SNC-Lavalin : Après la démission du PDG

Pierre Duhaime, le PDG, démissionne. Les profits du dernier trimestre chutent de 52 %. Une enquête interne confirme que des paiements de 56 millions de dollars non conformes aux pratiques régulières de l’entreprise ont été versés.

Voilà un dur lundi pour la première firme de génie-conseil canadienne. Le marché avait déjà puni SNC-Lavalin, retranchant 30 % de sa valeur depuis un an et 20 % depuis les premières allégations en février. Je ne suis pas sûr que la chute soit terminée parce que de grandes zones d’ombre subsistent encore sur le fonctionnement de la firme.

L’enquête interne nous apprend que Pierre Duhaime a autorisé les paiements non conformes, contre l’avis de son chef de la direction financière. Sa démission ne serait toutefois pas reliée à l’enquête. C’est difficile à croire.

On croyait que les paiements illicites totalisaient 33 millions de dollars; on apprend ce matin que la somme de 56 millions de dollars est en jeu. L’entreprise peut-elle jurer qu’il n’y en a pas plus ?

Les versements auraient été versés à des dirigeants impliqués dans le dossier libyen et réputés pour avoir eu d’excellentes relations avec la famille Kadafi, mais pas nécessairement en lien avec les activités de SNC-Lavalin en Libye. Cela aussi est difficile à croire, mais il semble plutôt que ces paiements aient été versés à un agent embauché par SNC-Lavalin pour développer des projets en Tunisie.

Cela ne me rassure  absolument pas. Ce qui aurait pu être une «erreur» en Libye, faisait-il partie d’une pratique plus courante ? Dans le cas de ces deux pays, la responsabilité directe incombait  à l’ancien vice-président directeur du secteur de la construction chez SNC-Lavalin, Riadh Ben Aissa. M. Ben Aissa, qui a embauché l’agent tunisien, a refusé de collaborer à l’enquête interne, ainsi que plusieurs tiers impliqués.

Je ne pense pas qu’il y ait offense criminelle dans cette affaire, sauf que la réputation de SNC-Lavalin est entachée et le prochain PDG devra rapidement resserrer les mécanismes de contrôle et les règles éthiques.

Cela pose aussi deux problèmes de fond pour les firmes de services professionnels faisant affaire dans certains pays en développement. À partir de quel moment une dictature n’est plus fréquentable ? Comment éviter le bakchich tout en remportant des contrats ?

 

Laisser un commentaire

Cette entreprise Québecoise s est aussi faite connaitre en Algérie sur de nombreux projets dont le plus connu est le monument des martyrs sur les hauteurs d Alger, projet qui a couter la bagatelle de plus de 2 milliards de $, alors vous en déduirait comme nombre d entre nous que Snc a payer pour obtenir un tel contrat, c est de notoriete quasi publique qui confirme le fameux dicton ‘je mange , tu mange­.’ Snc ne fait pas exception a la régle, qui est de payer ( corompre ) pour obtenir de certains décideurs locaux une signature de contrat, qui inclu également tous les avenants et extensions, généralement trés payants…

Si le capital de la maison mère est détenu par Jarilowsky-Fraser pour environ 14%, la CDPQ pour ±4% et que plusieurs divisions de RBC détiennent entre 4 et 5% de la société, la structure du holding devient assez complexe lorsqu’on l’étudie dans le détail avec ses filiales multiples transnationales dont certaines sont indépendantes à 100%, ses joint-ventures et ses investisseurs privés ou institutionnels qui détiennent à divers échelons de l’édifice des parts et des intérêts difficiles à cerner.

Qui plus est, les activités de SNC-Lavalin se sont au fil du temps diversifiées et si son expertise est reconnue mondialement en ingénierie notamment de par les alliances que la firme a su tisser et conclure dans plus de 100 pays sur l’ensemble des continents, il n’en reste pas moins que le montage financier dépasse désormais largement le cadre de cette seule expertise, touche autant les diverses sources d’exploitation énergétiques et aussi le domaine désormais très controversé des travaux publics. Tout cela formant autant de sources de conflits d’intérêts potentiels y compris dans le Canada et bien sûr au Québec.

