Quel président pour la Caisse de dépôt ?

Deux mois. C’est le temps qu’aura duré la présidence réelle de Richard Guay à la Caisse de dépôt et de placement du Québec. Sa démission (?) pose un certain nombre de questions sur l’indépendance de l’institution, sur un intérim qui n’en finit plus et sur les attentes que l’on doit avoir envers les PDG.

  1. L’indépendance de la Caisse

Jean Charest prétend, avec raison selon moi, que la Caisse de dépôt jouit d’une autonomie considérable. Or, il appert que le gouvernement n’a pas accepté le candidat proposé par le conseil d’administration de la Caisse, Jean-Guy Desjardins, lui opposant son propre choix, Christiane Bergevin (SNC-Lavalin). Richard Guay, vu comme le dauphin de Henri-Paul Rousseau, s’est avéré le candidat de compromis.

Jean-Guy Desjardins et Christiane Bergevin auraient fait de bons présidents pour la Caisse. Tous les deux ont le talent, les connaissances et l’estomac pour diriger le principal gestionnaire de caisses de retraite au pays. Dommage que le conseil d’administration et le gouvernement se soient trouvés dans une guerre de pouvoir quand l’enjeu était de remplacer un président au beau milieu de la plus grosse tempête financière des 50 dernières années. Pas fort. De surcroît, le gouvernement Charest a fait là exactement le contraire de ce qu’il prêche au sujet de la Caisse. Vraiment pas fort.

  1. Un an sans président

Après le départ impromptu de Charles Dutoit en 2002, l’Orchestre symphonique de Montréal a été sans directeur artistique et chef d’orchestre jusqu’en 2006, à l’arrivée de Kent Nagano. Je ne dis pas que la Caisse doit se passer de président pendant quelques années, mais il est bon quelquefois de laisser tomber la poussière et de prendre le temps de choisir le bon président. De plus, Fernand Perrault, est un solide président intérimaire. Il connaît l’organisation comme le fond de sa poche et il apporte sans doute une certaine sagesse dans tout le brouhaha actuel.

C’est aussi une bonne chose de publier les résultats de 2008 et d’en tirer toutes les leçons avant de nommer celui ou celle qui aura mandat de donner une nouvelle direction à la Caisse. Comme toutes les institutions financières au monde, la Caisse doit réévaluer l’ensemble de ses procédures et politiques en matière de gestion de risque. Ce sera le mandat du nouveau PDG. Laissons à l’équipe en place le fardeau d’expliquer les résultats de la dernière année.

3. Le PDG héroïque

Henri-Paul Rousseau en était un. Travailleur infatigable, très fort techniquement, muni d’un puissant intellect et habile communicateur, l’ancien PDG était l’incarnation de ces supers présidents qu’on retrouvait à la tête des organisations. Je pense que leur ère achève.

C’est drôle à dire, mais on cherche aujourd’hui des patrons moins «parfaits». Les patrons super héros sont de plus en plus souvent remplacés par des PDG qui misent davantage sur la complémentarité des talents et des connaissances de leur équipe de direction.

Le futur président de la Caisse doit avoir du coffre et de l’envergure, mais comme toute bonne politique de placement, il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

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Les grands dirigeants ne doivent pas nécessairement être de grand connaisseurs, mais doivent connaître comment s’entourer de grand connaisseurs.

Voilà un vrai chef.

PDG héroique? Vous voulez rire? Son aventure dans le papier Q va nous couter combien?
En Commission parlementaire, il a parlé de 500 millions. Là on est rendu à 1,5 milliard. Et on pourrait terminer à 4 milliards. 4 CHUM si l’on veut ou 5 autoroutes des Bleuets payés cash!
Si c’est le cas, je propose qu’on poursuive le « pdg héroique » pour avoir menti en Commission parlementaire. On a failli destituer un président américain pour mensonge bien moins gros que ca….

Voici le point de vue de Pizza 45 sur un autre blogue

pizza45

COÏNCIDENCE ? HUM

Je l’avais prédit sur d’autres blogues et cela confirme mes appréhensions. DE:

1- On a demandé aux compagnies des “Démarais” d’engager Henri-Paul Rousseau pour enlever une épine dans le pied de Jean Charest et son gouvernement. Ainsi, on ne pourra ( les journalistes) pas demander des comptes à Henri Paul Rousseau. Il n’est plus là en poste pour y répondre.

2- Guay démissionne parce que l’on fait planer que le conseil d’administration n’était pas favorable à sa présidence. Qui nomme les personnes sur le conseil d’administration? Jean Charest et sa gagne. Donc, on ne pourra pas poser de question à Guay non plus.

3-Avec le nouveau président qui sera nommé, il ne pourra pas répondre des investissements de la Caisse de Dépôt car il n’était pas là.

Est-ce que Yves Boisvert aurait dû ou devrait faire un article sur cet arnaque des libéraux plutôt que de faire un article sur le GROS CAVE? Parce que entre gros caves, des fois on peut s’y méprendre.

