Un déficit? Et puis après?

Selon le Fonds monétaire international, les politiques d’austérité budgétaire auraient parfois pour effet d’augmenter les dépenses de l’État au lieu de les réduire.

Photo: FMI
Photo: FMI

L’extrême gauche brésilienne ne pourra plus dire que le sigle FMI veut dire «faim, misère et impérialisme»! Le Fonds monétaire international vient d’opérer un virage à 180 degrés en publiant un article qui critique le néolibéralisme, doctrine économique qui prêche la rigueur budgétaire — que le FMI a lui-même longtemps prêchée…

L’organisme chercherait ainsi, selon Bassem Snaije, professeur à Sciences Po-Paris, à changer son image de chantre du néolibéralisme, doctrine qui provoque une levée de boucliers en Europe, tant à gauche qu’à droite. «Ils essaient de mettre de l’eau dans leur vin pour être plus crédibles en Europe», indique-t-il.

Un de ses économistes en vue, le Canadien Jonathan David Ostry, vient de signer, dans une publication officielle du FMI, un article qui montre les méfaits de l’austérité. Ostry s’en prend aussi à l’ex-président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, pour l’importance qu’il donnait à la réduction de la dette et des déficits publics.

La «consolidation fiscale», prônée alors par la BCE, se traduit souvent par une augmentation du chômage, objecte Ostry (et deux coauteurs). Dans le cas des gouvernements ayant adopté des politiques d’austérité, les avantages de la réduction de la dette sont «remarquablement faibles», constate-t-il.

L’austérité, au lieu de réduire les dépenses de l’État, les augmenterait parfois, notamment dans le secteur de l’aide sociale. En faisant reculer la demande — de biens de consommation, notamment —, elle nuirait aussi à l’emploi et à la croissance.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

7 commentaires
Les commentaires sont fermés.

En fait, peut-être que pas grand monde ne s’en était aperçu, mais cela fait déjà quelques années que plusieurs économistes du FMI mettent en garde la communauté à vouloir adopter à tout crin des mesures d’austérités qui dé-balancent complètement diverses économies.

Un des anciens Premier économiste du Fonds : Olivier Blanchard s’était penché sur un problème qui met plutôt mal à l’aise bien des économistes ; en l’occurrence les données macro-économiques sur lesquelles sont fondées bien des décisions prises ici et là. Plusieurs principes ne se vérifient plus ou pas ou pas partout en même temps et au même moment.

L’économiste Joseph Stiglitz ancien Premier économiste de la Banque Mondiale a dans plusieurs de ses ouvrages analysé tout cela. Encore récemment avec la crise grecque.

Le problème n’est donc pas qu’il ne faut pas aller vers l’équilibre budgétaire, le problème c’est de savoir comment il faut y arriver et selon quels échéanciers. Si toutes les économies se comportaient mécaniquement et uniformément de la même façon, il n’y aurait pour ainsi dire pas d’économistes et donc pas d’économie.

Quant à la BCE, elle n’a que très peu d’impact sur les politiques fiscales des divers États membres de la zone Euro, c’est plutôt la puissante Commission européenne qui a le pouvoir de suggérer des politiques « pas toujours désirées » aux États membres en vertu des Traités de l’Union. La raison de ces politiques est assez simple, ce sont les conservateurs qui tiennent actuellement le haut du pavé et donc le pouvoir d’influer sur les décisions.

Pourquoi les pays les plus vertueux en matière d’exercice budgétaire devraient-ils soutenir inconditionnellement, les économies les plus à risques de produire des déficits publics quand on regarde les choses attentivement ?

Bien que le successeur de Jean-Claude Trichet : Mario Draghi ait été l’instigateur d’une importante opération de QE (Quantitative Easing) ou Assouplissement Quantitatif. Les résultats en matière de relance de l’économie européenne se font encore attendre pour le moment. Même si quelques facteurs peuvent sembler toujours parfois quelque peu encourageants. Le retour aux « trente glorieuses » semble désormais être une chose du passé qui n’est pas encore prête de ressusciter.

