Qu’est-ce qui cloche à propos de l’économie québécoise?

Pierre Fortin désigne deux coupables: l’austérité et la démographie

Photo: Frances Roberts/Alamy Stock Photo
Photo: Frances Roberts/Alamy Stock Photo

Cumulativement, de 2000 à 2015, le Québec n’a pas à rougir de son progrès économique, lorsqu’on le compare à celui de ses deux principaux partenaires économiques, les États-Unis et l’Ontario. Dans les principaux âges actifs (15 à 64 ans), le produit intérieur brut (PIB) par habitant a augmenté au total de 16 % au Québec, de 15 % aux États-Unis et de 8 % en Ontario, inflation déduite. Ainsi, lorsqu’on tient compte des ressources humaines dont chacun dispose, la performance économique du Québec depuis le sommet conjoncturel de 2000 a été au moins aussi bonne que celle des États-Unis et bien meilleure que celle de l’Ontario. En niveau absolu, le revenu moyen des Québécois est encore inférieur d’environ 15 % à celui des Américains et de 7 % à celui des Ontariens. Mais au cours des 15 dernières années, la bonne performance relative du Québec a fait diminuer ces écarts, un peu dans le premier cas, nettement plus dans le second.

FIGURE 1 : 15 ANS DE CROISSANCE

NOTE : PIB PAR HABITANT DE 15 À 64 ANS, EN DOLLARS CONSTANTS. (Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario; ministère américain du Commerce)
Note: PIB par habitant de 15 À 64 ans, en dollars constants. (Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario; ministère américain du Commerce)

Relativement bonne de 2000 à 2013, la performance économique du Québec s’est toutefois détériorée en 2014 et 2015

Un examen attentif de la figure 1 indique toutefois que la tendance s’est inversée depuis 2013. On y perçoit très bien qu’en 2014 et 2015 la trajectoire du PIB par habitant d’âge actif a grimpé plus vite aux États-Unis et en Ontario qu’au Québec. La figure 2 confirme que, en effet, après avoir obtenu de meilleurs résultats que ses deux partenaires économiques de 2000 à 2013, le Québec a perdu du terrain en 2014 et 2015. Au cours des 13 premières années du millénaire, qui ont vu la croissance mondiale freinée par la récession de 2008-2009 et ses séquelles, le Québec a néanmoins réussi à bien s’en tirer. Son PIB par habitant d’âge actif a crû en moyenne de 0,9 % par année, tandis que celui des États-Unis a augmenté de 0,7 % et celui de l’Ontario, de 0,3 %. La croissance a donc été faible partout, mais elle a mieux résisté au Québec qu’ailleurs. Au cours des deux années récentes, cependant, la croissance par habitant d’âge actif a été limitée à 1,4 % par année en moyenne au Québec, alors qu’elle a atteint 2,2 % aux États-Unis et en Ontario.

FIGURE 2 : LE QUÉBEC PEINE DEPUIS DEUX ANS

FIGURE_02
Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario; ministère américain du Commerce

Comment expliquer que le Québec ait en quelque sorte «perdu la touche» en 2014 et 2015? Pour y voir clair, il faut raffiner la comparaison entre le Québec et l’Ontario. Les deux provinces voisines disposent de grandes économies diversifiées dont les structures industrielles se ressemblent, qui n’ont pas de ressources pétrolières, qui subissent la même conjoncture nationale et internationale et qui sont soumises à la même politique monétaire et budgétaire fédérale canadienne. Une comparaison Québec-Ontario donne la possibilité de mieux saisir les facteurs particuliers qui peuvent expliquer les évolutions distinctes des deux économies.

La question qui se pose ici est de savoir comment, au cours des deux dernières années, la capacité du Québec de produire et de vendre se compare à celle de l’Ontario. Pour vendre, il faut des clients. Or, une économie provinciale a trois types de clients: les pays étrangers, les autres provinces canadiennes et ses propres résidants locaux. Les achats des deux premiers forment la demande extérieure pour ses produits, composée de ses exportations internationales et de ses exportations interprovinciales. Les achats de ses résidants locaux, eux, constituent la demande intérieure. Ces trois clientèles sont d’inégale importance. En 2015, au Québec, les exportations internationales, les exportations interprovinciales et les achats de la population locale ont accaparé respectivement 19 %, 12 % et 69 % de la demande totale de notre production économique. La demande intérieure est donc deux fois plus importante que la demande extérieure. Elle est faite de la consommation des ménages, des investissements non résidentiels des entreprises, de la construction résidentielle, des achats courants des deux paliers de gouvernement et des municipalités, et des investissements de ceux-ci dans les infrastructures.

Les exportations vers l’étranger ont bien progressé, mais les exportations vers les autres provinces et les achats des ménages, des entreprises et des autorités publiques au Québec ont marqué le pas

La figure 3 compare les achats de produits québécois et ontariens par les trois types de clients (étrangers, autres provinces et résidants locaux) en 2014 et 2015. On constate immédiatement qu’en dollars constants et par habitant d’âge actif les exportations totales du Québec vers l’étranger ont littéralement explosé. De 2013 à 2015, elles ont progressé cumulativement de 15 %; celles de l’Ontario, de 3,5 %. L’avantage québécois repose pour une bonne part sur les exportations du secteur de l’aérospatiale (avions, moteurs et pièces), qui ont progressé de 33 % en 2014 seulement. De plus, la dépréciation du dollar canadien a aidé les exportations internationales des deux provinces, mais le Québec semble en avoir bénéficié plus que l’Ontario au cours de ces deux années. (Note: les exportations internationales du Québec ont cependant nettement ralenti en 2016, leur volume ayant diminué de 3,2 % entre le premier semestre de 2015 et le premier semestre de 2016.)