Y-A-T il des journalistes qui vont fouiller cela ou ils vont laisser aller cela comme ils font d’habitude? J’aime mieux LA NÉBULEUSE, lui au moins il n’a pas peur. TOURLOU. Mais moi j’ai peur. Je ne veux pas de poursuite, c’est une question que je pose comme contribuables aux différents fonds du gouvernement (SAAQ, RRQ) Merci

Il n’y a pas de véritable journaliste d’enquête au Québec; dommage…. j’aurais bien aimé lire le résultat d’une enquête sur les grenouillages de la CDP de 2007 et 2008 (Départ de Rousseau, court règne de Guay, et un intérim pendant la crise du siècle, etc).
Ça prendrait Patrick Bourgeois….

Hé oui! En 2003, les libéraux nous disaient qu’ils étaient prêts et que leur priorité était la santé. Nous voyons le résultat. En 2008, ils nous ont dit que la priorité était l’économie et qu’il déclenchait des élections pour pouvoir s’en occuper sans entraves. Ça commence bien. Honte à tous ces électeurs qui se sont abstenus et ont permis par ce fait un gouvernement libéral majoritaire.

Le bon prof Lauzon ferait un bon président (ou n’importe quel autre « économiste » de l’UQAM ») 🙂

Ils vont aller en grève en février (vous l’apprenez ici…) il leur faudra bien trouver une occupation…

Est-ce que j’ai bien compris? Rousseau est rentré au travail chez Power lundi matin??? Il a quitté la Caisse au printemps? Qu’est-ce qu’il a fait entre temps?
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Depuis le début de la crise je prédis une perte de 25% à la Caisse. Un désastre évidemment lorsqu’on considère que les « marxistes » de la FTQ n’ont perdu que 15%!
Depuis le début je dis que la cause est la commande politique de Jean Charest. Or voilà que les langues commencent à se délier (après l’élection évidemment!)

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/200901/08/01-815953-dissension-au-sein-du-c-a-de-la-caisse.php

Québec) Le climat est tendu au sein du conseil d’administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Certains administrateurs n’hésitent d’ailleurs plus à remettre en question la politique de rendement trop axée sur la performance.

«La Caisse est allée trop loin et aujourd’hui on en paie le prix. Ce n’est pas très beau», a fait savoir hier au Soleil un membre du conseil d’administration du «bas de laine» des Québécois sous le couvert de l’anonymat.

Avec la crise financière qui frappe les marchés boursiers et immobiliers, tout indique que le recul du rendement global de la Caisse sera significatif en 2008. On parle maintenant d’une perte potentielle d’environ 25 % (40 milliards $) sur les avoirs nets des déposants de 155 milliards $.

Selon cette même source, la nouvelle politique de placements de la Caisse axée sur les rendements mis de l’avant par les libéraux devra être revue de fond en comble. «La gestion de rendement demandée par le gouvernement Charest a fait en sorte d’oublier le développement de l’économie québécoise. C’est une erreur.»

Un autre administrateur con­tacté par Le Soleil a fait savoir que plusieurs placements effectués par les gestionnaires de la Caisse à l’étranger ont été désastreux. On pense évidemment aux papiers commerciaux, où 15 % des 12,6 milliards $ investis ont été radiés jusqu’à maintenant.

«Mais il ne faudrait pas oublier le placement dans les aéroports en Angleterre, a ajouté cette même source. La Caisse n’avait pas d’affaire là. On y est allé et on s’est planté royalement. C’est un fiasco monumental.»

En juin 2006, la Caisse de dépôt avait mis la main sur 28 % de la British Airport Authority (BAA) pour la somme de 2,4 milliards $. Cette transaction, qui se voulait le plus gros placement de la Caisse à l’extérieur du Québec, avait alors été qualifiée par le président de l’époque, Henri-Paul Rousseau, d’«actif de qualité» qui procurerait «des rendements soutenus sur une longue durée».

Or, force est de constater que ce placement dans ce monopole privé gérant sept aéroports anglais (dont l’aéroport Heathrow) n’a pas donné les résultats souhaités. La Caisse a notamment dû réinjecter l’été dernier 213 millions $ dans BAA pour maintenir à flot les liquidités de l’entreprise.

@ Jacques Noel

Ma blonde à justement vérifié son capital, investi au Québec seulement, à la FTQ ce matin et ça confirme ce que vous dites. Cette situation se redressera certainement. Mais pour la caisse de dépôts le fisaco à l’internationnal restera.

De plus la caisse pop la tarraude pour un investissement Québec seulement, géré par la caisse, en lui disant quelle devrait se diversifier à l’internationnal sans lui faire de comparaison, seulement un petit tableau dans l’écran pour lui suggérer.

Précisions: elle à un investissement qui doit être seulement au Québec, mais la caisse pop lui conseille internationnal.

Il faut être très prudent avec les sectes religieuses.Le nouveau dirigeant est collé sur la bande à (madoff) la gang à David.OY VEH Nous vivons dans un Québec laïque.Notre économie se doit d’être Laïque