S’inspirer du privé ? Oui. Privatiser ? Non merci !

Même si l’État québécois et son offre de services peuvent sembler une catastrophe, il faut être particulièrement naïf ou maso pour penser que le brader améliorera notre sort, explique Marc-Nicolas Kobrynsky.

Paperasse médecin
Photo: iStockphoto

Vous n’y croyez plus. Allez, soyez honnête, vous abdiquez. Vous vous rendez aux urgences avec un lunch, un livre et votre tente de camping. Vous envoyez votre enfant à l’école privée, dès la maternelle. Vous payez lors d’un litige, parce que c’est moins cher que de faire respecter vos droits. Vous avez l’impression qu’on vous en demande toujours plus et qu’on vous en donne toujours moins.

Vous êtes prêt à divorcer de l’appareil étatique.

Même pas besoin d’ouvrir Tinder, il y a déjà toutes ces sociétés qui vous font de l’œil. Jour après jour, Apple, Walmart, Amazon et les autres vous en mettent plein la vue avec de l’innovation, de la haute technologie, un service hors pair, une livraison rapide, de l’efficacité, des bas prix, de la qualité.

Il n’y a qu’un pas à franchir pour imaginer ces colosses de l’industrie s’occuper de vos écoles, de vos hôpitaux, de vos prisons — un pas que bon nombre d’entre vous envisagent maintenant de franchir. Après tout, entre l’État — cette baleine échouée — et le privé — cette fringante gazelle —, le choix est évident, non ?

Non. Privatiser l’État serait quelque chose comme la pire idée du siècle.

Il peut paraître paradoxal de ma part de défendre l’État québécois, surtout à la lumière des conclusions de ma recherche parue en octobre 2017. La situation dépeinte y est alarmante — les ministères peinent à offrir une vision stratégique pour la population et continuent à se mesurer principalement à leurs efforts et non à leurs résultats.

Au mieux, l’État québécois présente l’illusion du service — en anglais, on dirait going through the motions. Pas grave si, au final, le résultat est tout croche ou même inexistant, tout va bien madame la marquise parce que le service est offert. En tant que société, nous avons totalement intégré l’inefficience, la désinvolture et l’opacité de l’appareil étatique comme un fait immuable.

Profitant de cette apathie générale, les ministères enfreignent sciemment leurs responsabilités relatives à la Loi sur l’administration publique, minent de façon notable la relation de confiance avec la population et entretiennent l’atmosphère de cynisme qui a cours aujourd’hui envers l’appareil étatique.

Et malgré tout, la privatisation de l’État n’est pas la solution. Ne le sera jamais. Parce que le profit.

Prenons comme premier et meilleur exemple nos voisins du Sud, qui ont un système de santé privé. Selon les chiffres de l’OCDE pour l’année 2016, la santé représente 17,2 % du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis, comparativement à 10,4 % pour le Canada. Dans les pays aux conditions économiques comparables, la moyenne est de 11 %.

De la même façon, il s’est dépensé 9 892 dollars par personne aux États-Unis en 2016, près du double du Canada, où ce chiffre atteint 4 753 dollars.

Comment expliquer cette immense disparité ? Le profit. Le système de santé aux États-Unis est une immense industrie qui présente un visage vertueux, respectable, compatissant, réconfortant, empathique — mais qui cache parfaitement le fait que c’est un business, pressé, comme tous les autres, de produire des rendements.

Non seulement toutes les interventions médicales, d’une césarienne au remplacement d’une hanche, coûtent près du double aux États-Unis par rapport aux pays de l’OCDE pour une qualité similaire, mais les médecins américains adorent surordonner des tests.

Par exemple, on pratique aux États-Unis le double d’examens de résonance magnétique et de tomodensitométrie (scan) par tête, deux procédures particulièrement onéreuses. Parce que le profit.

La crise des opiacés, qui, en 2017, a tué plus d’Américains de moins de 50 ans que les armes à feu ou les accidents de voiture ? Encore le profit. Parce que la surordonnance d’antidouleurs pendant des années, très lucrative, a rendu des dizaines de milliers de patients dépendants des opioïdes.

Vous pestez contre les listes d’attente pour avoir accès à un médecin de famille ? Les États-Unis ont en moyenne 2,4 médecins par tranche de 1 000 habitants, alors que la moyenne de l’OCDE est de 3,1.

Vous ragez contre les temps d’attente aux urgences ? Les États-Unis ont une moyenne de 2,6 lits d’hôpitaux pour 1 000 habitants, les pays de l’OCDE sont à 3,4. Ça aussi, c’est le profit. Parce que les médecins et les hôpitaux sont concentrés dans les centres urbains, là où il y a de l’argent, ce qui laisse ainsi d’immenses parties plus pauvres du territoire sans couverture, parce qu’il n’y a pas d’argent à y faire.

Finalement, vous aimez détester les fonctionnaires de l’État québécois, que vous percevez comme gras, paresseux et dodus ? Le rapport de 2012 de l’OCDE plaçait les dépenses administratives dans le réseau de la santé des États-Unis à 856 dollars américains par personne, contre 416 dollars pour le Canada. Qui est dodu, maintenant ?

Et puisque j’aime beaucoup parler de résultats, notez que l’espérance de vie aux États-Unis était de 78,8 ans en 2016. Au Canada, de 81,8 ans.

On pourrait continuer, ce ne sont pas les exemples de dérives au sujet de la privatisation qui manquent chez nos voisins du Sud. Je pourrais évoquer les prisons privées ou les « écoles à charte », mais je crois que vous saisissez le topo.

Même si l’État québécois et son offre de services peuvent sembler une catastrophe, il faut être particulièrement naïf ou maso pour penser que les brader améliorera votre sort. Si vous cherchez des miracles, allez à l’église.

Nuançons, quand même. Privatiser des fonctions de soutien, souvent administratives, qui ne sont pas centrales à la réalisation de la mission du ministère, peut certainement être envisageable dans une perspective de réduction des coûts. La buanderie, le courrier, la paye, le ménage, le ramassage des déchets, la maintenance (lorsqu’elle n’est pas particulière), etc. Toutefois, il doit exister un environnement fortement concurrentiel pour espérer véritablement faire des gains pour le contribuable. Sinon, c’est échanger quatre trente sous pour une piastre.

De meilleures pratiques du privé

Mais si privatiser n’est pas la solution, qu’est-ce qui nous sauvera ?

Le privé. Ce qui n’est pas du tout la même chose que la privatisation.

Il est possible, et même souhaitable, de s’inspirer des meilleures pratiques du privé pour améliorer l’efficience, la transparence et les résultats de l’appareil étatique québécois, sans pour autant vouloir le privatiser. C’est d’ailleurs la conversation qu’il est impossible d’avoir sur la place publique, parce que l’on associe toujours privé à privatisation.

Et pourtant. La vision, la planification, l’établissement de cibles, l’exécution, l’atteinte de résultats, la reddition de comptes sont des pratiques courantes dans le monde des entreprises. Chaque société qui se veut sérieuse propose une vision à ses actionnaires, de laquelle découle une planification annuelle accompagnée de cibles. Les entreprises cotées en Bourse rapportent leur progrès tous les trimestres et produisent un rapport annuel qui fait le sommaire de leurs activités.

Ces pratiques sont à la fois obligatoires, mais aussi suivies, parce qu’elles sont des facteurs importants de succès. Elles sont la fondation sur laquelle repose le lien de confiance entre l’entreprise et son actionnaire.