FIGURE 3 : LES EXPORTATIONS, ÇA VA. MAIS LE RESTE…

NOTE : EN DOLLARS CONSTANTS, PAR HABITANT DE 15 À 64 ANS. (Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario)
Note: en dollars constants, par habitant de 15 À 64 ans. (Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario)

Malheureusement pour le Québec, sa performance comparée avec les deux autres types de clients — les autres Canadiens et les Québécois eux-mêmes — n’a pas été édifiante. Les deux colonnes du milieu de la figure 3 montrent que, de 2013 à 2015, en dollars constants et par habitant d’âge actif, les exportations vers les autres provinces ont diminué en Ontario comme au Québec, mais moins en Ontario (– 0,5 %) qu’au Québec (– 3,2 %). Le repli de l’économie pétrolière n’a aidé personne, mais l’Ontario s’en est mieux tiré. Dans les deux colonnes de droite, la performance comparée du Québec dans son marché intérieur fait également mal paraître la province. Toujours en dollars constants et par habitant d’âge actif, les achats des Québécois au Québec n’ont progressé que de 0,5 % en deux ans, alors que ceux des Ontariens en Ontario ont augmenté de 4,1 %. Pour résumer, les exportations internationales du Québec ont été très bonnes, mais ses exportations interprovinciales ont nettement diminué et sa demande intérieure n’a presque pas avancé.

La demande intérieure a souffert d’une faiblesse généralisée depuis deux ans au Québec

Pourquoi la demande intérieure a-t-elle flanché au Québec depuis deux ans (+ 0,5 %), alors qu’elle a augmenté à un bon rythme en Ontario (+ 4,1 %)? Le tableau 1 aborde la question en décomposant cette demande intérieure dans les cinq grandes composantes énumérées plus haut: la consommation des ménages (58 % du total en 2015 au Québec), les investissements non résidentiels des entreprises (8 %), la construction résidentielle (7 %), les dépenses courantes des gouvernements et municipalités (23 %) et leurs investissements dans les infrastructures (4 %) 1.

TABLEAU 1 : VARIATION DES COMPOSANTES DE LA DEMANDE INTÉRIEURE EN 2014 ET 2015

NOTE : EN DOLLARS CONSTANTS ET PAR HABITANT DE 15 À 64 ANS. (Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario.)
Note: en dollars constants, par habitant de 15 À 64 ans. (Sources: Statistique Canada; Institut de la statistique du Québec; ministère des Finances de l’Ontario)

Trois observations se dégagent du tableau. La première est que le désavantage du Québec est généralisé. Les cinq composantes de la demande intérieure du Québec ont été inégalement touchées, mais aucune d’entre elles n’a enregistré une croissance supérieure à celle de l’Ontario en 2014 et 2015. La deuxième observation est que l’investissement privé s’est retrouvé en chute libre au Québec pendant ces deux années. Il avait en fait déjà commencé à dégringoler en 2013. En Ontario, par contre, l’investissement privé a progressé normalement. Le retard du Québec sur l’Ontario est de 18,2 points de pourcentage pour le non-résidentiel et de 8,5 points pour le résidentiel. La troisième observation est que la croissance des dépenses des gouvernements et municipalités a été plutôt faible dans les deux provinces, mais que cette lenteur a été plus marquée au Québec. Le retard sur l’Ontario n’est pas très important pour les achats courants (0,2 point), mais atteint 2,7 points pour les investissements. Examinons chacune de ces trois observations plus en détail.

La première observation, à savoir que le désavantage du Québec touche toutes les composantes de sa demande intérieure (bien qu’inégalement), donne à croire que le ralentissement économique qu’il a vécu en 2014 et 2015 a des causes globales plutôt que spécifiques à un secteur industriel ou une région particulière.

Les investissements non résidentiels des entreprises se sont effondrés

Pour expliquer la deuxième observation, soit l’effondrement des investissements non résidentiels des entreprises (ligne 2 du tableau 1), il faut reconnaître que le repli démographique majeur qui a touché la population québécoise des principaux âges actifs (15 à 64 ans) de façon soudaine et abrupte de 2011 à 2015 a exercé un important effet de freinage sur les attentes des entreprises au sujet de la croissance future de l’économie.

La figure 4 témoigne du virage démographique. De 2002 à 2010, la population de 15 à 64 ans du Québec a augmenté à un rythme à peu près constant de 40 000 personnes par année. Mais de 2011 à 2013, cette croissance démographique annuelle a arrêté net. La population de 15 à 64 ans a maintenant commencé à diminuer, ayant déjà perdu au total 12 000 personnes depuis deux ans. Les projections de l’Institut de la statistique du Québec et de Statistique Canada prévoient que la diminution se poursuivra pendant plusieurs années à venir.

