Subventions : en avons-nous pour notre argent ? (avec correction)

Le « modèle québécois » coûte cher. Nos gouvernements aiment « intervenir » pour stimuler l’économie, encourager le développement de certains secteurs et, par-dessus tout, pour « créer et sauver des emplois ».

En 2009, le gouvernement du Québec, celui d’Ottawa et les administrations locales ont versé 7 772 millions de dollars (ou 7,7 milliards) en subventions et transferts de capitaux aux entreprises d’ici.

C’est un chiffre stupéfiant à plusieurs égards.

1. Les entreprises du Québec ont reçu 42,6 % des subventions accordées par tous les gouvernements et administrations locales au pays.

2. Cette année-là, elles ont récolté en subventions 73, 8 % de ce qu’elles avaient payé en impôts directs à Québec et à Ottawa.

3. Les subventions aux entreprises ont augmenté de 75,6 % au Québec de 2000 à 2009.

4. Le gouvernement du Québec a versé à lui seul 6,1 milliards de dollars en subventions. C’est presque le triple du gouvernement ontarien (2,2 G$) et c’est plus que le gouvernement fédéral (4,5 G$) !

5.  En tenant compte de subventions fédérales, provinciales et locales, les entreprises du Québec ont reçu 2,8 milliards de dollars de plus que les entreprises ontariennes. L’économie ontarienne est presque deux fois plus grosse que l’économie du Québec (1,9).

6. C’est comme si chaque entreprise québécoise d’au moins un employé (247 435) avait reçu en moyenne une subvention de 31 400 dollars (et non 314), comparativement à une subvention de 12 500 (et non 125) dollars pour chaque entreprise ontarienne (396 958).

7. Le gouvernement du Québec a versé 54,1 % du total des subventions accordées par tous les gouvernements provinciaux au Canada.

8. La valeur des subventions par habitant était de 993 dollars au Québec, contre 381 dollars en Ontario et 540 dollars pour le Canada.

9. Certains se plaignent des subventions à l’industrie pétrolière albertaine. En 2009, Ottawa, Edmonton et les administrations locales ont versé 1,4 milliard de dollars en subventions et transferts de capitaux aux entreprises albertaines. Cela représente 18 % de ce qui est versé au Québec alors que l’économie albertaine représente un peu plus des deux tiers de l’économie québécoise.

10. En avons-nous pour notre argent ? Le PIB par habitant du Québec était de 40 395 dollars en 2010, contre 49 780 dollars pour le reste du Canada. Nous sommes devancés à ce chapitre par sept provinces.

 

27 commentaires
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Excellente réplique, comme toujours. Je me répète, je le sais, mais mr. Lisée rêve que le modèle québécois est le meilleur modèle qui soit. Les chiffres, véritable bête noire des idéologues, disent, au grand dame du champion d’à côté, essentiellement le contraire.

Oui, car le modèle Québécois fonctionne, certes, mais grâce à l’argent des autres.

Vous avez fait un excellent travail de recherche. J’aimerais en dire autant de la partie adverse.

Vous lancez un débat pertinent. Que je résume ici en quelques questions :
– À qui servent les subventions ?
– À quoi servent-elles ?
– Sont-elles justement et équitablement réparties ?
– Sont-elles pertinentes en matière de création d’emploi ?
– Servent-elles à produire de la richesse supplémentaire ?
– Sont-elles utiles pour la redistribution de l’ensemble du bien collectif ?
– Sont-elles avantageuses pour quelques uns mais… pas nécessairement pour tous ?
– Avons-nous sur le poste des subventions autant de transparence qu’il en faudrait ?
– Ne serait-il pas de bon aloi de les remplacer par autres choses ?
– Est-ce que les entreprises pourraient fonctionner sans subventions (celles qui en reçoivent bien sûr) ?
– Sont-elles une condition sine qua non pour certaines pour choisir le Québec ?

Bref, cela fait beaucoup de questions et je ne suis pas sûr qu’on ne pourrait pas s’en poser quelques autres de plus. – Si ce n’est que je me pose une ultime question : Les subventions ne font-elles pas parti d’un certain dispositif de clientélisme qui alimente aussi le positionnement politique de certains partis ? – En d’autres mots plus triviaux peut-être, je conclurais qu’il n’est pas très conforme aux règles de « politesses et de maintient » de cracher en public dans l’assiette au beurre… mais en privé peut-être !

