Régimes de retraite municipaux – La réponse des jeunes du milieu des affaires

Les jeunes peuvent-ils, eux aussi, avoir l’impression de se faire voler lorsque le Régime de rente du Québec leur impose des cotisations équivalentes à plus de deux fois la rente qu’ils pourront espérer toucher de ce même régime ?

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Photo : Getty Images

La semaine dernière, François Cardinal écrivait dans La Presse : «Je me demande bien ce que les plus jeunes syndiqués pensent du comportement de leurs aînés…»
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M. Cardinal, permettez-nous de répondre au nom de la relève du milieu des affaires et de revenir sur les propos du président du syndicat de la Coalition syndicale pour la libre négociation, dont les membres ont «l’impression de se faire voler».

Et si les contribuables qui n’ont aucun régime de retraite à prestations déterminées avaient, eux aussi, l’impression de se faire voler lorsque leur Ville leur impose d’importantes hausses de taxes pour financer les déficits reliés au paiement de rentes indexées ?

Les jeunes peuvent-ils, eux aussi, avoir l’impression de se faire voler lorsque le Régime de rente du Québec leur impose des cotisations équivalentes à plus de deux fois la rente qu’ils pourront espérer toucher de ce même régime ?

Prise isolément, l’idée de revenir sur un contrat liant deux individus (un employeur et un employé) — et ce, de façon unilatérale — peut certes paraître radicale.

L’objectif, ici, est de remettre ce débat en perspective. Comment ? En replaçant l’équité intergénérationnelle à l’avant-plan.

L’expérience des dernières années peut sembler traumatisante pour la jeune génération de travailleurs. Confrontées à des coûts sans cesse grandissants, les entreprises qui proposent des régimes à prestations déterminées se devaient d’agir.

Le cadre législatif actuel ne permettant pas de réduire les promesses faites par ces régimes quant aux «droits acquis», deux choix s’offraient généralement : diminuer la teneur des prestations qui seront accumulées dans l’avenir, ou bien limiter l’accès à ces programmes aux seuls travailleurs actuels, ce qui laisse les futurs travailleurs sans couverture. Dans bien des situations, la première solution n’étant pas suffisante, ce sont les jeunes qui ont dû se sacrifier.

Essentiellement parce que les municipalités ne se font pas imposer un cadre de financement aussi strict que les entreprises du secteur privé, nous pourrions aujourd’hui vivre à retardement — ce qui s’est déjà passé dans le secteur privé.

Nous avons l’occasion de faire mieux. Les sacrifices ne sont jamais faciles, mais ceux-ci doivent être faits dans la perspective d’assurer la pérennité de ces régimes à prestations déterminées — ce que recommandait le rapport D’Amours — afin que la jeune génération de travailleurs puisse aussi en profiter à son tour.

Les finances publiques du Québec sont complexes, et chaque groupe d’intérêt souhaite obtenir la plus grosse part du gâteau possible. Or, parfois, la solidarité envers les autres groupes est la meilleure politique.

Si nous forçons les municipalités à couper les salaires et les emplois des jeunes fonctionnaires pour renflouer les déficits d’aujourd’hui, nous ferons face à un mur avec les déficits de demain.

Grâce à l’indice d’équité entre les générations (que nous avons dévoilé en mars dernier), nous avons constaté que le niveau de vie des jeunes s’était amélioré au cours des 25 dernières années, ce qui est signe d’une certaine équité.

Mais nous avons aussi soulevé plusieurs enjeux qui menaceront ce même niveau de vie au cours des prochaines années, dont le sous-financement des régimes de retraite.

Plusieurs débats sont à prévoir sur ces enjeux, et nous souhaitons qu’ils se fassent sereinement, et dans l’objectif de maintenir un certain équilibre intergénérationnel.

Au Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), nous croyons à une jeunesse d’affaires qui soit pleine d’optimisme quant à son avenir. Toutefois, nous ne devons pas perdre de vue l’importance capitale de l’équité intergénérationnelle afin que la relève ne soit hypothéquée avant même d’avoir eu la chance de construire.

Nous souhaitons que les différentes parties prenantes, en particulier les acteurs syndicaux, puissent comprendre que cet enjeu dépasse largement les intérêts privés — mais affecte concrètement l’avenir d’une génération.

* * *

Christian Bélair est président-directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

Olivier Fafard est membre du groupe de réflexion du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

 

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5 commentaires
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On a vu l’autre jour combien les employés municipaux syndiqués étaient « sensibles » à l’équité intergénérationnelle…

Ils n’en ont rien à foutre point barre. RIEN! Ils se foutent royalement de votre gueule, vous les jeunes qui finiront tout de même par payer LEURS pensions pharaoniques.

Ces millionnaires du système (leurs pensions nous coûtent un Million de $ PAR employé!!!) aiment bien parler de so-so-solidarité lorsqu’elle va dans le sens de LEURS revendications mais renâclent aussitôt que l’on veut toucher à leurs « acquis ».

Non seulement les employés municipaux ont joui de conditions d’emploi et de salaires totalement absurdes et payés par des citoyens qui n’avaient pas le quart de leurs privilèges, mais en plus, ils veulent continuer de presser le citron au cas où il resterait encore 1 ou 2 gouttes à extirper.

Merci au système socialiste et étatique québécois particulièrement complaisant envers la mafia syndicale.

Pourquoi ne pas déclencher un mouvement genre carré rouge mais à l’envers?

Le sous titre de ce papier m’a attiré et j’espérais en apprendre plus sur les promesses de la RRQ et ce qui semblait être un abus de sa part.
Malheureusement, je n’ai rien appris à ce sujet dans votre article.

Ai-je l’impression de me faire avoir lorsque je paie des taxes scolaires lorsque je n’ai pas mis les pieds à l’école depuis 40 ans et que je n’ai jamais eu d’enfant? Ai-je l’impression de me faire avoir lorsque je paie mes redevances en double comme travailleur autonome, incluant le congé parental même si je n’ai jamais eu et n’aurais jamais d’enfant?
Je n’ai aucun problème avec ça. Par contre, une entente est une entente, surtout lorsqu’elle touche l’avenir de gens qui ne pourront pas prendre de mesures correctives à court terme pour compenser. Si vous êtes une génération sans parole, attention à ce qui vous attend. Vous avez apprécié les clauses orphelines dans les négociations collectives touchant les nouveaux employés?
Mais ce qui me fait vraiment chi… c’est de suivre un VUS avec 2 sièges de bébé, sachant que le conducteur(trice) est probablement en congé parental, en pensant aux déductions d’impôts, aux garderies à 7$, et de voir l’autocollant « Écoeuré de payer ». Je me demande si je ne devrais par arrêter et demander au conducteur(triche) de me le donner … en pensant ce que c’est moi qui aurait toutes les raisons du monde de l’afficher.

Vous ne savez pas compter et vous n’avez aucun sens de l’équité sociale. Qui vous donnera des services quand vous serez vieux sinon les enfants des autres? Certainement pas vos enfants puisque vous n’en avez pas. Vous ne saisissez pas non plus que c’est la dénatalité qui cause ces déséquilibres entre les cotisations et les prestations de retraite.

«Le Régime de rente du Québec leur impose des cotisations équivalentes à plus de deux fois la rente qu’ils pourront espérer toucher de ce même régime.» Cette affirmation mérite d’être étayée et chiffrée. Si elle est exacte, une révolution dans la gestion du Régime de rentes doit être faite. Comment une telle chose ait pu passer inaperçue jusqu’à maintenant?