Roberval

Depuis janvier 2008, les 115 employés de la scierie d’AbitibiBowater, à Roberval, travaillent bénévolement 30 minutes par jour.

Entrevue avec Yves Gobeil, directeur des services à la Fédération des travailleurs et travailleuses du papier et de la forêt de la CSN

Quelle est la situation actuelle pour l’usine ?

La compagnie a demandé des concessions aux travailleurs. Comme il existe deux quarts de travail dans cette usine (alors que dans plusieurs usines, on fonctionne avec trois), il était possible d’organiser un horaire où les gens travailleraient des quarts de 8h30, en étant payés pour 8 heures. Ces 30 minutes sont un maximum; le « bénévolat » est déterminé par le prix du bois, à l’aide d’une grille indiquant les variations du prix de 1000 pieds de mesure planche (pmp). Si le bois est à moins de 315 $ US, les employés travaillent 30 minutes. S’il est entre 315 $ US et 335 $ US, c’est 15 minutes. Si le prix monte au-delà, ils n’ont pas à travailler de minutes supplémentaires. C’est une entente qui est conclue pour deux ans.

C’est une scierie à risque. Sa position géographique influence beaucoup sa rentabilité. Elle est au coeur de la ville de Roberval, ce qui est moins avantageux compte tenu de la provenance du bois. Le bois arrive sur des camions qu’on appelle des « mammouths », mais on doit charger le bois sur des camions moins gros pour entrer dans la ville et rouler sur les voies publiques, ce qui coûte plus cher. Ceci en plus des risques qu’entraînent les conditions du marché actuel.

Roberval n’est pas une ville monoindustrielle, mais le Saguenay tout entier est une région d’industrie forestière et toutes les usines sur ce territoire appartiennent à AbitibiBowater. Il y a une dizaine d’usines de sciage dans un petit secteur.

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