United Technologies (UTX) est loin d’être la plus grosse société dans le monde. En fait, elle n’est qu’au 50e rang des plus grandes entreprises américaines. Elle emploie 200 000 personnes, est active dans plusieurs secteurs d’activité relativement différents, qui vont des moteurs d’avion aux extincteurs en passant par les assurances, et fait affaire sur quatre continents. À elle seule, sa division des ascenseurs, Otis, compte plus de 1 000 points de service dans le monde.

UTX réalise un chiffre d’affaires de 53 milliards de dollars par année. Par la voix de sa haute direction, elle met régulièrement à jour sa vision à long terme pour le marché et le public. D’ailleurs, pendant près de huit ans, c’est un Québécois, Louis Chenevert, qui fut le chef de l’entreprise. Durant son règne, la capitalisation boursière de UTX a augmenté de 50 %.

Quarante-cinq jours après la fin de chaque trimestre, UTX produit un rapport détaillé sur les faits saillants du trimestre, le détail de ses opérations, la progression de ses indicateurs, ainsi qu’une mise à jour de sa planification stratégique. Quatre-vingt-dix jours après la fin de l’année financière, UTX produit son rapport annuel.

En comparaison, le ministère de l’Éducation emploie directement ou indirectement 104 000 personnes, et est responsable grosso modo d’une seule mission, celle de l’éducation. Il donne ses services dans plus de 2 700 écoles, toutes concentrées dans une seule province. Il dépense annuellement 17 milliards de dollars. Par la voix de son ministre, ses contacts avec le public se limitent à des annonces financières, dont il se félicite, comme si dépenser de l’argent était un exploit.

Par exemple, le ministère de l’Éducation annonçait cette semaine qu’il allait dépenser 740 millions pour la réfection des écoles au Québec. Quel est l’état du parc immobilier scolaire au Québec et comment cette somme va-t-elle l’influencer ? Quel est le résultat que l’on souhaite atteindre avec cet argent ? Est-ce suffisant ? Est-ce trop ? Pas moyen de le savoir. Mais la réjouissance est de mise, nous dit-on, parce que c’est davantage que l’année dernière.

Cent quatre-vingts jours (six mois) après la fin de l’année financière, le ministère de l’Éducation produit un rapport annuel. Il détaille les faits saillants de l’année terminée et énonce des statistiques généralement vieilles d’une année supplémentaire, pour des motifs obscurs et difficilement explicables. Le ministère de l’Éducation n’a toujours pas de planification stratégique depuis 2013, alors c’est peine perdue d’attendre une mise à jour de sa vision, même juste une fois par année.

Le privé possède des années-lumière d’avance sur l’appareil public en matière d’atteinte de résultats. Pourtant, le dirigeant d’entreprise n’est ni plus brillant, ni plus motivé, ni plus travaillant que sa contrepartie gouvernementale. Tout est dans la gestion par les résultats plutôt que par les efforts, un changement de philosophie que visait la Loi sur l’administration publique. On doit importer les meilleures pratiques du privé, sans pour autant avoir peur de la privatisation. Et lorsqu’elles sont mises en œuvre, on doit exiger qu’elles soient respectées.

Comme le montre l’exemple de UTX cité ci-dessus, la complexité n’est pas l’apanage d’un ministère et il n’y a aucune raison pour qu’une entreprise soit plus stratégique, transparente et efficace que l’appareil étatique. On doit recommencer à rêver à une fonction publique efficace, dynamique et responsable, parce que tous les jours, le privé nous prouve que c’est possible. Encore faut-il le reconnaître et demander des changements.

Je note votre écœurantite aiguë et votre désir d’aller voir ailleurs. C’est compréhensible. Mais voilà, vous êtes marié à votre appareil public, et lui à vous, pour le meilleur et pour le pire. La seule façon de faire fonctionner cette relation, c’est de vous y réinvestir, de mettre votre pied à terre, de lui parler droit dans les yeux et d’exiger du changement.

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26 commentaires
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En santé, pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui se fait partout ailleurs dans le monde civilisé et combiner les deux systèmes?

Si je ne m’abuse, nous sommes le seul pays au monde, mis à part Cuba et la Corée du Nord, à ne compter que sur le public dans ce dossier.

Un excellent article . C’est incroyable de penser qu’un mot « privatisation » peut mettre tout le monde en panique et en levé de bouclier. Le privé est la direction à prendre tel que le décrit bien M. Kobrynski. Je me demande cependant pourquoi se comparer aux E.U. Avec une population de 340 millions et le Québec, Il serait plus intéressant de comparer des pays comme la France, la Belgique ou un des Pays Scandinaves. Pour ce qui est de la Santé, la France a un système Public-Privé qui, a mon avis, est une certaine route à suivre avec une population beaucoup prêt de celle du Canada.

Les écoles privées sont des organismes à but non lucratif, certaines sont des coopératives, qui fonctionnent selon un système similaire à celui des Centres de la petite enfance. Elles sont fortement réglementées et, lorsqu’il y a des surplus, ils doivent être réinvestis dans la mission éducative de l’école. Cette façon de faire permet d’offrir aux familles des écoles qui répondent à leurs attentes et à leurs besoins et d’offrir des services de qualité.

Bonjour Genevi (que je présume ève)

Les écoles privés sont un excellent exemple d’une population qui a décidé de divorcer de son système d’éducation public, plutôt que de règler à la source les problèmes qui l’accablent.

Tous les parents de jeunes québécois devraient avoir le droit à une école »qui répond à leurs attentes et leurs besoins et d’offrir des services de qualités », pour reprendre votre propos, et non seulement ceux qui ont le moyen de se le permettre. Surtout au 17 milliards par année que nous y injectons.

Devant l’incurie du ministère de l’Éducation, je comprends fort bien les parents de prendre la décision individuelle d’envoyer leurs propres enfants au privé. Après tout, qu’est-ce qu’un parent peut faire contre un ministère?

Mais collectivement, c’est un parent de plus résigné à une éducation insatisfaisante pour la majeure partie des jeunes québécois. C’est un parent de moins qui va demander des changements.

Nos sociétés d`états, notre système de santé, hydro-Québec, la régie des alcools, les caisses populaires, les systèmes coopératif de tout genre qui prônent au Québec. Ce sont des merveilles pour le peuple québécois en général, la preuve, c`est que les capitalistes américains n`aiment pas toutes ces régies appartenant au peuple, ils en ont la jaunisse, pour eux c`est du communisme, un très mauvais exemple à donner à leurs citoyens et au reste de la planète. La seule chose qui manque dans la gouvernance de nos biens au Québec, c`est la surveillance des milliards enfoui dans la gérance de tout ça.. des rapports financier public s`impose de même que des comités qui veilleraient à la clarté des dépenses.

Bonjour Antoine,

Je ne peux affirmer que notre modèle est bon parce que d’autres en ont horreur. Je démontre seulement les dangers de la privatisation en utilisant des exemples qui proviennent de pays ayant suivi cette voie.

Ceci dit, je ne peux qu’être d’accord avec le reste de propos. Le citoyen Québécois aurait accès à de bien meilleurs services s’il y avait une meilleure rigueur de gestion, une plus grande transparence et surtout, une meilleure imputabilité de résultats.

Les caisses Desjardins ne sont pas une société d’État; pour le reste, il est effectivement difficile de perdre de l’argent en ayant le monopole de la vente d’alcool (SAQ), de la vente d’électricité (HQ) ou de loterie (Loto-Québec). Pourtant, dans ces trois domaines, les audits montrent malgré tout que ces trois entités pourraient mieux faire.

Le système de santé public québécois a aussi toute toute l’infrastructure et le personnel (archivistes médicales) pour établir les portrait de la santé de la population, les statistiques de gestion, les cibles, résultats, etc… Quatre-vingt-dix jours, c’était le délai maximal, dans les années 2000, que nous avions pour produire tous les résultats de l’année.