FIGURE 4 : LE QUÉBEC EN MAL DE TRAVAILLEURS

(Source: Statistique Canada)
Source: Statistique Canada

Ce virage démographique a une conséquence économique: la demande intérieure de produits québécois s’est mise à augmenter beaucoup moins vite depuis cinq ans. D’abord pris par surprise, les dirigeants d’entreprises du Québec ont noté le rétrécissement du marché intérieur pour leurs produits. Constatant le ralentissement de leurs ventes, ils ont adapté leur production à la baisse en proportion. De plus, comme leurs attentes au sujet de la croissance future se sont faites plus modestes, ils ont moins ressenti le besoin d’agrandir leur parc d’équipement productif (machines, matériel, usines, immeubles, etc.). Par conséquent, ils se sont mis à investir moins. Pendant 30 ans, avant 2010, les investissements non résidentiels des entreprises québécoises équivalaient en moyenne à 10 % du PIB; en 2015, ils avaient diminué à 8 % du PIB. Cette baisse de deux points correspond à peu près à ce à quoi il fallait s’attendre compte tenu du repli démographique. Le Japon a connu une transition semblable de son investissement privé au milieu des années 1990, quand, bien avant le Québec, il a été frappé par une chute soudaine de sa population de 15 à 64 ans.

La figure 4 fait ressortir le contraste entre l’évolution de la population de 15 à 64 ans au Québec et en Ontario. La population ontarienne a ralenti elle aussi depuis 2002, mais plus modérément. La transition dans la province voisine a été douce, partielle et étalée sur la période de 2002 à 2015, et non pas soudaine et abrupte comme au Québec à partir de 2011. Ainsi, les entreprises ontariennes ont pu adapter le rythme de leurs investissements non résidentiels à petites doses, de façon échelonnée dans le temps. Elles n’ont pas été obligées de le faire de manière aussi brutale que les entreprises québécoises, dont l’investissement non résidentiel a chuté de 14,6 % en deux ans, comme on l’a indiqué au tableau 1.

Quant à la construction résidentielle (ligne 3 du tableau 1), l’écart de croissance entre le Québec et l’Ontario reflète l’évolution plus lente de la formation des ménages au Québec, de même que certains facteurs particuliers à la conjoncture immobilière en Ontario.

Les dépenses courantes et les investissements des gouvernements dans les infrastructures n’ont pas soutenu la croissance

La troisième observation qui ressort du tableau 1 est que, depuis deux ans, les dépenses courantes et les investissements des gouvernements dans les infrastructures n’ont pas soutenu la croissance économique, ni en Ontario ni, encore moins, au Québec. Cela peut surprendre, pour plusieurs raisons. Premièrement, le besoin d’un tel appui à la croissance était évident en 2013, étant donné que, dans les deux provinces, le taux de chômage était encore bien au-dessus de son niveau compatible avec le plein emploi non inflationniste 2. Au Québec, le fait que l’investissement des entreprises était en chute libre ajoutait à l’urgence de la situation.

Deuxièmement, la responsabilité de l’appui à la croissance incombait essentiellement à la politique budgétaire, puisque la politique monétaire avait déjà abaissé les taux d’intérêt tout près du plancher zéro. La banque centrale ne pouvait guère aller plus loin.

Troisièmement, au Canada, cette responsabilité budgétaire concernait au premier chef les gouvernements provinciaux de l’Ontario et du Québec, puisque dans ces deux grandes régions du pays les administrations provinciales et municipales assument ensemble 85 % de toutes les dépenses gouvernementales en biens et services sur le territoire.

Quatrièmement, en raison même des faibles taux d’intérêt, de nouveaux investissements publics dans les infrastructures ne coûtaient presque rien à financer (ce que le nouveau gouvernement Trudeau à Ottawa a rapidement compris).

Enfin, cinquièmement, au Québec, la capacité financière du gouvernement provincial n’était pas un obstacle à l’introduction de mesures de soutien à l’économie. Depuis 15 ans, le poids des charges d’intérêts sur sa dette dans l’économie avait diminué de 40 %. Sa cote de crédit avait été maintenue ou améliorée par toutes les agences de notation. Le taux d’intérêt sur ses nouvelles émissions d’obligations à échéance de 10 ans avait baissé à 3 %. Son déficit budgétaire, de 0,5 % du PIB, était trois fois moins important que celui de l’Ontario. Et malgré la récession de 2009 et ses séquelles, le poids de sa dette, à 55 % du PIB, restait très inférieur au niveau maximal de 61 % atteint en 1995 3, juste avant l’adoption de la Loi sur l’équilibre budgétaire par l’Assemblée nationale.

