Une avalanche de mauvaises nouvelles

La situation est catastrophique aux États-Unis. Le Canada n’échappe pas à la récession, même si les répercussions semblent moins sévères ici, alors que le Québec ne s’en tire pas aussi bien que prévu. Voilà comment j’interprète les derniers chiffres sur le marché de l’emploi publiés aujourd’hui dans les deux pays.

Le taux de chômage a bondi à 7,2 % aux États-Unis après la perte de 524 000 emplois en décembre. C’est le taux de chômage le plus élevé depuis 15 ans et les 2,6 millions d’emplois perdus en 2008 constituent un record depuis 1945.

En apparence, les nouvelles ne sont pas mauvaises pour le Canada qui a créé 98 000 nouveaux emplois au cours de l’année 2008. Mais la tendance est claire et nette. Il s’est perdu 71 000 emplois en novembre et 34 4000 en décembre, ce qui est beaucoup plus que ce que les économistes prévoyaient. Presque 71 000 emplois à temps plein ont été détruits le mois dernier. Le secteur de la construction a perdu à lui seul 44 300 emplois. Le taux de chômage passe donc à 6,6 %. C’est moins que les États-Unis, d’autant plus qu’il faudrait ajouter un bon 1 % au taux américain pour vraiment le comparer à l’indicateur de Statistique Canada, mais on sent que le pire est à venir.

Vous savez combien d’emplois ont été créés au Québec en 2008 ? Cent. Ou encore 100. One hundred pour ceux qui croient que j’ai oublié quelques zéros en cours de route. En décembre, le Québec a perdu 48 700 jobs à temps plein, à peine contrebalancés par la création de 39 300 emplois à temps partiel.

Certains ont atteint l’orgasme le mois dernier en observant que les taux de chômage ontarien et québécois étaient – fait historique – au même niveau. En passant de 7,0 % à 7,3 %, le Québec reprend les devants, bien que très légèrement. Mais tel n’est pas mon point. Tous les économistes disent que le Québec fait mieux et fera mieux que l’Ontario, aux prises avec l’effondrement de l’industrie automobile. Je ne suis pas convaincu quand je lis que 37 000 emplois se sont créés en Ontario en 2008, contre 100 au Québec, j’insiste.

D’autres indicateurs, plus sûrs pour apprécier la situation du marché de l’emploi, favorisent l’Ontario. Le taux d’activité (les gens qui travaillent ou qui sont à la recherche d’un emploi) est de 67,9 % en Ontario contre 65,5 % au Québec. Le taux d’emploi est à 63 % en Ontario et de 60,7 % au Québec. L’Ontario, malgré l’affaissement de l’industrie automobile, malgré les déboires de l’industrie financière, malgré tous ses immigrants, semble s’en tirer mieux que nous

Le déni de l’évidence, dit une chanson. Le Québec doit se retrousser les manches et le gouvernement Charest a du boulot devant lui.

Laisser un commentaire

Vous croyez vraiment que le Québec a perdu 48 700 emplois en un mois? C’est 1,2% de TOUS les emplois perdus en un seul mois alors que la crise touche d’abord l’auto et la finance???? A ce rythme-là, on va perdre 584,400 jobs en 2009!

J’ai toujours trouvé les stats de chomage un peu bizarre à court terme! (on pourrait vérifier facilement le chiffre en vérifiant les demandes de chomage, mais c’est pas le même département)

Anyway, on va dire qu’ils disent vrai: le taux de chomage du pauvre Québec (7,3%) est comparable à la riche Amérique (7,2%) où les trottoirs sont pavés d’or.

PS: le nombre de faillites personnelles est 2 fois plus élevées en Alberta qu’au Québec…

Le Pére Noël avec sa logique à cinq cennes…

Si en Alberta, il y a plus de faillittes c’est parce que les gens sont plus riches et qu’ils ont eu les yeux plus gros que la panse en frais de crédit et dépenses.

Le taux d’emploi est LE meilleur indicatif, merci de le mentionner!

Parlant de logique à 5 cennes:
« Si en Alberta, il y a plus de faillittes c’est parce que les gens sont plus riches et qu’ils ont eu les yeux plus gros que la panse en frais de crédit et dépenses. »

Et où est le rapport???

Voici ce que je disais dans un des fils précédents:

« …le facteur psychologique joue encore au Canada et encore plus au Québec. Mais c’est dans l’autre sens, celui de l’arrogance, du déni et de la complaisance… »

Je devine qu’avec des nouvelles comme celle d’aujourd’hui cette tendance ira en s’amenuisant.

Le Canada a perdu 70,000 emplois à temps plein en décembre. Ce chiffre a été en partie compensé par 36,000 emploi à temps partiel probablement dû au magasinage des fêtes. En tous les cas le nombre net d’emploi perdus excède de 50% les prévisions…
Les USA vont mal c’est certain mais le Canada (incluant le Québec) suit de beaucoup plus près qu’on le croit. C’est juste une question de décalage dans le temps. Entre autre l’immobilier est en plein crash ici mais ça ne fait tout juste que commencer alors qu’au É-U c’est en cours depuis un bon moment. Oh bien sûr vous ne verrez pas autant de gens perdre leur maisons ici (où perdre sa maison ça veut dire faire faillite et tout perdre) mais la construction va s’arrêter et les prix vont baisser et obliger les gens à payer des intérêts pour financer des valeurs qu’ils ne possèdent même plus…

A la fin il ne faut pas oublier que ce qui compte c’est le travail et la productivité (la capacité de créer de la richesse) or le Québec est une des économies les moins productives en Amérique du nord et donc forcément une des plus vulnérables (vrai aussi pour le Canada en général et même pour l’Ontario). C’est une réalité qui va forcément nous rattraper, tôt ou tard.

