INFOGRAPHIE – Transport maritime: le Saint-Laurent, voie d’avenir?

Mondialisation oblige, les marchandises voyagent plus que jamais. On pourrait croire que le trafic maritime sur le fleuve Saint-Laurent se serait accru. Pourtant, ce n’est pas le cas. Pourquoi ?

L’histoire que racontent les chiffres est simple : le commerce international s’intensifie, mais le fleuve Saint-Laurent n’est plus, comme avant, la porte d’entrée de l’Amérique.

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Entre 1999 et 2012, le tonnage des cargaisons circulant sur la voie maritime du Saint-Laurent a connu une baisse de 18%. Au cours de cette même période, le transport des céréales et des produits agricoles a enregistré le plus fort déclin : une chute de 39%.

« En 1999, on transportait environ 14 millions de tonnes de céréales sur le Saint-Laurent. Aujourd’hui, le chiffre est plutôt de 8,6 tonnes », dit Andrew Bogora, porte parole de la Corporation de gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent. Mais ce n’est pas parce que le Canada produit moins de céréales, bien au contraire. « Les marchés ont changé, ajoute-t-il. L’Asie achète maintenant beaucoup de nos céréales. Et pour les acheminer là-bas, on doit passer par Vancouver. »

Les nouveaux marchés désavantagent aussi le fleuve Saint-Laurent sur le plan des produits fabriqués.

« Dans l’industrie automobile, par exemple, il y a moins d’activité autour des Grands Lacs, ce qui diminue la quantité de métaux qui doit y être acheminé, poursuit M. Bogora. Les nouvelles usines d’automobiles se construisent aujourd’hui dans le Sud-Est des États-Unis, au Tennessee ou en Géorgie. Il est plus avantageux d’envoyer des produits là-bas en passant par le golfe du Mexique. »

Cela dit, même si moins de marchandises circulent sur le Saint-Laurent, il serait hâtif de parler d’une décroissance. L’activité maritime sur le fleuve fait tout de même travailler plus de 27 000 personnes, et génère des retombées économiques d’environ trois milliards de dollars par année, selon une étude commandée en 2012 par la Société de développement économique du Saint-Laurent.

« Globalement, le transport maritime suit l’économie mondiale », dit Jean Aubry-Morin, vice-président aux relations externes de la Corporation de gestion de la Voie Maritime du Saint-Laurent.

Pour se rendre en Europe ou en Afrique, le Saint-Laurent est la voie à utiliser. Or, si les perspectives de croissance sont moindres du côté de l’Europe, l’Afrique est à surveiller. Le continent est désormais considéré comme une zone à forte croissance qui pourrait, à terme, devenir acheteur de ressources minières ou de produits fabriqués… que l’on exportera d’Amérique du Nord en passant par notre bon vieux fleuve Saint-Laurent.