Sauvé par Ottawa !

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, garde le cap sur le déficit zéro et maintient le même horizon, soit pour l’année prochaine. Mais on voit bien que le périple est semé d’embûches et qu’il faut beaucoup de courage et de créativité pour espérer se rendre à destination dans les délais convenus.

Il faut aussi faire preuve de modestie. Sans la hausse des transferts fédéraux (280 millions), surtout de la péréquation, le Québec ne pourrait pas arriver à bon port à temps sans augmenter encore une fois ses taxes ou restreindre encore plus l’augmentation de ses dépenses. Pourquoi cette hausse imprévue de la péréquation ? Parce que l’Ontario a fait mieux qu’anticipé et aura droit à moins d’argent de ce programme. Il y en aura donc plus pour les autres bénéficiaires, dont le Québec. On parle de 255 millions de dollars de plus en 2013-2014.

Les bas taux d’intérêts ont aussi facilité la vie du ministre des Finances qui sauve ainsi 85 millions de dollars. Le Québec s’est créé un monstre avec sa dette brute de 193,6 milliards (ce que l’on doit sur les marchés financiers plus les passifs des régimes de retraite et des avantages sociaux futurs des employés de l’État) qui atteint plus de 54 % de la taille de son économie et une dette nette (les passifs moins les actifs de l’État) qui en fait presque la moitié. On imagine le cauchemar quand les taux d’intérêts se mettront à remonter.

En attendant, la réalité n’est guère plus rose. Les efforts gigantesques (héroïques dans certains cas) pour maintenir à 1,9 % l’augmentation des dépenses de programmes sont contrés par une économie qui n’avance pas vite. Les recettes fiscales ne sont pas au rendez-vous parce que l’économie performe moins bien que prévu.

Nicolas Marceau dit que le Québec n’échappe pas à la conjoncture mondiale. C’est vrai, mais c’est court. Le Québec semble plutôt échapper à une conjoncture nord-américaine qui, sans être spectaculaire, marque des points. On prévoit une croissance de 2 % aux États-Unis en 2013, malgré les coupes sévères dans l’administration publique. On prévoit aussi une croissance de 2 % au Canada au premier trimestre de cette année.

Nicolas Marceau a budgetté sur la base d’une croissance de 1,3 % cette année, moins que le 1,5 % prévu il y a quelques mois à peine. Cela va résulter en une diminution des recettes de 530 millions de dollars. 1,3 % de croissance, c’est encore trop haut pour le Mouvement Desjardins qui prévoit plutôt une hausse du PIB de seulement 1 %.

Pourquoi une performance si faible ? Comme partout au Canada, les investissements dans l’immobilier devraient diminuer et les dépenses des consommateurs seront moindres à cause de leur endettement élevé. Le vieillissement plus rapide de la population québécoise et les taxes plus élevées ajoutent une spécificité québécoise au portrait d’ensemble. Depuis quatre ans, les Québécois ont subi des hausses de taxes de vente et des cotisations de toutes sortes. Ils ont moins d’argent qu’ils en avaient pour dépenser, épargner et investir. Ce gouvernement a choisi une autre voie en haussant les impôts des plus fortunés, mais le résultat est le même.

En haussant le fardeau des contribuables un gouvernement peut se piéger. Oui, il accroît ses recettes. En revanche, il ralentit l’économie, ce qui a aussi un impact sur ses revenus. Nicolas Marceau doit retenir la leçon avant de hausser les redevances des sociétés minières. Si une hausse inconsidérée nuit à la compétitivité du Québec, le gouvernement pourrait fort bien ne pas en sortir gagnant.

Je parlais de créativité plus tôt dans ce texte. Dans La Presse, Francis Vailles explique le dernier rapport du vérificateur général du Québec. Il appert que nos gouvernements ont soustrait pour 8,4 milliards de dollars d’engagements financiers grâce à une comptabilité aussi astucieuse qu’audacieuse. Par ailleurs, je ne suis pas impressionné quand le gouvernement coupe ses dépenses dans la santé et l’éducation, pour autoriser une hausse de l’endettement des hôpitaux et des universités.

 

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Le Parti québécois « sauvé par Ottawa »!

Ah…ah…ah… Priceless!

La gouvernance souverainiste de Pauline Maroir et la gauche efficace de J.-F. Lisée: ZÉRO

Le Canada droitiste de Stephen Harper: UN

« Priceless ». Lamentable. Misérable. Exécrable. L’incompétence péquiste sauvée in extremis par la générosité sans bornes de l’union canadienne. La cygale québécoise se fait donner du biberon par la fourmi canadienne.

À la seule lecture du titre, on savait à quoi on avait à faire dans ce texte. Une manifestation brutale du complexe d’infériorité québécois canalisé contre le spectre du méchant socialiste.

La gestion financière de Nicolas Marceau est très serrée. Les résultats financiers 2012 ne peuvent être attribuables à ces décisions, mais plutôt à une fin de parcours de la gouvernance libérale. La péréquation s’est avérée généreuse; signe que l’économie québécoise de 2009 à 2012 a été un tantinet décevante.

Évidemment, pour des raisons susmentionnées, la croissance économique du Québec ne peut se comparer à celle du reste de l’Amérique du Nord. L’auteur l’explique de façon claire.

Mais il y a d’autres critères. D’autres critères qui me rendent également très critique à l’endroit du ministre Marceau.

