Un printemps casseroles et dragons

Près de 800 000 Québécois sont rivés à leur petit écran chaque lundi soir pour une émission qui porte sur l’investissement dans des entreprises. Je trouve cela aussi spectaculaire que le grand tintamarre quotidien.

Quel est le lien entre L’oeil du dragon et le printemps des casseroles ? Les deux phénomènes sociaux constituent des études vivantes sur l’allocation de l’argent, l’inégalité des chances et l’expression de la créativité.

L’émission de télévision est une représentation quasi théâtrale du capital de risque. Des inventeurs et innovateurs sont convaincus d’avoir créé un produit ou un service génial et tentent de convaincre des dirigeants d’entreprises d’investir dans leur affaire. Ces derniers sont difficiles à convaincre, car un projet d’entreprise est forcément risqué. Ils doivent trouver l’idée innovatrice et réalisable, croire que leur apport personnel pourrait aider le projet à décoller et que leur placement sera très rentable.Ces trois conditions doivent être réunies, sinon ils passeront leur tour.

Un investisseur doit à la fois être prudent et audacieux. Il court à la ruine s’il n’écoute que son coeur; il ne fera jamais rien de bon s’il n’écoute que sa tête. Tout joue contre lui.

Une étude américaine citée par Anges Québec, qui regroupe des particuliers qui investissent dans des entreprises en développement, nous apprend qu’ils perdent tout leur investissement dans 35% des entreprises dans lesquelles ils misent. Dans 15% des cas, l’investisseur ne perd pas tout mais retrouve moins que l’argent investi. La moitié des cas résultent donc en des échecs et beaucoup d’argent sera perdu. Dans 35 % d’autres cas, l’investisseur récupèrera entre une et 10 fois sa mise. Voilà enfin une bonne nouvelle, mais l’argent gagné ne permet que de compenser ce qui a été perdu dans d’autres entreprises. Dans 15% des cas, l’investisseur frappe un coup de circuit. Il fera plus de 10 fois sa mise. Si vous avez investi dans 10 entreprises, il n’y en a qu’une en moyenne qui vous rapportera l’essentiel de vos gains.

J’assistais la semaine dernière à la présentation des participants au projet Founder’s Fuel, au Monument national. Une dizaine d’entreprises tentaient de convaincre des investisseurs venant du Québec, mais aussi du reste du Canada et des États-Unis d’investir dans leur projet. Je trouvais leurs idées bien intéressantes et le néophyte que je suis se serait bien laissé tenter par certaines entreprises en particulier.

J’ai testé mes intuitions avec quelques « pros » du capital d’investissement. Pour eux, il y avait peu de projets vraiment originaux et le succès de ces entreprises était loin d’être acquis. Voilà pourquoi, aux premiers stades de la vie d’une entreprise, les investisseurs choisissent généralement l’entrepreneur ou l’équipe entrepreneuriale plutôt que le produit. Ils optent pour des personnes qui, croient-ils, ont un grand potentiel et qui sont susceptibles d’amener leur projet – ou un autre – à bon port.

On l’a vu dans les récentes émissions de L’oeil du dragon, les investisseurs se montrent intéressés par les mêmes projets et les mêmes entrepreneurs. Ils délaissent la majorité des projets, mais ils sont prêts à se battre entre eux pour avoir la chance de s’associer avec ceux et celles qui semblent représenter une bonne affaire. Il n’y a pas de «justice» en affaires, que des opportunités.

L’oeil du dragon est une manifestation de cette autre loi immuable de l’économie : les besoins sont illimités, mais les ressources limitées.

Les casseroles ? Elles sont devenues l’expression d’un vif ressentiment à l’égard du gouvernement, mais tout part de l’idée que les étudiants universitaires, pas nécessairement les plus démunis dans notre société, devraient être épargnés des mesures de redressement financier de l’État. Là aussi, il s’agit de l’allocation des fonds. Le «pitch de vente» des associations étudiantes dure depuis des années et il en a convaincu plusieurs.

 

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C’est assez sidérant à quel point certains économistes sont incapables de penser autrement qu’en termes individuels. Comparer une somme d’entrepreneurs à un mouvement social… Réduire l’éducation à une allocation de fonds dans une entreprise risquée…

Il n’y a pas à dire, il faudra beaucoup d’efforts pour arriver à se comprendre.