Preuve s’il en est que ce n’est pas l’endettement qui compte, mais plutôt la disponibilité de l’argent ou des garanties suffisantes de paiement en temps et lieu, toujours au moment opportun. Ce qui nous ramène toujours à cette même question : peut-on générer de la vraie croissance sans investissements ? Et qui doit payer pour ?

Définir le néolibéralisme à la seule dimension d’une doctrine sur la « rigueur budgétaire » est passablement réducteur. Puisque Michel Arsenault se réfère à l’analyse de Jonathan D. Ostry et autres, il aurait pu se fier à la définition qui s’y trouve :

« Le programme néolibéral, un terme plus utilisé par les adversaires de ces politiques que par leurs architectes, repose sur deux piliers. Le premier, l’intensification de la concurrence, passe par la déréglementation et l’ouverture des marchés intérieurs, y compris financiers, à la concurrence étrangère. Le second consiste à réduire le rôle de l’État en procédant à des privatisations et en limitant les prérogatives gouvernementales en matière de déficit budgétaire et d’endettement. » (Le néolibéralisme est-il surfait ? – Neoliberalism : Oversold ? – , FMI, juillet 2016)

On trouvera facilement aussi d’autres études pour conclure exactement le contraire, que la dépense étatique exagérée étouffe la croissance économique et mène à la ruine.

Tout ce qu’on peut conclure ici est que le FMI semble maintenant sous l’emprise d’économistes de gauche.

Mme Lagarde devrait bien le savoir puisque dans son propre pays l’état est omniprésent et dépense énormément avec comme résultat le chômage de masse, la faible croissance et des finances publique désastreuses.

Ainsi selon le FMI l’état devrait continuer à taxer les «riches» et dépenser généreusement pour stimuler la consommation des ménages afin de soutenir l’économie.

Est-ce que quelqu’un croit sérieusement que c’est une recette qui fonctionne pour créer une économie productive et viable sur le long terme?

De toute façon on va finir par pouvoir le constater nous-même puisque cette stratégie est exactement celle des libéraux de Justin!

C’est certain. Comme cela les prêteurs peuvent par la suite imposer leurs vues!!!!

Personne, absolument personne n’oblige les gouvernements à s’endetter.

À chaque sou emprunté correspond un sou d’épargné par quelqu’un d’autre et lorsque l’on s’endette, on remet une partie de notre LIBERTÉ entre les mains d’un prêteur. N’oubliez jamais ça.

Seulement au Québec, on va payer $10 MILLIARDS de beaux dollars en intérêts cette année. $10 MILLIARDS!!! Troisième poste des dépenses après la santé et l’éducation…

Et il y en a (diplômés en sciences molles pas de maths) qui veulent que nous nous endettions encore plus pour continuer à « soutenir l’économie ».

Soutenir l’économie en s’endettant à outrance… La recette parfaite pour nous ramasser drette dans l’mur!

http://www.journaldemontreal.com/2016/12/20/impot-et-dette–toujours-les-memes-debats

Extrait:

« …Un document du ministère des Finances, intitulé Statistiques fiscales des particuliers, nous apprend qu’en 2013, environ 5,6 % des contribuables les plus riches (ceux qui gagnent 100 000 $ et plus) gagnaient 24,7 % des revenus totaux et payaient à eux seuls 38,6 % de tous les impôts des particuliers. Ces impôts servent à financer le système de santé, les garderies subventionnées, le programme d’assurance parentale, les écoles, les routes, les subventions aux artistes, etc.
La question que je me pose est simple : jusqu’où peut-on presser le citron des riches ? Est-ce que les 5,6 % des contribuables qui payent presque 40 % de tous les impôts des particuliers devraient payer 45 %, 55 %, voire 75 % de ces mêmes impôts? Où trace-t-on la ligne? 

…D’ailleurs, savez-vous à combien se chiffre la dette du secteur public aujourd’hui ? Nous approchons les 278 milliards ! Oui, vous avez bien lu. La dette par contribuable est de 69 000$. Elle augmente de 13 120 $ par minute ! »

Fin de l’extrait.

Alors les gauchistes…où s’arrêtera votre délire?