Steve Jobs et Barack Obama

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Les deux n’arrêtent pas de faire les manchettes. Ce sont des leaders charismatiques, de grands innovateurs et ils sont vénérés. Je pense même qu’ils constituent, chacun à leur manière, des modèles pour les leaders du 21e siècle, même si leur style est carrément opposé.

Barack Obama a peut-être donné plus d’interviews depuis son élection en novembre que George W. Bush en a donné depuis le début de sa présidence il y a huit ans. Il explique sans arrêt et avec la même passion son plan de relance. Il situe les enjeux, mesure l’ampleur des défis, fait preuve de compassion envers ceux qui sont frappés par la crise et finit toujours ses interventions par un appel à la mobilisation et par un optimisme inébranlable quand à la capacité de son pays à se relever. Même ses adversaires politiques sont frappés par son intelligence vive et sa grande civilité. Il inspire confiance.

Steve Jobs, le PDG de Apple, doit céder jusqu’en juin la direction de son organisation en raison de sérieux problèmes de santé. C’est un autre genre de phénomène. Il cultive plutôt le secret et ses concurrents n’ont jamais vu venir le iPod ni le iPhone. Tout ce qui entoure sa maladie est d’ailleurs enrobé d’un rideau opaque. Jobs aime le mystère alors qu’Obama raffole des kodacks.

Mais une ou deux fois par année, Steve Jobs sortait de son mutisme et présentait à un public ébahi les nouveaux gadgets d’Apple. Certes les produits n’étaient pas banals, mais quel showman ! Sans notes, sur le ton de la conversation, avec comme seul décor une présentation visuelle, le pdg d’Apple faisait le pitch de ventes des pitchs de ventes. Tous les produits, jusqu’au moindre bouton, étaient toujours exceptionnels, uniques, sans précédent et d’une ingéniosité inouïe. Les spectateurs avaient l’impression qu’ils venaient d’assister à un fait marquant de l’histoire de l’humanité.

Barack Obama et Steve Jobs ont compris que pour gagner il faut des disciples et que pour rayonner, il faut convaincre. Il faut « évangéliser » sans cesse, même auprès de clientèles qui sont plus difficilement acquises. Un grand leader, c’est d’abord un extraordinaire vendeur.

Photo : Paul Sakuma, PC

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En ce qui me concerne et jusqu’à preuve du contraire Barack Obama n’arrive pas à la cheville de Steve Jobs.

Effectivement, c’est ce qui manque terriblement aux souverainistes québécois. On a beau en avoir élu 101 sur 200, y’en pas un qui ose parler de la chose! Des fois faut se pincer pour se demander si on ne rêve pas!

Jobs a un cancer du pancréas. Taux de survie, très très bas.

Apple est un magnifique exemple d’entreprise responsable et innovatrice qui gagne la confiance de ses clients par des produits efficaces et un très bon service. Pourtant certains aiment croire que la qualité n’a rien à voir avec le succès… whatever

Moi, j’aime bien connaitre le grand boss de toute entreprise avec qui je fais affaire… Avec Apple, c’est Steve Jobs !
C’est qui le grand boss de Lenovo ? de Chrysler ? de Pfizer ?
Connais pas ! ça part mal……

@Garamond

tout le monde connait M. Paul. C’est le grand gourou au Québec.

Dans Le Devoir de ce matin, un investisseur écrit:
http://www.ledevoir.com/2009/01/17/227919.html

« J’ai investi, entre autres, dans la Financière Power depuis 1997 pour avoir un prix moyen de 22,35 $. Cette année, l’action a atteint un sommet d’environ 42,50 $.

Le vendredi 12 décembre, l’action a clôturé à 22,45 $. Si je devais vendre mes actions actuellement, il n’y aurait aucun gain de capital après 11 ans d’investissement, si ce n’est les dividendes reçus. »

http://bigcharts.marketwatch.com/advchart/frames/frames.asp?symb=ca%3Abbd.b&time=&freq

« Jobs aime le mystère alors qu’Obama raffole des kodacks.” (Pierre Duhamel)

Pour les deux ce n’est pas une question de goût, ce n’est pas une question personnelle de préférence, mais une question de stratégie. La stratégie de l’un ne pourrait pas s’appliquer à l’autre.

