Relancer l’économie : austérité ou dépenses publiques ?

Austérité, taxation ou davantage de dépenses publiques pour guérir l’économie ? Ce n’est pas là un débat d’économistes ou de politiciens, mais un débat quasiment théologique sur le rôle de l’État et des marchés dans l’économie. Les excommunications sont fréquentes et il me semble qu’il faut être dans un camp ou dans l’autre. J’entends complétement dans un camp ou dans l’autre.

Tous les remèdes ont des effets secondaires et j’ai peine à imaginer que le même traitement puisse être approprié à tous les pays. Les problèmes ne sont jamais tout à fait les mêmes et il faut tenir compte des antécédents historiques, géographiques, sociologiques, démographiques, politiques et économiques du patient.

Par exemple, une concoction de taxes et impôts n’a pas le même effet dans un pays nordique, qui les tolère bien, qu’aux États-Unis où on a fait la révolution pour ne pas payer trop de taxes. Ajoutez des taxes dans un pays où la productivité est très élevée n’a pas le même impact sur la compétitivité qu’au Québec, par exemple, où nos coûts d’exploitation sont souvent très élevés. Je pense en particulier au secteur minier. De la même façon, un pays, un État ou une province avec du pétrole a des atouts que d’autres n’ont pas.

Certains disent que les pays baltes, l’Estonie en particulier, a fait la preuve que la réduction des dépenses gouvernementales a un effet magique sur la santé économique. Et si c’était plutôt parce que les finances publiques étaient déjà dans un merveilleux état en santé ? Ou parce que le pays est très ouvert aux investissements directs étrangers ? Ou encore parce l’Estonie est exemplaire en tout avec ses élections par internet ou ses crédits carbone ?

D’autres vous diront que la Grèce est la preuve vivante de l’échec des politiques d’austérité avec son économie en lambeaux et les souffrances imposées à sa population. Mais sont-ce vraiment les coupures budgétaires qui ont causé ce gâchis ? Le pays vit au-dessus de ses moyens depuis des années et son économie n’est aucunement compétitive.

Revenons aux traitements prescrits.

Certains disent que l’État doit dépenser toujours et encore pour stimuler la demande et booster l’économie. Hélas, une gestion imprudente des fonds publics va accroître la dette et la facture d’intérêts, en plus d’alerter les marchés qui pourraient vous imposer des taux plus élevés. La hausse inconsidérée de la dépense publique n’est pas une solution. Si c’était le cas, les économies des pays industrialisés rouleraient à 150 kilomètres à l’heure compte tenu de leurs déficits fulgurants. Ce n’est manifestement pas le cas.

Deux traitements sont connus pour diminuer les déficits et alléger, du moins proportionnellement, le fardeau de la dette.

Les gouvernements peuvent taxer davantage. Juste cette année, les ménages québécois verseront en moyenne 550 dollars de plus pour s’acquitter des hausses de taxes, d’impôts et des tarifs. Depuis 2011, les hausses de la TVQ, de la taxe sur l’essence, ainsi que la cotisation santé ont soulagé les Québécois de plusieurs milliards de dollars. Voilà autant d’argent qui ne sera pas dépensé, épargné ou investi.

Une taxation trop lourde risque aussi de décourager l’initiative privée. Pour subsister, les entreprises doivent rester compétitives et les entrepreneurs doivent avoir le goût de faire de l’argent. C’est impossible si un gouvernement pige trop goulûment dans les coffres de l’entreprise et dans la poche des propriétaires.

Par contre, un gouvernement qui prescrit un médicament 100 % austérité et diminue dramatiquement ses dépenses prive l’économie de milliards de dollars d’un coup sec. La baisse des paiements de transfert (assurance-emploi, prestations d’aide sociale, pensions de retraite, etc.) diminue la consommation des plus défavorisés, crée du chômage chez les employés de l’État et chez les fournisseurs du service public et rend la vie des pauvres gens misérables.