Ce n’est pas pour rien que SNC-Lavalin doit faire face à plusieurs poursuites notamment certaines relevant du code criminel. Et ce n’est pas sans doute pour rien non plus que le journal Les Affaires en évoquait quelques unes la semaine dernière. Révélant notamment que depuis 2000 la Banque-Mondiale avait octroyée sans appel d’offre à la firme d’ingénierie quelques 172 millions de dollar de financements pour divers projets notamment au Bangladesh. – Est-ce seulement une petite partie émergeante de l’iceberg ?

Certaines personnes avisées trouvent que l’un des principaux manquements de cette firme, c’est encore son absence de transparence et ce en dépit de ses codes d’étiques. Les plus pessimistes pensent que le cours de l’action va continuer de baisser et les plus alarmistes parlent d’une possible faillite. Mais rien n’indique définitivement après tout, que tout cela ne soit jamais rien que des misérables rumeurs.

Rappelez-vous
Il y a quelques semaines c’est ce même Duhaime qui jouait les vierges offensés prétextant qu’une enquête publique sur la corruption dans le domaine de la construction était une perte net d’énergie et de temps.
50 ou 60 millions de falcifier en dépenses aux livres pour les avoir de disponibles pour corrompre, qui ce soit relève est de la fraude criminelle pour le fisc.
Alors subiront-ils le même sort , Défense de soumissionner sur des contrats gouvernementaux.
Bien sûr que non on nous servira qu’IL S’agit de fraude en chemise blanche pour corrompre des sous développés.
Mais ils n’ont jamais agit comme cela ici.Parole de Duhaime

Ça sent mauvais!

Pour moi l’honnêteté du management est un critère essentiel quand je sélectionne une entreprise pour acheter des actions.

Curieux qu’on en fasse tout un plat!

56 millions sur un carnet de commandes de 10 milliards, c’est des peanuts. Pourquoi croyez-vous que la compagnie ait des frais de supervision de contrats si élevés?

Simple! SNC-Lavalin doit compétitionner dans un marché mondial avec pleins de requins autour d’elle.

Je me demande si le lange qui a fait le précédent commentaire à été payé par eux pour écrire son commentaire. Je trouve répugnant que l’on tente d’utiliser la même méthode que celle de faire bouillir une grenouille – soit de déposer la grenouille dans de l’eau tiède puis de monter petit peu a petit peu la température pour éviter qu’elle ne se rende compte qu’on est en train de l’amener à la mort.

Je fais partie de ceux qui crois que ce sont avec des sous que nous faisons des dollars. Ce système d’échange au noir d’argent entre riches sont aux détriment de la majorité et donc de l’état qui sont élus par la majorité. Il serait peut-être temps d’arrêter de donner des subventions aux riches, de couper dans les services à la population et le meilleur moyen d’y arriver c’est de condamner sévèrement ce genre de pratique en construisant des prisons pour ce genre d’individus. Là-bas ils s’amuseront à échapper leurs barres de savon et la majorité n’en sera pas autant pénalisé malgré les frais exorbitant qu’il en coûte et qui devrait être revue à la baisse.

De nos jours, le monde est ainsi fait! Il y a dans cette triste histoire qui mets en vedette un fleuron de notre économie se répète à des centaines sinon des milliers d’exemplaires dans le merveilleux univers des grands projets d’ingénierie et de construction. Aujourd’hui, acheter au noir sa place dans un milieu où la concurrence est féroce et où les concurrents sont de plus en plus avides est un geste tout à fait banal. N’allez pas croire qu’il est possible de changer la donne. C’est comme ça que ça se passe et tant pis pour nous. Même si cette réalité est incontournable, cependant, cela ne signifie pas qu’il ne faut pas la dénoncer. La corruption et le traffic d’influence sont des maladies incurables et il n’y a pas suffisamment de chercheurs volontaires pour essayer de trouver le vrai remède ou l’antidote. Quand le profit remplace la conscience, tous les autres repères disparaissent par enchantement.

À Rome tu fais comme les romains. Si ça ne fait pas ton affaire tu as seulement à pas y aller.