Quoi faire avec le surplus budgétaire ?

Chaque matin, je consulte les titres de dizaines de journaux ou de sites spécialisés américains pour ma revue de presse. Je n’en reviens pas du pessimisme qui règne ces jours-ci aux États-Unis. Les économistes les plus savants prédisent que le risque de récession est maintenant de 50 %, mais on dirait qu’il est de 100 % en lisant les journaux.

Ce matin, on s’inquiète de la baisse des ventes de maisons neuves (-8,3 % en août), la plus forte baisse enregistrée en sept ans. Le moral des consommateurs et à son plus bas et on s’attend à une baisse des profits des entreprises. Sur un autre registre, mais les deux questions sont liées, plusieurs économistes réputés remettent maintenant en question le libre-échange et les démocrates au Congrès se font de plus en plus protectionnistes (voir la revue de presse).

Ce ne sera pas facile pour les exportateurs canadiens. Non seulement les Américains ferment de plus en plus la porte, mais la force du dollar canadien leur enlève un important avantage comparatif. Pire, l’entente entre GM et ses syndiqués cette semaine risque d’avoir de lourdes répercussions sur les exportations manufacturières canadiennes. En effet, cet accord prévoit que GM cède au syndicat la responsabilité de l’assurance santé, ce qui diminuera de beaucoup le prix des voitures produites aux États-Unis. Cette entente fera boule de neige chez les industriels américains et les entreprises et usines canadiennes perdront un autre avantage comparatif.

Tôt ou tard, les gouvernements canadiens seront forcés d’intervenir pour soutenir les exportateurs, sinon des millions d’emplois seront à risque. (Entre janvier et juillet les exportations du Québec vers les États-Unis avaient déjà baissé de 4,8%. Le déficit commercial extérieur du Québec est, après sept mois, de 7,7 milliards de dollars.)

Pourquoi ne pas profiter de l’imposant surplus budgétaire pour alléger le fardeau fiscal des entreprises canadiennes ?

Ottawa a engrangé un surplus de 13,76 milliards de dollars en 2006-07. Le gouvernement Harper a utilisé ces fonds pour réduire le déficit, ce qui allégera de 725 millions de dollars les paiements d’intérêts et le fardeau fiscal des contribuables. Cela est bien.

Le gouvernement pourrait faire mieux en utilisant les milliards prévus pour l’exercice budgétaire en cours à la réduction du fardeau fiscal. Cela stimulerait l’économie et pourrait contrer l’impact au Canada du désastre appréhendé aux États-Unis.

Bref, comme à tous les automnes, administrer un vaccin pour empêcher la grippe de frapper trop fort.

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Rubin hier disait que la donne a changé pour le Canada et que la croissance des exportations ne vient plus des USA mais des pays émergeants qui s’arrachent les ressources du Canada. Bref, on vit un moment historique. Le Canada se détache de l’économie américaine pour s’accrocher à l’économie mondiale. En quelques années, la part des Américains dans les exportations canadiennes a fondu de 84% à 66%.

Le Québec en profite moins puisqu’il a moins de ressources en demande sur les marchés internationaux (à part l’Alumimium). Idem pour l’Ontario (c’est l’ouest qui ramasse le gros du morceau).

D’ailleurs faudrait regarder ce qui se passer avec Hydro qui ne livre pas la marchandise de ce coté. Hydro devrait fournir plus de profits surtout que les prêts en dollars usa coutent de moins en moins cher à rembourser!!!

La hausse du dollar (il pourrait aller à 1,10) fait mal à nos PME qui, elles, continuent à exporter presqu’exclusivement aux USA.

je ne sais pas où tu as pris tes chiffres mais selon Statistique Canada (Tableau Cansim 228-0003), les USA en 2006 c’est 81,6% de nos exportations…

Je ne sais pas où est-ce que j’ai pris ça. Je croyais que c’était dans l’article sur Rubin. Le chiffre n’est peut-être pas bon, mais l’idée elle l’est! Ce qu’il y a d’intéressant dans ce qu’il dit c’est que les mines et les puits de pétrole ne peuvent pas être délocalisés! Les plus grandes idées sont souvent les plus simples!

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20070927/LAINFORMER/70927147/-1/LAINFORMER

La forte remontée du dollar prouve que le Canada a «coupé le cordon ombilical avec les États-Unis», a estimé jeudi l’économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, Jeff Rubin.

M. jacques noel

Je ne connais pas les statistiques comme tel, mais ce dont je peux parler c’est qu’au niveau des panneaux de particule, des panneaux de fibre de bois, et des panneaux gaufrés, la compétition est féroce entre le Québec et les USA et ce sont de gros volumes.

Il en est de même pour les panneaux avec finis, panneaux de mélamine, panneaux recouverts de vinyle de « foil » ou peint (curtain).

Il y a certainement un marché semblable dans les deux sens pour le contreplaqué ; BC fir, épinette, peuplier.

Il existe la même chose au niveau des panneaux recouvert de placage de bois.

Ces industries doivent jongler très fort présentement et être très inquiets à cause de la valeur du dollar.

Il faut se rappeler que le dollar canadien est très fort, surtout à cause du pétrole de l’Alberta, du charbon et de quelques ressources et certainement pas à cause de la productivité du Québec.