Un budget le 17 mars

Raymond Bachand va soumettre son budget la semaine prochaine, avant même la présentation du budget fédéral. Je pense que le ministre des Finances a retenu quelques leçons de son expérience de 2010 et il ne veut à aucun prix ne les répéter.

L’an dernier, le ministre a voulu  sensibiliser les Québécois à la situation périlleuse des finances publiques du Québec. Noble objectif, mais dont le prix politique a été considérable.

Le gouvernement Charest espérait sans doute qu’il pourrait ainsi récolter quelques gains en faisait état un déficit moins élevé que ceux d’Ottawa et de Toronto et en présentant un bon plan pour remettre les finances publiques en ordre d’ici quatre ans. Cela ne s’est pas tout à fait passé ainsi…

Le gouvernement s’est retrouvé dans un processus public de consultation budgétaire qui s’est étendu d’octobre 2009 à la présentation du budget le 30 mars dernier. Pendant cinq mois, le comité d’experts rassemblé par le ministre, le ministère et les médias ont « sensibilisé » les Québécois à quoi au juste ? Au fait que notre endettement est insoutenable, que nous dépensons plus que les autres provinces et au-delà de nos moyens et que le fardeau fiscal est plus lourd ici qu’ailleurs. Bref, que le Québec est mal géré.

Que fait une population avec une telle information ? Elle se dit que le gouvernement devrait faire mieux. Quelle a été la réponse du gouvernement ? Annoncer deux hausses de taxes successives de TVQ, une augmentation des tarifs d’électricité, des nombreuses hausses de cotisations et un nouveau prélèvement pour financer la santé. Il a ensuite tenté d’enrober le tout en disant que  « son » effort pour diminuer l’augmentation des dépenses (et non les dépenses comme telles) représentait 62 % du manque à gagner qui sera à combler d’ici 2013-2014, année où les comptes devraient être balancés. Voilà une jolie subtilité qu’il n’a jamais été capable de vendre à l’électorat.

C’était d’autant plus fâchant qu’une grande partie de la population croit que ce gouvernement se cache les yeux – ou est impliqué – dans une corruption systémique dans l’industrie de la construction, corruption qui ferait gonfler les dépenses d’infrastructures en cours. Rien ne prouve que cela s’avère, mais le seul fait que le gouvernement s’oppose à une enquête publique est perçu comme un aveu de culpabilité pour une majorité de la population.

Monsieur Bachand a choisi cette année la méthode courte. Les grandes mesures sont déjà connues depuis un an. Il ne crée pas d’attentes et il espère en secret que le budget fédéral, avec son immense déficit, retiendra par la suite l’attention. Après le budget étalé sur six mois, voici le budget étalé sur 10 jours.

Que dira le ministre des Finances le 17 mars ? Qu’Ottawa nous prive de beaucoup d’argent en n’harmonisant pas selon nos règles les deux taxes de vente. Il dira aussi que de limiter les dépenses de l’État à 2,2 % par année est un exercice laborieux et non achevé, mais que le gouvernement doit être félicité par l’ardeur qu’il met à la tâche. Il passera sous silence que plusieurs provinces et États américains ont gelé les salaires de leurs fonctionnaires quand ils n’ont pas coupé les effectifs de leurs fonctions publiques, alors que son gouvernement a accepté des hausses salariales en juin dernier.

Il ne dira pas non plus que la hausse des prix de l’essence est l’équivalent pour le gouvernement du Québec d’un billet gagnant à la loto.

Ce qui est drôle finalement avec ce gouvernement, c’est que son désir d’éviter à tout prix de faire des vagues et son souci de paraître prudent et mesuré le font paraître pour un gouvernement imprudent et qui fait trop de vagues.

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Vous avez raison: Je n’ai aucune attente de ce budget… ni de ce gouvernement ! Je ne crois pas voir de mesures audacieuses et pleines de bon sens avant 2013-2014.

J’espère (mais je rêve…) qu’il y aura des RÉDUCTIONS de dépenses et que, comme au Wisconsin, on aura le courage d’abolir les privilèges des fonctionnaires-parasites syndiqués mur-à-mur.

Budget du Québec, toujours une mauvaise nouvelles avec nos politiciens invariablement taxeux, à commencer par notre titulaire du prix Glouton d’or 2010.

Je savais qu’on taxait les taxes au Québec, mais dans le cas de l’essence, on taxe les taxes et on les retaxe!

2 poids 2 mesures, le notre goumand gouvernement le beurre et l’argent du beurre. On vous impôse au max (en disant que c’est pour vous offrir plus de services, éducation garderies, soins de santé blablabla). Mais aujourd’hui on va essayer de vous faire payer plus cher pour l’université etc etc sans bien entendu changer votre taux d’impôt.
Je te fais un prix tout inclus et après je commence a te charger des extra. Le downsizing :d

JE PENSE COMME FRANÇOIS 1…J’AI ÉTÉ FONCTIONNAIRE 3 ANS COMME PATRON..COUPER LE PERSONNEL DE 75 % ET VOUS NE TROUVEREZ PAS DE DIFFÉRENCE..CAR ILS TRAVAILLENT PAS BEAUCOUP. PAR LE TRAVAIL QU’ON FAISAIT IL ÉTAIENT SUR LA ROUTE POUR ALLER NÉGOCIER..ET L’ÉTÉ ÇÀ SE FAISAIT SOUVENT DE LEURS CHALETS ¨PAR TÉLÉPHONE » (SAUVAIT SUR LE GAZ PLUS PAYANT SUR LE COMPTE DE DÉPENSES COMME M’AVAIT DIT LE REPRÉSENTANT DU « SYNDICAT » QUAND JE SUIS ARRIVÉ AU TRAVAIL. »NE SACHANT PAS » QUE J’ALLAIS ÈTRE SON PATRON ÉVENTUELLEMENT) À L’OCCASION ET VENAIENT AU BUREAU LE LUNDI POUR LE « COMPTE DE DÉPENSES..TRÈS IMPORTANT ÇÀ.AVEC REÇUS FICTIFS SOUVENT POUR REPAS..ETC.ÇÀ PEUT BIEN COUTER CHER !

« Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose »… Les Québécois vieillissent et souffrent de plus en plus d’Alzeimer… Sans Histoire ni mémoire, ils seront faciles à duper comme il se doit de la part de nos gouvernements corrompus…
tant au provincial qu’au fédéral…
Qui nous dira ENFIN LA VÉRITÉ sur l’état RÉEL de nos finances PUBLIQUES?

Quel pourcentage de SON 62% d’efforts le Ministre Bachand aura t’il atteint ?

@ Nicole Bourget (# 8):

J’ai ouïe dire qu’il aurait l’odieux d’inclure dans SON 62% l’impôt récuopéré grâce aux manoeuvres opressives et coercitives de Revenu-Québec, or, cet argent que collecterait ce ministère est de l’argent venant directement des gousets DES contribuables qui en ont assez de se faire littéralement voler par les politiciens et leurs ronds-de-cuir et non le résultat d’une décision stratégique courageuse et énergique prise par ceux-ci.