Recherche industrielle : le crash du Canada

Le Canada n’a jamais été un grand pays de recherche industrielle, mais là, il touche le fond ! Dans son dernier état des lieux , le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation montre que le pays ne cesse de reculer par rapport aux autres économies pour ce qui est des montants dépensés en recherche et développement, en fraction de son produit intérieur brut.

Parmi 41 pays de comparaison, le Canada est passé de la 16e place à la 23e, avec un maigre 1,74% du PIB consacré à la RD en 2011, contre 2% en 2006.

Il lui faudrait tout un respirateur artificiel pour «aspirer au leadership mondial» (c’est le titre du rapport!), vu qu’Israel mène le bal avec 4,4%, suivi de la Finlande (3,8%) et de la Corée (3,7%).

Entre 2006 et 2012, les montants consacrés à la recherche par les universités, les gouvernements fédéral et provinciaux ont pourtant augmenté.

Mais les dépenses industrielles, elles, sont passées de 16,5 à 15,5 milliards de dollars dans le même temps. Un résultat que le rapport qualifie de «médiocre».

Un échec cuisant pour le gouvernement Harper, dont le Plan d’action économique prévoit que :

Pour continuer de se démarquer à long terme dans la nouvelle économie du savoir, le Canada a besoin d’entreprises concurrentielles à l’échelle mondiale qui innovent et créent des emplois de qualité.

On aurait beau jeu de mettre ces piètres résultats sur le dos de la crise économique de 2008, puisqu’entre 2009 et 2012, les dépenses des entreprises en recherche et développement ont continué de diminuer…

Le Canada est passé de la 18e à la 25e place sur 41 pour ses dépenses industrielles en recherche entre 2006 et 2011.

Selon le CSTI, c’est une tendance lourde.

L’industrie pharmaceutique, la fabrication de produits des technologies de l’information et le secteur automobile sont ceux où le recul de la RD est le plus marqué.

Même l’industrie des ressources naturelles, qui a pourtant le vent en poupe, fait aussi de moins en moins de recherche et développement !

Ce n’est pas un problème de manque de main d’oeuvre compétente, puisque le Canada est en revanche le premier pays dans l’OCDE pour le pourcentage de personnes de 25 à 64 ans ayant une éducation supérieure.

Il y a toutefois au Canada deux fois moins de titulaires de doctorat par 100 000 habitants que dans les pays en tête du classement, ce qui le place au 21 rang dans l’OCDE à ce chapitre. Mais le nombre de PhD, notamment en sciences et génie, continue de progresser.

Pour encourager la recherche industrielle, le Canada se distingue en revanche de la plupart des autres pays par le fait qu’il mise beaucoup sur le soutien indirect des entreprises, par le biais de crédits d’impôts, plutôt que sur le soutien direct aux activités de recherche.

En pourcentage du PIB, le financement direct de la recherche par les gouvernement est quatre fois plus faible au Canada que dans des pays comparables.

Il est quatre fois plus important en revanche pour les incitatifs fiscaux.

De toute évidence, cette stratégie ne fonctionne pas.

Et alors qu’on découvre que l’évasion fiscale coûte des milliards au Canada, il serait peut-être bon de se pencher sur ce que font réellement les entreprises avec leurs crédits d’impôts à la recherche…

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2 commentaires
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Est-ce étonnant quand on sait que tout ce qui intéresse ce M. Harper c’est son carré de sables bitumineux en Alberta et pas grands choses d’autres.

Il me semble que la situation n’est pas meilleur au Québec avec le désinvestissement en recherche et dans les universités annoncé par le gouvernement Marois. L’orientation industrielle au fédéral, et dans les soins au provincial, indique que nos gouvernement doivent faire des choix qui serviront ultimement à maintenir nos programme sociaux. Finit la recherche désintéressée au Québec, il faut que les sommes investit, aussi minimine qu’elles soient, procurent un retour sur l’investissement dont le gouvernement ou la population pourra bénificier.