Sports, télé et affaires

Le réseau américain NBC a perdu 223 millions de dollars en 2010 avec les Jeux olympiques de Vancouver et s’attend à une nouvelle perte de 250 millions de dollars l’été prochain lors de la présentation des Jeux d’été à Londres.

Est-ce que ces déconvenues ont refroidi les ardeurs du diffuseur américain dans les enchères qui ont eu lieu mardi pour l’obtention des droits des quatre prochains J.O. ? Bien au contraire, NBC Universal vient de s’engager pour 4,38 milliards de dollars, 1 milliard de plus que ce qu’a misé le réseau Fox.

Comment expliquer un tel engouement, en apparence si peu rationnel ? Je ne vois qu’une explication. Comcast, le câblodistributeur qui possède maintenant NBC, veut faire de Versus, son réseau des sports, l’équivalent de ESPN. Versus vient d’ailleurs d’acquérir les droits de la Ligue Nationale de hockey aux États-Unis pour un montant évalué à 2 milliards de dollars sur dix ans. Les droits des Jeux olympiques jusqu’en 2020 constitueront en quelque sorte un immense « loss leader » (produit d’appel) pour promouvoir et implanter solidement Versus.

De la même manière, ESPN paye plus de 1 milliard de dollars par année pour les droits de la partie du lundi soir de la NFL, mais la chaîne câblée y réalise ses plus importantes cotes d’écoute et cela lui permet d’obtenir des revenus d’abonnement considérables en provenance des câblodistributeurs américains. Sans le football, plusieurs mordus ne prendraient pas la peine de s’abonner à la chaîne câblée pour laquelle ils paient environ 4 dollars par mois. ESPN est un réseau extrêmement rentable, mais Disney ne dévoile pas ses résultats financiers.

RDS se retrouve probablement dans la même situation avec le hockey. Les droits exclusifs du Canadien et de la Ligue National lui coûtent cher – ce serait autour de 20 millions de dollars par année – et ils deviendront prohibitifs lors de l’échéance du contrat à la fin de 2013. CTV n’a toutefois pas le choix pour maintenir sa position dominante dans le marché, surtout auprès des hommes de 18 à 49 ans, si appréciés de certains annonceurs. Au final, RDS a affiché des profits de 17 millions de dollars sur des revenus de 105,7 millions de dollars en 2009.

Quebecor se cherche aussi un produit d’appel pour sa nouvelle chaîne TVA Sports. Le nouveau réseau a annoncé la diffusion de certaines parties des Sénateurs et des Blue Jays, mais ce sera l’obtention des parties du Canadien (situation improbable)  ou la venue à Québec d’une équipe de la NHL qui en fera un véritable concurrent pour RDS/CTV.

Je ne suis pas encore convaincu de la rentabilité d’une équipe de hockey à Québec, mais je suis sûr des retombées positives éventuelles sur Vidéotron (téléphonie mobile et diffusions de parties à la carte) et sur TVA. Voilà pourquoi je ne demande encore pourquoi ce serait aux contribuables de rendre tout cela possible.

 

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RDS paie 20 millions pour les droits du CH? Incroyable! Lorsque les Nordiques ont quitté Québec en 1995, la masse salariale était de 15 millions!

Combien le nouveau réseau des sports de Péladeau va payer pour les droits des Nordiques à Péladeau?
Régis, pogné pour payer le Colisée, n’y verra que du feu…

« Comment expliquer un tel engouement, en apparence si peu rationnel ? » P. Duhamel.

La testostérone? Selon Warren Buffet c’est ce qui expliquerait l’engouement apparemment irrationnel de plusieurs pour un secteur aussi connu pour son risque ses faillites à répétition: le transport aérien. Possiblement la même chose dans le sport, un autre domaine « glamour ».

Pour ce qui est de l’implication des gouvernement dans un amphithéâtre et dans la venue d’une franchise de sport, à la rigueur on peut admettre un coup de pouce, mais dans le cas précédent on parle d’une implication totale, c’est complètement indécent, surtout compte tenu de l’état des autres infrastructures, des finances publiques et des perspectives économiques.

