Tout sur le 1 % qui mène le monde

« Nous sommes les 99 % », clament les protestataires qui manifestent contre les excès des milieux financiers et des mieux nantis, qui représenteraient, eux, que 1 % de la population.

Mais que sait-on au juste au sujet des super-riches, au-delà de la chronique mondaine ? Robert Frank, journaliste au Wall Street Journal, vient tout juste de publier The High-Beta Rich : How the Manic Wealthy Will Take Us to the Next Boom, Bubble, and Bust, un livre étonnant sur cette élite et sur son impact sur l’économie et les finances publiques. Robert Frank a rencontré plus d’une centaine de millionnaires dans ce grand reportage sur ce que je serais tenté d’appeler la misère des riches.

Première constatation de l’auteur : des inégalités comme celles observées ces années-ci sont un phénomène plutôt récent. Entre 1943 et 1980, les revenus de 90 % de la population ont doublé alors que celui du groupe de 1 % au sommet de la pyramide n’augmentait que de 23 %.

Deuxième constatation : les riches ne sont plus ce qu’ils étaient. Jusqu’en 1982, les millionnaires étaient relativement peu nombreux aux États-Unis, les milliardaires rarissimes et la frange des plus riches était surtout composée d’héritiers de grande fortune et des propriétaires d’entreprises à succès, surtout présentes dans le pétrole et les fonds de placement. En 2007, il y avait plus de 5 millions de ménages américains qui déclaraient des revenus supérieurs à 10 millions de dollars, plus du double qu’en 1990. Le magazine Forbes recensait 400 milliardaires en 2007, contre 13 seulement en 1982. Cette année-là, cette frange de 1 % accaparait 9 % des revenus du pays; elle en accapare 22 % aujourd’hui.

Troisième constatation : la fortune de ces nouveaux riches est à la fois beaucoup plus grande et beaucoup plus fragile que celle des « anciens riches ». Dans l’espace de 18 mois en 2008 et 2009, les millionnaires américains ont perdu le tiers de leur fortune et 20 % d’entre eux ont dit adieu à leur statut de millionnaire. Au cours des trois dernières récessions, les revenus de ceux qui composent le fameux 1 % ont diminué deux fois plus en pourcentage que l’ensemble de la population. Pourquoi cette instabilité ? Parce que leur fortune dépend justement d’un système financier sujet aux chocs soudains, au krachs boursiers et aux bulles spéculatives.

Les revenus des patrons des 500 plus grandes entreprises américaines ont quadruplé pendant les années 1990, perdu 50 % de leur valeur au début des années 2000, ont rebondi de 50 % par la suite pour baisser de moitié à la fin de la dernière décennie. Les fluctuations de leur chèque de paie ressemble à des montagnes russes et la moitié de ces grands patrons se retrouvent sans emploi sur une période de cinq ans.

Pas étonnant, car leur succès et leur richesse sont tributaires du prix qu’ils obtiendront pour l’entreprise qu’ils ont créée, du prix de l’action de leur entreprise et des immenses rémunérations rendues possibles par l’octroi d’actions ou d’options d’achat d’actions. Enrichis par une bulle spéculative, ils se retrouvent ruinés lors de son éclatement. C’est un peu la réactualisation du proverbe voulant que celui qui vit par l’épée périra par l’épée.

Quatrième constatation : leur frénésie dépensière accentue les mouvements de l’économie. 5 % des Américains comptent pour 37 % des dépenses de consommation. Pour mettre les choses en perspective, ceux qui se retrouvent parmi le groupe de 80 % les moins payés comptent pour 39,5 % des dépenses de consommation. Quand on dit que les Américains n’achètent plus, on parle surtout des riches Américains.

