Québec n’est pas encore un champion de l’entreprenariat

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On vante son dynamisme économique, les entreprises technologiques semblent y foisonner  et le taux de chômage est le plus bas de toutes les régions métropolitaines du Canada. La ville de Québec est-elle pour autant le paradis de l’entrepreneurship ? Je ne le crois pas. Québec a beaucoup d’atouts et des résultats économiques impressionnants, mais la fibre entrepreneuriale n’est y pas plus forte qu’ailleurs et, comme le reste du Québec, je trouve qu’il y a un déficit d’ambition et d’audace.

J’étais invité hier à un atelier-débat sur le sujet organisé par le Centre local de développement et la ville de Québec. J’ai aussi eu le privilège de commenter l’ensemble des discussions et présentations à la fin de la journée.

J’ai comparé Québec à un sur-doué qui obtient une note de 85 % dans son bulletin. Ça va manifestement bien. Québec dépend moins de l’emploi gouvernemental, une douzaine de compagnies d’assurance qui ont établi leur siège social et de merveilleuses entreprises technologiques y font leur marque. Québec « pourrait néanmoins faire encore mieux », comme l’ont souligné plusieurs invités. Jean-Pierre Lessard, économiste à la ville de Québec, a donné deux exemples de cette réussite en demi-teinte. On trouve à Québec 6000 chercheurs, mais il n’y a pas plus que 65 brevets qui y sont enregistrés bon an mal an. De la même façon, on peut être impressionné par les 90 000 nouveaux emplois créés dans la ville entre 2000 et 2009. Malheureusement, seulement 1331 nouvelles entreprises ont été créées pendant cette période, une moyenne de 65 par année si on exclut les commerces.

Le portrait du dynamisme entrepreneurial de la RMR de Québec, réalisé par la Fondation de l’entreneurship et rendu public lors de l’événement, illustre aussi ce paradoxe. On y parle d’une forte culture entrepreneuriale et on y dénote la présence d’un fort noyau d’entrepreneurs aguerris. Et en même temps, on observe que la ville compte une proportion moindre de propriétaires d’entreprises parmi sa population que le reste du Québec, qui traîne déjà de la patte face aux résultats de l’ensemble canadien. Seulement 4,8 % de la population adulte de la RMC a l’intention de créer, reprendre ou racheter une entreprise alors que la proportion atteint 7,9 % au niveau québécois.

Un autre résultat m’a surpris. Dans cette ville réputée à droite politiquement, la population estime moins les gens qui réussissent en affaires que dans le reste du Québec.

Pourquoi ce déficit entrepreneurial ? Quatre raisons s’imposent selon moi.

Québec est la ville la plus âgée au Canada, après Victoria. S’il y a moins de jeunes entrepreneurs ou que de jeunes personnes qui veulent y établir une entreprise, c’est qu’il y a tout simplement moins de jeunes qu’ailleurs en pourcentage de la population.

Les immigrants créent en moyenne deux fois plus d’entreprises que la population en général et on en compte relativement peu dans la RMC de Québec comparativement aux autres grands centres canadiens. Un détail m’a d’ailleurs surpris hier midi alors qu’on servait du porc comme plat principal. Il était délicieux, mais je n’arrive pas à me rappeler d’une réunion d’affaires à Montréal où on a pu servir du porc !

Troisième facteur, les entrepreneurs et les patrons n’ont pas la cote. Si l’idée est de promouvoir l’entreprenariat au Québec, il faudra aussi promouvoir les entrepreneurs…

Le quatrième facteur touche à la culture entrepreneuriale. C »est bien beau parler d’entraide, de collaboration, de réalisation de soi ou d’entreprise éthique, mais un entrepreneur c’est un leader qui veut gagner et s’enrichir. C’est ainsi qu’il contribue au succès de sa communauté. Gagner et s’enrichir. Voilà des mots mal vus dans certains milieux où participer est l’essentiel et s’enrichir est du vol.

P.S. On peut écrire entrepreneuriat ou entreprenariat. L’OCDE, par exemple, utilise entreprenariat.

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«mais je n’arrive pas à me rappeler d’une réunion d’affaires à Montréal où on a pu servir du porc»

J’espère que c’était une blague? J’espère qu’à Montréal on en est pas à éliminer le porc du menu comme on fait à Un souper presque parfait à Vtélé sous prétexte qu’il y a UN invité musulman?

Si vous êtes à Québec allez faire un tour dans les HLM: Bardy, Du roi, Marie de l’Incarnation. La moitié des locataires ne sont pas nés en Amérique du Nord. Voilà pour l’immigration à Québec

Québec a non seulement le plus bas taux de chomage au Canada mais aussi en Amérique du Nord.
Vous connaissez la ville américaine qui a le plus bas taux de chomage? Fargo (4,9%). Je vous laisse la trouver sur la carte… Ainsi que le nombre d’immigrants…

Il y en a qui applaudissement le progrès et il y en a d’autres qui huent tous ceux qui ne sont pas les premiers.