On a presque tout misé sur un retour rapide au déficit zéro, ce qui a amputé la croissance du PIB et produit un effet minuscule sur le poids de la dette

La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, répète avec insistance depuis cinq ans qu’«il est impératif que le rééquilibrage des finances publiques se poursuive, mais aussi que les politiques macroéconomiques soutiennent la croissance». Malheureusement, le gouvernement du Québec n’en a pas été persuadé. Plutôt que de soutenir pro-activement la croissance, il a presque tout misé sur un retour rapide au déficit zéro et opté pour la thérapie de choc. En deux ans, en 2014-2015 et 2015-2016, son budget a enregistré un retournement financier de 6 milliards de dollars. D’une part, son solde de fonctionnement (revenus moins dépenses courantes) a augmenté de 5 milliards, étant passé d’un déficit de 1,7 milliard de dollars en 2013-2014 à un surplus de 3,3 milliards en 2015-2016, selon les derniers chiffres accessibles. Et, d’autre part, ses investissements nets dans les infrastructures ont diminué de 1 milliard. Ce retournement total de 6 milliards résulte de mesures introduites par le gouvernement à hauteur de 4,7 milliards (tout près de 2 milliards en hausses d’impôts, taxes et tarifs et le reste en compressions des dépenses). S’y sont ajoutées une diminution de 800 millions des charges d’intérêts sur la dette (les taux ayant continué à diminuer) et une hausse de 500 millions des transferts fédéraux.

Les mesures budgétaires restrictives de 4,7 milliards appliquées par le gouvernement depuis deux ans ont eu un important effet «démultiplicateur» sur l’économie. Elles ont restreint directement la progression des dépenses gouvernementales elles-mêmes et ralenti indirectement la croissance des revenus des entreprises et des ménages, et donc de la consommation et de l’investissement privés. On peut estimer qu’en 2015 elles ont fait diminuer le PIB du Québec au total d’environ 5,6 milliards par rapport au niveau qu’il aurait atteint sans elles 4. Autrement dit, comme l’a illustré la figure 2, avec ces mesures, le PIB du Québec par habitant d’âge actif a augmenté en moyenne de 1,4 % par année de 2013 à 2015; sans les mesures, il aurait augmenté de 2,1 % par année, soit à peu près comme aux États-Unis et en Ontario. Le taux de chômage de 2015 aurait été inférieur à 7 % (comme en Ontario), plutôt que stagner à 7,6 % depuis 2013. Il y aurait eu quelque chose comme 40 000 emplois créés en plus.

Avec un déficit budgétaire à réduire qui était trois fois plus important que celui du Québec en 2013, le gouvernement de l’Ontario a lui aussi adopté une orientation budgétaire restrictive. Mais les hausses d’impôts et les compressions de dépenses y ont été nettement plus modérées qu’au Québec. De 2013-2014 à 2015-2016, le solde du fonctionnement de l’Ontario s’est amélioré de 4,9 milliards de dollars. Mais seulement 3,3 milliards environ sont dus aux mesures budgétaires. Le reste a résulté de la meilleure performance de l’économie, le taux de chômage de l’Ontario étant passé de 7,6 % en 2013 à 6,8 % en 2015, plutôt que de rester sur place à 7,6 %, comme au Québec. Les données du tableau 1 permettent de constater que ce qui a dynamisé l’économie de l’Ontario, ce n’est pas seulement une politique budgétaire provinciale moins radicale que celle du Québec, mais aussi une bien meilleure tenue de l’investissement privé. Le fait que la démographie ontarienne soit en évolution douce plutôt qu’en virage abrupt, comme la québécoise (figure 4), a certainement aidé l’investissement privé à se maintenir dans la province voisine.

Pour ajouter l’insulte à la blessure, la conséquence de la thérapie de choc appliquée par le Québec à son budget n’a eu qu’un effet minuscule sur le poids de sa dette dans l’économie. En mars 2014, la dette brute du Québec équivalait à 54,8 % du PIB. Selon les données financières les plus récentes, après deux ans de hausses d’impôts et de compressions de dépenses totalisant 4,7 milliards, le niveau estimatif du rapport dette-PIB n’avait diminué que de 0,2 point de pourcentage, s’établissant à 54,6 % en mars 2016.

Ce résultat a de quoi surprendre. Comment se fait-il que les mesures budgétaires des deux dernières années n’aient pas fait diminuer le rapport dette-PIB de plus que 0,2 point? L’explication se trouve dans l’effet négatif des mesures sur le PIB du Québec. Le rapport dette-PIB a un numérateur, la dette, et un dénominateur, le PIB. En transformant le déficit budgétaire en surplus, les mesures ont bel et bien atténué la hausse de la dette au numérateur de la fraction. Mais en provoquant une baisse du PIB, elles ont non seulement abaissé la base de l’économie — le dénominateur de la fraction —, mais aussi poussé la dette vers le haut au numérateur. En effet, les revenus autonomes du gouvernement ont forcément diminué en harmonie avec le PIB et, par conséquent, grugé une partie de l’amélioration du solde budgétaire et de la réduction de la dette que les mesures visaient à produire. Bref, c’est l’histoire du chat qui, ayant couru après sa queue, n’a pas réussi à faire beaucoup d’autre chose que du surplace.

Les répercussions négatives des mesures budgétaires sur le PIB ont sans doute constitué une surprise de taille pour le gouvernement du Québec. En juin 2014, il prévoyait que le PIB du Québec atteindrait 392 milliards de dollars en 2015. On sait aujourd’hui qu’il n’a pas dépassé 378 milliards. Cette erreur de prévision de 14 milliards, soit presque 4 % du PIB, est majeure. Manifestement, la réaction négative de l’économie à l’effet conjugué, d’une part, de la chute de l’investissement privé en réaction au déclin démographique et, d’autre part, de la thérapie de choc appliquée au budget provincial, a été mal prévue 5.

