Twitter et Spotify : les grandes manœuvres du Web

L’économie du Web n’est pas de tout repos… et les évaluations boursières spectaculaires d’un jour peuvent disparaître comme un gazouillis au milieu de la tempête.

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Photo : Wikimedia Commons

Deux entreprises phares de la nouvelle économie font face au plus grand défi de leur jeune existence. Twitter — le réseau social des courts textes de 140 caractères et moins — se cherche un président et une stratégie, et Spotify, le leader mondial de l’écoute continue de musique en ligne (streaming), a appris cette semaine que Apple veut lui ravir sa place.
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Le départ du président de Twitter, Dick Costolo, a été salué sur les marchés, mais il montre la fragilité de ce volatile du Web.

Personnellement, j’aime beaucoup Twitter, qui est devenu mon fil de presse personnel pour connaître ce qui se passe dans tous les domaines d’activité qui m’intéressent. Je m’en sers aussi pour faire la promotion de mes textes, car s’il avère très performant pour amener du trafic sur le site de L’actualité.

L’engouement des professionnels et des médias pour Twitter est peut-être aussi sa plus grande faiblesse. On n’annonce pas son mariage sur Twitter comme on pourrait être porté à la faire sur Facebook. À l’opposé de Facebook, Twitter n’est pas l’endroit de choix pour partager les vidéos animaliers (pu capable de voir des lions jouer avec des humains ou des chats maternant des souris !), ou les couchers de soleil de votre destination vacances.

Contrairement à Linkedin, qui est davantage un réseau professionnel et d’affaires, Twitter n’est pas un outil où l’on se mettra en contact avec un client potentiel ou un fournisseur de services. Les gazouillis de Twitter sont efficaces et utiles, mais le potentiel de la plateforme n’est peut-être pas au niveau où on l’avait anticipé. L’appli est moins grand public que Facebook et moins ciblée que Linkedin.

Twitter compte aujourd’hui 302 millions d’utilisateurs. C’est beaucoup, mais ce n’est rien comparé à Facebook, qui en a 1,4 milliard. Plus inquiétant : la progression est plus lente, et les revenus publicitaires ne sont pas au niveau espéré. Alors que Facebook a engagé des revenus de 12,4 milliards de dollars américains en 2014, Twitter n’a réalisé que des ventes de 1,4 milliard. Facebook fait beaucoup d’argent (profits de 2,9 milliards), mais Twitter en perd encore.

Jack Dorsey, l’un des fondateurs, reprend les commandes de façon intérimaire. Il devra trouver le bon président ou la bonne présidente, qui saura comment faire reprendre son envol à Twitter et soutirer davantage de revenus publicitaires de la plateforme. Twitter doit trouver son nid. Vaste mandat.

Le défi est tout aussi gigantesque chez Spotify, qui, lui, doit garder sa place.

Tout allait merveilleusement bien pour l’entreprise suédoise jusqu’à lundi dernier. Le modèle d’affaires mis au point par l’entreprise fonctionne bien. Au lieu d’acheter en ligne une pièce musicale, on préfère maintenant la louer. Il y a eu moins de téléchargements de musique sur iTunes en 2014, et le streaming (écoute continue) est en forte hausse depuis 2010. Le site spécialisé MusicWatch croit même que le chiffre d’affaires du streaming va supplanter celui du téléchargement dès 2016.

La reine du téléchargement, vous la connaissez, c’est Apple et son iTunes. Elle n’a manifestement pas l’intention de se faire dévorer tout rond et elle a annoncé, lundi dernier, le lancement prochain de Apple Music, une application payante de musique en ligne qui entrera directement en collision avec Spotify.

Spotify est en pleine progression. On dénombre 55 millions d’usagers sur sa plateforme gratuite avec publicité et 20 millions d’abonnés payants sur son offre supérieure. C’est la logique du Freemium. On appâte les gens avec une application gratuite limitée pour les convertir ultérieurement à un service de meilleure qualité, mais payant.