Depuis une dizaine d’année, les cadres nous obligent d’un délai de six mois pour compiler les résultats en ne réassignant les archivistes médicales qu’en fin d’année. C’est le plus gros budget du Québec (50 %) qui ne produit pas ses données en temps opportun. On ne verrait jamais ça dans le privé…

Je suis entièrement d’accord avec vous Mlle Lafontaine, mais il y a encore de ces gens qui ne font pas la différence entre l’administration d’objets que sont les entreprises et l’administration des citoyens qu’est le gouvernement par le biais de ses ministères.

Nous sommes passés du capitalisme au capitalisme sauvage durant les 40 dernières années et c’est avec eux que l’on compare un gouvernement.

Bonjour madame Lafontaine,

Je vous remercie grandement de l’information fourni, c’est fort apprécié. Je n’étais pas au courant que, dans le passé, les délais étaient plus courts pour produire les résultats annuels pour l’année terminée.

Je vais certainement m’informer et tenter de comprendre la logique qui a vu ce délai passer de 90 jours a 180 jours.

Monsieur Kobrinsky

Votre article est bon mais lorsque vous comparer les dépenses en santé des États-Unis à celle du Canada vous oubliez de dire que c’est grâce au Président Obama qu’il en est ainsi puisque c’était totalement le contraire avant la loi sur la santé qu’il a promulguée. Cette loi permet de procurer des soins à l’ensemble des citoyens en cliniques privées mais sous des taux beaucoup plus bas que ceux qui se rendraient directement aux même cliniques.

Il y a depuis une dizaine d’année, notamment depuis 2017, une rareté de clients pour ces cliniques qui sont presque toutes déficitaires et ont vu dans le programme de loi de monsieur Obama, la seule façon de survivre. Le nombre de cliniques privées a diminué d’environ 25% par faillites entre 2000 et 2007.

Ceci ne veut pas dire que le Canada ne devrait pas mettre plus d’argent dans le système de santé, j’en conviens.

Le manque de médecins de famille est une des causes des maigres dépenses en santé. Tel que le déclarait le ministre de la santé, Yves Bolduc, sous le Premier ministre Jean Charest, il prendra au moins 15 années avant que la situation normale soit rétablit, et ce en sus du nombre d’années pour devenir médecin, 7 pour les médecins de famille et au-dessus de 10 ans pour les spécialistes selon leur spécialité. En fait, il s’agissait de 22 à 25 années à compter de l’annonce du ministre Bolduc en 2011.

Depuis, le nombre d’étudiants qui se présentent pour devenir médecins de famille est de 27% plus bas qu’auparavant, les jeunes médecins préfèrent ne pas avoir de “contact avec les patients” ainsi que d’obtenir un salaire supérieur. À tel point que certaines spécialités ont dépassées le nombre correspondant à la spécialité. De plus en plus de médecins spécialistes se plaignent qu’ils travaillent qu’à temps partiel. Et bien tant pis pour eux.

C’est la même chose avec les infirmières. Une personne peut obtenir le titre d’infirmière avec seulement un diplôme collégial, les autres poursuivent leurs études pour obtenir un Bac. Le salaire n’est pas le même, ce qui en fait des dépenses moindres pour le système de santé.

Elles sont surnommées dans le domaine, de distributrice de pilules pour la première catégorie. Elles ne peuvent procéder à remplacer un pansement ni aucun acte relevant des infirmières suffisamment diplômées. En fait, elles ne sont que des techniciennes en santé.

Les deux, infirmières et médecins représentent plus de 50% du budget en santé.

Mon épouse qui a une maîtrise doit se déplacer d’un hôpital vers un autre parce qu’il y a pénurie d’infirmière ayant l’expérience nécessaire pour travailler en salle opératoire ou aux urgences. Elle quittera en septembre 2018 après 46 années de service.

Vous oubliez aussi de comparer l’état des soins de santé dans les autres pays en ne stipulant que les coûts par patient. Hors les systèmes de santé en Europe ne sont pas plus rapides qu’au Canada ni aux États-Unis d’ailleurs. Il n’y a qu’une seule exception, l’Angleterre. Mais aux Royaume-Uni.

Les gouvernements ont mis le pied à terre depuis fort longtemps et il n’y a aucun médecins qui se tapent un demi-million de dollars par année. Le coût d’un médecin de famille n’est de 84,000 Livres Sterling par année, que le médecin peut percevoir qu’après 10 ans de service. C’est sous le gouvernement Thatcher que le problème s’est résolu.

Un peu comme Reagan pour les aiguilleurs du ciel qui faisaient la grève, Reagan leur a servi un ultimatum, “ceux qui entreront au travail demain matin conservera leur travail, les autres seront bannis à vie des tours de contrôle”. Il s’en suivit que plus de 95% se sont présentés et mit fin à leur grève et accepta une diminution de leur salaire.

Il est temps pour tous les gouvernements de la planète qui sont aux prises avec des syndicats de mettre le pied à terre. Un jour ou l’autre ils n’auront plus le choix. Nous vivons dans une société de “syndiqués qui ont tout et de non syndiqués qui travaillent pour des pinottes” (sic) ce sont les non syndiqués qui font les frais des “privilèges” des syndiqués.

Il ne s’agit pas d’une donnée qui pris en compte les syndiqués et les non syndiqués d’une même entreprise par les chercheurs à la fin des années 90 au tournant du millénaire.

Concernant United Technologies, pourquoi manquez vous de dire qu’elle a mise à pieds 17% de ses employés sous Pratt & Whitney (moteur d’avions et autres composantes) entre 2007 et 2009 et qu’elle n’est jamais revenue au seuil du nombre qu’elle employait auparavant dans ce secteur. Elle acheta Otis qui était sur le bord de la faillite même après avoir licenciée plus de 20% de ses employés. Elle même étant le résultat d’achat de trois autres compagnies du domaines des ascenseurs qui ont fait faillite et furent achetées à demi prix sans toutefois conserver aucun de leurs employés.

United Technologies est un consortium de plusieurs corporation avec qui elles faits des affaires, ce qui la maintient au dessus de l’eau. Elle tenta 17 propositions d’acquisition et de « partnership » dont plusieurs lui permetta de se « débarrasser de milliers d’employés durant les 15 dernières années mais d’autre qui ne mena nul part. Si UTC est un exemple à suivre pour vous, c’est bien votre choix.

Le système de santé ne peut mettre à pieds des milliers d’employés à tort ou à raison, c’est là que les entreprises peuvent se rattraper lorsqu’elles ont de la difficulté. Nous avons assisté à des millions de mises à pieds de 2007 à 2009, desquels plus de 35% ne sont jamais revenus sous leur forme original mais sous des salaires biens moindres et surtout sous des emplois à temps partiel.

Vous oubliez aussi de dire que cette société se nommait United Aircraft et qu’elle dû changer de nom afin de diversifier ses activités parce qu’elle était lentement entrain de sombrer vers la faillite parce que boudé par la défense nationale aux États-Unis.

Bonjour monsieur Wentworth,

Vous abordez un nombre important de sujets dans votre commentaire et il me sera incapable de tous les commenter.

Il ne manque pas de médecins au Québec, mais il manque certainement de médecins de familles. En effet, pour des raisons que je connais mal et m’explique mal, un fossé important s’est creusé entre la rémunération des médecins de famille vs celle des spécialistes.