Comment le rapport dette-PIB se serait-il comporté si le gouvernement n’avait pas appliqué les mesures restrictives des deux dernières années afin de relever son solde budgétaire et qu’il avait plutôt accordé la priorité au soutien à l’économie et à l’emploi? Le rapport dette-PIB aurait assurément augmenté, mais les mêmes facteurs d’atténuation auraient joué en sens contraire, puisque le PIB n’aurait pas diminué et que les revenus autonomes n’auraient pas mal réagi à la conjoncture, comme ils l’ont fait depuis deux ans. En l’occurrence, le rapport serait passé de 54,8 % en mars 2014 à quelque chose comme 55,3 % en mars 2016. Pas cher payé pour les avantages économiques qui en auraient résulté: une croissance du PIB (en dollars constants et par habitant de 15 à 64 ans) qui aurait atteint 2,1 % par année en 2014 et 2015, plutôt que de stagner à 1,4 % (figure 2), l’apparition de 40 000 emplois de plus dans le décor, et un taux de chômage inférieur à 7 %, comme en Ontario.

Résumé et conclusion

  1. De 2000 à 2013, l’économie du Québec a aussi bien fait que l’économie américaine et beaucoup mieux que l’économie ontarienne. Mais en 2014 et 2015, la tendance s’est inversée. Le Québec a perdu du terrain par rapport à ses deux grands partenaires économiques.
  2. Au cours de ces deux années, les exportations du Québec vers l’étranger ont bien progressé, grâce à la performance de son secteur de l’aérospatiale et à la dépréciation du dollar canadien. (Elles se sont cependant repliées au premier semestre de 2016.)
  3. Toutefois, les exportations québécoises vers les autres provinces ont fait du surplace et, surtout, les achats au Québec des ménages, des entreprises et des gouvernements — la demande intérieure — ont accusé un net recul.
  4. Les investissements non résidentiels des entreprises ont subi une dégringolade majeure, commencée en 2013. Le déclin démographique abrupt et soudain de la population de 15 à 64 ans a entraîné une forte contraction des perspectives des ventes intérieures et forcé les entreprises à modérer leurs attentes au sujet de la croissance future. Par conséquent, leurs investissements ont reculé. Par ailleurs, la faiblesse de la formation de nouveaux ménages a fait ralentir la construction résidentielle.
  5. Les dépenses courantes et les investissements des gouvernements dans les infrastructures ont nettement ralenti et n’ont pas fourni de soutien à la conjoncture économique. Le Québec a presque tout misé sur un retour rapide au déficit zéro et opté pour une thérapie de choc budgétaire. De 2013-2014 à 2015-2016, le budget provincial a enregistré un retournement financier de 6 milliards de dollars, dont 4,7 milliards sont dus à des hausses d’impôts et des compressions de dépenses.
  6. En réaction aux mesures budgétaires, le PIB du Québec en 2015 s’est retrouvé inférieur d’environ 5,6 milliards au niveau qu’il aurait atteint en leur absence. Sans ces restrictions budgétaires, le taux de chômage de 2015 aurait été inférieur à 7 %, plutôt que de stagner à 7,6 %, comme cela a été le cas depuis 2013. Il y aurait eu quelque chose comme 40 000 emplois de créés en plus.
  7. En Ontario, une évolution démographique plus douce a permis à l’investissement privé de se maintenir, et les mesures budgétaires ont été plus modérées, de sorte que la croissance économique a été supérieure à celle du Québec et que le taux de chômage a diminué.
  8. Au Québec, la conséquence de la thérapie de choc appliquée au budget de la province n’a eu qu’un effet minuscule sur le poids de la dette provinciale dans l’économie, parce que la réduction du PIB engendrée par les mesures a fait diminuer le dénominateur du rapport dette-PIB et a affaibli les revenus autonomes du gouvernement.

Il ne faut surtout pas conclure de ce qui précède que le poids de la dette du Québec dans l’économie peut être négligé. Il importe de rester vigilant. Personne ne veut retourner aux années antérieures à la Loi sur l’équilibre budgétaire, de 1996, alors que le rapport dette-PIB du Québec venait de passer de 15 % à 61 % en 25 ans. Mais il est essentiel que la stratégie budgétaire du Québec tienne compte de l’importante influence du budget sur l’économie, surtout dans une période comme celle que l’on vit présentement, où la banque centrale ne peut faire beaucoup plus pour la croissance, les taux d’intérêt étant déjà au plancher, et où le taux de chômage est encore nettement au-dessus de son niveau de plein emploi non inflationniste.

Le freinage de l’économie du Québec paraît devoir se poursuivre en 2016 : après une croissance anémique du volume global de production au Québec de 1,1 % en 2015, il est maintenant probable qu’elle ne dépassera guère 1,2 % en 2016.