Ce médicament est souvent nécessaire, mais il fait mal. Est-il efficace ? Tout dépend du dosage, un peu comme la chimiothérapie. Les coupures dans la dépense publique, c’est en fait la chimiothérapie des États. N’oublions pas que l’idée n’est pas de tuer le patient, mais de le rescaper.

 

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Pour que votre analogie soit sérieuse, il faudrait traiter les cas similaires de façon similaire.

La chimiothérapie fonctionne en détruisant les cellules cancéreuses et en empêchant leur prolifération. La « chimiothérapie étatique » ne devrait pas viser les « cellules saines », mais celles qui sont malades. Dans le cas de l’État, ces « cellules » pourraient très bien être les « rent-seekers » qui profitent de nos ressources sans collaborer davantage à la société québécoise. Ça pourrait être aussi les « high flying marketeers » et les autres grands financiers qui ponctionnent l’argent réel et confinent les citoyens au crédit. Ça pourrait être tous les revenus dont se prive le Québec en crédit d’impôts, en subventions, etc., à des compagnies qui n’en ont pas besoin. C’est la corruption aussi…

Franchement, vous ratez la cible sur ce coup-ci.

Quand plus personne ne veut vous prêtez de l’argent, les gouvernement n’ont plus vraiment le choix.

Si nous nous amusons à poursuivre votre analogie avec la médecine. La question première pourrait être de savoir si nous sommes malades et accessoirement si tout le monde est malade ou seulement quelques-uns.

S’il devait apparoir que nous souffrissions de quelques maux, encore faudrait-il identifier la maladie avant de préconiser le remède. Faut-il passer par un traitement invasif comme la chimiothérapie, quand parfois une petite cure minceur ferait très très bien l’affaire ? Quelques tisanes, des vitamines et un peu d’exercice.

Molière dans « Le malade imaginaire » se moquait très bien de toutes ces personnes fortunées ou embourgeoisées qui se trouvent toutes sortes de maux et réclament toutes sortes de remèdes tous plus inappropriés ou ragoutants les uns que les autres ; quand un bon morceau d’Edam et un bon verre de rouge sont les potions les plus appropriées pour remettre le valétudinaire sur pied.

Est-il possible que nos sociétés soient devenues trop riches et que même les pauvres n’ont pas la moindre conscience de tout ce que la « société » fait pour eux quand ils sont malades, quand ils sont vieux, quand ils cherchent un emploi, quand il veulent s’éduquer ?

Pour conclure, puisqu’il était aussi question de théologie, je rappellerai les propos de Jean-Paul II : « Le monde n’est pas partagé entre les bons et les méchants mais entre les riches et les pauvres. »

Toute société bien formée repose sur des valeurs solides et tout le reste est accessoire peu importe le prix demandé à payer.

Pour une rare fois, je suis d’accord en bonne partie avec M. Duhamel : les choses ne sont pas toutes noires ou toutes blanches. au Qubéec, l’endettement public est un problème assez important, qui devrait nous garder d’augmenter les dépenses du gouvernement. L’impact de cet endettement est assez considérable. En effet, malgré des conditions d’emprunt très bonnes, le service de la dette a augmenté de près de 1,5 milliard en seulement 2 ans! Il est maintenant de près de 9,5 milliards par année. C’est autant d’argent qu’on a plus pour se payer des services.

Pour terminer, j’aimerais simpement apporter une petite précision relativement à la citation suivante : « Depuis 2011, les hausses de la TVQ, de la taxe sur l’essence, ainsi que la cotisation santé ont soulagé les Québécois de plusieurs milliards de dollars. Voilà autant d’argent qui ne sera pas dépensé, épargné ou investi. » En fait, cet argent en disparaît pas : il est quand même dépensé. En bonne partie pour des salaires de fonctionnaires, j’en convien, mais ces personnes font elles aussi rouler l’économie. Parfois, c’est aussi le privé qui en profite : pensons aux projes d’immobilisation. Attention, je ne dis pas qu’il faut créer des emplois publics pour faire croître l’économie. Cela dit, il faut quand même apporter la nuance.

On ne relance pas une économie en s’endettant davantage. C’est stupide!

L’école de Keynes a prouvé sa déficience depuis longtemps.