Ceci semble avoir mené à une dévalorisation de la profession de médecin de famille – pourtant fondamental pour la prévention. Le débalancement vers le médecin spécialiste indique un »shift » (pardon pour l’anglicisme) vers une médecine qui gère le problème, plutôt que de l’éviter.

Toutes les entreprises (intelligentes) savent que la maintenance est payante, puisque la réparation est toujours plus chère que la prévention.

Ceci dit, je ne peux commenter le reste de votre propos sur la question syndicale et les raisons qui ont fait du NHS un système de santé public exemplaire (a bien des égards). J’ai certainement mon opinion sur la question, mais elle dépassent mon cadre d’expertise, et par conséquent, je vais exercer mon devoir de reserve.

Finalement, je dois revenir sur la raison qui m’a poussé a discuter de UTX. Le but était uniquement de démontrer que des organisations complexes réussissent malgré tout à prendre des engagements stratégiques, faire preuve de transparence, de rigueur et d’imputabilité. Je comparais ceci avec la performance de nos ministères, ou ces qualités manquent cruellement.

La comparaison pour moi s’arrête ici – la première partie de l’article indiquait clairement les limites de ce que le public peut tirer du privé, à cause de la notion du profit. Par conséquent, les décisions d’affaires d’UTX ne sont pas pertinentes à mon propos.

Sur une autre note, j’apprécie le temps que vous prenez pour suivre mes textes et les commenter. Je ne pourrai toujours y répondre, mais je ferai mon possible pour le faire.

Au plaisir

— « Ask not what your country can do for your; ask what you can do for your country » – John F. Kennedy dans son discours inaugural du 20 janvier 1961

Personnellement, je n’ai jamais souffert d’ « écœurantite aiguë » pour une raison très simple : je demande peu à mes administrations et je reçois donc peu de mes administrations, ce qui est usuellement suffisant. Au fil du temps, l’usage m’a démontré que celles et ceux qui se plaignent le plus de toutes choses sont celles et ceux qui demandent plus et reçoivent par conséquent toujours plus que les autres.

— « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.… » – Jean 15:7,16

Curieusement tout cela est aussi vrai dans le public comme dans le privé, c’est ce qui explique entre autre dans le privé de telles distorsions dans les échelles salariales. Pourtant ce qui valorise tout le monde, c’est l’argent dont on dispose pour pouvoir se valoriser dans la société.

Ce qui devrait être changé, c’est le clientélisme qui habite un grande part de la population, tout autant dans le public que dans le privé. Cela infantilise les gens, cela tue la spontanéité, cela inhibe tout création de valeur ajoutée. Sur le long terme, cela détruit et mine toutes les économies.

Grosso-modo que ce soit l’état où le privé… tout cela, ce sont des substitutifs d’un Dieu ou d’une Déesse éternel(le) qui récompense ou qui punit qui il ou elle veut. On y croit ou on n’y croit pas ; toute la différence est là, quand ce sont celles et ceux qui ont droit à tout qui n’ont jamais de véritable reconnaissance pour rien.

Le seul rôle qui devrait revenir à un État, c’est la lutte contre les inégalités. Et c’est déjà pas mal comme vision et puis comme mission.

Quant à la « vision » de UTX, eh bien je m’en sacre… étant donné que je pense que les gens devraient plutôt prendre les escaliers que des ascenseurs essentiellement parce qu’ils sont usuellement incapables de les renvoyer. C’est pour cette raison sans doute qu’ils descendent (les ascenseurs – descenseurs) généralement automatiquement ; parce que les gens quoi qu’on fasse pour eux, ils ne sont jamais reconnaissant de rien.

Finalement j’estime que dans un monde idéal on devrait avoir le choix pour tout. Une offre publique diversifiée et une offre privée tout aussi diversifiée. Il y aurait dans ce cas une véritable concurrence qui s’instaurerait et toutes choses seraient abondantes.

Ainsi seuls les meilleurs (état ou privé) resteraient ; les citoyennes et les citoyens sauraient enfin qui est réellement digne de toute forme de foi, de confiance et de rapprochement.

La plupart des États sont en général trop gourmands, les entreprises en position de monopole ou de quasi-monopole ne cherchent qu’à inventer des stratégies qui les maintiennent à flot, celles qui coulent (et il y en a) trouvent toujours le moyen de maquiller leurs états de comptes ou de jouer à fond le jeu des fusions-acquisitions.

— Pour conclure : ce qui m’étonne franchement c’est que Marc-Nicolas Kobrynsky — qui pourtant est un spécialiste de ce genre de questions -, c’est qu’il tombe aussi naïvement dans de tels panneaux.

Bonjour monsieur Drouginsky,

Votre propos est particulièrement philosophique, je n’aurais pas cru mon texte capable de provoquer une telle réponse. Puisque ceci n’est pas ma force première, vous m’excuserez d’avance si ma réponse laisse à désirer dans certains aspects.

Premio, je comprends à travers votre entrée en la matière que vous tentez le plus possible d’être autonome. Vous pouvez ainsi faire fi des effets d’un appareil gouvernemental peu efficace parce qu’il n’a pas d’impact sur vous. C’est certainement une stratégie valide. Vous n’avez pas à divorcer, puisque vous n’avez jamais été marié.

Il y a certainement une beauté à l’autonomie, comme plusieurs, j’ai lu – »je vivais seul dans les bois » de Thoreau. Par contre, j’ai souvent cru que l’autonomie était un luxe – après tout, Thoreau était en santé et avait la capacité physique de construire et celle financière d’acquérir ce dont il avait besoin pour son expérience.

L’autonomie, ce n’est pas un luxe que la majeure partie des Québécois peuvent se permettre. Ceci est une opinion – ici, je ne parle plus comme expert de quoi que ce soit, mais comme une des croyances qui me pousse à faire ce travail.

Si personne n’avait besoin de ces services dont ont parle tant, on pourrait tous payer nos impôts et s’en foutre. Mais je ne crois pas que ce soit le cas.

Ce qui m’amène à votre point sur le rôle d’un gouvernement de réduire les inégalités. N’est ce pas justement ce que l’appareil gouvernemental tente de faire, en compensant pour ceux qui ne peuvent être autonomes en fournissant ces services?

Finalement, je comprends votre point sur un monde idéal ou le public et le privé seraient en concurrence. La compétition est en effet un puissant levier d’amélioration et de progression.

Ceci dit, j’ai de grandes reserves par rapport à ce monde idéal. Pour les raisons énoncés dans la première partie de mon article, j’ai de forts doutes que le privé puisse conjuguer le profit avec certaines missions de l’appareil gouvernemental.

Sur une autre note, je vous remercie aussi de votre intérêt pour mes textes et essayerai le plus possible de répondre à vos commentaires.

Au plaisir

@ Marc-Nicolas Kobrynsky,

Merci beaucoup pour votre réponse détaillée.

J’aimerais reprendre votre question essentielle : « Ce qui m’amène à votre point sur le rôle d’un gouvernement de réduire les inégalités. N’est ce pas justement ce que l’appareil gouvernemental tente de faire, en compensant pour ceux qui ne peuvent être autonomes en fournissant ces services? »

La question est fort bien posée, si ce n’est que je ne suis nullement convaincu que la fourniture de services offre pour tous cette « autonomie » et moins convaincu encore que ceci permette de réduire considérablement les inégalités. Surtout au regard du temps.

Il serait probablement trop long dans ce cadre d’aborder ces questions en détail. — Pourtant ce sont selon moi des fondamentaux en matière de bonne gouvernance. Lesquels accompagnent précisément les stratégies pour y arriver et par le fait même les moyens que nous nous donnons pour y parvenir. Ici il n’est pas seulement question de gestion ; bien de choix. Comme l’un de ces choix pourrait tout aussi bien passer par la réduction de l’État.

