Un serment anti-Earl Jones?

Imaginez une collation des grades pendant laquelle les futurs comptables et administrateurs jureraient d’exercer leur profession avec honneur et intégrité. C’est ce que font depuis l’an dernier les quelque 300 finissants de la Thunderbird School of Global Management, en Arizona.

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Le recteur de cette université, Ángel Cabrera, impose le Thunderbird Oath of Honor, une sorte de serment d’Hippocrate pour gens d’affaires, car il veut redorer l’image des écoles d’administration américaines. À son avis, ces écoles doivent porter une partie du blâme pour les scandales financiers perpétrés par les dirigeants de Wall Street. «Il faut profiter de la crise pour changer les choses, et les écoles d’administration sont un bon endroit pour débuter», dit-il.

Il n’existe pas de tel serment au Québec. Seules l’UQAM et l’Université Concordia obligent leurs étudiants de baccalauréat à suivre un cours d’éthique des affaires. Ce type de cours n’est obligatoire dans toutes les universités qu’à la maîtrise en administration des affaires (MBA).

L’Université de Sherbrooke se distingue en offrant depuis 2005 un programme de 2e cycle en lutte contre la criminalité financière.«Au Québec, nous avons tendance à ne pas être assez vigilants, comme le prouve le scandale Earl Jones, dit Messaoud Abda, responsable de ce programme. Nous essayons d’inculquer aux gens la différence entre un crime, une fraude et une irrégularité, tout en leur enseignant un comportement éthique.» Trente-sept étudiants ont suivi le programme. La majorité d’entre eux viennent des domaines juridique, financier, comptable et policier.