Ceux qui disent que les riches ne dépensent plus une fois qu’ils ont tout acheté se trompent. Dans les années de vaches grasses, ils s’achètent des résidences luxueuses (ils détenaient 34 % de l’actif immobilier américain en 2007), des jets privés (qui sont passés de 7 176 à 17 199 entre 1995 et 2010), des yachts, des vêtements et des bijoux hors de prix. Quand le boni n’y est pas et que la valeur de l’action chute – les deux sont souvent liés – les revenus s’effondrent et ils coupent substantiellement leurs dépenses, ce qui accentue la récession. Et que dire de toutes ces maisons gigantesques qui ne trouvent pas preneurs ?

Cinquième constatation : leur fortune en dents de scie causent d’énormes problèmes aux collecteurs d’impôts. Pourquoi la Californie se retrouve-t-elle dans la dèche croyez-vous ? Parce que les revenus de l’État dépendent des « millionnaires sur papier ». En 2007, ceux qui faisaient partie du 1 % des plus riches Californiens gagnaient 25 % des revenus des citoyens de l’État et payaient 48 % des impôts sur le revenu. La crise financière, les revenus des super-riches qui baissent trois fois plus que ceux de l’ensemble des citoyens américains et l’éclatement de la bulle immobilière conduisent à un déficit budgétaire de 26 milliards de dollars.

Dan l’État de New York, le fameux 1 % de contribuables est responsable de 42 % des impôts sur le revenu et les employés des institutions financières comptent pour plus de 20 % de tous les salaires.

Leçon à retenir : trop compter sur les revenus des riches pour payer les dépenses de l’État peut jouer des tours quand la finance se met à déraper. Deuxième leçon : qui a dit que les riches ne payaient pas d’impôt ?

Sixième constatation : il y a encore une mobilité sociale. Les données du recensement américain indiquent que le tiers des ménages qui se trouvaient dans le premier quintile de revenus entre 2004 et 2007 ne s’y trouvaient plus alors que le tiers de ceux qui faisaient partis du quintile regroupant les plus pauvres font maintenant partie d’un groupe supérieur.

Nous ne sommes pas riches à vie, ni pauvres à vie non plus. Steve Jobs était pauvre en 1979 et extraordinairement riche à peine 10 ans plus tard.

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Fort intéressant de remettre les choses en perspective et de se détacher ainsi des grandes généralités.

Mais je persiste à considérer que nous vivons à une époque où la véritable valeur de l’argent s’est perdue (spéculation). Sans être une spécialiste dans le domaine de l’économie…devons-nous toujours être en croissance??? Ne devrions-nous pas, en occident surtout, ralentir dans notre consommation quite à provoquer de grands boulversements certe, mais revenant à une réalité respectant nos ressources et surtout leurs limite. Nous habitons tous dans la même maison, celle de la terre qui ne peut plus fournir autant et cessons d’être vulgaire dans nos comportements en encouragent la surconsommation.

À la lecture de cet article, on a l’impression que, maintenant, la constante est l’instabilité. Dans le domaine financier, tout bouge à une vitesse folle chaque jour. Et la tendance s’accélère grâce aux moyens de communication. À quand des mécanismes régulateurs des opérations financières dignes de ce nom qu’on appliquer sur Wall Street et ailleurs? Les soubresauts que nous font vivre les spéculateurs sont disproportionnés et ils sont incompatibles avec une certaine stabilité sur laquelle pourrait se fonder une certaine progression du bien-être collectif.

« How the Manic Wealthy Will Take Us to the Next Boom, Bubble, and Bust, »

déjà, le titre du livre a tout faux. Ce qui cause les cycles économiques, c’est l’intervention du gouvernement (banque centrale, subventions, réglementation, etc.)

pour le reste : du moment que quelqu’un/qu’une entreprise est riche sans l’intervention du gouvernement, c’est uniquement parce qu’elle sait satisfaire ses clients.

Si 80% de la population possédait, disons 70% des ressources, je suis convaincu que les dépenses de consommation viendraient surtout d’eux et non des super riches. Alors laisser entendre qu’on a besoin des super riches pour faire rouler l’économie c’est tendancieux. C’est comme se lamenter que les esclave n’ont pas d’impact au niveau des dépenses de consommations …

Arrêtez M. Duhamel, vous allez me faire verser une larme!