Il faut impérativement stopper notre endettement endémique et chronique et assainir nos finances publiques. Ça va donner un grand coup mais on a pas le choix.

Y’en a marre de transférer à nos enfants tout le poids de nos inepties gauchistes.

Elle est où l’équité intergénérationnelle là-dedans?

Impossible de parler de la Grèce ou de l’Espagne sans parler de l’Euro. Initialement l’appartenance à cette monnaie a permis des conditions de crédit trop facile, ce qui a mené à trop d’endettement alors qu’aujourd’hui cette monnaie est beaucoup trop forte pour ces économies qui s’en trouvent paralysées.

C’est dont un problème supplémentaire (et apparemment insoluble) pour ces pays en dépression et il est difficile de départager avec certitude les causes de leur déboires.

Par ailleurs vivre selon ses moyens n’est pas une chose optionnelle, ce n’est pas un choix ni une politique, à terme c’est une réalité à laquelle on ne peut échapper que temporairement en dévorant l’avenir, ce qui garanti en fait que nous devrons pour compenser tôt ou tard en vivant alors en dessous de nos moyens…

@ François 1

Paul Krugman ne pense pas comme vous : « Car une économie nationale n’est pas comme un ménage. Une famille peut décider de dépenser moins et essayer de gagner plus. Mais si l’on prend l’économie dans sa globalité, les dépenses et les recettes marchent ensemble : ce que je dépense, c’est ce que vous gagnez ; ce que vous dépensez, c’est ce que je gagne. Si tout le monde se met à sabrer dans les dépenses en même temps, les revenus vont chuter – et le chômage va grimper en flèche. […]

A ce moment-là [crise de 2008], les gouvernements se devaient d’intervenir, dépenser pour soutenir leur économie le temps que le secteur privé ne retrouve un équilibre. Et c’est ce qui s’est passé, dans une certaine mesure : les recettes ont chuté drastiquement lors de la crise, mais les dépenses, en fait, se sont accrues, avec des programmes comme l’assurance chômage qui s’est développé et la relance économique temporaire qui s’est mise en place. Les déficits budgétaires ont augmenté mais c’était en réalité une très bonne chose, certainement la raison la plus importante pour laquelle nous n’avons pas revécu exactement la Grande Dépression. »

Même le FMI avoue s’être tromper avec les mesures d’austérités demandées aux états. Dans le même article Krugman écrit : « La conclusion de cet article [l’étude du FMI] c’est que l’austérité n’a pas simplement un effet de dépression sur les économies affaiblies, mais que l’effet inverse est bien plus fort que ce qui était envisagé auparavant. Le virage prématuré vers l’austérité s’est avéré être une terrible erreur. »

http://www.rtbf.be/info/chroniques/chronique_l-echec-monumental-paul-krugman?id=7903429&chroniqueurId=5032403

Faites une recherche M.duhamel et regardez les mesures qui ont fonctionné: l’augmentation de la taxation sur les cies, sur les grandes fortunes, en ajoutant avec un impôt sévère, ainsi que des investissements accrus dans les services publics ont permis aux États de l’occident de rebâtir leur économie… (création du welfare state)… Les mesures des années 35 à 50 ont permis les «Trente glorieuses». Les mesures prisent à partir de Nixon jusqu’à récemment n’ont faite que détruire les économies nationales au profit des économies privées, en coupant sur la taxation et en disant que c’est la faute des services publiques. M.A en politiques publiques et internationales, spécialisé dans le rôle de l’État dans l’intégration économique des chaînes de valeur mondiales, avec une préférence pour le modèle transnationaliste.

M. Plamondon vous semblez oublier que l’économie est une affaire de mobilisation, et que la mobilisation est sujective, donc oublions les outils de coercision,d’ailleurs vous ne semblez pas faire une différence entre ce qui est ponctuel et structurel, ma reference c’est Alphonse Desjardins qui a réussi seulement en intervenant sur les mentalités a changer l’image du Québec. mais meme les caisses ont oubliées la philosophie du fondateur, les caisses sont de plus en plus centralisés et nous savons pourquoi, ca appelle du salaire pour les administrateurs, voila ou notre économie,se casse la gueule, faire reposer la vitalité sur la tete de quelques administrateurs.

