Les 7 facteurs qui expliquent le fossé entre les riches et les pauvres

Alors que ceux qui sont dans les métiers de la finance sortent gagnants du contexte économique actuel, les personnes à la tête de ménages monoparentaux subissent ses contrecoups.

Plusieurs facteurs contribuent à creuser l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.

Premier facteur : la mondialisation

Quand je regarde la liste des 85 multimilliardaires qui, selon Oxfam, gagnent mieux que la moitié de l’humanité, je constate d’abord que l’immense majorité d’entre eux ont construit leur propre fortune. Ce sont des entrepreneurs qui ont eu le flair ou la chance de tirer profit des grandes tendances de notre époque. Pensons à Bill Gates (Microsoft), Larry Ellison (Oracle), Larry Page et Sergey Brin (Google) ou Jeff Bezos (Amazon). On trouve aussi 11 financiers à la Warren Buffett, des magnats du pétrole (ou des mines et métaux).

S’ils sont plus riches que leurs prédécesseurs, c’est que le marché est beaucoup plus grand qu’auparavant et qu’ils ont bien su valoriser leurs avantages concurrentiels. L’Espagnol Amancio Ortega est assis sur une fortune de 57 milliards de dollars. Son idée de génie ? Zara, une enseigne présente dans 86 pays.

Deuxième facteur : la financiération de l’économie

Les dettes publiques et privées ont rendu les financiers indispensables, omniprésents et omnipuissants. Omnibienpayés, aussi. La banque est à ce point indispensable que des États ont dû s’endetter davantage pour financer leurs propres créanciers et les empêcher de sombrer !

Troisième facteur : la suprématie du capital sur le travail

Une automobile peut être produite partout au monde. Même chose pour à peu près tous les biens de consommation et les machines-outils nécessaires pour les fabriquer. La rivalité est implacable entre les entreprises et les travailleurs du monde entier, ce qui occasionne une grande pression à la baisse sur l’emploi et les salaires du secteur manufacturier dans les pays développés.

À l’opposé, toutes les entreprises sont à la recherche de capitaux pour démarrer, assurer leur croissance et leurs acquisitions. Encore une fois, ceux qui sont dans les métiers de la finance sortent gagnants.

Quatrième facteur : les fluctuations du marché boursier

La Bourse est une usine à inégalités. Elle a fait en sorte que les milliardaires ont pu augmenter leur fortune de 500 milliards de dollars en 2013.

Grâce à l’appréciation des différents marchés l’an dernier, la société WealthInsight estime qu’il y a 22 % de plus de millionnaires en Indonésie, plus de 17 % en Inde et près de 10 % de plus aux États-Unis. On parle donc d’un demi-million de millionnaires de plus chez nos voisins, ce qui porte leur nombre à 5,2 millions.

En revanche, entre le début de 2008 et le milieu de 2009, la fortune des millionnaires américaines a fondu du tiers — et leur nombre a diminué de moitié.

Cinquième facteur : inégalité et mobilité

Cela soulève une autre question quand on parle des super riches et des plus pauvres : s’agit-il toujours des mêmes personnes, année après année ?

En 2012, une étude de l’Institut Fraser réalisée avec les données fiscales de plus d’un million de Canadiens sur des périodes de 5, 10 et 19 ans entre 1990 et 2009 semble montrer que l’inégalité entre riches et pauvres n’a pas empêché la mobilité sociale.

Sur une période de 10 ans, 83 % des Canadiens qui arrivaient au bas de l’échelle sociale ne s’y trouvaient plus. La proportion est de 90 % sur 19 ans. Plus remarquable encore, 20 % des personnes qui faisaient partie des 20 % les plus pauvres faisaient maintenant partie des 20 % les plus riches.

Sixième facteur : l’éducation est le facteur de différenciation principal

Les entreprises qui veulent rester dans la course doivent se moderniser et font de plus en plus recours aux robots, ce qui réduit évidemment l’emploi manufacturier. Les entreprises modernes ont davantage besoin d’ingénieurs, de designers et de techniciens de haut niveau, et de moins d’ouvriers non spécialisés.

Résultat : les ouvriers qui gagnaient bien leur vie dans l’ancienne économie sont de plus en plus déclassés. L’écart entre ceux qui ont une éducation universitaire et les autres est de plus en plus marqué. Un ancien travailleur d’une papetière pouvait bien gagner sa vie sans diplôme d’études secondaires. La chose est impensable aujourd’hui pour son fils.

Septième facteur : la pauvreté aime les divorcés

Qui sont les gens les plus démunis dans nos sociétés occidentales ? Très souvent, ce sont des personnes à la tête de ménages monoparentaux. Le nombre plus élevé de séparations et de divorces au Québec explique d’ailleurs en partie les écarts des revenus des ménages entre le Québec et le reste du Canada.

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« Il est important de percevoir combien votre propre bonheur est lié à celui des autres. Il n’existe pas de bonheur individuel totalement indépendant d’autrui. » — Tenzin Gyatso (XIVième Dalaï-lama)

Vous décrivez 7 facteurs (chiffre symbolique) qui expliquent cette fracture qui existe entre le monde pauvre et le monde riche. Ce sont déjà beaucoup de facteurs bien présentés. — Sont-ce pourtant les seuls ?

En voici quelques autres :

— La naissance est en soi un facteur d’inégalité à considérer. Le lieu où l’on nait, tout comme la structure de la famille. Dans certains cas, les sociétés peuvent mieux encadrer les personnes les plus défavorisées. Dans d’autres cas, il n’en sera rien.

— Les conflits politiques et les guerres. Si notamment un pays comme l’Irak pouvait pendant longtemps se vanter d’un des taux de diplomation de l’enseignement supérieur parmi les plus élevé du monde, en particulier chez les femmes (pourtant un pays musulman) ; qu’en est-il maintenant ?

— Le crime organisé. Ce cancer qui ronge l’économie dans cette union contre nature du crime (argent vite gagné, vite dépensé) avec l’économie légale (argent dure à gagner qu’il faut si possible épargner). Cela ne permet pas à tous les créateurs de partir de toute évidence du même pied. Cela détruit des vies de toutes sortes de façons.

— Ces « paradis fiscaux » qui détournent les capitaux de ce pour quoi ils ont été conçus. Ici la rétention de capitaux permet de valoriser seulement les capitaux en circulation, ce qui simultanément affaiblit la possibilité pour les citoyens, les états et les entreprises d’avoir accès plus aisément aux dits capitaux.

Le principal facteur de l’inégalité est encore dans la conjugaison des facteurs (incluant ceux que vous mentionnez) qui déterminent la condition humaine. J’ai quelques doutes quant au fait que le prochain Bill Gates soit actuellement un enfant qui survive dans un camp de réfugiés Syriens. Pas plus que je ne crois que le prochain Warren Buffet se cache quelque part dans une réserve amérindienne du nord de l’Ontario ou du Québec.

Une société bien organisée, évoluée, reste quoiqu’il en soit plus encline à concevoir les conditions d’une plus grande équité. La taille des écarts entre les plus riches et les plus pauvres ne constituent pas selon moi un facteur de progrès, ce sont plutôt des marques visibles que partagent peu ou prou toutes les sociétés en déliquescence.