En 2009, le fédéral et l’Ontario ont annoncé conjointement une aide de plus de 14G pour sauver GM et Chrysler. Vos chiffres ne semblent pas en tenir compte.

Ok… Mais parle-t-on des emplois (directs/indirects) maintenus grâce à ces subventions??? Des dépenses de consommations des employés? De leurs impôts???

Autrement dit, on coupe les subventions aux entreprises et on baisse leurs impôts de 75% et ça nous revient au même.

Pas tout à fait puisqu’on pourrais couper une belle bande d’administrateurs de subvention en même temps. Un état plus léger et agile en même temps. Ho que ce serait bien.

@ Peu importe (# 4):

Votre argumentaire est principalement basé sur ce que nous appellons les « retombées économiques » (i.e.: argent dépensé par les employés dans les commerces, impôts payés par ces derniers, etc.) ce qui fait que, sur la planète des gauchistes, une dépense étatique de disons $10.00 devient, par miracle, un « investissement » de $100.00.

Pourquoi alors ne pas payer des gens à même nos impôts à creuser des trous et en payer d’autres à le reboucher? Le raisonnement est le même (jobs créées, salaires dépensés, retombées économiques, impôts payés. etc…).

Si les subventions aux canards boîteux auraient été dépensées ailleurs où ça compte vraiment et/ou redonnées aux contribuables, il n’aurait pas disparu. Il aurait tout autant été dépensé ou investi mais selon le désir de ceux qui l’ont gangé et non au gré des vents des politiciens.

@Sébastien – l’aide des gouvernements en 2009 pour GM c’était des garanties de prêts et des prêts contre des titres, des actions de GM. Les gouvernements publièrent ce communiqué le 21 avril 2010…

« Le ministre de l’Industrie, l’honorable Tony Clement, et la ministre du Développement économique et du Commerce de l’Ontario, l’honorable Sandra Pupatello, ont souligné aujourd’hui que la General Motors du Canada Limitée (GMCL) avait remboursé intégralement les prêts consentis par le gouvernement du Canada et le gouvernement de l’Ontario. Les deux gouvernements détiennent toujours des actions ordinaires et privilégiées de GM. »

http://news.ontario.ca/medt/fr/2010/04/les-ministres-clement-et-pupatello-soulignent-que-gm-a-rembourse-ses-prets.html

Une subvention ce n’est pas remboursable, c’est un don.

Si ce 7,7 M$ avait été investi dans nos infrastructures, notre économie en ressentirait un effet bien plus bénéfique à moyen et à long terme. Malheureusement nous élisons nos politiciens pour de courtes périodes.

@loraine King

Je sais bien sauf que ne pas le mentionner est un peu trompeur. Le gouvernement fédéral a perdu des milliards avec ses titres obtenus dans le sauvetage de GM et Chrysler. On jette de l’argent par les fenêtres mais ça ne compte pas car techniquement, ce n’est une subvention. Avouez que c’est un peu drôle comme façon de parler…

Vos chiffres sont renversants. Surtout le numéro 2 où on apprend qu’en bout de ligne, les cies ne paient qu’un quart de ce qu’ils paient en impots! C’est incroyable surtout lorsqu’on sait qu’elles paient moins d’impots qu’aux EU.

Quand vous lisez ces chiffres, n’avez-vous pas le goût de changer ça? Ça vous tenterait de faire un vrai changement. Le problème c’est qu’il y a T.R.O.P. d’argent dans tous les gouvernements. Ils ont pris un malin plaisir à aller nous en prendre de plus en plus d’argent chaque année. Quand est-ce qu’on va dire, No way, Je ne veux plus payer pour tous ces assistés sociaux ( fonctionnaires, entreprises, prestataires). Je suis tanné de voir que le fruit de mon travail est dilapidé sans gêne partout et que les résultats sont minables. Bien sûr que Jean-François, Amir, Pauline, François et Jean vont dire qu’il faut investir dans nos entreprises. Certain iront même jusqu’à dire que l’état DOIT intervenir dans l’économie. Comme si l’état pouvait changer la nature des choses, de rendre un produit intéressent quand il ne l’est pas.
Un investissement qui est déficitaire ça marche pas, le gestionnaire tu perds se portefeuille. Le problème c’est que ce n’est pas des investissements, c’est de l’aide et il y a une maudite différence. Ça fait 20 ans que certaine entreprise ont de <> Pourquoi au juste? C’est la même chose avec tous les autres assistés sociaux (de tout genre). Ils vivent avec VOTRE argent et développent une façon d’assurer LEUR financement récurant chaque année. Ça ne peu plus continuer comme ça. L’assistance sociale ce n’est pas un mode de vie, pour personne.

