Davos et les inégalités économiques

Que le pique-nique alpin annuel de la crème de l’élite mondiale s’intéresse à cette question est un puissant signal, explique Pierre Duhamel.

Le Forum économique de Davos fait des inégalités son thème dominant, cette semaine. Que le pique-nique alpin annuel de la crème de l’élite mondiale s’intéresse à cette question est un puissant signal.

Plusieurs pensent en effet que le capitalisme ne pourra pas survivre si le pouvoir et la richesse sont concentrés en trop peu de mains et sans une classe moyenne qui a les moyens de continuer à consommer. Pour d’autres, la différence de revenus est tout simplement scandaleuse et injuste.

Prenant la balle au bond, Oxfam a dévoilé, lundi, une étude selon laquelle les 85 personnes les plus riches au monde ont des actifs aussi élevés que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres. Le Centre canadien des politiques alternatives affirme de son côté que les PDG les mieux payés du pays gagnent 171 fois le salaire moyen des travailleurs canadiens.

Leur remède pour atténuer ces écarts: une fiscalité plus progressive qui va chercher plus d’argent dans les poches des mieux nantis. D’autres craignent que des impôts plus élevés nuisent à l’entrepreneuriat et dissuadent l’effort et la recherche du succès. Sans compter ceux qui seraient tenter d’immigrer dans d’autres juridictions plus clémentes.

Pas de doute, les inégalités économiques suscitent de nombreuses inquiétudes et beaucoup d’indignation. L’écart entre les riches et les pauvres s’accentue, cela est un fait. Les avis divergent néanmoins sur l’impact de cet écart sur l’économie et ses conséquences politiques et sociales.

Plusieurs économistes croient que l’inégalité est le prix à payer pour la croissance de l’économie dont tout le monde profitera à court ou à long terme. À preuve, l’espérance de vie a augmenté d’une trentaine d’années depuis un siècle dans les pays développés, et le niveau de vie de l’immense majorité de la population s’est grandement amélioré.

L’inégalité a aussi diminué entre les pays développés et les pays émergents grâce, notamment, au prodigieux bon en avant de pays comme la Chine ou la Corée du Sud. Sur une plus longue période (qui commence par la Révolution industrielle de 1820), le revenu par habitant des Terriens a été multiplié par sept ou huit fois.

Le pourcentage de personnes qui vivent dans des conditions de pauvreté extrême a aussi grandement diminué depuis la mondialisation et le passage des pays communistes au capitalisme. Oui, les fortunes sont plus considérables, mais tout le monde ou presque jouit de meilleures conditions de vie.

Bref, ce n’est pas parce que le voisin est encore plus riche que je suis moi-même nécessairement plus pauvre.

 

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12 commentaires
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es 85 personnes les plus riches au monde ont des actifs aussi élevés que les 3,5 milliards d’humains les plus pauvres »

Quand j’ai vu cette stat hier, qui m,a complètement jeté à terre, j’ai pensé à vous et à Karl Marx.
Je me suis dit: finalement Marx avait raison (pour ceux qui ne l’ont jamais lu: Marx avait prédit qu’à la fin du capitalisme, tout le fric serait dans les poches d’un seul capitaliste)

C’est la statistique dont je vais me souvenir pour des années et des années à venir:
85 personnes, qu’on pourrait asseoir dans une toute petite salle, ont plus de fric que la moitié de l’humanité.

Ah…ah…ah…Karl Marx avait raison…

On a pu constater toute la « justesse » de cette affirmation au cours des 30 dernières années dans les pays qui avaient adopté cette vision: ils ont TOUS, à des degrés divers, changé l’option communiste pour la vision capitaliste et aucun, je répète: AUCUN de ces pays n’est revenu en arrière.

Même Cuba du kamarade Castro profite le plus qu’il peut du capitaliste en attendant la mort du dictateur.

Le communisme a été un échec et je n’en ferai certainement pas l’apologie
Mais la critique que Marx faisait du système capitaliste (anglais à l’époque) est plus que jamais d’actualité.
La plus-valu produite par les ouvriers exploités, c’est plus vrai que jamais.
L’accumulation du capital dans les poches des boss, c’est plus que jamais vrai.
Sur ces points, Marx avait tout a fait raison.
Ce qui a échoué c’est le marxisme-léninisme et ses variantes. Mais ca c’est une autre histoire.

Le communisme a appliqué le marxisme. Il a échoué.