Une fois qu’une mission est définie. Toute mission est théoriquement transférable. Tout est dans la chaine de commandement et dans la formation adéquate de tous les officiants. Le terme dans ce cas de public ou privé n’a plus de distinction puisque ce qui compte, c’est la réalisation.

Vous avez raison sur le point de vue philosophique. Tout est effectivement dans notre relation avec la vie. Toute chose à un coût et tout dépend de ce que nous valorisons et comment nous le valorisons.

Finalement, je pense qu’il doit y avoir un équilibre bien fait entre ce qui relève du public et du privé. Selon moi, le privé devrait pouvoir adéquatement remplir diverses missions qui relèvent actuellement du domaine public ou mieux dans une société d’économie mixte, ces missions peuvent être partagées. Certaines le sont d’ores et déjà.

— Peut-être dans de futurs articles, pourriez-vous poursuivre à l’occasion cette réflexion dans cette direction.

Merci encore pour votre réponse. J’aime bien votre format plus interactif et… contrairement à certains internautes… je prends toujours le temps de lire les articles en entier et pas seulement le titre !

Message compris, dix sur dix. Tant pis pour ceux qui y veulent passer leur petit message anti-état. Rien ne ferait plus de bien que des chefs aussi dédiés au bien public que le sont leurs employés, plutôt qu’à soigner un CV artificiel. Ce qui se voit d’ailleurs dans plusieurs compagnies, pour qui les employés ne sont qu’une trop grosse dépense. Vivement les saines pratiques de gouvernance, les leaders humbles et passionnés et les objectifs clairs et inspirants

L’illusion (ou le préjugé) que le privé est toujours plus efficient que le public, que les pratiques sont toujours plus innovantes au privé qu’au public. Saviez-vous que le système de santé le moins efficient de l’OCDE est celui des États-Unis…. Un système de santé entièrement privé.

46% des américains ont une assistance médicale selon les chiffres de 2015, auquels s’ajoutent les assurances privées des employeurs soit 38% puisque les employeurs y sont obligé pour les postes au delà de 24 heures semaine. Monsieur Obama voulait combler par sa loi le reste soit 16%.

Je dois cependant dire que d’un système à l’autre, les services dont bénéficient les citoyens ne sont pas tous les mêmes, c’est la même chose au Canada avec les verres correcteurs, certaines chirurgies, les médicaments etc mais aux États-Unis les exceptions sont beaucoup plus nombreuses. Nous pouvons parler « d’assistance médicale de base » et non d’une couverture « mur à mur ».

Pourquoi lorsqu’il est question de privé en santé, on compare toujours avec les États-Unis? On retrouve en France, qui n’est pas l’apôtre du capitalisme sauvage, une présence importance du secteur privé en santé. Certaines chirurgies sont très majoritairement réalisées dans le secteur privé. En France, même dans les hôpitaux publics, vous pourrez pour avoir une chambre privé et pour vos repas (pour les plus pauvres, l’État rembourse). On confond les rôle d’assureur et celui de prestataire de service. L’État peut être un assureur, mais doit-il être un prestataire de tous les services de santé?

En fait, le système de santé du Québec a depuis plusieurs années banni tout ce qui concernait les chirurgies plastiques pour des caprices. La reconstruction d’une personne en terme de chirurgie plastique causé par un accident est toujours couvert.

I y a bien d’autres chirurgie qui ne son plus couvertes.

De plus, l’âge est elle aussi un élément qui transparaît dans l’acceptation d’une chirurgie. Auparavant une chirurgie cardiaque était pratiquée sur des personnes au delà de 80 ans qui avaient plusieurs maladies en plus. Ce n’est plus le cas semble-t’il.

Merci pour l’excellent texte.

Oui pour le privé mais avec une autre définition du privé.
Dans une vieille histoire, un sage accepte de vendre son âme au Diable et comme la négociation est plutôt ardue l’affaire s’étire. Veut, veut pas… Faut dire que c’était à l’époque du Moyen-âge. Mais nous voilà dans l’ère du Verseau ou paraîtrait que les lumières du Diable doublent en intensité ou quelque chose du genre mais, plus bêtement, entre vous et moi, ce grand génie de Méphisto aurait réglé l’affaire en deux temps s’il avait pris des cours de vente moderne. Ouais. Il aurait tout simplement proposé à son homme de lui prendre , non pas de ce qu’il a de plus cher, mais ce qui lui pèse le plus, ses responsabilités et ses problèmes.
L’État a pris des proportions diaboliques… parce que nous nous sommes déresponsabilisés des réalités collectives en plus de se laisser convaincre d’être dépassés par la complexité de la réalité moderne et qu’il valait mieux laisser cette réflexion aux élus et aux experts.  C’est un bien mauvais deal quand on constate que l’État revendique toutjours plus de croissance, de puissance accrue, pour régler le moindre problème.
Nous voilà donc à rêver de décroissance de l’État.
Bien des économistes croient qu’il existe un rapport de vase communicant entre l’État et l’entreprise privée, le second étant le microcosme de l’autre. C’est une perception incontestable pour celui qui conçoit le monde au-travers la grille économique mais, s’il existe bel et bien un rapport de similitude entre l’état et l’entreprise, le secteur privé n’est pas – n’a jamais été- le contre-poids naturel de l’État.
Historiquement, la relation de contre-poids correspond à la relation entre la communauté artificielle (politique) et la communauté naturelle (la famille, les liens d’affinités). Cette idée, a priori insensée pour l’homme moderne, se retrouve pourtant au coeur de notre histoire jusqu’à la Révolution tranquille. Selement, pour différentes raisons, nles Québécois ont enterré bien creux cette partie de leur histoire. Préparez-vous à un électro-choc. Et… Calme-toi mon frère.

On dit que Duplessis gouvernait avec un vieux chapeau, une poignée d’élus et un téléphone avec lequel il appelait les chefs des grandes familles pour résoudre les problèmes de leur patelin. On sait surout que Duplessis était un de ces instinctifs qui méprise naturellement les intellectuels du genre à affirmer à Gérald Martineau que les intellectuels étaient tout au plus de bons seconds et qu’en attacher 100 ensemble ne ferait jamais un chef. Pas la meilleure façon de se faire des amis et pas besoin d’un doctorat en psycho pour comprendre que la Révolution tranquille l’a transformé en Trou.. ou Prince de la Grande noirceur.
A cause de Duplessis , la Conquête et la houlette des curés les Québécois n’ont plus accès à leur histoire. S’il y a des fausses nouvelles, il y surtout de la fausse histoire. Nous voilà devant le malaise collectif québécois. Nous avons effacé notre histoire qui- Croyez-le ou non! – est d’un richesse inouïe et contient bon nombre de solutions à nos problèmes modernes. Paradoxalement, c’est en lisant des historiens anglo-saxons, tel que Thomas B. Costa in dont The White ans the Gold , qu’on redécouvre l’histoire des premiers Canadiens sous un éclairage positif.
Dans le Regime seigneurial, le pouvoir politique, qui est minuscule, relève des défis à priori impossibles en donnant des mandats et des missions à de grandes familles dont, la célèbre famille Le Moyne d’Iberville.
Le rapport de contre-poids entre un petit gouvernement et de grandes familles voilà  la recette de potion magique qui a permis aux Canadiens-français de surmonter des défis impossibles avec les moyens du bord en plus de de sauver leur culture.
Voici la lecon d’histoire. Les gouvernements pourraient réduire la taille de l’État en offrant des formules d’opting out des différents programmes sociaux à des familles restructurées. ( parenté) On par le évidemment de familles restructurées au goût des valeurs modernes.
Le contexte ne me permet pas d’élaborer davantage sinon de suggérer que le politique pourrait redonner à l’individu les responsabilités qui sont les siennes. Il suffit de se rappeler que c’est l’individu , le noyau nucléaire porteur d’énergie vitale, pas l’État.
Disons que je propose une piste de réflexion out of the box.

