Shawinigan, ville d’entrepreneuriat

Pour relancer l’économie locale, les citoyens de Shawinigan comptent sur une ressource inépuisable, renouvelable et locale: eux-mêmes! 

Photo: Axel Drainville/Flickr
Photo: Axel Drainville/Flickr

Je participais la semaine dernière à une journée de réflexion et d’action regroupant entrepreneurs, éducateurs, dirigeants économiques et politiques de Shawinigan. C’est tout le milieu de vie qui a embrassé cette cause commune: favoriser l’entrepreneuriat. Je suis très impressionné par cette mobilisation et cette volonté de prise en main.

Shawinigan a été bénie des dieux. L’énergie produite par les barrages du Saint-Maurice il y a un siècle a attiré la grande industrie et assuré la prospérité de la ville. Hélas, les temps sont durs pour les papetières et les alumineries et la ville a perdu des milliers d’emplois industriels ces dernières années. Les pertes d’emploi ont fait mal, car ce sont les secteurs à l’origine même de la ville qui disparaissaient petit à petit. La situation pouvait être vue comme décourageante et sans espoir.

Pour relancer l’économie locale et créer les emplois de demain, les citoyens de Shawinigan comptent maintenant sur une ressource inépuisable, renouvelable et locale: eux-mêmes! L’avenir de la ville appartiendra aux nouvelles PME qui s’y développeront et aux entrepreneurs qui décideront d’y bâtir leur rêve.

Le futur se bâtit sur les vestiges du passé. L’ancienne usine de la Wabaso est devenue un centre d’entrepreneuriat qui accueille plusieurs groupes d’entrepreneurs, soit pour la formation et le mentorat. C’est aussi  un incubateur d’entreprises.

Dans l’usine Belgo, dont la fermeture avait été une véritable tragédie en 2007, on veut établir une «station numérique». Shawinigan a déjà attiré une première entreprise de jeux vidéo, Alchemist Dream, et on veut développer une spécialité dans la gamemisation (de l’anglais game). Si je comprends bien, il s’agit ici de rendre ludiques et plus facilement accessibles des contenus informatiques destinés à la formation ou aux transactions.

Il y a aussi sur la table du maire Michel Angers un projet de parcs d’ordinateurs pour l’infonuagique (cloud computing) et Chantal Trépanier, dont l’entreprise SIM est devenue la championne de la formation et de l’accréditation professionnelle en ligne, travaille fort pour ajouter les grandes entreprises du secteur de l’aéronautique à son impressionnant portefeuille de clients, surtout concentrés dans le secteur des ressources et de l’aluminium.

Ce virage a débuté en 2009. Shawinigan s’est alors dotée d’une Charte de l’entrepreneuriat, signée par des milliers de citoyens, et qui pourrait servir de point de ralliement à tout le Québec. C’est un texte remarquable.

Je, soussigné, déclare que la culture entrepreneuriale est :

  • une ressource précieuse qui permet d’accroître nos richesses individuelles et collectives;
  • un gage de prospérité sociale et économique;
  • un outil important pour que nous soyons maîtres d’œuvre de notre développement;
  • un vecteur qui permet l’innovation en faisant naître des esprits créatifs et émerger des talents;
  • une clé pour faire en sorte que les centres décisionnels soient régionaux.

Je crois :

  • que la famille et la communauté constituent le berceau de l’entrepreneuriat;
  • que le monde de l’éducation est un lieu privilégié pour inculquer le goût d’entreprendre et que celui-ci doit s’inscrire dans une approche orientante;
  • que les entrepreneurs contribuent à la fierté et au rayonnement régional,
  • tout en assurant la stabilité et la pérennité de notre développement;
  • que nous devons nous doter d’une stratégie de communication et d’action pour propager d’une seule voix la passion de la culture entrepreneuriale.

Je souhaite agir :

  • pour que la région soit maître d’œuvre de son développement;
  • pour que les acteurs du développement de la culture entrepreneuriale possèdent les outils requis pour agir dans leur milieu;
  • pour connaître et promouvoir nos entreprises;
  • pour que les organismes de développement socioéconomiques travaillent de façon unifiée afin de faire émerger la culture entrepreneuriale chez toute la population;
  • pour que la culture entrepreneuriale soit une priorité des élus de la région.

J’adhère à la démarche régionale :

  • pour faire en sorte que les valeurs entrepreneuriales que sont la créativité, l’autonomie, le sens des responsabilités, le leadership et la solidarité, soient valorisées et soutenues, car nous reconnaissons que notre travail, combiné à celui de l’ensemble des acteurs clés du développement de la culture entrepreneuriale, permettra de transmettre la passion d’entreprendre à l’ensemble des citoyens du Grand Shawinigan, et ce, pour plusieurs générations, créant ainsi une véritable communauté entrepreneuriale!

Sur le même thème, je vais prononcer des allocutions au cours des prochaines semaines dans différentes villes du Québec, à l’invitation des Chambres de commerce locales. Je serai à Sherbrooke jeudi le 24 octobre, Saint-Jean le 1er novembre, Longueuil le 12 novembre et à Trois-Rivières le 5 décembre. D’autres dates pourraient s’ajouter. La conférence s’intitule : Les mythes, les faits, les défis et les enjeux de l’entrepreneuriat au Québec.

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1 commentaire
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La surprenante responsabilisation de Shawinigan prend effectivement forme dans la création de sa communauté entrepreneuriale, un concept développé en 2007 à Rivière-du-Loup par la Fondation de l’entrepreneurship. Shawinigan veut adhérer aux valeurs entrepreneuriales, valoriser, médiatiser, sensibiliser, éduquer tout au long de la vie et soutenir plus efficacement les entrepreneurs dans leurs projets. Une grande poussée de l’intention d’entreprendre s’observe. Oui, notre première ressource, c’est nous-mêmes!