« Un grand leader, c’est d’abord un extraordinaire vendeur.”

Rien de plus vrai c’est ce que la majorité des leaders ignorent. Il faut compter qu’en plus un bon vendeur refusera de vendre de la camelote et qu’il est très disponible sans se faire manger son temps.

Je crois que Pierre Péladeau était un bon vendeur. C’est comme ça qu’il a commencé. Il vendait des sapins et aussi de la bière sur « la slide ». Il a su vendre à son entourage près, ses employés et aux syndicats.

C’est en vendant que Péladeau a monté son empire et c’est en vendant qu’Obama est devenu populaire.

«acquises. Un grand leader, c’est d’abord un extraordinaire vendeur.» je suis d’accord avec ça.

À l’Université je me souviens que l’on nous disait sans cesse que la force n’est pas dans le nombre mais dans la locomotion.

Quand on regarde fonctionner ces deux modèles d’homme que sont OBAMA et Steve Jobs, c’est ce principe que je vois en action.

Ces simples mots : Yes we can ont un effet d’entrainement stupéfiant.

C’est malheureusement une formule que les leaders québécois semblent incapable de s’approprier. Et voilà pourquoi nous, on est dans la gadoue de la stagnation. Il manque le détonnateur de la locomotion…

« Ces simples mots : Yes we can ont un effet d’entrainement stupéfiant. » (Gilles)

Vrai! Mais li y a une différence énorme en ces deux hommes. Jobs a déjà livré la marchandise lui.

Au Québec c’est vrai qui sont plate, très plate. À Ottawa aussi.

Les seuls qui me viennent à l’esprit, sont Lesage (maître chez nous), Bourrassa (premier terme) et René Lévesque (avec Lesage et PQ premier terme) qui avaient un grand effet d’entraînement.

Je ne vois pas pourquoi on compare les personnages politiques à ceux du monde des affaires. Obama n’est pas un homme d’affaires – pas plus que ne l’étaient la presque totalité des présidents américains. Jobs n’est pas politicien, Gates et Buffet non plus. Il faut toutes sortes de monde pour faire un monde!

« Jobs n’est pas politicien, Gates et Buffet non plus. Il faut toutes sortes de monde pour faire un monde!” (Loraine King)

Je ne suis pas du même avis.

Souvent on dit la politique de l’entreprise est…

Pour vendre leur bidules Gates et Jobs ont été de bons vendeurs. Crétien, Lesage, Lévesque et Harpeur ont dû comme tous les vendeurs vendre leur poutine.

La différence est dans la satisfaction ou la confiance de l’acheteur et cet acheteur est celui qui est satisfait de ses produits ou celui qui est satisfait de ses votes.

Si 75% des gens veulent des baisses d’impôt le politicien fera miroiter des baisses d’impôts.

Si les gens veulent un iPod vert l’homme d’affaires fera miroiter un iPod vert.

Si les gens veulent des profits mirobolants sur leurs petits placements les entreprises financières feront miroiter des profits mirobolants.

Un bon exemple. Fin de décembre chez moi le lave-linge Inglis a rendu l’âme. J’appelle le vendeur pour m’informer sur les laveuses les plus résistantes. Oui me dit-il Inglis c’est un très bon vendeur. Je ne t’ai pas demandé si sa se vend bien, je veux savoir si c’est bon et aussi bon. Il répond ce n’est plus comme c’était, mais sa dure 10 ans au moins. Ben ok, fin.

Son copain me rappelle, et je lui repose les questions. Ha dit-il tu veux un char d’assaut. Finalement j’achète son char d’assaut une laveuse allemande commerciale 650$ plutôt que 450$.

Le deuxième vendeur s’est préoccupé de connaître son client tout comme Gates et Jobs.
Reste à savoir si Obama réussira à satisfaire son client.