NOTES:

1 Suivant la pratique des comptes économiques, la demande intérieure et chacune de ses composantes incluent la valeur de leur contenu en matières importées.
2 Si, au contraire, l’économie du Québec avait fonctionné au maximum de sa capacité, les salaires et les prix auraient eu tendance à s’accélérer. Or, ce n’est pas du tout le cas au Québec: depuis deux ans, les salaires ont augmenté à un rythme stable et l’inflation a diminué. Il n’y a pas de preuve plus claire que l’économie du Québec a tourné, et tourne encore aujourd’hui, en-deçà de son potentiel non inflationniste.
3 Les données officielles sur l’évolution de la dette du Québec ont subi des compressions découlant de changements de définitions et de réformes comptables successives. J’ai rétabli la continuité au moyen de raccordements des données qui sont fondés sur un examen détaillé des données budgétaires des années des compressions et qui préservent les taux de croissance annuels de la dette.
4 Je fais ici l’hypothèse que l’effet démultiplicateur en question a été de l’ordre de 1,2. On a 4,7 x 1,2 = 5,6.
5 Une surestimation de l’inflation a certainement contribué à l’erreur de prévision quant à la croissance du PIB. Mais si l’inflation a été plus faible que prévu, c’est justement en partie à cause de la réduction de la croissance du volume réel du PIB découlant des mesures gouvernementales elles-mêmes. Si on vend moins, on augmente moins ses prix.

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24 commentaires
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Ce qui cloche? Plusieurs choses: le complaisance mollassonne de l’État envers les syndicats, les coûts sociaux considérables, les innombrables taxes et impôts, les l’infinie liste de règlements, la gigantesque cohorte de fonctionnaires tatillons, la main-d’oeuvre disponible analphabète, etc…

M’enfin, la liste est longue…très…très longue.
Pas surprenant que nous devions subventionner les sociétés qui osent quand même de s’installer au Québec plus que TOUTES les autres provinces qui vivent dans le même Canada que nous.

L’austérité? Pourtant ne sommes-nous pas encore un des endroits où les gouvernement prélèvent le plus en Amérique du nord? De plus la relative faiblesse de la croissance au Québec existait bien avant que le Québec ne devienne soi-disant «austère»,

(Vos données sur la courte période que vous adressez sont biaisées par la grande crise financière qui a affecté les USA, or le Canada n’est pas à l’abris de l’éclatement de sa propre bulle immobilière, sans parler du pétrole et des commodité dont le boom spéculatif nous a beaucoup stimulé pendant les années dont vous parlez.)

Évidemment que de couper les dépenses publique affecte la croissance à court terme, mais ça ne veut pas dire que c’est la cause du problème structurel que nous avons. En fait c’est fort probablement l’inverse qui est vrai, c’est ce gouvernement obèse et intrusif qui pèse et écrase notre dynamisme.

Pas de doute sur la démographie, du moins pour l’avenir. Mais même là il faut nuancer, avant que les boomer ne commencent à prendre leur retraite leur concentration (et leur expérience au travail) constituait un avantage pour le taux d’activité, pourtant cela ne s’est pas reflété sur la performance économique du Québec. Voilà qui est d’autant plus inquiétant pour l’avenir.

M. Sauvageau,

Merci pour votre réaction à mon texte. Ce qui me peine dans les messages de M. François et de M. pBrasseur est la ligne idéologique émotive répétée et déconnectée des faits, de la logique et des preuves scientifiques existantes. Par exemple, le poids des impôts et taxes payés aux trois niveaux de gouvernement par les Québécois est passé de 40 % à 37 % ces dernières années, mais cet allégement ne paraît pas avoir produit de résultat. En fait, l’étude sur le lien entre le fardeau fiscal et le revenu intérieur récemment produite par le professeur Chad Jones, de l’Université Stanford, vient tout juste de répéter la démonstration du fait que ce lien n’était pas nécessairement négatif. Tout dépend toujours de ce qu’on fait avec l’argent. Par exemple, l’effet d’une hausse d’impôts peut être favorable à la croissance s’il contribue à « protéger la règle de droit, faire bien fonctionner le système judiciaire, soutenir une éducation universelle de qualité, appuyer la santé publique, bien entretenir le système routier, soutenir la recherche fondamentale… » Par ailleurs, l’argument voulant que ce soit la récession de 2009, moins prononcée au Québec, qui explique la meilleure performance économique du Québec jusqu’en 2013 (voir mon graphique 1) ne tient pas la route, puisque que le Québec a mieux fait que les États-Unis et l’Ontario AVANT 2009 (et, en fait, depuis 1990 dans le cas de l’Ontario). De même, il est illogique d’affirmer que la baisse comparative de régime de la croissance du Québec en 2014 et 2015 est due à tous ces défauts structurels dont serait victime le Québec, puisque ces défauts présumés PRÉEXISTAIENT en 2000-2013 alors que l’économie du Québec progressait plus rapidement que ses partenaires. Enfin, je suis renversé par la superficialité, la fausseté du jugement et le mépris exprimé à l’endroit de l’UQAM, une université qui héberge la plus grande école de gestion (et l’une des plus performantes, quoique avec un budget de relations publiques et de publicité moins important que chez ses concurrents) au Canada, accueille les tonnes de jeunes Néo-québécois habitant Rosemont, Côte-des-Neiges et Parc Extension, et a abrité et abrite encore un grand nombre de chercheurs de classe mondiale tels qu’André Joyal en mathématiques, Claude Hilaire-Marcel en environnement, Pierre Dansereau en écologie, Alessandro Forte en sciences de la terre, Georges Leroux en philosophie, Charles-Philippe David en science politique, etc. Ceux qui dénigrent ainsi l’UQAM ont effectivement bien fait de ne pas la fréquenter, on leur aurait collé un E.