Avec mon salaire aligné sur la moyenne canadienne, à l’ordre de qui j’expédie mon chèque au bénéfice de ces riches indigents?

Bouhouhou, pôôôvres riches, on devrait (encore) tous se saigner à blanc pour leur venir en aide. Pas facile la vie quand on perd son job de PDG et qu’il nous plus que 150 millions en banque… 🙁

C’est bien de remettre les choses en perspectives et de nous rappeler qui paie quoi de temps en temps.

Cependant je crois qu’il y a une marge entre l’entrepreneur et qui veille toute sa vie sur son entreprise et des gestionnaires professionnels.

Ces professionnels qui siègent sur des conseils d’administrations, qui s’élisent entre-eux sur plusieurs comités en échanges de services. Que dire du chaos dans l’exécution du vote des actionnaires.

Lorsque des gestionnaires prennent de mauvaises décisions, qui est licencié, les employés ou les mauvais gestionnaires? Les employés.

Que dire des fonts de spéculation qui font davantage de profits à parier sur le déclin d’une entreprise que sur sont succès?

Ces PDG qui reçoivent des bonus indépendamment de la performance de l’entreprise et encore moins en fonction du potentiel futur de l’entreprise.

Je ne suis pas convaincu que ce sont les mêmes qui ont été floué par ce système qui se retrouve à camper au centre-ville.

Je crois que le diable est dans les détails, il faut s’informer et s’en occuper des détails justement.

Avec l’acceuil qu’on réserve aux « riches » au québec, si j’en était un, je ficherais le camp et je transférerait mes actifs ailleurs.

Laissez-moi réfléchir, bien oui tiens, c’est ce qu’ils font.

Ça prend du courage pour tenter de changer l’attitude des québécois face aux « riches ».

« Entre 1943 et 1980, les revenus de 90 % de la population ont doublé » Pas de chance, la plupart d’entre nous sont dans le 10% restant…

« celui du groupe de 1 % au sommet de la pyramide n’augmentait que de 23 % ».
23% sur quelques millions, ca arrondie un peu les fins de mois.

J’ai trouvé votre note de lecture très bien faite, intéressante, et instructive.
Et en lisant les commentaires, je déplore encore plus que le Québec et la France soient séparés par tant de milliers de kilomètres d’Océan. Nous aurions tout pour refaire une seule nation!
Hélas, l’Atlantique continue de s’élargir!

M.Duhamel
Votre article est passé date. L’HALLOWEEN c’était le 31
Tout comme SENSCOMMUN,
Dites moi à quelle oeuvre dois- je envoyé mon soutien pour ces pauvres riches à parachutes dorés pour la Noel.
Vite, J’ai un gros cas de malaise avec conscience

1% des Newyorkais paient 42% des impots! En Californie c’est 48%. WOW

C’est quoi l’argument de la droite depuis des lustres? Écoutez, on ne peut pas monter les impots, sont au top. Si on augmente l’impot des riches, ils vont déménager aux États-Unis!

Afin de recréer l’économie en cette période de difficulté,de façon responsable dans le domaine du marketing des supermarchés de l’alimentation, je propose d’altérer la qualité des produits pour un meilleur style de vie et balance de l’indice de prix de la consommation ,exemple tendance vers le style menu bleu ou économiser le sel ,sucre,etc…

C’est certain que je vais pleurer sur leur sort… Leurs privilèges sont tellement énormes. Cet après-midi, par exemple, j’ai vu, sur la 640, un énorme véhicule récréatif ( 40 pi., 3 extensions, 250 000$ et +) avec une plaque minéralogique de compagnie… Donc, déductible d’impôt… Ai-je le droit de déduire ma sous-compacte, moi, le petit employé? Je n’ai même pas le droit de déduire mes crayons…

Qu’on soit pauvre ou de la classe moyenne
, au Québec, être riche est un péché. Amassé des REER pour la retraite est un péché. Réussir plus que le voisin est un péché. On veut tout, on ne veut pas payé. Prenons exemple sur la Grèce. La moitié des gens ne payent pas d’impôt. Riches et pauvres. Regardez où ils sont aujourd’hui. On peut tiré la couverture tant qu’on veut, un jour ou l’autre, l’autre coté va lâché. Les riches prennent des risques. Et on travaille pour eux. Pas tous des ‘bon’ riches mais certains sont meilleurs que certains pauvres qui chialent tout le temps. Tant qu’ils payent leurs employés à leur juste valeur, quel est le problème. Mais pour ceux qui ne le font pas, alors pour eux je n’ai aucune pitié.