Y’a du privé en santé partout dans le monde. Lâchez moi avec les États-Unis et leur système facile à diaboliser, mais dont le monde entier profite aussi des avancées…

Pourquoi ne pas s´inspirer de l´Europe concernant le système de santé.
C´est un système mixte public/privé qui offre deux avantages :
1. On laisse le choix aux patients , le plus riches vont dans le privé désengorgeant ainsi le public.
2.L´État est directement mis en concurrence avec le privé ,ce qui l´oblige à des obligations de performance.

Bonjour monsieur Kobrynsky,
Vous nous avez inspiré dans notre analyse de la problématique du système de santé; nous vous avons même cité. Nous osons proposer deux solutions:
1) DÉPOLITISONS LE SYSTÈME DE SANTÉ en sortant la gestion de TOUS LES PROGRAMMES santé du Ministère. CONFIONS LES À UNE SOCIÉTÉ D’ÉTAT, INDÉPENDANTE, appelons la, Santé-Québec!
2)AYANT UN FINANCEMENT AUTONOME.

Nous aimerions avoir votre avis et celui de M. Claude Castonguay sur cette nouvelle approche pour notre système de santé. Avez-vous une suggestion qui nous permettrait de transmettre ce texte, éventuellement amendé suite à vos commentaires, à monsieur Castonguay pour avis.

Guy Lassonde, MBA, retraité ex-cadre supérieur du gouvernement du Québec et 5 ans d’expérience dans un service d’actuariat de compagnie d’assurance.
et Nicole Janvier, retraitée, bénévole active et ex-employée du gouvernement du Québec.

Notre texte

LA DYNAMIQUE DU SYSTÈME DE SANTÉ QUÉBÉCOIS

Note; le type de soulignement varie pour les points 1 à 7 selon qu’il s’agit:
Une donnée clef
Une Problématique
Une SOLUTION.

1)Le Québec possède un système de santé comportant une LARGE COUVERTURE. Cependant, il est de moins en moins soutenu par le gouvernement Fédéral ; à l’origine 1966, ce financement était de 50 % et il n’est plus que 18 % en 2016.

2)Les coûts de santé augmentent de façon exponentielle à un rythme systématiquement supérieur aux revenus de l’état. Les causes largement documentées, en sont: coût élevé des nouvelles technologies et des nouveaux médicaments. De plus, l’augmentation de l’espérance de vie et le vieillissement de la population en sont des causes majeures. Ainsi, selon l’Institut canadien d’information sur la santé, les dépenses de santé (publiques et privées) par personne par année, en 2015, au Québec, étaient relativement stables entre 25 et 54 ans, entre 2000 $ et 3000 $. Elles augmentaient à 3602 $ entre 55 et 59 ans, à 6288 $ entre 65 et 69 ans, à 11 736 $ entre 75 et 79 ans, et à 23 702 $ entre 85 et 89 ans, la moyenne pour l’ensemble des citoyens, tout âge confondu étant 5660$; Ontario 5920$, Canada 6105$ et USA 11 400$.
M. Marc-Nicolas Kobrynsky de l’Actualité, explique la contre performance américaine en terme de coûts et de résultats (l’espérance de vie en santé des américains est une des pires de l’OCDE) par le comportement des différents acteurs du système ( les institutions et les personnels particulièrement les médecins ) privilégiant les activités et les lieux (villes versus campagnes) les plus « lucratifs»! Passons sur les inégalités et les horreurs sociales générées par ce système de santé américain que voulait réformer Obama…

3)Le gouvernement québécois finance la plupart de ses programmes à même le « fonds consolidé » de la province; c’est à dire, les impôts et taxes ne sont pas dédiés à un programme spécifique. C’est le processus budgétaire annuel qui en arbitre la répartition entre les différents programmes.
Il est politiquement difficile d’augmenter les taxes ou impôts parce que « le fardeau des contribuables québécois serait déjà le plus haut en Amérique ». Voici le poids de la fiscalité en 2012: OCDE 33,7 % du PIB, Québec 36,6%, Canada 29,3%, USA 24,4%.
Est-ce dire que les québécois sont trop taxés?
Le rapport Godbout mentionnait que le Québec offre à ses habitants une charge fiscale nette qui « se compare avantageusement avec celle de la moyenne des pays du G7 ». Il calculait notamment que, «pour la très grande majorité des familles, l’ÉTAT QUÉBÉCOIS EST MOINS VORACE QUE TOUS LES AUTRES, y compris les États-Unis!» C’est qu’au lieu de présenter des données brutes de ce que l’État perçoit, cette étude de 2008 tenait compte aussi de ce que l’État redistribue. En chiffres tirés du rapport Montmarquette (2008), pas tout à fait gauchiste, un certain journaliste appelé JF Lisée, a déduit que le fisc québécois percevait 7 milliards $ de plus que celui de l’Ontario mais, que les programmes publiques québécois offraient (dépensaient) 17,5 milliards $ de plus que ceux de nos voisins ontariens.
Faut-il conclure que le contribuable québécois en a plus pour son argent (impôts et taxes) que le ontarien? Demandons à une famille torontoise, combien il lui en coûte en support au couple lors d’une naissance et en garderie par la suite? Ça, c’est plus concret que des données macro-économiques. UN TRAVAIL PÉDAGOGIQUE RESTE À FAIRE POUR CHANGER UNE « CULTURE FISCALE EN UNE CULTURE DE SERVICES DE SANTÉ ASSURÉES». NOUS EN PRENDRONS COMPTE DANS LES SOLUTIONS PROPOSÉES.

4)En raison des points 1, 2, et 3, la part de la santé a évolué de la façon suivante par rapport au budget programmes (services à la population qui comptent pour 70% du budget total du gouvernement du Québec).

Début des années 70, budget Santé 25%, Éducation 25%, autres 50%.
Année 2000, budget Santé 42%, Éducation 25%, autres 33%
Année 2016-17, budget Santé 50%, Éducation 25%, autres 25%
Projections* vers 2031 budget Santé 65%. Éducation??%, autres ??%

*projection année 2031 de M. Pierre Cliche, ex-secrétaire associé au Conseil du Trésor, La Presse: le gouvernement du Québec deviendrait « un gouvernement de la Santé », incapable de soutenir adéquatement ses autres fonctions. On devine les perturbations sociales que cela pourrait engendrer.

5)Pour éviter cette catastrophe appréhendée, 4 approches se présentent:
i)améliorer la productivité du système (du personnel entre autre),
ii)revoir (diminuer) les couvertures,
iii)mettre des franchises et des co-assurances (% à payer), sous réserve de ne pas compromettre la santé à court ou à long terme du patient rognant sur ses frais de santé.
iv)AJOUTER DES TAXES DÉDIÉES (comme pour le régime d’assurance-médicaments).