Même si rien n’est parfait en ce bas monde, la performance d’une ville qui est encore qualifiée de pépère mérite d’être soulignée et encouragée à aller plus loin.

M Duhamel, vous faite l’apoologie d’une sorte d’entreprenreuriat qui date de plus en plus.
La notion de gagnant c’est bien, mais l’avenir est à ceux qui savent aussi composer avec les autres dimensions de la vie.

L’industrie touristique de Québec est probablement assez dynamique et représente un atout majeur pour cette ville. Québec est aussi la capitale de l’état Québécois avec tout ce que ça représente de salaires de fonctionnaires, de subventions et de dépenses, bref une base ultra solide qui génère chaque année son lot de retombées économiques et qui alimente une bonne partie du secteur des services. Québec n’est pas non plus un grand centre d’immigration et sa population vieillit certainement plus vite que d’autre villes Canadiennes de taille comparable comme Vancouver, Calgary ou Ottawa.

Tout ça explique le bas taux de chômage à Québec sans que cette ville soit particulièrement dynamique dans d’autres secteurs, d’ailleurs si le gouvernement faisait le ménage comme il se doit dans la fonction publique le chômage augmenterait certainement à Québec.

Le vieillissement est un facteur important dans le taux de chômage puisque les chômeurs sont toujours beaucoup plus nombreux chez les jeunes. Moins de jeunes, moins d’immigrants ça veut dire moins de chômage, ça parait bien et ça fait chanter les chantres du modèle Québécois, mais ça ne veut pas dire que ça va si bien que ça et surtout ça n’augure pas très bien pour l’avenir.

M. Duhamel,

Vous êtes revenu vite à vos vieilles affaires M. Duhamel: Décrire le passif du Québec et ignorer son actif le privatiser le rentable laisser à l’état le reste.

Sur ce plan je trouve que vous êtes très proche de Monsieur Pierre Brasseur.

Vous vous entendrez bien.

@Pierre Brasseur

Vous n’êtes pas venu à Qc depuis longtemps je crois. La fonction publique représente environs 15% des emplois de la ville. Le secteur des assurances, des technologies de l’information, du multimédia et l’optique-photonique sont tous des secteurs porteurs. Par contre, cela n’explique pas le niveau d’entreprenariat observé.

Québec ville d’entrepreneurs? Jamais!!!

Sont bien trop confortablement installés dans leurs jobs à vie de fonctionnaires parasites, grassement payés et protégés mur-à-mur les Québécois pour risquer d’entreprendre quoi que ce soit…

sebastien

15% des emplois c’est énorme et surtout à cela il faut ajouter toutes les dépenses étatiques (infrastructures, équipements, informatique, immobilier et entretient, etc…) qui gravitent autour. Sans parler des retombées secondaires financées par ces salaires qui sont en partie dépensés à Québec.

Je ne sait pas quelle proportion du PIB de Québec vient directement ou indirectement du gouvernement mais c’est surement plus qu’ailleurs et beaucoup plus que 15%.

Vous êtes vous déjà présenté dans un CLD ou au MDEIE ou dans un Pôle? Moi si! Comment un fonctionnaire peut comprendre la réalité d’un entrepreneur! D’ailleurs, étant en affaire dans la région de Québec et ayant côtoyer un bon nombre d’entrepreneurs, les CLD, MEDEIE, Pole et cie, ne génère pas beaucoup d’entrepreneurs et c’est même le contraire… Faite un appel au MDEIE et parlé au spécialiste du commerce électronique qui vous indiqueras qu’ils ne font pas d’investissements en commerce électronique!!!! Tablette?

J’offre moi aussi une constatation en demi-teintes. La ville de Québec, tout comme la ville d’Ottawa est une capitale.

La situation économique y est favorable. Grace à l’État, la région souffre beaucoup moins des conditions économiques défavorables.

En revanche, je ne crois pas qu’il est possible de « convertir » aisément les fonctionnaires pour en faire des futurs entrepreneurs. C’est comme cela en France et en Belgique notamment. Ceci influence à la baisse l’indice entrepreneuriale.

Les capitales politiques et administratives PURES ne sont pas reputees pour l Entrepreneuriat, qu il s agisse de Washington, d Ottawa ou de Quebec.

Ce sont les Metropoles industrielles et commerciales ( Montreal, Toronto, New-York, Los Angeles )qui fournissent les entrepreneurs.

Les Capitales administratives PURES attirent les entreprises qui fournissent les produits et services dont le Gouvernement a besoin bon an mal an ( meubles, equipements de bureau, assurances, immeubles a bureaux, vehicules a moteurs, services de calcul et de communications, etc)