Un drame à base de croustilles

La fermeture de l’usine d’Aliments Old Dutch (anciennement Humpty Dumpty) annoncée hier sans grande cérémonie soulève un tollé.

Oui, c’est un drame parce que plus de 200 travailleurs perdront leur emploi à la fin de l’année. C’est un drame parce que ces travailleurs sont plutôt âgés et ne trouveront pas facilement un nouvel emploi. C’est un drame parce que c’est un cas typique ou une vieille usine n’a pas été modernisée, mettant en péril sa compétitivité et ses emplois. C’est enfin un drame, parce que cet événement nous rappelle que le secteur manufacturier en arrache et qu’il comptait en mars dernier 49 000 emplois de moins au pays qu’en mars 2012.

Que peut-on faire pour qu’elle telle situation ne se reproduise pas ? Le gouvernement québécois s’insurge et accuse même le gouvernement précédent de n’avoir rien fait pour que les propriétaires de l’usine réinvestissent et assurent la pérennité des installations et des emplois. Nous sommes ici au degré zéro de la démagogie.

Il y a plus de 21 000 établissements manufacturiers au Québec. Est-ce le travail du gouvernement de s’assurer que chacun d’entre eux soient modernisés et que leurs propriétaires mettent les millions nécessaires pour renouveler les outils et équipements ?

J’ai trois questions très simples à vous demander. Quelle est la dernière fois où vous avez grignoté des chips Old Dutch ? Connaissez-vous un seul commerçant qui les vende ? Avez-vous à la maison un seul produit Humpty Dumpty ?

Si vous répondez non à l’une seule de ces questions, vous confirmerez mon intuition. Le marché des croustilles et des friandises salées a changé. Certains parents favorisant de saines habitudes alimentaires les proscrivent, d’autres plus smattes favorisent les croustilles de céréales entières à base d’huile de tournesol biologique rôties au four et assaisonnées de sel de mer ou autres choses exotiques du même genre provenant autant que possible d’autres pays, et d’autres, plus nombreux, achètent les produits Frito Lay, l’omniprésente division de PepsiCo.

Il n’y a plus de chips Maple Leaf, Hostess ou Fiesta sur le marché. Comme dans tous les secteurs, la concentration a fait son oeuvre et l’éclatement des goûts et des habitudes a fait le reste.

Humpty Dumpty n’était pas un fleuron de l’industrie agro-alimentaire quand elle a été vendue en 2006 pour 26 millions de dollars, autant dire pour une bouchée de pain. Le nouveau propriétaire américain a eu des choix à faire, essentiellement il s’est demandé quoi vendre, sous quelles marques et où produire.

Il a hérité à Montréal d’une vielle usine en activité depuis 1964. En termes économiques, c’est l’équivalent de l’ère géologique du Paléozoïque. En moyenne au Canada, la durée de vie d’une nouvelle usine est de neuf ans seulement. Dans le même sens, l’espérance de vie médiane d’une entreprise de plus de cinq employés n’est que de 13 ans. Qu’une usine ferme après 49 ans est un drame, mais c’est aussi un exploit.

Quand les gouvernements s’emparent d’une nouvelle comme celle-là, ils essaient de faire croire que tout est de la faute des méchants propriétaires. Quand une entreprise ferme, le patron est au pire un sans-coeur, au mieux un incompétent. Mais qu’auriez-vous fait à la place de ce propriétaire ? Seriez-vous prêts à investir votre propre argent dans une telle usine, avec ce produit et dans ce marché ? Pas sûr.

À tout prendre, je miserais sur les croustilles de céréales entières à base d’huile de tournesol biologique rôties au four, assaisonnées de sel de mer et provenant autant que possible d’autres pays ou j’achèterais des actions de PepsiCo.

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Vite…il faut nationaliser l’industrie des croustilles salées au Québec et donner à ces travailleurs et travailleuses des conditions de travail, des pensions et des salaires dignes de nos fonctionnaires.

Pensez à toutes les retombées économiques si ces travailleurs et ces travailleuses travaillaient l’équivalent de 5 heures par jour (et encore!), étaient payés $100,000.00 par année plus un très généreux fonds de pension à prestation déterminée où l’employeur contribuerait à 75%, 4 à 5 semaines de vacances payées en commençant, 2 semaines de congés de maladie à prendre obligatoirement, et tutti quanti.

Ceci était bien sûr de l’ironie (juste au cas où…)

Il est temps de faire subir à notre fonction publique les mêmes conditions de travail que ceux qui paient leurs scandaleux privilèges actuels!!!

On ne s’attend pas à ce qu’une entreprise soit éternelle, sauf que lorsque vient le moment de fermer celle-ci, il doit y avoir une façon civilisée de le faire. J’emprunterai ici le commentaire de Gérald Filion : « Ce genre d’événement est plus violent que n’importe quel vidéoclip ou épisode de 19-2! C’est la réalité. C’est la vraie vie. Ce sont de vraies personnes – 216 dans le cas de l’usine Old Dutch à Montréal – qui subissent la décision d’un propriétaire qui a ses raisons c’est certain, mais qui, dans le cas d’Old Dutch, manque littéralement de compassion.[ …]

Alors, que faire

Comment éviter ces fermetures brutales et sans âme? Comment encourager les entreprises à trouver des solutions pour leurs employés, qui peuvent prendre la forme de transferts, d’offres de formation ou de retraites anticipées?

Pourrait-on faire mieux? ». Absolument.

Si je ne m’abuse, l’usine fermera en SEPTEMBRE, soit dans 4 mois! Comme « fermeture brutale », on a déjà vu pire…

De plus, les travailleurs auront droit à l’Assurance-emploi non?

C’est sûr que c’est pénible mais ça fait partie du système économique logique et sensé. C’est dans sa nature de se délester des unités non-productives et/ou trop coûteuses.

Combien d’entreprises qui existaient au début du XXe siècle existent encore aujourd’hui???

Le mot brutal peut aussi signifier soudain, non prévisible, c’est dans ce sens qu’il faut interpréter l’expression « fermetures brutales » de Gérald Filion. La lecture des dictionnaires n’est pas votre force et il n’existe pas de lexique chez l’Antagoniste, tant pis !

Avec la réforme de l’assurance-chômage des (con)servateurs, toute ma sympathie va à ces infortunés travailleurs.

Demandons aux chaines d’alimentations québécoise tel Métro de remplacer les produits Old Dutch non fabriqué au Québec par des croustilles fait chez nous YumYum.

…et les clients de Metro qui veulent dévorer d’autres croustilles iront faire leur épicerie ailleurs!

Bravo!!!

T’es drole toé! Ca parait que t’a jamais remarqué que les épiceries te font acheté les marques qu’elles veulent mettre sur leur tablette. Sans rancune

@ jefrein2003

Je ne sais pas si c’est un constat que vous faites par vous-même, mais ce que vous avez écrit est parfaitement vrai.

Le détaillant a droit de vie ou de mort des produits sur ses tablettes. Dans ce cas-ci, vôtre exemple, ce sont les supermarché et ils sont seulement que trois au Canada à contrôler le marché, plus quelques marginaux.

Les dretteux conservatives qui font la promotion de l’entreprise gigantesque mentent, tordent les faits, désinforment tous les jours et ils seront les premiers à passer dans la moulinette du gigantisme.

Le gouvernement ne peut pas et ne doit pas vérifier que les entreprises investissent pour se moderniser. Par contre, il doit s’assurer de mettre en place des conditions incitant les entreprises à le faire.