Quelle récession ? Que faire contre elle ?

Tout le monde parle de récession au Canada et aux États-Unis comme si nous étions au beau milieu d’une situation économique catastrophique et que les gouvernements devaient, de toute urgence, adopter des mesures extraordinaires pour en diminuer les impacts. Nous sommes en plein délire politique. Cela paraît que nous sommes en campagne électorale aux États-Unis et que nous avons des gouvernements minoritaires au Québec et au Canada.

Nous ne sommes pas en récession. Les menaces d’une récession sont réelles chez nos voisins, mais personne n’a encore observé un seul mois de déclin de la production économique, alors qu’il en faudrait six pour valider le diagnostique. Qu’il y ait ralentissement ou une véritable récession, cela ne surprendra personne. Ceux qui prédisent une récession n’ont jamais tort, parce qu’il y en aura toujours une un jour ou l’autre ! C’est bête, c’est plate et c’est cruel, mais c’est dans la nature des cycles économiques.

On pense que l’économie canadienne est en meilleur état que l’économie américaine et que le Canada pourrait résister dans une certaine mesure à une crise chez nos voisins. L’est-elle vraiment ? De plus, personne n’a idée de la capacité réelle de résistance de l’économie canadienne. Comme dans toutes les discussions économiques l’expression clé est « ça dépend ». Quatre économistes vous donneront là-dessus au moins quatre opinions différentes !

Admettons qu’il y a péril en la demeure. Que pourraient alors faire les gouvernements pour empêcher le cours des choses ou temporiser les effets d’une crise potentielle ? À vrai dire, peu de choses. Le gouvernement Harper va investir 1 milliard pour aider les villes mono industrielles. C’est bien, mais ce sera toujours insuffisant.

Jean Charest et Dalton McGuinty réclameront vendredi soir au 24 Sussex d’autres milliards pour le secteur de la fabrication. Pure politique, car les Conservateurs avaient déjà annoncé des mesures pour le budget du mois prochain. Mais croyez-vous que d’autres milliards, à même vos taxes et impôts, pourraient faire des miracles quand certaines de nos industries ne sont tout simplement plus compétitives ?

Admettons maintenant que les gouvernements tentent de freiner l’éventuel tsunami en injectant immédiatement 3 ou 4 milliards dans l’économie. Tout au plus, cela représenterait 4 millièmes de un pour cent de l’économie canadienne. Aussi bien parler d’une goutte de kérosène dans un 747 ! Ne me faites pas croire que ce sera cette goute qui fera décoller l’avion !

Les gouvernements du siècle dernier auraient pu investir une fortune à vouloir protéger les forgerons qui perdaient leur travail à cause de l’arrivée de l’automobile, mais rien ne pouvait empêcher leur déchéance. Il vaut plutôt dépenser l’argent dans la formation de la main-d’œuvre pour les emplois de demain que de s’acharner à tenter de protéger les emplois d’hier. Là est le véritable défi. C’est là que les gouvernements peuvent vraiment faire une différence.

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« C’est là que les gouvernements peuvent vraiment faire une différence. » (Pierre Duhamel)

Oui c’est vrai.

Mais je suis sceptique ou en désaccord avec cette conclusion car la réalité est tout autre. Il faut être téméraire en politique pour appliquer de telles choses.
Les politiciens qui aujourd’hui sont tous des professionnels de la politique (donc qui veulent garder leur job) le comprennent très bien.

En politique un gouvernement ne dure que trois ou quatre ans.

Vu que la population, surtout au Canada et en Amérique à toujours voté pour une belle image accompagnée d’un nanan, il est clair la formation, l’éducation et la recherche ne payent pas en politique, parce que c’est du moyen et du long terme.

Ceci est d’autant plus vrai depuis que Robert Bourassa a commencé à faire de la politique guidée par des maisons de marketing. Lui et son parti en ont bénéficié, mais pas la population.

Un gouvernement qui prend des dispositions avec petit impact monétaire pour faire en sorte que l’économie progresse de 10% par année dans 15 ans se fera mettre à la porte.

Par contre s’il baisse la tps de 1% (un microbe dans l’économie) pour augmenter les impôt et autres taxes aura du succès.

M. Duhamel,

Il y avait par ici une vieille forge. Le forgeron a été protégé par le gouvernement.

C’est aujourd’hui un important fabriquant de lits thérapeutiques qui exporte au Canada et aux USA.

Les forges sont presque toutes passées à l’automobile, à la soudure, à la construction de bâtiments, ou à fabricants de machineries.

Vous connaissez Fisher Body? Ils fabriquaient des voitures à chevaux, dans laquelle il y avait des forgerons.

Elle existe encore, elle est une importante division du plus grand fabricant d’automobile au monde.

Tous ont vu ce logo dans les Cadillacs et Chevrolets : une voiture à cheval.
http://en.wikipedia.org/wiki/Image:FisherBodyLogo.jpg

Comme quoi les beaux principes de destruction et de création et d’emplois futurs, c’est à prendre avec des pincettes.

M. Duhamel je me demande si le ministère de l’éducation pourrait organiser des cours de productivité?

Wow…

Si au Québec on dépend de forgeron pour fabriquer des lits thérapeutiques, plus besoins de se poser de question sur notre productivité médiocre…

@ Yvon Fleurent:

En passant, Fisher Body qui a abandonné la production de voitures à chevaux pour devenir General Motors, c’est un excellent exemple de Destruction Créatrice.

Décidément M. Gagnon allez apprendre à lire.

Fisher Body a subit une mutation lente et n’est pas devenue GM qui existait avant.

Les forgerons sont à l’origine de l’ère industrielle.

Dans plupart des cas, ce sont eux qui sont à l’origine ou ont inventé les machines qui ont permis l’industrialisation dont la machine à vapeur (forgeron Newcomen) qui est à l’origine de l’industrialisation et du transport il en est de même pour l’automobile.

Je voudrais ajouter que notre civilisation encore aujourd’hui dépend en grande partie de la forge et telle qu’elle est maintenant, elle disparaîtrait sans celle-ci.

Ils ne sont pas des victimes des changements, mais plutôt à l’origine de ceux-ci et les créateurs de la vie et le confort que nous connaissons aujourd’hui.

À ne pas oublier, ce sont les jobs d’hier qui créent les jobs de demain.

Pour aujourd’hui, c’était hier qu’Harper et ses copains, devaient mettre de l’argent en recherche et développement et formation, mais ce n’est pas rentable pour les politicailleurs amateurs de pouvoir seulement pour leurs carrières.

@ Yvon Fleurent:

Mutation lente ?

Fisher Body a été fondé en 1908. Au début il ne fabriquait que des voitures à cheval. En 1919, la compagnie a abandonné définitivement les voitures à cheval pour faire de la sous-traitance pour l’industrie automobile. Il fabriquait des châssis. En 1919, General Motor a acheter 60% de Fisher Body.

En 11 ans, ils sont passé du cheval au moteur à combustion. C’est tout sauf une lente mutation !