Vous me voyez atterré par la prédominance du discours émotif et idéologique dans ces échanges sur le web.

Cordialement à vous,

Pierre F.

Merci de me mentionner dans votre réponse Monsieur Fortin mais je suis devenu idéologique le jour où j’ai réalisé justement ce que faisaient les différents gouvernements socialistes québécois avec MON argent.

Nous sommes les plus taxés et les plus imposés, les plus règlementés et l’endroit où l’État est le plus omniprésent en Amérique, or, logiquement, nous devrions rouler sur des routes pavées d’or, posséder des infrastructures impérissables, avoir droit aux meilleurs soins médicaux, être en mesure de diplômer l’élite de demain et nos universités devraient trôner parmi les meilleures au monde, etc…etc…etc…

Or, en fait, c’est presque tout le contraire qui se passe dans la réalité. Même que l’on apprenait la semaine dernière que 50% de notre population est illettrée fonctionnelle. CINQUANTE POURCENT!!!

À chaque jour, je me désespère de voir les minables résultats du modèle québécois qui n’est imité par PERSONNE, heureusement pour les autres qui ont eu la sagesse de s’en tenir éloignés.

Et on n’a même pas abordé le problème de plus en plus crucial de notre endettement public:

http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise

Mes objections face à votre insistance pour utiliser le PIB par tête au lieu du PIB global n’est pas si émotive il me semble.

Et la question demeure: Si le Québec a si bien performé avant 2013 selon vous alors pourquoi ses immigrants le quittent-il pour aller vers des régions qui performeraient moins?

La moyenne d’un classe à l’école se trouvera augmentée si les moins bon élèves quittent pour aller dans une autre classe (dont la moyenne baissera).

C’est la même chose quand les immigrants (qui ont en moyenne de plus faible salaires) quittent le Québec pour tenter leur chance ailleurs, notre PIB par habitant augmente alors que celui de la province qui le reçoit baisse.

C’est pourquoi votre PIB par habitant est une données biaisée ou tout au moins incomplète. Par contre je comprends que c’est très utile pour illustrer votre propos. Mais le fait que vous vous basiez là-dessus est suffisant pour démontrer que vous avez tort.

La question qu’il faut se poser est pourquoi le Québec peine à retenir ses immigrants et la réponse n’est certainement pas parce qu’il fait mieux économiquement.

Vous ne deviez pas être de ceux qui faisaient monter la moyenne de votre classe. Vous auriez intérêt à mieux comprendre comment fonctionne le PIB notamment ce qu’est un flux.

Il s’agit qu’Hydro-Québec décroche de lucratifs contrats d’exportation d’électricité, qu’il obtienne une augmentation de ses tarifs pour la vente d’électricité, que Bombardier, lui aussi, réussisse à vendre plusieurs de ses avions CSeries, que les médecins se mettent à soigner plus d’individus et le PIB par habitant augmentera avec ou sans migration.

Ah ben là j’comprends…

C’est simple finalement le PIB. Suffit d’un miracle de temps à autre, d’un peu de bonne volonté de la part de l’être Suprême, de passer une loi contre la mauvaise température et pouf! on vit dans un oasis céleste.

Z’avez passé beaucoup d’années à l’UQUÀM?

On sait maintenant ce qui cloche. C’est le tintement entre vos deux oreilles.

Pas besoin de miracle pour qu’Hydro-Québec augmente ses tarifs ou ses exportations, c’est déjà d’actualité (Hydro-Québec veut en prendre encore plus dans vos poches, JdeM., 29 juillet 2016), (Il [PDG d’Hydro] veut faire bondir les exportations d’électricité, JdeM, 3 octobre 2016). Pour Bombardier, ses carnets de commandes commencent à se remplir. Dans le cas des médecins, certains ont déjà compris puisqu’on pouvait lire dans les médias, qu’un médecin chirurgien pratiquait le soir et les fins de semaine parce que c’était bien plus payant.

Des tarifs plus chers ça veut dire moins d’argent dans les poches des Québécois…

HQ ne contrôle pas les prix à l’exportation, avec le gaz naturel très bon marché qui abonde la partie est loin d’être gagnée, surtout si les prochains hivers sont moins froids. De plus les gouvernement obligent HQ à acheter des surplus très chers, les exportations se font à perte dans ce cas.

Quand aux médecins bonne chance dans vos négociations!

@ pBrasseur
« …. moins d’argent dans les poches des Québécois… » Mais plus dans celles du gouvernement et un peu plus dans le Fonds des générations dédié à la dette. Ça devrait vous faire plaisir, vous, qui nous assommer de vos commentaires sur les dettes de tout acabit.

Les États américains désirent de plus en plus de l’électricité « propre », impossible de se procurer avec des centrales au gaz. Avec un coût moyen de production de 0,02 $ le kw/h et un prix à l’exportation de 0,06 $ le kw/h, ce n’est pas si mal comme rendement.