Je ne désirerais pas me montrer en quelque manière que ce soit « désobligeant », si ce n’est que je ne vois pas le message des étudiants comparable à celui d’un vendeur qui cherche à trouver une argumentation « pitchée » et suffisamment concise pour vendre rapidement ou au mieux son produit à ce grand bailleur de fond qu’est l’État ; d’autant plus que l’État après tout, c’est vous ! Et c’est nous tous ! Et nous tous ce sont aussi tous les étudiants sans nulle, ni aucune exception. Et c’est toute la jeunesse en général qui caresse l’espoir de vivre une belle vie.

Aussi nous n’achetons pas les « droits de scolarité » d’autant plus qu’un droit ce n’est pas un frais. Ce n’est pas seulement un prix forfaitaire obligatoire à payer qui ne se discute pas. Ou bien le droit et le montant afférant au droit est juste et équitable ou bien il ne l’est pas. Dans ce cas cela ne relève pas du financement au sens initial du terme, mais bien d’une remise en question de l’accessibilité à l’éducation.

C’est d’ailleurs sur les bases de ce genre de problématiques qu’il n’est fait de véritable distinction entre ce qui relève du frais et ce qui relève du droit ; ainsi tous les partis ne s’entendent pas, lorsque ce qui est au cœur du débat, ce sont les manières, la méthode de financer et seulement cela. Ce qui apparait légitime c’est bien le droit d’étudier et non pas l’imposition d’un montant forfaitaire imposé sans égards aux cas et ce de manière coercitive pour y arriver.

Si nous évoluions justement dans un cadre commercial, on chercherait la solution ailleurs que dans un droit d’accès forfaitaire et unique et on verrait pratiquement à mettre en place une structure qui permet d’atteindre les objectifs fixés pour parvenir dans un délai raisonnable au seuil de la rentabilité. Là où le bât blesse c’est que nos « Institutions » ne prévoient jamais un quelconque délai pour leur amortissement.

Un système éducatif bien fait est une somme, un ensemble d’entreprises ou de co-entreprises qui œuvrent dans la transformation et le développement de l’intelligence. Cela devrait être susceptible de rapporter « gros » à moyen-long terme à condition qu’un tel ensemble soit cohérent et bien géré. Ce sont ces pépinières qui permettent de donner accès ensuite à tous les défis qui assurent un rapport optimal et de qualité sur la somme de toutes nos ressources. J’aimerais donc en de si belles occurrences suggérer à nos « dragons » d’investir massivement dans l’éducation attendu que la matière grise n’est pas une ressource inépuisable lorsqu’elle n’est pas employée adéquatement. – Un effondrement des cerveaux produirait les marchés le plus terrible de tous les chaos.

En effet, M. Duhamel, vous comparez des pois et des carottes! Votre propos n’a aucun sens! Si ce n’est une illustration de l’aberration «économiste» qui veut se justifier de tout réduire en signe de piastre et en profits…
Mon prof d’économie était plus réaliste quand il affirmait qu’une entreprise c’est comme un être humain, cela naît, connaît une croissance, un âge adulte, puis ça meurt.
N’est-ce pas imbécile de croire qu’une entreprise doit cumuler des profits toujours croissants année après année?
La vérité doit sortir du sac!
LGS

Le gouvernement fait des choix dans l’allocation des fonds publics. Il gère la pénurie, car les demandes des citoyens sont plus élevées que les sommes dont il dispose et les études universitaires ont un coût. Curieux de dire que cela n’a rien à voir avec l’économie.

Vous trouvez cela aussi spectaculaire que le mouvement de tintamarre? Des gens assis devant leurs Téléviseur, en plein été, bien gras et profondément hypnotisé,endormit et peut-être même mort. Quelle spectacle M.Duhamel et qu’elle choix de comparaison.