@Sébastien – le gouvernement a perdu des milliards, vous dites. Enfin, on verra. Les gouvernements ont encore un grand nombre des actions de GM, une participation de 11 % pour le gouvernement du Canada. On ne peut pas facilement prédire l’avenir, pas plus que l’arrivée d’un tsunami dévastateur, n’est-ce pas. GM est redevenu cette année le numéro 1 mondial dans la production d’automobile.

Les entreprises sont elles trop subventionnées?? Oui. Mais prétendre que les pétrolières en reçoivent moisn, c’est considéré seulement une partie de ce que l’État consent aux entreprises. Il faudrait aussi inclure les mesures fiscales comme les crédits d’impôts qui nous privent de evenus. Même s’il ne s’agit pas de « dépenses » à proprement parlé, ces mesures ont aussi un coût!

@loraine King

La prise de participation du fédéral et de l’ontario dans GM accordait une valeur d’environs 85G à la compagnie selon le prix des actions achetées. Aujourd’hui, les actions de GM se transigent à 24$, ce qui donne une valeur de 38G à la compagnie. L’investissement fédéral dans GM a donc perdu 56% de sa valeur en date d’aujourd’hui…

Moi j’aimerais savoir quel pourcentage des subventions on été donné aux Corporation et combien pour les PME ou employeur de 100 employés et moins?
Mon entreprise qui emplois, un maximum de 80 employés ne réussis à obtenir aucune subvention, nous travaillons dans le domaine du bois d’œuvre.

Le gouvernement nous donnes comme excuse l’entente du SLA(softwood lumber agreement)nous ne pouvons vous donner de subvention sous peur d’être poursuivis par le Lobby américains.

Cependant lorsqu’ Abitibi Bowater, un de nos compétiteurs direct, menace le gouvernement de fermer ces usines et mettre 1000 personnes à la porte ils reçoivent des millions de dollars en aide de toute sorte. Ils fraudent leurs actionnaire en mettant la valeur de leur actions à zéro. Le gouvernement leur accorde ensuite le droit de réémettre de nouvelles actions….Abitibi perd des millions par quart depuis plus de 10 ans.

Qui s’assure que les subventions vont aux entreprises qui en on vraiment besoins et qui se force pour être rentable…contrairement à la MIL-Davie et Abitibi Bowater.

Notre gouvernement est à la botte des corporation et c’est un problème, les petits entrepreneur ce font détruire ou avaler par ces géants subventionné et non rentable.

En gros, si je comprend bien, on taxe plus les entreprises et on subventionne plus les entreprises…

Ca me semble juste un jeux absurde de partisanerie politique. Vu que les baisses d’impôts aux entreprises sont impopulaire, on laisse les impôts élevés. Mais on attire les entreprises avec des subventions. Et ça donne plein de magnifique session de coupage de rubans… Et beaucoup de job d’administration!

Sur le 6,1 milliards que le Québec a donné aux entreprises, pourriez-vous nous donner le top 10?
Quelles sont les 10 entreprises qui ont reçu les plus gros montants? Combien? Et pour garder ou créer combien d’emplois?

Avec 6 milliards on pourrait faire vivre 200,000 chômeurs à 30k par année! (y’a environ 300,000 chomeurs au Québec)

Il ne faut jamais oublié que des gens travaillent aux salaires minimun dont les impots servent a subventionner de grosses corporations dont les patrons ont un salaire énorme et des employés syndiquées a 80k par année et avec une bonne retraiteET ces corporations peuvent partir en tout temps

Mais pourquoi c’est comme ça? Parce que nos politiciens aiment le pouvoir de dépenser, d’influencer? Parce qu’ils ont le pouvoir d’aider leurs petits amis? Parce que ça leur fait une bonne image et que ça garde les lobbys d’entreprises tranquilles?