L’approche privilégiée par tous les ministres de la santé au cours des derniers 15 ans et même avant (sauf pour l’assurance-médicaments) a toujours été celle d’améliorer la productivité du système. Ces « réformes » successives ont généré des résultats financiers très minces, sinon négatifs et de sérieuses perturbations et crises. M. Castonguay s’en est même fortement fâché dans un récent article du Devoir: « Malgré les sommes considérables consacrées à la santé, les crises se succèdent. Les gens se rendent compte qu’après 15 années de médecins à la tête du ministère de la Santé, la situation est pire qu’au départ. » Ces crises amènent le gouvernement en place, à rajouter coup à coup des ressources sans « vision d’ensemble qui établit des priorités et obtient des engagements des principaux intervenants » regrette M. Castonguay. En conséquence, cet ajout de ressources engendre un accroissement de la part du budget de la Santé dans le budget de programmes qui entraine à son tour, des coupures et des mécontentements dans les autres secteurs (Éducation, CPE etc).

6)Et pourtant, ce n’est pas le manque de productivité dont souffre notre système de santé. À partir des coûts per capita de santé publique et privée indiqués au point 2 plus haut, il ressort que la productivité globale du système de santé du Québec serait la suivante par rapport à: l’Ontario +4%, au Canada +7,9% et aux USA +193%. M. Marc-Nicolas Kobrynsky dans un article de l’Actualité de janvier 2018, intitulé: «S’INSPIRER DU PRIVÉ? OUI! PRIVATISER? NON!», souligne que le personnel médical québécois très majoritairement féminin, fait fonctionner notre système de Santé « avec un des plus hauts standards de qualité en Amérique! Et ce, avec d’excellents résultats à court et long termes; entre autre, l’espérance de vie en santé des québécois est la meilleure au Canada qui lui se classe parmi les premiers de l’OCDE. »

7)La dernière tentative de modifier les structures (Lois 20 et 120) pour encore une fois améliorer la productivité, a rendu 66% des Québécois mécontents du travail que M. Barrette a fait en santé. « Le système est aux prises avec l’engorgement chronique des urgences, les infirmières n’en peuvent plus, le personnel des établissements de santé dénonce le désarroi qui règne et les médecins voient leur statut prendre un coup…le gouvernement a annoncé la conclusion d’une entente avec les médecins spécialistes. Grâce aux médias, il est graduellement apparu que les spécialistes gagnaient non seulement plus que leurs confrères ontariens, mais qu’ils allaient recevoir quelque 2 milliards de plus au cours des prochaines années. » Voilà le constat que fait le père de l’Assurance-Maladie, M.Claude Castonguay. Il évalue la situation grave et urgente; « Le lien de confiance… entre les citoyens et notre système de santé, est rompu. Les citoyens veulent de l’action, des CHANGEMENTS SIGNIFICATIFS.»

ALLONS Y POUR NOS PROPOSITIONS, il y en a deux:

La PREMIÈRE proposition, DÉPOLITISONS LE SYSTÈME DE SANTÉ en sortant la gestion de TOUS LES PROGRAMMES santé du Ministère. CONFIONS LES À UNE SOCIÉTÉ D’ÉTAT, INDÉPENDANTE AYANT UN FINANCEMENT AUTONOME, appelons la, Santé-Québec! Cet organisme aurait le MANDAT suivant:

i)Reprenant les suggestions de M. Castonguay; de toute urgence et en toute priorité, agir comme « MÉDIATEUR…pour dénouer les blocages et rétablir les équilibres nécessaires dans notre système de santé… en utilisant un processus capable de permettre l’atteinte de compromis honorables et acceptables entre les parties, et d’éviter qu’il y ait des gagnants et des perdants. Le seul grand gagnant doit être le citoyen. »
ii)Répondre aux besoins de la population avec LA MEILLEURE QUALITÉ DES SERVICES ET AUX MEILLEURS COÛTS.
iii)Élaborer, mettre en place et faire fonctionner un NOUVEAU SYSTÈME DE FINANCEMENT DES INSTITUTIONS ET DES PROFESSIONNELS de la santé inspiré du rapport sur le financement des services de santé (rapport réalisé voilà une dizaine d’années et présidé par M. Castonguay). Et ce, dans la meilleure TRANSPARENCE DES COÛTS pour les patients et les citoyens en général.
iv)Faire la promotion DE LA MÉDECINE PRÉVENTIVE ET DE SAINES HABITUDES DE VIE ET D’ALIMENTATION.
v)Proposer des politiques et programmes de santé et, si adoptés par l’Assemblée Nationale, les mettre en place.

La DEUXIÈME proposition, SORTONS les DIFFÉRENTS ÉLÉMENTS RELATIFS à la SANTÉ dans les PROGRAMMES ACTUELS du GOUVERNEMENT. TRANSFÉRONS LES à Santé-Québec. ÉLABORONS pour cette SOCIÉTÉ D’ÉTAT un système de FINANCEMENT AUTONOME avec sa PROPRE DYNAMIQUE.

VOICI LES ÉLÉMENTS DE SON BUDGET AUTONOME ET LEUR PROVENANCE
Total du budget Santé-Québec à rassembler 38 milliards

1)Contribution Fédérale 18%X38 milliards $ = 6,46
2)surprimes -Loto Québec 1,2. 4,363
-SAQ 1,07
-Taxes alcool 0,627
-Taxes tabac 1,093
-Surtaxe sur produits 1,0?
nuisibles pour la Santé (nouveau!)
3)Cotisations santé des employeurs 6,022
Sur la masse salariale des Employeurs (?)
4)taxes à la consommation 19,188$-0,627-1,093=. 17,468
5) « prime d’assurance » santé des citoyens 7,0

TOTAL. 41,313
Total du budget Santé-Québec; à rassembler 38 milliards 2017-18; exédant = 3,313 milliards $ = 41,313 moins 38 milliards $

EXPLICATIONS DE PROVENCE des éléments par numéro
(changer la culture du contribuable québécois, en culture de services de santé assurés)
No 1)contribution du gouvernement Fédéral aux services de santé des provinces 18%; inclus actuellement dans les revenus consolidés. En rappelant aux québécois tous assurés, qu’elle était de 50% au début du programme établi par M. Lister B. Pearson en 1966, pour faire fonctionner un système de Santé géré par les provinces mais avec les mêmes bases « Cost to cost ».

No 2)ces éléments sont considérés comme non plus une taxe mais des SURPRIMES de risque en assurance santé. On ferait connaître au public que les taxes québécoises sur le tabac et alcool vont entièrement pour les services de Santé-Québec. On ne paye plus une taxe mais, on paye une SURPRIME; même chose pour les profits de Loto-Québec et la SAQ. Pour changer la culture du contribuable québécois, en culture de services assurés.
-Surtaxe sur produits nuisibles pour pla Santé, c’est nouveau, toujours à titre de surprimes de risque. Concrètement, mettre une nouvelle taxe de vente sur les aliments en fonction de leur taux de sucre ajouté ou autres éléments jugés concensuellement néfastes pour la santé.
Un comité de spécialistes comme le Docteur Béliveau, nutritionnistes etc, conseillerait les fonctionnaires des finances et de Santé-Québec, pour identifier ces produits et leur niveau de dangerosité relative. Ça pourrait aller jusqu’à la mal bouffe des restaurants. Pour changer la culture du contribuable québécois, en culture de services de Santé assurés.
Nous avons estimé (au pif, en attendant le rapport du comite sur les aliments néfastes) les recettes de ces taxes à 1 milliard $ net…
-net d’une détaxe, (rabais de prime en assurance), de moins 20% sur les fruits et légumes (cinq portions de fruits et légumes par jour suggérées par le MSSQ) pour compenser le coût des fruits et légumes jugé cher pour les moins fortunés qui eux, seraient de grands consommateurs de produits néfastes.
-net aussi d’un rabais ciblé (un rabais de prime en assurance) par exemple de 25% pour des activités physiques (excluant les équipements) jusqu’à concurrence d’un maximum de 1000$/personne (soit un maximum de 250$/personne de rabais sur la prime) y compris bien sûr les enfants dépendants. Pour les aînés, s’ajouteraient les activités sociales (excluant les repas). Il existe déjà des mesures fiscales semblables, on les enlèverait parce que beaucoup moins généreuses.
Encore pour changer la culture du contribuable québécois, en culture de services de santé assurés.