Vous ne lisez peut-etre pas L’Actualité?
http://www.lactualite.com/societe/petit-ecran-grand-peril

The more the state is ‘worshipped’, the more freedom and morality are suppressed, this ultimately leaves the individual psychically undeveloped with extreme feelings of marginalization. – Carl Jung

« Le gouvernement fait des choix dans l’allocation des fonds publics. Il gère la pénurie, car les demandes des citoyens sont plus élevées que les sommes dont il dispose et les études universitaires ont un coût. »

En Amérique on baisse les impôts et après l’état se retrouve en pénurie et il faut redresser. Et on a de l’argent à donner aux étrangers pour le plan nord sans que sa rapporte. Par la suite on passe la facture aux étudiants.

Et après on nous fait la morale avec l’économie.

Finalement on a vu Legault hier investir dans une cie. Je pensais que ca arriverait jamais…

Frigon donne un bon show. (comme mon père il tutoie tout le monde. C’est agaçant)

Mais c’est la dame qui est la plus odacieuse. Gênant pour les 4 gars

Au fait est-ce que l’émission est subventionnée?
a peu près toutes les émissions de télé ont droit à des crédits d’impots

Cette émission semble confirmer ce que je pense depuis longtemps: Les Québécois sont travaillant et sont des entrepreneurs dans l’âme, si on les laissait libres ils feraient de grandes choses et créeraient une économie dynamique et prospère.

Malheureusement cette fibre est étouffée par le lavage de cerveau collectiviste des médias, par un système d’éducation ultra syndiqué qui nous apprends tout jeune à nous conformer au « modèle » et par un état lourd et étouffant.

« Je trouve cela aussi spectaculaire que le grand tintamarre quotidien. »

J’écoute la version anglaise de cette émission depuis des années, alors j’aime bien le concept. Mais de là à comparer ça avec un mouvement de masse cityoen de l’ampleur de celui qui a cours actuellement, un peu de sérieux svp.

Je comprends l’importance de l’entrepreneurship mais là c’est franchment n’importe quoi…

@PBrasseur

Les québécois sont aussi parmi les plus grands consommateurs d’assurances (public et privé) au monde. Nos ménages sont significativement moins endetté que le ROC. Les québécois recherche la sécurité financière.

De plus, l’accomplissement ne se fait pas tant par l’argent. La réussite social ne passe pas par une Mercedes. Je connais des tonnes de gens qui refuse de faire de l’argent « sur le dos des autres ».

Donc, si on aime la sécurité plus que l’argent, tout investir dans une idée d’entreprise est moins tentant. C’est une question de culture, pas de « brainwashing ». Notre démocratie (imparfaite, soit) a tout de même réussi à implanter cette culture dans nos institutions.

J’aime bien la solution proposé par M. Lisée à cette question: la coopérative. Une coop, dans un marché libre comme le nôtre, fait fonction d’entreprise en concurrence. Elle nécessite de la créativité et de la prise de risque. Par contre, son objectif est de répondre aux besoins de ses membres (donc, sécurité) plutôt que de croître à l’infini (puisque la grosse argent ne nous intéresse pas de toute façon).

J’aime bien voir les présentations de Hans Rosling sur les pays en développement. Apprendre aussi que cette notion de pays en développement est disparue depuis les années 50, il n’y a plus de eux et de nous, mais une distribution entre les pays riches et pauvres.

Ce qu’on apprend aussi c’est que les pays qui se sont développés rapidement on eu d’abord une éducation forte puis ont ensuite misé sur la santé. L’éducation est plus importante que la santé pour faire une nation forte et prospère.

La démarcation des pays pauvre est disparue en même temps qu’on pouvais dire qu’il y avait des règles pour eux et des règles pour nous. On est en train de se faire doubler!! Nos jobs s’en vont chez eux!

Je suis persuadé que nous n’avons pas le système de formation le plus efficace pour ce qu’on paye. Voir les efforts de Bill Gates sur le sujet et Ken Robinson.

Je suis aussi persuadé que le montant à payer Up-Front pour des études est aussi limitatif que l’investissement d’avance pour un entrepreneur.

Oui, il faut que le prix des études soit assez élevé pour sensibiliser les gens à son importance. Mais il faut aussi que ce soit à la porté des étudiants en job d’été.

Les jeunes ont peut-être une mentalité d’assistés car ils dépendent encore trop de leur parents pour payer leur études.

Il ne faut négliger aucun effort pour envoyer nos jeunes à l’école dans des métiers payants car ce sont eux qui paierons de l’impôt par la suite. Ce sont eux qui rendront notre société prospère.