« Y’en a marre de transférer à nos enfants tout le poids de nos inepties gauchistes. »

Exactement le genre de désinfromation qui fait que ce genre de débat dérappe trop souvent. Historiquement, ce sont les gouvernements de droite au Canada qui ont fiat les plus gros déficits. Au Québec, les plus gros déficits ont toujours été enregistrés sous des gouvernements libéraux, et ce sont les péquistes qui font le ménage à leur arrivée au pouvoir. Enfin, loin de moi d’affirmer que les déficits publics sont uniquement le fait de la droite, mais essayer de faire croire que ce sont des « inepties gauchistes » qui en sont responsables, c’est de la plus pure propagande.

@ Marc Sauvageau (#7) :
Le discours de Paul Krugman est connu de ceux qui s’intéressent à l’économie. Bien que j’aie le plus grand respect pour cet économiste, je pense qu’il n’apporte pas de réponse suffisante à cette simple question : Pourquoi les élites politiques et les économistes se sont trompés ?

Les personnes qui s’intéressent à la chose économique en effet, savent que le déficit peut être un excellent levier pour maintenir et stabiliser une économie et pratiquement pour soutenir une croissance saine. Détruire une économie par l’appauvrissement de la population n’a rien de bon puisqu’il en coûtera plus encore pour reconstruire une économie en bonne santé. Le plus souvent cela se fera avec d’autres et plus d’uns seront des laissés pour compte.

Si ce n’est que cette déconstruction de l’économie n’a pas commencée avec la crise de 2008, pas plus qu’elle ne s’est intensifiée deux ans plus tard avec la crise de la dette. S’il y a une crise de la dette précisément, c’est parce qu’on n’a eu de cesse de creuser les déficits, même quand les choses allaient plutôt bien et on a continué de dépenser inconsidérément pour des futilités.

Ce n’est donc pas selon moi, la question du déficit versus pas de déficit du tout sur laquelle on doit fonder ses variables ; la question serait plutôt de savoir de quelle manière on administre les fonds publics et accessoirement s’ils sont bien administrés. C’est pour cette raison que plusieurs gouvernements parlent maintenant de rigueur et non plus d’austérité.

La réponse à cette question, vous la trouverez à tout le moins en partie, dans la chronique de Krugman que vous citez : « (…) bien trop de ceux qui sont responsables de cet échec sont toujours en place et refusent de tirer les leçons de leurs erreurs. » – En d’autres mots, ce qui nous conduit à l’échec, c’est le manque d’humilité de certains et les prétentions outrancières de quelques autres. Le problème ne relève pas directement de la science économique et un peu plus du comportement de l’humain.

@ Serge Drouginsky #11

Au questionnement de la gestion des administrations et à la réponse de Krugman que vous citez voici un complément de réponses :

« … la relance n’était pas l’objectif prioritaire à l’éclatement de la crise. L’objectif était bien davantage « de ne pas gaspiller une bonne crise » et d’en tirer profit.

L’austérité a détruit les politiques sociales et a renforcé le pouvoir des investisseurs sur les États. Pour ces derniers, il s’agit d’un gain appréciable.

[…]

La « sortie » de crise actuelle montre à quel point l’idéologie de la suprématie du marché, ainsi que les intérêts qui y sont liés, domine les points névralgiques des prises de décision dans l’Occident contemporain.

[…]

Krugman a effectivement été clairvoyant, mais ce qu’il ne parvient pas à comprendre, c’est pourquoi les responsables de l’échec colossal sont toujours en poste et qu’ils dirigent les principales économies du monde.