Si les gouvernements sont si riches qu’ils ont 400M à dépenser (plus entretien, dépassements de coûts, infrastructures connexes et j’en passe, en plus le locataire ne paiera rien sans faire de profits, gageons qu’il n’en fera pas beaucoup…) qu’ils le remettent aux contribuables surtaxés ou qu’ils l’investissent dans les universités.

Au lieu de ça on dépense des centaines de millions pour acheter des votes à Québec. C’est presque criminel.

« Je ne suis pas encore convaincu de la rentabilité d’une équipe de hockey à Québec » P. Duhamel.

Moi non plus. Certes la conjoncture à court terme parait attrayante notamment avec le $CAN à parité. Sauf que cette valeur est basé sur un secteur notoirement cyclique: les ressources naturelles. Quand à l’économie on sait tous à quels immenses défis fait face le Québec.

Que ce passera t’il si le $CAN perd 25%? Si la croissance économique devient anémique? Le locataire déficitaire viendra t’il brailler dans les jupes de l’état pour obtenir une subvention ou … une loterie?

Peut-être pas, le deal semble si bon pour le locataire que celui-ci subit peu de risque.

Le risque ça c’est 100% pour nous, le cochon payeur de taxes.

@Brasseur

Si le nouveau réseau des sports TVA paient 20 millions aux Nordiques pour ses droits de télé, on peut faire vivre une équipe à Québec n’importe quand!

Les Nordiques à l’époque allaient chercher un petit million en droits de télé. Et à peu près rien en gilets, casquettes et fanions. La business a bien changé en 15 ans.

@rod – « Si le nouveau réseau des sports TVA paient 20 millions aux Nordiques pour ses droits de télé »

Mettons… Même si le marché de Québec est pas mal plus petit que celui de Mtl… Et si c’est si payant que ça en perspective alors pourquoi les investisseurs privés ne font pas la queue pour investir dans une aréna et une équipe? Pourquoi l’amphithéâtre doit il être à 100% financé par l’état?

Cet argent (20M) irait de Quebecor à … Quebecor Nul doute que la compagnie aurait tout intérêt à ne pas verser trop d’argent à l’entité (et l’équipe) locataire de l’amphithéâtre, lequel en refilerait ainsi bien peu au gouvernement qui se retrouverait avec tous les risques, toutes les dépenses et bien peu de revenus pour compenser (l’entente prévoit que le locataire paie seulement s’il fait des profit.)

Parlez d’un cas de socialiser le risque et privatiser le profit, d’ordinaire vous être pas mal plus prompt à dénoncer ce genre de BS corporatif…

Reste qu’à la fin, c’est le Québec et ses contribuables qui devront supporter toutes ces fastueuses dépenses (construction, entretien, billets, etc…) et que l’argent qui sera mis là ne le sera pas ailleurs, il ne couvrira pas certains besoins criants de la société et ne sera pas investi dans un secteur productif.

C’est bien beau d’aimer le Hockey, mais ça ne justifie pas le clientélisme de nos politiciens qui prennent cette décision économiquement immature.

@Brasseur

Le 20 millions est basé sur les cotes d’écoute. Si les Nordiques ont la même cote d’écoute, je suppose que le prix va être le même. Ca n’a donc rien à voir avec la grosseur de la ville.

D.autre part aucun investisseur ne va investir dans un amphithéâtre de 400 millions à Québec: ce n’est pas rentable. Le Colisée actuel a été construit par la ville en 1949. Sans colonnes, il était très hightech pour l’époque. Son administration coute quelques millions chaque année à la ville.

On compte le démolir et tranférer les millions sur le nouveau.

Le Québec va financer 200 millions pour sa construction. Comme il va en retirer 90 en taxes et impots lors de la construction, le net est donc de 110 millions sur deux années fiscales (13 et 14).