Face aux 75 millions d’usagers de Spotify, Apple compte sur un réservoir de 800 millions de clients, toutes plateformes et produits confondus — clients dont elle détient déjà le numéro de carte de crédit.

L’entreprise suédoise était peu fière d’annoncer cette semaine qu’elle a trouvé un financement supplémentaire de 526 millions de dollars pour protéger son marché.

Apple dispose d’un trésor de guerre de 200 milliards de dollars, et elle ne comptera pas la dépense pour implanter son service Apple Music.

Comment Spotify va-t-elle se défendre contre une telle puissance de feu ? La prochaine année sera pour elle tumultueuse et peut-être décisive.

Comme on le voit, l’économie du Web n’est pas de tout repos, et les évaluations boursières spectaculaires d’un jour peuvent disparaître comme un gazouillis au milieu de la tempête.

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Ce qui me fait passablement rire par les temps qui courent, c’est qu’on présente au public le « streaming » comme étant la techno de l’heure pour écouter de la musique et regarder de la vidéo. À toutes fins pratiques, la grande obsession des diffuseurs payants de contenu audio-vidéo-télé-évènements-etc., c’est le piratage. Et le streaming n’est pas à proprement parler une nouveauté.

C’est seulement un bon moyen peu couteux pour les diffuseurs pour protéger leur contenu diffusé. Un contenu téléchargé peut être éventuellement vu ou entendu par d’autres. Même si vous ne faites aucun usage commercial de votre téléchargement, vous pouvez toujours faire profiter un ami, un membre de la famille des contenus que vous avez téléchargé. Ce qui donc réduit pour un diffuseur le potentiel de téléchargement et donc la manne publicitaire, si le contenu est gratis ou le nombre d’utilisateurs payants, si le contenu est payant.

Aussi, les diffuseurs de streaming préfèrent-ils avoir un prix apparemment plus attractif pour captiver les clients plutôt que d’offrir les produits au choix sur tous les supports, incluant les supports physiques.

De la même façon, on s’aperçoit que ces technologies numériques sont souvent inférieures — en raison de la compression -, aux technologies numériques physiques, c’est particulièrement sensible en musique. Aussi la clientèle exigeante en termes de qualité est lésée puisqu’elle ne peut pas obtenir de la part des fournisseurs de services une qualité exceptionnelle à prix raisonnable ou réduit. Tout le monde doit se contenter des mêmes flocons de purée.

Que dire d’ailleurs de la téléphonie cellulaire dont le son reste encore médiocre dans plusieurs endroits malgré les diverses avancées technologiques ?

Ainsi va la vie. Et les monopoles se font et puis se défont. La prévision de leur durée de vie est de plus en plus aléatoire. La concurrence s’efface, pourtant apparemment si essentielle pour le bien des consommateurs et pour assurer la cohésion du progrès social. Tout se noie dans une espèce d’uniformité technologique qui doit se fondre inexorablement dans une sorte d’uniformité d’apparences. Pourquoi Facebook et VK (le concurrent russe) sont-ils si semblables ?

Même la durée de vie du Web encore connu sous sa forme actuelle pourrait tout aussi bien disparaître sous la pression de divers monopoles tant économiques que politiques qui n’apprécient pas le moins du monde d’être montrés du doigt. Pourtant la révolution dans Internet, ce devrait être en principe sa convivialité. De quelle façon partagera-t-on encore les données dans seulement 30 ans ?

— Comme dit en cette occurrence ce proverbe attribué aux chinois : « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ». On se demande bien pourquoi ?

Vous m’apprennez un peu plus sur Twitter et je réalise de plus en plus à quel point le tout est dynamique. Je m’en sert pour promouvoir mon site de petites annonces classées Dollarannonce. Le résultat est très bon et je dois dire que je travail fort pour avoir de meilleur résultat. C’est sites sont un « must » pour les affaires.