La réponse à ce questionnement est sans doute bien plus politique. Les décideurs visés par Krugman ont beau avoir échoué à relancer l’économie, ils ont contribué au maintien et même à l’élargissement de l’hégémonie d’une élite économique. Ils ont donc réussi bien plus qu’ils ont échoué. C’est ce bout-là qui fait défaut dans l’analyse de Krugman, qui ne prêterait sûrement pas de si mauvaises intentions à l’élite économique mondiale… »

http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/opulence-et-crise

@David

Si vous êtes bien le David que je crois, (celui qui intervient souvent sur ce blogue pour traiter les « gauchistes » d’ignares)Krugman ferait donc comme vous; il « fait de la politique en traitait d’imbécile tout ceux qui ne pensent pas comme lui »

@ Guy Masson (# 10):

« Historiquement, ce sont les gouvernements de droite au Canada qui ont fiat les plus gros déficits. » (sic)

FAUX!

Ce sont les Conservateurs de Brian Mulroney au milieu des années ’80 et début des ann ées ’90 qui ont débuté les efforts de la réduction du déficit canadien avec Michael Wilson comme Ministre des Finances (réduction des dépenses, traité de Libre-Échange, révision de l’Assurance-Chômage, introduction de la TPS, etc…). Les Libéraux n’ont ensuite que continué sur l’erre d’aller des Conservateurs.

« Au Québec, les plus gros déficits ont toujours été enregistrés sous des gouvernements libéraux, et ce sont les péquistes qui font le ménage à leur arrivée au pouvoir. » (sic)

QUOI??? Les Libéraux seraientdes gens de « droite »???

Mais où avez-vous lu ce genre de bêtise? Dans une bande dessinée? À l’arrière d’une boîte de céréales?

Le Québec n’a presque jamais été gouverné par un parti politique vraiment de droite. Si vous étiez bien informé, vous sauriez que les Libéraux sont considérés « de droite » par une certaine frange de la population simplement parce qu’ils sont plus à droite que les extrémistes de gauche et qu’ils ne sont en rien assujettis aux grosses centrales syndicales et à la plupart des groupuscules de pression alors qu’ils sont, en réalité, des gauchistes-interventionistes modérés.

Permettez-moi de douter de cette affirmation : » Depuis 2011, les hausses de la TVQ, de la taxe sur l’essence, ainsi que la cotisation santé ont soulagé les Québécois de plusieurs milliards de dollars. Voilà autant d’argent qui ne sera pas dépensé, épargné ou investi. »
Les gouvernements qui prélèvent des taxes font quoi avec l’argent ? Ils le dépensent dans leurs programmes d’aide en santé, en éducation et aux démunis ET aux ENTREPRISES. Tout comme les pétrolières qui augmentent le prix à la pompe distribuent les profits à leurs actionnaires qui le mettent dans leur poche pour l’achat d’une mercedes.

@ Orlando,

Votre explication est à la fois simpliste et incomplète.

Les gouvernements dépensent en effet les sommes prélevées et même plus ce qui crée l’endettement que nous connaissons. Par contre, rien ne prouve que 1) les sommes sont dépensées efficacement et 2) qu’elles rencontrent les objectifs voulus. Historiquement, la faiblesse du secteur public par rapport est son incapacité à reconnaitre les intérêts de la société et ses priorités. C’est pour cela que l’individu dépensera toujours son salaire de facon plus efficace que l’état. Par contre, les nouvelles technologies offrent aux différents gouvernements de meilleurs outils.

En plus, les revenus prélevés dans des postes spécifiques (i.e. taxe santé, taxe sur l’essence, etc) ne sont pas dépensés pour améliorer le poste/département en question. Par exemple, les revenus de la taxe santé ne sont aucunement dépensés dans le système de santé et les revenus de la taxe sur l’essence ne servent pas à améliorer l’état des routes ou le système de transport en commun. Ce sont des taxes et des impôts déguisés simplement.

Au sujet de votre exemple sur les pétrolières, je vous suggère de faire une recherche plus approfondie sur ce secteur. Distribuer des profits à ses actionnaires et le but premier de n’importe quelle compagnie privée. Le seul problème avec la fluctuation des prix de l’essence est qu’il est interdit (pour des raisons évidentes) à un consommateur de faire des réserves lorsque le prix est bas. Il peut donc difficilement diminuer sa consommation de facon significative quand le prix monte.