« Les ouvriers exploités par le gros méchant capitaliste » et tout le tralala, c’est de la bouillie pour les chats et rien d’autre.

Lorsqu’une entreprise capitaliste réussit, c’est tout le monde qui réussit (i.e.: la marée monte pour tous les bateaux). Bien sûr, certains ouvriers non spécialisés et dont le travail est moins recherché et qui sont facilement remplaçables en profitent moins et c’est parfaitement normal. Dans le système de la LIBRE entreprise, rien, absolument rien ne les empêche de prendre des actions pour améliorer leur sort (deuxième emploi, cours du soir, travailler ailleurs, etc…). Plusieurs l’ont fait et le font encore.

S’ils sont nés pauvres, rien ne les empêche de s’en sortir.

Ceux qui en profitent le plus sont ceux-là même qui ont pris les risques (ils perdent tout lorsqu’ils se trompent), qui ont travaillé plus fort, qui ont étudié plus longtemps, qui ont sacrifié une portion de leur vie familiale, qui ont une personnalité mieux adaptée au leadership, etc… et c’est tout à fait normal.

François 1 s’affole tellement lorsqu’il voit le mot marxisme ou Marx, qu’il oublie ou plutôt ignore que les pays soi-disant communistes n’ont jamais eu un système économique marxiste mais bien une économie entièrement capitaliste, où l’État détenait la propriété des moyens de production et le contrôle absolu du travail, accouplé à une dictature elle aussi soi-disant de gauche. Pour vous en convaincre, regardez la Chine d’aujourd’hui. La seule différence entre la Chine actuelle et celle d’hier, est son ouverture au commerce international.

« …les pays soi-disant communistes n’ont jamais eu un système économique marxiste mais bien une économie entièrement capitaliste… »

Si on vit assez longtemps, on peut tout lire et vous en êtes la preuve vivante.

Ainsi donc, la Chine de Mao, le Cuba de Fidel, l’URSS et Staline, le Vénézuela de Chavez et j’en passe et de meilleures pratiquaient le capitalisme…

Encore dans les vapes de l’alcool des Fêtes? Faites-nous le savoir lorsque vous reviendrez sur Terre SVP.

Comme l’a dit un très grand homme: « « Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses. La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère. »
de Winston Churchill.

Quelle différence voyez-vous entre le mode de production d’une Volkswagen et celle d’une Trabant, sinon que les profits de la vente d’une Volkswagen ont été à des actionnaires, et ceux de la Trabant ont été aux membres du Parti Communiste Est-allemand ?

Venant d’un type qui prétend que le capitalisme existe « depuis la nuit des temps », je comprends que ces choses-là vous échappent.

La théorie du ruissèlement (de l’argent), ce qui s’appelle en anglais : « trickle down economics » ou « trickle down theory » ; repose sur le principe suivant lequel les revenus des citoyens les plus riches sont de diverses façons réinjectés dans l’économie, de telle sorte que l’argent ruisselle progressivement du haut de la pyramide jusque dans sa base la plus basse.

Cette théorie plutôt séduisante, surtout pour les riches, se vérifie-t-elle dans la pratique ? Dans cette équation, au niveau de la redistribution, se trouve les ponctions exercées par l’État. Bref, les impôts. Ainsi l’État (en général) devient une composante essentielle dans la construction de l’économie par ses divers transferts qui permettent à la population de recevoir soit en argent directement, soit en services une partie des revenus des plus riches.

Toutefois, le principe de cette théorie repose sur le fait que plus les prélèvements de l’État augmentent au détriment des plus riches et moins les riches ne disposent de marges de manœuvres pour redistribuer leurs revenus comme bon leur semble.

En d’autres mots, si l’État ne peut nous garantir que l’ensemble des prélèvements seront suffisants pour répondre à une redistribution équitable de la richesse. Les riches ne peuvent pas nous garantir non plus que tous leurs revenus seront dépensés à bon escient dans le but de permettre à toutes et tous de jouir d’un revenu suffisant.

Donc, on ne peut faire confiance ni à l’État, ni aux riches 🙂

Ce qui régit finalement la circulation de la richesse dans la pratique, c’est le système financier qui se présente volontiers de façon imagée comme de la tuyauterie. La richesse n’est pas à proprement parler matérielle. C’est un fluide qui ne sert que dès lors qu’il est canalisé et dès lors qu’il coule quelque part. Partout où le fluide coule, cela contribue à créer de la richesse. La question se pose, par l’observation des crises récurrentes qui se succèdent, si le système financier est structuré de manière à assurer une bonne distribution de la richesse partout sur la planète ou s’il est configuré pour couler toujours à peu près dans une seule et même direction donnée quitte quelquefois à voir toutes formes de capitaux se perdre purement et simplement.