Tous les syndicats incluant celui des cols bleus de Montréal aimeraient avoir un pouvoir de négociation aussi puissant que ceux des médecins. Ce n’est surement pas de votre chance qu’ils ont besoin.

Quelle insignifiance qui comme plusieurs séparatistes n,est aucunement capable depuis 50 ans de démontrer la plus value économiquement de faire l’ indépendance ! Le peuple du Québec est un peuple comme tout le monde qui est composé de gens avec différents groupes; les Italiens, les Juifs, les Autochtones, les ethnies de religion musulmane, les Grecs, les Bosniens et tous ceux qui proviennent de l’ Europe de l’ Est et finalement les Anglais et les Français de souche du vieux Québec d’ il y a déjà plus de 250 ans ! Avec votre moyenne sans doute plus forte dans votre esprit donnez-moi un budget convenable?

Quel est le rapport avec le PIB par habitant ? Manifestement, le sujet est trop complexe pour vos capacités intellectuelles.

Ce qui roule le plus au Québec ces temps-ci c’est la réparation de routes & viaducs décrépits et la construction de résidences pour vieux. Heureusement qu’on a ça pour faire marcher l’économie.

…et l’haletante et palpitante course à la chefferie du PQ…vous en faites quoi?

Ouin…dans le fond, les péquistes remplissent les résidences pour vieux.

mais les fonctionnaires font des grèves du zèle, ne donne pas de contrat, ne veulent pas que les employés qui travaillent sur les chantiers justement travaille car il coupe dans le temps de réponses, donc ces personnes se retrouvent sur le chomage et la réparation, construction en est très ralenti

Nous sommes dirigés par des professionnels (medecins, comptables et banquiers) qui croient connaître comment faire de « vrais affaires ». Cependant, ils gérent l’économie comme on gère un budget familial, c’est à dire en croyant qu’en dépensant moins que nos revenus, les affaires iront bien. Pour continuer sur le même exemple, avec cette compréhension simpliste, aucun ménage ne ferait l’acquissition d’une maison. Comprenons que développer une économie c’est un travail qui ressemble beaucoup plus à celui d’un entrepreneur qui doit obligatoirement s’intéresser à la colonne des revenus et qui comprend qu’il doit « dépenser », soit investir s’il souhaite que ses revenus augmentent. Malheureusement, cette expertise est absente parmi nos élus et le citoyen ne s’en rend pas compte étant dans une philosophie de réduction de l’endettement (pour nos pauvres enfants…) par opposition à une stratgéie d’investissement pour accroître nos revenus (lire nos exportations).

Il appartient au privé de prendre le relais de la croissance. Le gouvernement a bien fait de réduire ses dépenses. Ce qui va remuer nos PME, c’est plus de concurrence, et moins de beaux contrats/subventions/mesures fiscales. Les PME sont de plus en plus exposées à la concurrence, grâce à l’ouverture des frontières, elles n’ont plus le choix.

«Au Québec, la conséquence de la thérapie de choc appliquée au budget de la province n’a eu qu’un effet minuscule sur le poids de la dette provinciale dans l’économie, parce que la réduction du PIB engendrée par les mesures a fait diminuer le dénominateur du rapport dette-PIB et a affaibli les revenus autonomes du gouvernement. P. Fortin»

Cette affirmation n’est pas fausse. Le vrai problème c’est qu’on a pas réduit de façon structurelle la taille et le rôle de l’état Québécois pour faire en sorte que les réductions de dépenses soient réellement viables. On a pas réellement (ou très peu) diminué le nombre de programmes et de missions. Tout ce qu’on a fait c’est d’en réduire le financement ou en tout cas réduit la croissance du financement, en plus sans même couper réellement dans les conditions incroyables dont bénéficient les employés du secteur public.

Bref on s’évertue à faire la même chose avec moins d’argent. Évidemment ça ne fonctionne pas, on ne fait que rationner davantage les services déjà souvent inadéquats. Avec le temps ça deviendra de plus en plus intenable et les dépenses reprendront.

Moi c’est ça qui me fâche, le fait que rien n’a réellement changé, l’état Québécois n’a pas changé d’un iota, il est toujours le même, obèse et étouffant. Je comprends pourquoi : les rapports de force en vigueur au Québec empêchent toute réforme importante et réellement structurelle (une simple hausse des frais universitaires a quasiment causé une révolution, même les mamies étaient dans la rue avec leur casseroles…)

Le prix à payer pour cette inaction sera notre appauvrissement collectif et c’est loin d’être terminé.

C’ était à prévoir qu’ avec M. Fortin l’ austérité emblématique colportée par les syndicats et les gauchistes serait la cause principale avec bien sûr la démographie ( ce qui n’ est pas nouveau; on ne fait plus d’ enfant et lorsqu’ on en fait il faut que l’ état paye pour les garder et les rendre à majorité ) pour une période très courte 2014-15 qui comme par hasard correspond avec l’ arrivée au pouvoir des libéraux !!!

En passant 42000 nouveaux emploies annoncé ce matin aux nouvelles !! M.Fortin vous devriez les ajouté à vos statistiques !!!