@ Marc Sauvageau (#13) :

Merci pour l’article que vous mentionnez. – Toutefois, l’une des questions que je me posais, c’était de savoir si ce sont les politiques d’austérité qu’il faut mettre directement en cause ou la manière dont ces politiques sont administrées. Cela rejoint en effet la direction politique de plusieurs pays.

Ainsi pour prendre deux exemples concrets : faut-il investir (quitte à faire un peu de déficit) dans la création d’emploi, le démarrage d’entreprises et la formation professionnelle ou toujours plus dans des infrastructures qui ne sont pas toutes utiles ou que nous payons parfois trop cher ?

Si vous produisez un déficit de 1 milliard, la question qui toujours se pose, c’est de savoir à quoi sert ce milliard, la question pour un État reste de savoir si ce déficit contribue à maintenir les revenus de l’État ou sert simplement à accroître autant que faire se peut le PIB ce qui ne favorise à terme qu’un accroissement de l’endettement.

D’autre part cet article d’un blogue de l’IRIS que vous mentionnez, met le doigt sur les aspects pervers de la crise de la dette. En effet quand un pays doit emprunter à court terme avec des taux d’intérêts qui dépassent 5% (ce qui a été le cas de plusieurs pays de la zone Euro dont le Portugal), cela profite effectivement aux bailleurs de fonds et c’est insoutenable pour un gouvernement. D’où les choix de l’austérité avec les dommages collatéraux qu’ils comportent.

Ce qui plaide en faveur de l’argumentation de Paul Krugman pour les Etats-Unis, c’est le fait que ce pays peut encore emprunter à très bon prix. Des taux d’intérêts proches de 0% à court terme.

On comprend très bien par mes propos que la capacité d’un pays de produire des déficits est intrinsèquement liée aussi à sa capacité d’emprunter. Comme tout cela est lié à la structure de son économie. Certains pays ont plus de valeurs à échanger que d’autres. C’est donc sur la production de valeur qu’il faut concentrer l’effort économique et sur l’accroissement de l’offre sur l’ensemble des marchés, ce qui soit dit en passant doit normalement avoir un impact positif sur les prix, préservant par le fait-même le pouvoir d’achat citoyen.

@ Jacques Marceau # 18

Comme commentaire simpliste et incomplet le vôtre l’est tout autant.

Par exemple : « C’est pour cela que l’individu dépensera toujours son salaire de façon plus efficace que l’état. » Qu’est-ce que dépenser son salaire de façon efficace dites-moi ? Quand on sait qu’un consommateur fait ses achats de façon irrationnel et que 84% des ménages ont des dettes de consommation selon la dernière étude de statistique Canada (La proportion des débiteurs ayant un solde impayé de carte de crédit était de 48 %; 41 % avaient un montant à rembourser sur une marge de crédit; 32 % avaient d’autres emprunts (p. ex., des prêts personnels); 18 % avaient des prêts étudiants; 3 % avaient d’autres dettes (p. ex., des factures non payées) et moins de 1 % avaient des prêts sur salaire.)(1)

S’il y a un secteur où le gouvernement dépense le plus, c’est en santé. Et selon vous, la taxe santé ne servirait pas à défrayer les dépenses de santé!

Taxes et impôts déguisés dites-vous. Comment peut-on déguiser une taxe qui se nomme justement une taxe ? Là vraiment ça dépasse tout entendement! Ce serait une taxe déguisée si lors d’une visite chez votre médecin on vous imposerait des frais de visites qui iraient dans les coffres du gouvernement.

1- http://www.statcan.gc.ca/pub/75-001-x/2012002/article/11636-fra.htm#a2

@ Marc Sauvageau (#20) :

Pardonnez-moi de m’immiscer une fois de plus dans le débat, j’aimerais cependant apporter quelques éclaircissements sur vos derniers mots.