On peut bien tenter de cacher le problème en bouchant des nids de poules à crédit mais ça ne changera pas la réalité de nos faiblesses structurelles.

Il serait urgent que l’état américain multiplie les dépenses et s’endette, augmente les impôts et crée de l’emploi lui-même pour reprendre ces emplois perdu!

Vous êtes déprimé M. Duhamel, prenez donc des vacances. Y’en a marre de vos commentaires défaitiste.

@ Francis

Les libertariens atteignent l’orgasme et toujours la même rengaine.

« Par contre, la construction a connu une hausse annuelle de 4,7% tandis que les soins de santé ont monté de 3,7% et que les administrations publiques comptaient 3,5% plus d’employés.

??Le secteur de la fabrication, qui a perdu 130 000 postes en 2007, a vécu une année 2008 beaucoup moins pénible. Seuls 32 000 emplois ont été retranchés. La baisse en Ontario a été contrebalancée en partie par des hausses au Québec et en Alberta.

??La Saskatchewan a gagné le championnat de la création d’emplois en 2008, avec une croissance de 3,1%. Le Manitoba se trouve au deuxième rang avec une hausse de 1,7%.

Au Québec, c’est la stabilité qui a prévalu.” (La Presse)

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/article/20090109/LAINFORMER/90109003/5891/LAINFORMER01/?utm_campaign=retention&utm_source=bulletinCBP&utm_medium=email

Mais finalement ce sont des vielles nouvelles de 2008, ce que l’on vit actuellement.

Maintenant il faut agir pour 2009.

On peut faire dire n’imporque quoi aux statistiques.

Par exemple, le taux de propriétaires en Alberta est de 77% comparativement à 61% au Québec. Vu que le fait d’être propriétaire entraîne généralement une dette à long terme, cela peut expliquer le taux de faillite plus élevé présentement en Alberta.

De même, concernant les taux de chômage, les membres de la génération du parti québécois (60-70 ans) prennent massivement leur retraite depuis une douzaine d’années. Cela peut expliquer la baisse du taux de chômage au Québec, pour la simple raison que moins de Québécois sont à la recherche d’un emploi.

Les employés de l’automobile en Ontario, ceux qui ont perdu leur emploi, ne sont jamais aussi pauvres que leurs confrères du Québec. Pourquoi ? parce qu’ils ont gagné des salaires de $50K et plus depuis des années. Ils doivent donc avoir un petit coussin quelque part, non ? Nos chômeurs n’ont pas toujours ces confortables coussins pour les aider à supporter les mois de chômage qui s’en viennent…

Le propre des crises est de démasquer ceux qui sont vulnérables. C’est vrai pour les individus et aussi pour les entreprises et les économies en général.

Le Québec est extrêmement vulnérable, les derniers chiffres de l’emploi le montrent et c’est encore pire si on exclut les miliers d’emplois temporaires créés pour l’élection de décembre.

La réalité nous rattrape, attachez vos tuques…

@pbrasseur
« Oh bien sûr vous ne verrez pas autant de gens perdre leur maisons ici (où perdre sa maison ça veut dire faire faillite et tout perdre) »
Vous êtes complètement dans le champ: perdre sa maison ne veut pas dire faire faillite. Si vous êtes incapable de rembourser l’hypothèque sur votre maison, vous remettez les clés à votre banquier et vous déménagez tout simplement avec tous vos biens (il est évident par contre que vous perdrez alors tout l’argent que vous aurez personnellement investi dans votre maison).

@éric
L’explication précédente s’applique également à vous : le taux de propriété n’a rien à voir avec les faillites personnelles…

@francis

« Vous êtes complètement dans le champ: perdre sa maison ne veut pas dire faire faillite. »

Au Canada si la banque ne peut se rembourser avec la saisie de votre maison, ce qui risque de se produire souvent dans un marché déclinant, elle ira chercher le reste de vos biens, votre REER, etc… Vous serez aculé à la faillite.

«Au Canada si la banque ne peut se rembourser avec la saisie de votre maison, ce qui risque de se produire souvent dans un marché déclinant, elle ira chercher le reste de vos biens, votre REER,» >> pbrasseur

Vous avez les références légales , contractuelles?

Vous pouvez citer des cas?

@pbrasseur
Vous n’avez certainement jamais eu de maison pour déclarer une telle foutaise.
Une hypothèque est un prêt qui n’a comme garantie que la maison qu’il finance (pourquoi croyez-vous que le financement « normal » se limite à 75% de la valeur et qu’au-delà il faut une garantie de la SCHL).
Dans une hypothèque, l’institution financière n’a aucun lien sur les autres biens du propriétaire et, de ce fait, ne peut l’acculer à la faillite…

T’es pas tanné Brasseur de te faire planter à chaque fois que tu écris principalement plusieurs fois par Koldo.

Depuis l’amendement apporté à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité entrée en vigueur le 7 juillet dernier, tous les régimes enregistrés d’épargne retraite (REER) et les fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR) sont protégés contre les créanciers en cas de faillite et la plupart l’étaient avant, mon cher brasseur de peur.

De plus avant de vous mettre en faillite, ce qui coûte très cher en frais d’administration pour tous, la banque vous demandera de coopérer en liquidant des biens, ce qui sera un atout pour votre crédit.

Il serait idiot de la part d’une banque de vous mettre à grands frais en faillite pour 10 ou 15 milles dollars. Une saisie personnelle n’est pas un gage de faillite, ce n’est qu’une perte et la vie continue.

Même si vous êtes 50 000$ dans le trou, sans et valeurs, et que vous ne pouvez pas faire face à cette obligation, pourquoi la banque investirait entre 1 000$ et 3000$ plus autant de ses frais pour vous faire faire faillite et ne rien récolter.

Et bien autre choses.