Sale temps pour les laboratoires d’idées

La crise économique touche les emplois, mais aussi les idées !

La crise économique touche les emplois, mais aussi les idées
photo : Istock

Les laboratoires d’idées (think tanks), qui se donnent pour mission d’alimenter le débat public par leurs recherches et analyses dans divers domaines, traversent une période difficile. La plupart d’entre eux sont tributaires de dons provenant des particuliers et des entreprises, qui ont fermé leurs goussets pendant la crise. « Notre budget annuel était de 1,4 million de dollars en 2007, il est tombé à 950 000 dollars en 2008 », explique Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l’Institut économique de Montréal. Cet organisme a réduit ses effectifs de 11 à 7 salariés et limité le nombre de ses conférences.

Il n’est pas le seul. L’Institut Fraser n’a pas remplacé 8 employés qui ont quitté son équipe de 30 personnes, et des projets sont mis en veilleuse.

À l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), le financement provient en grande partie des revenus de placement d’un fonds de dotation créé en 1972. Mais en raison de la crise financière de 2008, « le fonds a baissé dans une grande proportion », indique son président, Mel Cappe. L’organisme a conservé ses 15 employés, mais a réduit ses dépenses téléphoniques et les coûts d’impression de certaines de ses publications en invitant les lecteurs à télécharger leur exemplaire dans Internet.  

Plus de la moitié des 5 465 groupes de réflexion de la planète sont concentrés dans 10 pays.

États-Unis                1 777

Grande-Bretagne         283

Allemagne                  186

France                        165

Argentine                     122

Inde                              121

Russie                           107

Japon                             105

Canada                              94

Italie                                   87

Source : Foreign Policy Research Institute