En pratique, la Taxe santé ou Contribution de santé instaurée depuis le 1er juillet 2010 est destinée à être versée dans un Fonds spécial dédié exclusivement au financement des établissements de santé. Quoiqu’elle fût initialement prévue pour rapporter environ 700 millions de dollars, elle rapporte en pratique 1 milliard. Rien n’indique hors de tout doute que ces sommes soient directement allouées dans leur intégralité à l’usage suivant son énoncé.

Quoique le Conseil du trésor, dans l’établissement de son Budget de dépense soit tenu réglementairement à des règles strictes et qu’il respecte en principe les ratios de dépenses prévus dans le Discours sur le budget, il n’en reste pas moins tributaire d’une multitudes de facteurs, dont il doit tenir compte dans son exercice de gestion des sommes perçues par l’État. C’est pourquoi le Conseil doit procéder à des arbitrages en tout temps.

Au terme de l’exercice on dépensera bien pour la santé selon le ratio prévu au budget et ces dépenses seront réparties sur un ensemble de postes. S’il n’y avait pas de Contribution santé, les établissements de santé seraient de toute façon financés d’autant plus que cette seule contribution ne permet pas de parer à toutes les éventualités.

Ce que je comprends des propos de Jacques Marceau, c’est qu’il déplore que les gouvernements aient beaucoup d’imagination pour avoir recours à toutes sortes de prélèvements supplémentaires qu’ils imposent – sans nous consulter – à toute la population, sous prétexte de maintenir pratiquement au même niveau les autres prélèvements fiscaux, lorsque dans la vie de tous les jours bien des gens se trouvent avec toujours moins d’argent dans leurs poches. D’où un surendettement certain des ménages, ce que d’ailleurs vous relevez vous-même dans vos propres propos.

S’il est vrai que certaines personnes peuvent quelquefois dépenser inconsidérément, la capacité pour le citoyen de pouvoir épargner est conditionnelle à ses revenus et de ce qu’il en reste après tous les prélèvements. Un État responsable devrait toujours prendre en compte la capacité de paiement de tous ses concitoyens. Peu importe le parti au pouvoir, nous sommes en cette matière toujours loin de la coupe aux lèvres.

@Marc Sauvageau,
Correction: J’aurais dû dire « ces taxes sont des impôts déguisés ». Comme vous dites, elles sont déjà des taxes. Maintenant, une des raisons pour lesquelles elles sont déguisées est qu’elles donnent l’illusion que les revenus seront dépensés dans un secteur en particulier alors que ce n’est pas le cas.

Concernant votre critique de mon argumentation, elle n’apporte aucun contre-point. Je conviens que la méthode de prise de décisions des consommateurs est parfois irrationnelle mais je persiste qu’un consommateur dépense son salaire selon ses propres intérêts d’une façon plus efficace que si l’État percevait une plus grande portion de son salaire et lui imposait ses choix. À titre d’exemple, la RAMQ oblige les québécois qui n’ont pas d’assurance médicament à débourser 500$ par année pour souscrire au régime public. Certaines personnes font le choix de ne pas avoir ce type d’assurance et auraient certainement dépensé cette sommes plus efficacement en se payant des vacances méritées, en faisant des réparations qui tardent sur la maison ou simplement en épargnant.

Certes, plusieurs ménages sont malheureusement endettés (souvent en raison des taux d’intérêts artificiellement bas). Par contre, vous omettez volontairement de mentionner que les gouvernements sont bien plus endettés que les ménages et surtout que peu de leurs décisions en matières de politiques publiques sont prises de façon rationnelle. Il s’agit souvent de tenter de séduire une niche d’électeurs potentiels et ce, peu importe les impacts économiques. Ex : le PQ qui achète les étudiants en annulant des hausses de frais et en augmentant les régimes de prêts et bourses déjà les plus généreux au Canada ou bien le PLQ qui, pour acheter les familles ayant de jeunes enfants, offrent en pleine campagne électorale un crédit pour l’achat de matériel scolaire.

Je comprends qu’un État ne se gère pas de la même façon qu’un ménage mais il doit par contre être géré sous des principes similaires. Vivre selon ses moyens est universel et doit être appliqué dans les ménages comme dans les gouvernements.

