Un plan d’action en 16 points

Pour améliorer le sort des retraités de demain, il faut dès maintenant changer des lois, convaincre des entreprises, se discipliner soi-même. Quelques pistes.

retraite : Un plan d’action  en 16 points
image : pishier

Ce que Québec peut faire

 • Hausser les cotisations à la Régie des rentes du Québec (RRQ) d’au moins 1 % (elles passeraient de 9,9 % à 10,9 %) pour faire face à la retraite massive des baby-boomers et assurer une équité entre les générations de cotisants.

 • Envisager l’épargne-retraite forcée. Actuellement, la RRQ assure aux Québécois à la retraite une rente représentant 25 % de leurs revenus moyens de carrière, tout comme son pendant canadien, le Régime de pensions du Canada (RPC). Mais dans le reste du pays, l’idée circule que l’on pourrait faire passer ce pourcentage à 50 %, en soutirant davantage de cotisations à même la paye des travailleurs…

 • Créer un REER collectif provincial. Le gouvernement étudie cette possibilité. Selon un document confidentiel qui a été révélé dans les médias, ce nouveau fonds viserait particulièrement les employés des PME gagnant entre 20 000 et 50 000 dollars par an et qui n’ont pas de régime complémentaire de retraite. Les cotisations, versées de façon volontaire, seraient d’abord investies dans un CELI, puis collectées par la RRQ et administrées par une institution financière ou par la Caisse de dépôt et placement, avec un rendement garanti de 5 % ou plus. À la retraite, ce capital s’ajouterait à la rente de retraite normale versée par la RRQ. Toutefois, les banques et plusieurs ministères seraient réfractaires à cette idée, avancée par le ministre Sam Hamad. À suivre en 2010…

 • S’interroger sur le fait que l’ensemble des fonctionnaires québécois bénéficient d’un généreux régime de retraite, financé en partie par les contribuables, dans un contexte où la majorité de la population n’a aucun régime complémentaire de retraite.

 • Allonger – jusqu’à 10 ou 15 ans – la période allouée aux entreprises pour rembourser les déficits de trésorerie des régimes. La pression exercée sur leurs finances serait ainsi allégée. Présentement, la loi prévoit 5 ans. (La loi 1 prévoit 10 ans, mais il s’agit d’une loi temporaire.)

 • Clarifier l’appartenance des surplus dans les caisses de retraite (quand il y en a !). Les employeurs seraient plus enclins à cotiser davantage aux caisses si les surplus leur appartenaient. Actuellement, ce sont les tribunaux qui décident à qui ces surplus sont attribués (retraités, etc.).

 • Trouver la recette pour aider les Québécois à mieux comprendre les finances et à gérer plus efficacement leurs fonds de retraite.

Ce qu’Ottawa peut faire >>

Ce qu’Ottawa peut faire

 • Créer un crédit d’impôt remboursable pour perte de revenu de retraite. En cas d’insolvabilité de l’employeur, un retraité dont la rente passerait de 30 000 à 22 000 dollars recevrait 22 % des 8 000 dollars perdus, soit 1 760 dollars. Ce projet de loi du Bloc québécois est à l’étude.

 • Modifier la Loi sur la faillite et l’insolvabilité de manière à ce que les retraités soient des créanciers préférentiels.

 • Créer un fonds canadien dans lequel on versera les caisses de retraite orphelines et sous-capitalisées. Avec le temps, les rentes de retraite pourraient profiter des remontées des marchés.

Ce que les entreprises peuvent faire >>

Ce que les entreprises peuvent faire

 • Mieux guider l’épargne des employés dans le cadre d’un régime à cotisations déterminées. Par exemple, embaucher du personnel compétent pour conseiller les employés sur les grands paramètres de l’investissement. Aussi, présenter des hypothèses sur les sommes qu’il est nécessaire d’épargner pour maintenir un niveau de vie décent à la retraite.

 • Participer à un régime de retraite pour fidéliser les employés et contribuer à leur future sécurité financière. Les PME, par exemple, peuvent adhérer au régime de retraite simplifié, un régime complémentaire de retraite à cotisations déterminées, administré par un établissement financier.

 • Adopter des modèles de régimes qui répartissent le risque entre l’employeur et l’employé (modèles hybrides entre prestations déter­minées et cotisations déterminées).

 • Favoriser la retraite progressive. Depuis 2008, si l’employeur y con­sent, les 55 ans et plus peuvent recevoir jusqu’à 60 % de leurs prestations de retraite tout en continuant à travailler. Ils augmentent ainsi leur rente.

Ce que chaque travailleur peut faire >>

Ce que chaque travailleur peut faire

 • Dépenser moins et épargner davantage ! Un travailleur peut verser jusqu’à 18 % de son salaire annuel dans un REER tout en profitant d’allégements fiscaux. Les personnes à faibles ou moyens revenus pourraient aussi être incitées à cotiser volontairement à une forme de REER collectif qui serait mis sur pied par l’État – ce projet est présentement à l’étude.

 • Marier le travail avec la retraite : depuis 2008, les 60 ans et plus peuvent recevoir leur rente de la RRQ et accroître ce revenu en continuant de travailler.