Les vrais vrais riches, ceux qui dirigent la planète,ceux qui organisent des guerres pour le pétrole, ceux qui ont une organisation d`infiltration dans tout ce qui bougent, ceux qui fournissent des armes aux pays riche en pétrole pour que ses habitants se tuent entre-eux afin d`avoir leur pétrole gratuitement, ceux qui contrôle la nourriture et créent des famines, ceux là n`ont pas de statistiques sur leur rapport d`impôt, sur leur jet privé, et sur leur maison de luxe dans les îles où il fait toujours beau, ce sont eux qui mènent le bateau, il sont invisibles, mais il sont là, il existent, il y a beaucoup de signes qui le prouve.

La vraie économie de riche est de l’argent blanchit qui se retrouve dans des compagnies ayant pignons sur rue…
L’autre partie fait des transaction de trocs ou en noire…
On ne peut dire combien de richesses non déclarées sont déposées dans les comptes des banques canadiennes et autres aux Îles Cayman…

Ce qui fausse toute vos statistiques d’argent légale…

Je connais des gens très riches ici qui se sont rendus là sur le dos des pauvres qu’ils ont exploité sans pitié. De plus, ils sont encore riches et n’ont pas de remords. Les très riches d’ailleurs ont fait de même. Cette situation m’écoeure. Ils ont tous les pouvoirs et ce sont eux qui contrôlent la politique (en plus du crime organisé).

Mon opinion rejoint celle de Claude Kamps. Le blanchiment d’argent, l’argent fait au noir et déposé dans les banques ou les paradis fiscaux, j’ai été témoin de ce fait et ça existe partout au Québec, c’est une situation qui déborde et le gouvernement semble incapable de faire le ménage chez les riches (impôt).
Je pense que le livre sert à endormir les simples personnes. Qu’à cela ne tienne, nous seront toujours là pour nous exprimer…..

Considérez les $ et non les % lorsque vous comparez la situation des uns et des autres, rien que pour voir… Non mais, comment quelqu’un d’éduqué, d’intelligent et à qui on a donné une tribune telle que L’Actualité peut se contenter de répéter bêtement des statistiques et un discours tendancieux sans aucune analyse?
Il ne s’agit pas d’être contre les riches, je suis outrée du type d’information qui se pratique ici…

@ Madeleine (# 21):

Vous croyez vraiment que l’évasion fiscale n’est qu’une affaire de « riches »???

J’ai de petites nouvelles pour vous: combien de Québécois de la classe moyenne paient plusieurs services (coiffeur, restaurant, ouvriers de la construction, différents matériaux, etc…) « en dessous de la table »?

Vous savez pourquoi les gens utilisent ce système D? Parce que les impôts les étouffent et qu’ils se sentent piégés au Québec gauchiste, syndicaliste et interventioniste et qu’ils ont l’impression de ne PAS en avoir du tout pour leur argent.

LA solution? Réduire la taille de l’État opressif et baisser les impôts.

En un mot: « starve the beast »!

5 % des Américains comptent pour 37 % des dépenses de consommation.

Donc, 95 % des Américains comptent pour 63 % de ces dépenses. À ne pas négliger:

The economy is in trouble because so much income and wealth have been going to the top that the rest us no longer have the purchasing power to buy the goods and services we would produce at or near full employment.

http://robertreich.org/post/12168464049

Demain on elimine tout les riches qui va payer leur 42 % d impots pour payer les artistes les musees radio Canada et les routes. qui les pauvres ils non pas d argent.