@ Jacques Marceau #22

Vous avez une façon bien à vous de définir une taxe ou impôt déguisé. En général une taxe est déguisée par rapport à celui qui la paie et non de la manière dont elle est dépensée.

Encore une fois vous ne me dites pas ce qu’est une dépense efficace. Dépenser en fonction de ses intérêts n’est pas une mesure d’efficacité. Votre comparaison avec l’assurance médicament est douteuse. Tout le monde doit avoir une assurance médicament au Québec. Donc la prime de 500 $ (579 $ en réalité depuis juillet) ne pourra pas être épargnée et devra aussi être versée dans un régime d’assurance privée qui, bien souvent, est plus dispendieux que celui du public.

Vous me reprochez d’avoir, volontairement, omis de mentionner que la dette de l’administration publique était plus élevée que les ménages. Premièrement j’ai répliqué à votre commentaire qui n’en faisait pas mention et qui n’était pas l’objet du commentaire, deuxièmement votre affirmation n’est validée par aucune référence.

@ Serge Drouginsky #21

Je vous remercie de ces précisions.

@Francois 1

Les Conservateurs au milieu des années 80 ont effectivement fait les plus gros déficits de l’histoire canadienne, que ça vous plaise ou non.

Quand au Québec, on pourrait avoir une discussion théorique sur la gauche et la droite, n’empêche pas moins que le PLQ n’est certainement pas de gauche.

De toute façon, le point n’est pas de dire que les déficits publics sont plus une histoire de droite ou de gauche, mais simplement que la réalité est beaucoup plus complexe, ce qui semble vous échapper.

On pourrait trouver une pléade d’exemples de gouvernements de gauche et de droite qui ont clairement mis à mal les finances publiques de leur pays. Tout comme on pourrait en trouver, des deux côtés de la clôture, qui ont fait de bonnes choses en la matière.

Un fait demeure : la réalité des finances publiques, peu importe le pays en cause, est beaucoup plus complexe que de se limiter à une bête analyse gauche-droite. Mais bon, je peux comprendre que pour certains les simplifications de ce type peuvent permettre de se conforter dasn une certaine « réalité »!

@ Guy Masson (# 24):

« Les Conservateurs au milieu des années 80 ont effectivement fait les plus gros déficits de l’histoire canadienne, que ça vous plaise ou non. » (sic)

Si, au lieu de tenter de dévaloriser mon opinion et de douter de mon intelligence, vous auriez pris le soin de lire mon commentaire et de faire un minimum de recherches, vous auriez noté que j’ai clairement statué que les Conservateurs ont été les premiers responsables de la LUTTE contre le déficit du gouvernement Canadien et que la palme en revient surtout à Michael Wilson, Ministre des Finances de l’époque.

Pour ce qui est de la dette québécoise, je vous propose d’aller voir ce lien:

http://www2.lactualite.com/pierre-duhamel/2013/01/09/relancer-leconomie-austerite-ou-depenses-publiques/

Vous y trouverez une réponse partielle à vos tourments.

Le PLQ est DÉFINITIVEMENT un parti de gauche. Il est de faction modérée mais clairement de gauche, interventioniste et enclin, tout comme les socialistes, à étatiser plutôt qu’à faire confiance en l’intelligence et au sens des responsabilités des gens. Dernière réalisation en lice = le Plan Nord.

Parler de la « complexité » des finances publiques (exemple pétant de langue de bois…) n’est qu’un écran du fumée pour tenter de se décharger de ses responsabilités et de retarder les décisions cruciales (surtout pour les politiciens en mal d’amour!) à la semaine des quatres jeudis.

Les Conservateurs sont parvenus à RÉDUIRE le déficit accumulé Canadien dans les années ’90. J’insiste: À RÉDUIRE!!!

À cette époque, le Canada servait d’exemple à toute la planète! Le Québec a tenté de faire la même chose durant le règne de Bouchard mais il a lamentablement échoué car malgré le « déficit zéro » officiel, résultat de manipulations comptables et de comptabilité « créative », la dette du Québec, elle, augmentait scandaleusement.