Ou bien sinon on est tellement tarés ici qu’on ne peut garder nos entreprise qu’avec des subventions? J’aimerais entendre la gauche qui dit qu’on est pas si mauvais là dessus.

Pourquoi toutes ces subventions: parce qu’on est corrompus ou parce qu’on est tarés?

Est-ce que l’on considère dans le mot subvention tout ce que déduit le petit fleuriste comme son gros pick-up qui set plus à tirer sa fift wheel et déduire son essence qu’à liver ses fleurs. Je trouve abhérant de voir le vendeur de pizza de Beauport qui place son gros Hummer en face de son commerce et inscrit en plus All u can eat…jamais il ne se sert de çà pour son commerce mais pour lui. L’essence qui va dans les motoneiges ou 4 roues passe sur la facture du camion et elle ira au comptable pour le rapport d’impôt. Ti-Pit garde ses factures de resto de toute la famille….un autre va en voyage dans le sud il prend une chambre à Mtl et bien sûr la facture passera pour un voyage d’affaire à Mtl…faut-il se créer une cie bidon pour fourrer le système?

@ Doc (# 17):

Le problème ici c’est que si nous donnions cet argent à des chômeurs qui ne produisent rien, on serait rapidement à court de fonds alors que distribué à des sociétés qui créent ou conservent des emplois, ça nous rapporte un peu.

De toute façon, je suis personnellement CONTRE toute forme de subvention à qui que ce soit (ça devient une béquille!) mais si nous n’avons d’autres choix que d’en donner car les autres pays font de même, aussi bien choisir juducieusement nos cibles.

Les politiciens, eux (autant Libéraux que Péquistes!), choisissent spécifiquement les gros donnateurs à leur caisse électorale ce qui s’avère souvent de très mauvais choix.

Dans plusieurs cas, on subventionne une société boîteuse au détriment de ses compétiteurs qui ont un bilan sain.

J’ai toujours en tête l’exemple de GM, qui croulait sous les dettes et la mauvaise gestion, versus Ford qui représentait tout le contraire.

@francois

Je ne dis pas qu’il faut donner ces 6 milliards à des chomeurs, mais je veux juste souligner l’énormité de la somme! Combien ces 6 milliards ont créé d’emplois? (M. Duhamel va certainement nous le dire)

Si je ne me trompe pas, l’Assurance-emploi verse environ 5 milliards par année aux chomeurs québécois. On donne donc moins à nos chomeurs qu’à nos capitalistes!

Voici ou l’on peut dire que les subventions contribuent à payer une bonne partie des salaires des employés de la grosse entreprise. Des employés payés par la collectivité pour que l’entreprise privée en profite.

Aussi longtemps que la population se contentera de chialer à voix basse, le stratagème va continuer.

Ceci dit : Tous ceux qui travaillent à petit salaire, je vous dis merci en leur nom pour ce généreux geste collectif.

Une autre entreprise qui a reçu une subvention en 2006 14 millions a fermé aujourd,hui, 700 mises a pied.

Ce problème est bien connu mais il est toujours à propos de se faire remettre les chiffres en pleine face. Merci Pierre. La solution, selon moi: diminuer substantiellement les subventions et crédits d’impôts aux entreprises et réduire les impôts corporatifs, les taxes sur la masse salariale et l’impôt sur le gain en capital de faôn à récompenser les entreprises productives et les investisseurs qui crééent la richesse.

@ Doc (# 22):

Vous avez raison et si mes ouvenirs sont exacts, j’ai lu quelque part, il n’y a pas si longtemps, qu’en 2011, le Québec avait versé PLUS de subventions a ses entreprises que TOUTES les autres provinces canadiennes RÉUNIES!

Il est alors logique d’ensuite se demander pourquoi le Québec doit-il agir de la sorte pour attirer ou conserver ses entreprises?

Une partie de la réponse réside dans le fait que notre productivité est notoirement en-dessous des autres provinces, que nos charges sociales sont trop lourdes à supporter, que la mafia syndicale, frein significatif à l’emploi, est omniprésente et trop protégée par nos lois sociales, que la fonction publique québécoise est tentaculaire, très tatillonne et surtout très coûteuse, etc.

Les problèmes et les solutions sont parfaitement connues mais peu de politiciens veulent s’y attaquer.