La singularité de l’économie industrielle et industrielle québécoise n’a pas l’espace nécessaire pour se développer convenablement au sein du giron canadien. Nos priorités d’investissement ne sont pas celles de l’Alberta ou de l’Ontario, et les politiques publiques canadiennes ne favorisent pas l’émergence de l’industrie québécoise.

La gouvernance souverainiste de Pauline Marois n’est effectivement pas la solution. L’indépendance pure et simple du Québec est la seule avenue qui nous poser d’authentiques gestes de reprise en main de notre économie. Devenir maîtres de nos ressources naturelles et profiter collectivement de leur exploitation, investir convenablement dans un système d’éducation nous permettant de s’imposer concrètement en tant qu’économie de secteur tertiaire, considérer comme patrimoine national l’eau et les terres agricoles…

Les chiffres présentés par M. Marceau, on pourra jouer avec, les retourner, les palper, les intriguer, ils ne resteront que des chiffres. M. Marceau l’a clairement dit, il ne contrôle pas les revenus, il contrôle les dépenses.

Le temps d’économiser est passé, c’est l’heure de penser à nous enrichir.

Ça n’arrivera pas dans le giron canadien.

Et c’est ce genre de choses que j’aurais aimé entendre de la bouche d’un ministre péquiste. Pas d’excuses. Pas de patinage. Juste un projet d’envergure qui enrichira tous les Québécois.

Faut croire qu’avec le Parti Québécois, on en est pas là.

En tout cas le budget fédéral a encore moins poigné

Avez-vous vu la ligne en bas? Celle du déficit
Au Québec, ce sera 0 l’an prochain
Au Fédéral, c’est 26,000,000,000

http://www.ledevoir.com/politique/canada/374613/trudeau-menace-les-conservateurs

Par ailleurs, les Canadiens ont reçu froidement le budget Flaherty présenté le 21 mars. Un répondant sur trois (29 %) se dit satisfait, alors que 52 % pensent le contraire. Le taux d’insatisfaction est particulièrement élevé au Québec, à 72 %, et dans les Maritimes (55 %)

Nous serions « sauvés » par un retour d’une infime part de nos taxes et impôts versés à Ottawa ? De quelle mentalité, de quelle logique peut bien sortir un tel raisonnement ?
Combien d’entre vous ignorez que le gouvernement central du Rocanada compte sur $70 milliards en impôts et taxes versés à Ottawa venant du Québec dans son budget 2013-2014 ? Un retour au Québec d’une infime somme de quelques centaines de millions sur ces $70 milliards n’a rien d’un « sauvetage ». Les fédéralistes atteints du trouble obsessionnel compulsif (TOC) que représente la dépendance chronique, trouble me faisant croire que leur propagande mensongère ne peut berner que les ignares, les imbéciles.

Mauvaise foi !
C’est réellement de la mauvaise foi que de coller ce titre à cet article là M.Duhamel, l’idée étant de repasser un bout de la cassette qui va entrer dans la tête des québécois qu’ils sont financièrement dépendants d’Ottawa.

Ceux qui s’amusent comme ça à faire de la désinformation à propos de la péréquation, oublient toujours (intentionnellement) de préciser qu’avant de recevoir d’Ottawa une partie du pot de péréquation Québec doit contribuer à mettre de l’argent dans ce pot là proportionnellement à la population du
Québec et qu’en pratique le Québec verse environ 60% de la somme qui lui est retournée en péréquation, ce qui veut dire que le Québec aura contribué pour 168 M$ dans le 280M$ de plus qu’il recevra en péréquation selon M.Duhamel, c’est donc au net 112M$ que notre ministre des finances recevra pour aider à équilibrer son budget, soit environ 1.6% de son budget total qui est de l’ordre de 70 milliards $

Faites nous pas pleurer M,Duhamel et soyez donc plus honnête et équitable dans vos critiques des actions du PQ.

Quant aux redevances, c’est une autre bout de la même cassette que vous nous faites entendre, c’est clair qu’il n’y a pas d’équité présentement dans le partage des retombées économiques de l’exploitation de nos ressources naturelles et que la situation est la même à travers le monde, la balance penche et de beaucoup du coté des industriels et le premier état qui va se tenir debout et redresser les règles actuelles de partage va se faire traiter de communiste, de tueur d’entreprises et plus… et il ne faudra pas s’en surprendre, mais c’est la direction à prendre dans l’intérêt de la collectivité et j’espère bien que le Québec ira jusque là, le hic c’est qu’un gouvernement minoritaire qui devra composer avec des partis de l’opposition qui font le jeu des minières risquent d’obliger le gouvernement à diluer passablement le nouveau régime de redevance et la nouvelle loi sur les mines ce qui est déplorable.

Je l’avais dit à l’époque, les hausses de taxes et de tarifs de Bachant, notamment la TVQ, ne fonctionnerait pas. Les Québécois étaient déjà trop étouffés par les taxes, en ajouter n’est pas une solution, ça ne fait qu’empirer les choses.

C’est exactement ce qui arrive présentement, à mesure que le gouvernement s’approprie leur pouvoir d’achat les Québécois dépensent moins et non seulement les revenus de l’état diminuent mais la croissance souffre durablement.

C’est une débâcle au ralentit et je pense qu’elle va se poursuivre et s’aggraver. Ce que les chiffres actuels disent c’est que ça va mal. Le ministre nous prédit toutes sortes de bonnes choses, mais comme on dit « talk is cheap ». La réalité est que Québec vit largement au dessus de ses moyens et que seule une poussée de productivité et de croissance pourrait empêcher la débâcle de se poursuivre. Vous voyez ça quelque part vous? Pas moi, bien au contraire.