— Ne dit-on pas que les petits ruisseaux font de grandes rivières ? Que deviendrait alors le sort des écosystèmes si toutes sources d’eau potable venaient un jour à manquer ou à se dissiper en raison de l’avidité et la cupidité de seulement quelques-uns ?

L`argent des riches est investit dans l`économie qui crée de l`emploi via la bourse et autres modèles d`investissements. Pensez-vous que Bill Gates a 55 ou 60 milliards dans son coffre-fort chez-eux ?

@ Marc Sauvageau le 23 janvier 2014 à 13 h 28 min:

« Quelle différence voyez-vous entre le mode de production d’une Volkswagen et celle d’une Trabant… » (sic)

La RDA n’existe plus! Tout comme la Trabant qui était technologiquement en retard de 20 ans sur les voitures contemporaines de l’époque.

La Volks, elle…

Pourquoi ne pas faire un autre parallèle entre la Volks et la Lada, un autre grand exploit de l’ère communiste que vous chérissez tant?

Je n’ai ni le temps ni l’envie de vous enseigner les différences profondes entre le communisme et le capitalisme. Il existe des cours d’économie 101 pour ça. Qu’il me suffise de vous demander dans quelle direction vont les radeaux entre Cuba et les USA?

Quand je parle du mode de production, je ne parle pas du mode de fabrication, cela aussi, ça vous a échappé ! Pour être plus clair, puisque manifestement vous ne comprenez pas le sens du mot capitaliste, celui-ci signifie un système économique basé sur la propriété privée des moyens de production, la division du travail ainsi que la libre concurrence des marchés régulés par l’offre et la demande.

Avec la définition qui précède, quelle différence peut-on voir avec la fabrication d’une voiture allemande et celle d’une voiture ex-allemande de l’est ? La réponse : aucune. Dans les deux cas, aucun de ceux qui fabriquent ces voitures, sont propriétaires du terrain, ni des bâtiments, ni des outils utilisés (machinerie). Pas plus d’ailleurs que les travailleurs décident des méthodes de travail, lesquelles sont si parcellisées que des robots peuvent accomplir les mêmes tâches. Et des deux, on va tirer un profit de la vente de la voiture.

Dans les pays communistes, le marché existe tout autant que dans les pays capitalistes sauf, qu’il est plus régulé, comme cela arrive souvent dans un marché capitaliste. Le marché du lait au Québec est un bon exemple.

En URSS où l’économie était « régulé », on faisait la ligne pendant des heures pour avoir droit à son petit quignon de pain. On attendait des décennies avant d’avoir droit à un appartement disons…moins minable que la moyenne et plus privé (avec moins de colocs imposés par l’État!). On avait droit à sa paire de chaussures annuelle toutes du même style et de la même couleur. Bref, le paradis…

Je répète: dans quelle direction vont les radeaux entre la communiste Cuba et les capitalistes USA???

L’industrie hyper-réglementé du cartel du lait au Québec fait en sorte que nous payons ce produit deux (2) fois plus cher que nos voisins américains et au final, il en coûte 3 fois moins cher pour obtenir un Coke qu’une pinte de lait.

Selon les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques, les prix canadiens du lait ont été de deux à trois fois plus élevés depuis 1986 que les prix mondiaux. Depuis 1995, le prix du lait a augmenté de 53%, soit deux fois plus que l’inflation et ce, en dépit d’une réduction de 3,8% des coûts de production.

On dénonce souvent le comportement des pays de l’OPEP qui se concertent pour réduire la production de pétrole et faire flamber les prix du brut, mais on reste impassible face au système de gestion de l’offre. Pourtant, ne s’agit-il pas d’un cartel lorsque les producteurs de lait se regroupent pour convenir ensemble de limiter le volume de production et, ainsi, d’augmenter les prix?

En décrétant une augmentation annuelle artificielle du prix du lait, l’État impose un fardeau injustifié à des familles à faible revenu, uniquement parce que nos élus ont choisi d’augmenter les recettes de producteurs qui sont, en réalité, bien mieux nantis que les familles et les contribuables qui les aident. Ce n’est pas de la solidarité que d’enlever aux pauvres pour donner aux riches, c’est de l’indécence!

…et pendant ce temps-là:

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise