Quand la bulle éclate

Selon un sondage publié mardi, 37 % des propriétaires américains estiment que la valeur marchande de leur résidence est moindre que l’encours de la dette enregistrée sur leur propriété. De façon plus directe, leur hypothèque est plus grosse que l’actif qu’ils détiennent.

Ce qui est navrant dans ce résultat, c’est que le résultat du sondage de cette semaine est pire que celui du mois précédent, alors que la bulle immobilière a éclaté il y a plus de trois ans déjà. Pas étonnant, puisque le prix médian des maisons a encore baissé de 4,7 % depuis un an.

Les ménages américains se sont considérablement appauvris suite à la dévaluation de leurs maisons, ce qui a un impact foudroyant sur leur consommation et la croissance économique.

En fait, même si les taux d’endettement des ménages américains et canadiens sont semblables, c’est l’écroulement du marché immobilier qui explique la situation dramatique des ménages, du gouvernement américain, des États et des villes.

L’éclatement de la bulle a fauché les propriétaires, diminué les impôts fonciers des villes et les revenus des États et du gouvernement fédéral et creusé un immense trou dans les finances publiques. Comme un malheur ne vient jamais seul, Washington a dépensé 317 milliards de dollars pour renflouer Freddie Mac et de Fannie Mae, les équivalents américains de la Société canadienne d’hypothèque et de logement, pour tenter de limiter les dégâts.

Le Canada est-il  à l’abri d’une telle situation ? Dans le National Post de lundi, le commentateur Jesse Kline fait de fâcheux rapprochements entre notre situation et celle de nos voisins.

Les prix des résidences américains, qui n’avaient augmenté que de 3,5% entre 1946 et 1995 (en tenant compte de l’inflation), se sont mis à grimper de 70 % entre 1999 et 2006. Au Canada aussi, on observe une faible hausse des prix jusqu’à la fin des années 1990. Au cours de la dernière décennie, le prix moyen des résidences a toutefois doublé au Canada, selon une étude de RE/MAX rendue publique au début du mois et mentionnée par le journaliste du National Post. Cette étude exclut toutefois le Québec, qui n’est tout simplement pas pris en compte.

Imaginez ce que pourrait coûter au gouvernement fédéral canadien l’éclatement d’une bulle immobilière. En plus des pertes de revenus, le gouvernement fédéral est responsable des pertes de la SCHL, qui a garanti  pour environ 600 milliards de dollars de crédits hypothécaires.

Pour mesurer l’impact sismique de l’éclatement d’une bulle immobilière, un expert de la banque d’Angleterre a déclaré mardi que les prix de l’immobilier ne remontreront pas avant longtemps au niveau qu’ils avaient atteint avant la crise. C’est tout le rapport à la propriété qui change. L’expert anglais pense qu’il y aura moins de propriétaires et que les premiers acheteurs pourraient bien devoir atteindre la quarantaine avant d’avoir les fonds nécessaires à l’achat d’une maison.

Un tel discours aurait été impensable avant la crise.

 

 

 

 

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la RÉglementation qui a causé la crise est encore en vigueur. alors ce n’est absolument pas surprenant

Le problème est surtout que les banques ne favorisent pas les consommateurs responsables, au contraire, plus on est endetté, plus la banque prête ! Ce qui est un non sens. Dernièrement je me suis fait refuser de réhypotéquer ma maison parce qu’il me reste seulement la moitié de sa valeur de revente à rembourser ! Oui oui vous avez bien lu, refusé parce que je ne suis pas assez endetté !!!! Dire que quand j’étais petite mes parents me disaient sans cesse que les gens les plus riches sont ceux qui ont le moins de dette, à notre époque ce n’est plus tellement de mise ! Les banques ne veulent plus prendre aucun risque, même quand elles n’ont rien a perdre. Résultat, c’est la SCHL qui doit assumer tous les risques et les banques qui font tous les profits ! Alors oui la bulle va tot ou tard péter, quand nous ne pourrons plus nous assurer, nous ne pourrons plus consommer…

M. Duhamel – Rien de ce que vous dîtes n’est nouveau pour moi, ça fait plusieurs années que je dénonce la bulle immobilière Canadienne, une bulle essentiellement « made by governement » tout comme celle des USA.

Ce qui est nouveau c’est que vous en parliez, en même temps que les autres médias « mainstream » au Canada.

A mon avis c’est un (autre) signe que la bulle est terminée. Bien d’autres indices le montrent aussi dans de nombreux marchés au Canada, les ventes ralentissent, les listings augmentent, dans certains marchés comme l’Okanagan les prix sont déjà en forte chute.

Pendant ce temps le gouvernement avec sa SCHL continue d’endosser des prêts pour des jeunes dans la vingtaine qui achètent des maisons à 1 million de $$$ à Vancouver et Toronto…. Pendant ce temps dans les grands centres la spéculation sur les condos accapare la majorité des ventes! Les canadiens, y compris les boomers et ceux près de la retraites ont mis presque tous leurs oeufs financiers dans ce panier percé….

Pourtant après avoir vu ce qui est arrivé aux américains nous devrions être conscients du risque énorme que constitue un bulle immobilière pour l’économie et les ménages.

Tout ça est d’une tristesse…

C’est un sondage, ne l’oublions pas. Il est parfois difficile d’evaluer la valeur de sa propre maison.

Il serait interessant d’en savoir plus sur la methodologie employee. Est-ce 37% des proprietaires de maison ou 37% des proprietaires ayant une balanche hypotecaire?

« Imaginez ce que pourrait coûter au gouvernement fédéral canadien l’éclatement d’une bulle immobilière. »

Le coût sera effectivement énorme… Il y a clairement lieu de se demander pourquoi l’ensemble des contribuables canadiens sont soumis à un tel risque??

Pour l’instant, l’inventaire des résidences à vendre augmente rapidement, faute d’acheteurs potentiels. Ces derniers ont pratiquement tous « embarqués » dans le marché immobilier ces dernières années pour ne pas « manquer » les taux d’intérêts historiquement bas. C’est ce qui explique la forte progression du taux de propriétaire des dernières années au Canada. Combien de temps ce débalancement de l’offre et de la demande pourra-t-il encore durer??

À mon avis, pour le premier acheteur, il s’agit probablement d’un des pires moments de l’histoire pour acquérir sa première résidence:

http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201110/03/01-4453771-le-boom-immobilier-tire-a-sa-fin-a-montreal.php

Je suis plus optimiste que la plupart des gens – c’est dans ma nature ! La bulle n’est pas si gonflée que l’on prétend. Avez-vous regardé les prix d’une petite maison, à Londres, New York, à Paris, Madrid, Rome… Je le fais souvent – un appartement avec vue sur la Seine ou la tour Eiffel, ce serait bien – ou mieux, une jolie maison à Granada avec vue sur l’Alhambra. Je vis très bien à Toronto, mais je vous prie de me croire que je n’ai pas les moyens de vivre aussi bien à Paris ou même à Granada (skiff, skiff…)

En tant que tel, le marché immobilier canadien, comparativement aux prix ailleurs dans le monde, n’est pas surévalué. Le Canada demeure un pays stable, prisé par les immigrants. Notre population n’est pas en décroissance, en raison de l’immigration. Par contre, et le risque est réel, s’il y a une forte augmentation du chômage, on verra une forte dévaluation plutôt qu’un ajustement.

J’ai suivi les liens de l’article du Post et parcouru le rapport. J’ai aussi été voir l’endettement des Canadiens. Si l’immobilier pèse lourd, il semble que ce soit les dettes à la consommation qui sont encore plus inquiétantes. Plus que l’automobile et l’hypothèque, les gens s’endettent pour l’habillement, l’électronique, que sais-je….

La baisse du prix des maisons aux USA est une excellente chose. Certes à court et moyen terme c’est douloureux mais à plus long terme ça veut dire du logement plus abordable, moins de dettes, plus d’épargnes et plus de capitaux investis dans des activités plus productives.

Bref c’est un changement structurel difficile mais nécessaire et positif pour l’économie.

Pendant ce temps ici nous continuons de nous endetter, de sortir le peu que nous mettons dans nos REER pour investir notre avenir dans le pavé uni… Brillant!

Vous avez raison PBrasseur. Du rapport des comptables agréés:

« Si les taux de croissance des prêts hypothécaires (crédit garanti) ont ralenti en 2008 et 2009, l’expansion des prêts à la consommation (crédit généralement non garanti par des actifs dont la valeur est susceptible d’augmenter) s’est accélérée pendant la majeure partie de cette période.

La part du crédit renouvelable (marges de crédit personnelles et cartes de crédit) par rapport à l’ensemble des prêts à la consommation consentis par les banques à charte est passée de 21,1 % en 1989 à 77,7 % en 2009. Les emprunts par marges de crédit personnelles ont été multipliés par 25 pendant cette période. »

http://www.cga-canada.org/fr-ca/ResearchAndAdvocacy/AreasofInterest/DebtandConsumption/2010Report/Pages/ca_debt_index.aspx

A chaque reportage que j’ai vu sur la crise immobilière aux USA, il y avait un sinon deux VTT dans l’entrée de garage, des comptoirs de cuisine haut-de-gamme, les meilleurs écrans de télé, etc… Tout le monde s’attarde sur Freddie/Fannie, etc. mais c’est le crédit renouvelable qui fera exploser l’immobilier. Ce n’est pas nécessairement pour payer l’épicerie qu’on pige dans les lignes et cartes de crédit, c’est pour le iPhone et le iPad, les vacances dans les Caraïbes, le VTT, l’écran géant, le comptoir de granite, les restaurants, etc…