Québec passe à l’action

Québec mène une offensive tous azimuts pour contrer la pénurie de travailleurs. Voici les principales mesures mises en œuvre.

Bichonner les retraités

  • Un prestataire du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics peut revenir au travail et recevoir à la fois son salaire et sa rente de retraite, sans pénalité. Il ne peut cependant plus cotiser au Régime.
  • Un projet de loi vise à encourager les personnes de 55 ans et plus à rester sur le marché du travail ou à prendre leur retraite de façon progressive. Il serait possible de continuer à travailler à temps plein ou à temps partiel tout en recevant jusqu’à 60 % des prestations de retraite. Les rentes des travailleurs de 60 ans et plus qui resteront ainsi en poste seront revalorisées pour chaque année supplémentaire travaillée. Une première canadienne. Devrait entrer en vigueur le 1 er janvier 2009.

Adapter la formation

  • Le Conseil supérieur de l’éducation propose de modifier les critères d’admission au cégep  : possibilité de s’y inscrire sans avoir le diplôme d’études secondaires (DES), à la condition de l’obtenir pendant le premier trimestre d’études  ; possibilité, pour les adultes possédant une expérience suffisante, de s’inscrire même sans DES.
  • Le ministère de l’Éducation annonce un investissement de 200 millions, au cours des cinq prochaines années, dans la formation professionnelle au secondaire. Objectif  : augmenter de 2 000 le nombre de jeunes qui s’y inscrivent, mieux arrimer cette formation aux besoins du marché et offrir davantage de services — orienteurs, travailleurs sociaux, psychoéducateurs, etc. — aux adultes qui retournent aux études.

Reconnaître les compétences

  • La Loi sur la formation de la main-d’œuvre — la «  loi du 1 %  » — est modifiée pour que les employeurs aient moins de paperasse à remplir.
  • Les employés peuvent obtenir une attestation officielle de leurs compétences. Cette mesure permettra aux immigrants de faire reconnaître leurs compétences au Québec. Ne s’applique pas aux métiers réglementés de la construction ni aux professions encadrées par un ordre professionnel.

Intégrer les immigrants

  • Entente avec l’Ordre des ingénieurs du Québec visant à faciliter la délivrance d’un permis de travail aux ingénieurs formés à l’étranger.
  • Ententes entre le Québec et la France, ainsi qu’entre le Québec et les autres provinces, portant sur la reconnaissance des compétences des travailleurs, pour favoriser une plus grande mobilité de la main-d’œuvre. Il s’agit essentiellement de faciliter la reconnaissance des diplômes. Un fonds de cinq millions de dollars aidera les ordres professionnels québécois à élaborer des ententes avec leurs homologues canadiens et français.
  • Création par Emploi-Québec du volet international de son programme Placement en ligne. Les dossiers des immigrants qui répondent aux besoins pressants du marché seront traités en priorité.
  • D’ici 2010-2011, 68 millions de dollars seront consacrés à l’intégration des immigrants au marché du travail. Québec épaulera les PME dans leurs efforts de recrutement à l’étranger, en leur permettant entre autres de participer à des foires de l’emploi et à des missions économiques.

Séduire les assistés sociaux

  • Création du Pacte de l’emploi. Le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale annonce des mesures — non coercitives, contrairement à ce qui se fait ailleurs au Canada —, principalement des primes au travail, pour inciter 50 000 prestataires de l’aide sociale à retourner sur le marché de l’emploi. Il y aurait 183 000 prestataires aptes au travail (sur environ 400 000) selon l’État, 15 000 selon le Front commun de défense des personnes assistées sociales.
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