore que le changement est continu et que les meilleures décisions sont celles qui prennent avantage des leçons passées, du présent, et de notre lecture du futur.

N’oubliez pas que un restaurant du Québec peut faire de la publicité à bon marché sur un journal russe, chinois ou américain.

La Presse a maintenant tous les journaux de la planète comme compétiteurs et cela au Québec.

La Presse + a définitivement des années d’avance sur son principal compétiteur, Videotron qui appartient à PKP, chef du PQ, qui demeure résolument archaïque et fossilisé dans son approche, tout comme celle du PQ.

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