No 3)Cotisations santé (sur la masse salariale des employeurs), déjà prévues dans le fonctionnement actuel; équivalent de la part de l’employeur en assurance collective. Pour changer cette fois, la culture de l’entreprise québécoise taxé, en culture de services de santé couverts par une assurance collective pour ses employés.

No 4)Taxe à la consommation 19,188 milliards $ transférée entièrement à Santé-Québec; ce chiffre inclue les taxes sur l’alcool et et le tabac que nous avons soustraites dans le tableau plus haut pour ne pas les compter en double. Il sera clair pour les citoyens que la taxe de vente (TVQ) servira dorénavant, exclusivement à financer la Santé. Le citoyen, en payant la TVQ, se trouve à payer plus de la moitié des coûts de santé donc, la moitié de sa prime. Réconcilier le citoyen avec la TVQ qui contribue ainsi à un peu plus que la moitié du coût de la «prime actuarielle» d’assurance santé publique. Encore une fois pour changer la culture du contribuable québécois, en culture de services de santé assurés.

No 5)PRIME D’ASSURANCE SANTÉ; élément complètement nouveau.

Voici le fonctionnement pour le citoyen assuré:

S’inspirant du mode de facturation utilisé par la SAAQ, un relevé individuel, intitulons le «relevé sommaire de vos coûts de Santé», sera transmis selon sa date de naissance, à chacun des citoyens ou aux parents de l’enfant dépendant. Ce relevé fera état:
i)des frais de soins payés par Santé-Québec à l’institution ou au professionnel de qui il a reçu les soins,
ii)la «prime actuarielle» moyenne nécessaire pour assurer tous les soins couverts par les différents programmes du système de Santé du Québec,
iii)le pourcentage de cette prime qui s’applique à ce citoyen assuré. Ce pourcentage serait établi selon le niveau des revenus bruts du ménage et ce , selon la dernière déclaration d’impôts. Ou encore (à décider), sur une base individuelle, en tenant compte du revenu brut de l’assuré ou du revenu brut du parent s’il s’agit d’un dépendant. Cela mérite certes d’être un peu plus sophistiqué en prenant en compte par exemple l’âge. Mais, attention cependant; comme on a vu au point 2, les dépenses de santé augmentent de façon très exponentielle avec l’âge.

Pour fins de compréhension, nous avons fait une simulation avec la méthode simple suivante;
calcul de la «prime actuarielle»/ménage = budget total de Santé-Québec 38 milliards $ divisé par/ le nombre total de ménages au Québec 3 400 000=11 000$ = la «prime actuarielle» moyenne pour un ménage.
calcul de la «prime actuarielle» individuelle = budget total de Santé-Québec 38 milliards $ divisé par/ la population totale 8 263 600
= 4 600$ = la « prime actuarielle » moyenne pour un citoyen.

Prime à payer selon le revenu du ménage en graduant pour fins de l’exemple, de 0,005% par tranche de revenu de 1 000$. Pour le premier groupe de ménages ayant moins de 10 000$ de revenu, le % à payer (sans exception quitte à accroître les revenus de «premiers secours» communément appelé aide sociale, est de 1% de la «prime actuarielle». Rappelons que le montant de cette «prime actuarielle», reflète le coût réel du système de Santé du Québec par ménage et vise à sensibiliser tous les citoyens que les soins de santé ont un coût qui peut se calculer comme n’importe quelle prime d’assurance.

REVENU DU MÉNAGE %
à payerX prime actuarielle=prime à payer
moins de 10 000$ = 1%. X 11 000$ = 110$
10 000 à 30 000$ = 10%. X 11 000$. = 1 100$ en moyenne
30 000 à 60 000$ = 22,5%. X 11 000$ =. 2 475$en moyenne
60 000 à 100 000$ =40% X. 11 000$. =. 4 400$ en moyenne
100 000$ à 200 000$. = 75%. X. 11 000$. =. 8 250$ en moyenne
200 000 et plus =100%. X. 11 000$. =. 11 000$ en moyenne

Prenons l’exemple d’un ménage ayant un revenu de 45 000$ avec 2 enfants.
Pourcentage appliqué (le tableau devrait être gradué par tranche de 1000$);
45X 0,005=22.5%X11 000$ = 2 475 $ à payer.
La famille a des reçus d’activités physiques admissibles pour 1000$, ils ont donc droit à un rabais de prime de 25% X 1000$ soit 250$.
Donc cette famille doit payer 2 475$- 250$ = 2 225$ pour le renouvellement de leur carte d’assurance-maladie.
Comme pour un permis de conduire, le 2 225$ doit être payé afin de garder la validité de leurs cartes d’assurance-maladie.
Dans le cas de cette famille, s’il y a eu des actes médicaux, ils en seront informés: exemple, 1 450$. Ça sera un peu comme le relevé annuel des coûts de médicaments fourni par le pharmacien actuellement. Notons que s’il y a eu une intervention chirurgicale pour un des membres de cette famille, ça pourrait très facilement dépasser la prime à payer avec enthousiasme! Par exemple, si l’intervention chirurgicale a coûté 5 000$ auxquels s’ajoutent les autres actes médicaux de 1 450$, ça rend la pilule (sans jeu de mots) de 2 225$ réclamés, facile à prendre…

Ce mode de fonctionnement doit être évalué et perfectionné avec l’expertise, entre autres de la SAAQ et du système d’assurance- médicaments. Toutefois, soyons conscient de ne pas remettre le calcul et les paiements avec le rapport d’impôts de Revenu Québec, comme c’est le cas actuellement avec l’assurance -médicaments; culture de services de santé assurés oblige….

Fonctionnement du financement des institutions et des professionnels de la santé.
Ce mécanisme de financement s’inspirera du mode de fonctionnement de la RAMQ et du rapport produit voilà dix ans, par une commission présidée par M. Claude Castonguay, sur le financement par activité du système de santé.
En gros, par analogie avec l’assurance-médicaments actuelle, le patient, avec sa carte d’assurance-maladie en vigueur (donc sa prime payée), se présente dans une institution de santé ou chez un professionnel pour recevoir des soins de santé. L’institution ou le professionnel réclamera à Santé-Québec (incluant la RAMQ) les coûts des soins prodigués à ce patient. Santé-Québec fera parvenir au patient un relevé des coûts qui ont été payés pour les soins qu’il a reçus; dans le cas de médicaments, ça continuera d’être le pharmacien qui remettra l’équivalent du reçu actuel. C’est à partir de ces différents relevés que le « relevé sommaire de vos coûts de Santé » sera transmis au patient au moment du renouvellement annuel de sa carte d’assurance-maladie; activité décrite plus haut.

Enfin, et ce n’est pas banale, ces changements devraient être accompagnés d’une baisse de l’impôt québécois sur le revenu de l’ordre de 20% soit 7 milliards $ moins bien sûr 10% pour les auteurs de la présente proposition… C’était pour vérifier si le lecteur se rendrait jusqu’au bout du texte de la proposition aaaaaeeeeeiiiiioooouuuu

Guy Lassonde, MBA, retraité ex-cadre supérieur du gouvernement du Québec et 5 ans d’expérience dans un service d’actuariat de compagnie d’assurance.
et Nicole Janvier, retraitée, bénévole active et ex-employée du gouvernement du Québec.