Le Québec ne mettra pas une cenne dans l’administration du nouveau Colisée. Il va retirer 9% de TVQ sur chaque ticket vendu (plus d’un million de ticket par année) en plus des impots sur le salaire des joueurs et employés et le cachet des artistes. Pour le Québec, c’est un bon deal

Pardonnez le hors sujet mais c’est plus simple à commenter ici: j’aime beaucoup votre série d’article sur les entrepreneurs. 😉

Mon opinion a moi, c’est que si l’amphithéatre appartient à la ville, les citoyens peuvent y avoir plus facilement accès au niveau du prix des billets. Et si, je dit si, jamais il voulait vendre l’équipe peut importe la raison en ayant une infrastructure publique c,est plus facile de trouver preneur ici et de la garder. Dailleurs comme tout le monde sait qu’il veut se porter acquéreur d,une équipe pourquoi ne pas avoir un partenaire public dans cette équipe ou coopératif mais une entité qui possède des parts 25-30% pour avoir un autre retour sur les profits dans la communauté(on sait que la ville aura un pourcentage des bénéfices sur la vente des billets, moi je parle des retombées des bénéfices collatéraux comme la diffusion par exemple).

Pourquoi la ville de Québec et le gouvernement du Québec ne prend pas le modèle de Montréal et des autres villes américaines, l’amphithéâtre et le Canadian de Montréal relève strictement du privé. Si ce n’est pas rentable pourquoi la ville et le gens du Québec ferait in investissement public dans un projet qui s’annonce déficitaire. Quebecor prend un minimum de risque pour un maximum de gain

Là nous somme rendu à faire une loi pour bâillonner toute contestation public envers un projet qui a été fait dans une urgence.

@rod

Je joue à l’avocat du diable dans cette affaire mais évidement ça me choque moins de voir le gouvernement bâtir un amphithéâtre que l’immense gaspillage pour entretenir les paradis syndicaux de la fonction publique…

Mais de là à dire que c’est un bon deal y’a une marge. Une grosse marge.

C’est le principe de la fenêtre brisée de Frédéric Bastiat (« il y a ce qu’on vois et ce qu’on ne voit pas »). On voit l’argent que le gouvernement collecte en taxes sur les opérations de l’aréna, mais ce qu’on ne vois pas ce sont les revenus fiscaux qui disparaissent ailleurs parce l’argent des consommateurs (dont la quantités est finie) est détourné vers cette nouvelle activité subventionnée. Sans parler des impacts sur les autres business ailleurs, par exemple il est clair que si vous dépensez $200 pour aller au Hockey (faut bien les payer ces joueurs…) ça fait $200 de moins pour le resto, le cinéma, etc… D’accord il y a des touristes mais il est clair que cette histoire s’adresse d’abord et avant tout au marché local de la grande région de Québec.

Au bout du compte les Québécois vont continuer de dépenser et le gouvernement de les taxer, la différence c’est que le gouvernement va dépenser quelques centaines de millions de plus et que les millions payés au joueurs vont quitter la région et la province.

En fin de compte le problème avec cet « investissement » c’est qu’il ne crée pas ou bien peu de richesse, il ne fait qu’encourager les gens à consommer davantage, alors qu’ils abusent déjà de ce comportement.

La viile de mtl dépense 15 millions par année pour 1e F1 et ça ne pose de problèeme a personne. Pourquoi si la ville de Québec investi 200 millions – 63 millions – 13 millions sur 30 an pourquoi ça poserait problème? Parce que le gouvernment québécois investi 200 millions qui profiterons en retombées économiques à la ville de Québec probalbement avec des retombées pour tout les québécois avec la possible création du TGV-MONORAIL et aussi a tous les Québécois quand aux impôts que paieront ces joueurs et tout les emplois créés. Alors à qui ça pose vraiment problées? A des égocentriques qui ne pensent qu’à leurs propre personne et comme eux ne son pas amateurs ils ont la vision trop courte pour voir les autres retombées qui leur permettront de manger autre chose que du gruau à leur futur résidence et au centre hospitaliers qui les pourra les garder ailleurs que dans le corridor si on réussi a faire du développement économique une priorité dans cette pauvre province qui se distingue de par sa richesse individuelle mais aussi le ni veau de vie moyen au Canada. Comment ça se fait qu’ici on ne comprend pas ecessité du développement des transports en commun (voies réservées, transports rapides fiables et fréquents sur tout territoire urbain comme dans les autres provinces) et une nécessité incontournable pour développer nos ressources et mettre les ressources de nos régions a contribution à l’activité économique au PIB.