SBB : au secours des Hydro-Québec de la planète

Verglas en Slovénie, glissement de terrain en Irlande du Nord, inondations au Brésil : quand une catastrophe naturelle cause une panne de courant, SBB, une entreprise de Terrebonne, vole à la rescousse.

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Photo : Getty Images

Dans 44 pays du monde, quand une catastrophe naturelle endommage les lignes de transmission d’électricité, c’est une entreprise de Terrebonne, Acier profilé SBB, qui est appelée à la rescousse.

SBB fabrique des tours d’urgence en aluminium qui s’installent en un tournemain et permettent de rétablir le courant rapidement. « Elles peuvent être montées en une journée avec les outils des monteurs de lignes traditionnels, explique le président, Patrick Bellavance. Une fois l’électricité revenue, il y a tout le temps de rebâtir les pylônes abîmés ou d’en commander d’autres. Nos tours tiennent le coup pendant ce temps ; elles résistent aux gros amas de glace et de neige ainsi qu’aux grands vents. »

Ces cinq dernières années, les tours de SBB ont été installées après un épisode de verglas en Slovénie, un glissement de terrain en Irlande du Nord, des inondations au Brésil. Soixante-dix pour cent des ventes proviennent des exportations. La plupart des clients de l’entreprise sont des services publics d’électricité qui se procurent ces équipements par mesure de précaution, pour parer à un éventuel désastre.

Au Canada, SBB en a vendu pour d’autres usages : des entreprises comme Boralex s’en sont procuré comme mâts de mesures, afin d’évaluer la force des vents dans des emplacements où des parcs éoliens étaient projetés. Au grand regret de Patrick Bellavance, Hydro-Québec ne fait pas partie de ses clients.

SBB a fait du chemin depuis 1973, quand le fondateur de l’entreprise, le père de l’actuel président, avait obtenu son tout premier contrat : il avait fourni des structures pour l’aérogare de Mirabel, alors en chantier. Aujourd’hui, SBB n’a que deux concurrents sur la planète dans le créneau des « systèmes de rétablissement d’urgence », un aux États-Unis et l’autre aux Pays-Bas.

Pour se démarquer, l’entreprise travaille constamment à rendre ses tours plus petites, plus légères, plus simples à expédier et à manipuler, sans rien sacrifier à leur solidité. « Nos tours sont faites de sections qu’on assemble comme des pièces de Lego. L’idée, c’est de réussir à en mettre le maximum dans un conteneur, et que ce soit facile de les rentrer et de les sortir. Parce qu’au moment de l’urgence il faut se dépêcher de les installer. Une fois qu’on n’en a plus besoin, on peut les démonter et les entreposer jusqu’à la prochaine catastrophe. La beauté de nos tours, c’est qu’elles sont réutilisables. » Le coût d’un système de plusieurs tours peut varier de 500 000 à un million de dollars.

Une présence sur le terrain à l’étranger est essentielle pour se tailler une place sur les marchés internationaux, souligne le président. L’entreprise emploie une quarantaine d’« agents » un peu partout sur la planète, souvent des gens d’affaires locaux, qui repèrent les appels d’offres et aident l’équipe de SBB à comprendre les façons de faire. « Il y a des pays où c’est beaucoup plus compliqué de travailler. L’Inde, par exemple, ou certains pays d’Afrique. Il y a énormément de documentation, une bureaucratie incroyable. Une seule petite ligne dans un gros paragraphe peut faire changer le devis ou la commande. »

S’il y a une occasion d’affaires que l’entrepreneur ne veut pas laisser passer, c’est la construction du nouveau pont Champlain. Ce projet touche à un autre volet de la production de SBB : la fabrication de structures lourdes en acier pour les secteurs de l’énergie, des mines et du génie civil. « Il faut absolument participer à la construction de ce pont-là, et on suit le dossier de près. Je veux que les industriels québécois de l’acier aient leur morceau, pas juste SBB, plaide-t-il. Le Québec a toujours été réputé pour ses fabricants de structures en acier. Historiquement, c’est à Montréal que les ponts se sont fabriqués. Il n’y a aucune raison de faire faire celui-ci à l’extérieur. On a toute l’expertise nécessaire ici. »

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