Stingray Digital Group – Le plus grand DJ au monde

Cette année, Eric Boyko a fait de Stingray Digital Group le plus important fournisseur mondial de services musicaux numériques, avec des clients dans plus d’une centaine de pays.

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Eric Boyko, PDG de Stingray Digital Group – Photo : Christinne Muschi

La carte du monde large de deux mètres accrochée dans le bureau d’Eric Boyko à Montréal n’est pas un élément de décoration : c’est le territoire à conquérir. Cette année, le PDG s’est drôlement rapproché de son objectif, en faisant de Stingray Digital Group le plus important fournisseur mondial de services musicaux numériques, avec des clients dans plus d’une centaine de pays. Et pas question de ralentir maintenant !

Galaxie, The KARAOKE Channel, Concert TV, le canal qui diffuse des airs de Noël pendant qu’une bûche se consume sans fin dans un foyer : toutes ces chaînes de télévision musicales appartiennent à Stingray, qui les fournit à des télédistributeurs partout sur la planète. De la même façon que, par exemple, la Société Radio-Canada fournit sa chaîne ARTV à Vidéotron et Bell.

« Nous faisons affaire dans tous les pays des Amériques entre le Nunavut et la Terre de Feu… Sauf à Cuba ! » dit l’entrepreneur 44 ans. Dans sa bouche, les mots se bousculent littéralement, au même rythme où Stingray accumule les clients !

Il y a un an, 75 millions de foyers étaient abonnés aux chaînes musicales de la société, dans 71 pays. Aujourd’hui, c’est 110 millions d’abonnés, dans 113 pays. Et puisque la multinationale achète ses compétiteurs comme d’autres achètent des souliers, ces chiffres ne seront vraisemblablement plus à jour au moment où vous lirez ces lignes !

Afin de dénicher les bonnes affaires, le PDG voyage constamment et prend le temps de rencontrer ses concurrents, même en vacances. « Une acquisition prend en moyenne deux à quatre ans, alors on s’assure d’avoir tout le temps 10 lignes à l’eau. »

Une exception : l’achat du groupe Mood Media Amérique latine, au début de 2014. « Je les ai rencontrés le 28 décembre, j’ai fait venir mon avocat, on a négocié sur le bord de la piscine, et l’entente était conclue le 31 décembre ! » Cette transaction, la deuxième en importance de l’histoire de Stingray, a permis d’ajouter près de 20 millions d’abonnés répartis dans une vingtaine de pays. « Le taux de pénétration de la télévision numérique sur ce territoire est faible et le potentiel de croissance, énorme. D’ici quelques années, c’est 100 millions de foyers qui seront abonnés ! »

Cet automne, l’entreprise s’attaque au marché du Golfe Persique avec le lancement des chaînes de musique continue de Galaxie à Dubaï. Puis, à partir de 2015, elle se tournera vers son dernier territoire à conquérir : l’Asie.

Si Stingray n’y est pas encore présent, c’est essentiellement pour des raisons financières. Un abonnement au câble se vend en moyenne 120 dollars par mois aux États-Unis, 100 dollars au Canada, 60 dollars en Amérique latine, 40 en Europe, et 10 en Asie, précise Eric Boyko. Comme Stingray reçoit une fraction de l’abonnement mensuel payé par ses abonnés, l’Asie n’est pas très attrayante pour l’entreprise. « Mais ça va se développer », ajoute-t-il.

Malgré l’envergure de Stingray, « le public ne sait pas qui nous sommes », se plaint toutefois le PDG. Pour être reconnue plus facilement, l’entreprise regoupe ces jours-ci toutes ses activités sous un même nom : Stingray Music. Car à quoi bon conquérir le monde si ses habitants l’ignorent ?

Activité : Exploite un réseau de distribution de musique en format numérique
Chiffre d’affaires en 2013 : 48,9 millions
Nombre d’employés en 2013 : 200 (+10 temps partiel)
Ventes hors du Canada en 2013 : 40 %
Croissance 2008-2013 : 587 %
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